‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 10 sur 122 · IMLGURATIOK DE L.^ STATUE DE GUTTEMBERG · texte numérisé non relu

IMLGURATIOK DE L.^ STATUE DE GUTTEMBERG

et les financiers, mais aussi chez un assez grand nombre de fabricants, qui, sans capitaux suffisants et sans intelligence, avaient élevé imprudemment des usines, et qui ne demandaient pas mieux qu'on rachetât leurs édifices mal construits et qu'on les tirât de leurs spéculations mal conçues.

Aussi , le Moniteur constate ceci : a Une longue et bruyante agitation succède au discours de l'honorable M. Dupin : M. le rapporteur et plusieurs autres membres demandent à la fois la parole ; la séance est remise au lendemain. » — Mais le lendemain la proposition fut rejetée à une immense majorité.

Strasbourg. — Inauguration de la statue de Guttem^ berg. — 4' Anniversaire séculaire de l* invention de fimprimerie.

(24, 25 et 26 juin 18-40.)

En juin 1840, j'étais conduit à Strasbourg par un double motif :

V Comme membre de la Commission des hautes études de droit, le Ministre de l'instruction publique (M. Cousin) m'avait conféré les pouvoirs d^ inspecteur général pour visiter l'école de droit de Strasbourg. (De même que l'année précédente M.' de Salvandy m'avait, au même titre, chargé d'inspecter celle de Dijon.)

2^ On devait, à cette époque, inaugurer la statue de Guttemberg, inventeur de l'imprimerie. L'Institut avait été invité à prendre part à cette solennité, en y députant quelques-uns de ses membres. — L'Académie des sciences morales et politiques me désigna , ainsi que M. Blanqui, pour avoir l'honneur de la représenter; et l'Académie française, dont j'étais aussi membre,

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désigna avec moi * M. de Salvandy. — Nous devions partir ensemble; mais une maladie survenue dans sa famille le força de resler à Paris; et, le 21 juin, il m'écrivit d'Essonne à Strasbourg, oii j'étais déjà installé :

^ Mon cher confrère, Thomme propose et Dieu dispose. — La gravité qu'a prise Tétat déjà fort alarmant de ma belle-mère ne me permet pas de courir à Strasbourg. Vous savez et comprenez mes regrets. Je vous demande en grâce de les dire. Bon gré, mal gré, vous représenterez seul TAcadémie française, et je sais tout ce qu'elle y gagnera. Mais j'avoue ingénument que cette pensée ne me console pas. Songez que je compte au nombre de mes motifs de regret l'occasion perdue de passer avec vous quelques jours. Veuillez agréer avec cette assurance celle de tous mes sentiments de haute considération et d'attachement. Salvandy. »

J'arrivai à Strasbourg dans des circonstances trèsfavorables pour moi. Cette ville avait alors pour maire très-populaire et très-aimé M. Schulzenberger , qui était en même temps député du département du Bas- Rhin et professeur de droit administratif. A ce double titre, j'étais lié avec lui. Je ne pus résister à ses instances : je descendis à l'hôtel de ville, et je devins, pour tout le temps que devaient durer mon inspection et les fêles de Guttemberg , l'hôte de cette grande et noble Cité. »

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