INAUGURATION DE LA STATUE DE GUTTEUBERG
choses que je consignai dans un rapport détaillé que j'adressai au ministre le 23 juillet.
Je voulus aussi visiter la belle ville de Strasbourg. Sa citadelle et ses remparts sont dus au maréchal Vauban, le plus illustre de nos Nivernistes. La cathédrale est la plus belle de l'Europe; son horloge mécanique donne la mesure de tous les temps, indique le mouvement des astres, et présente une foule d'autres singularités dont' l'ensemble forme un chef-d'œuvre. — Je visitai aussi les autres églises, les temples protestants, celui de Saint-Thomas, où se trouve le mausolée du maréchal de Saxe , ce héros vainqueur de Fontenoy, de Raucoux, de Laufeld; — les hôpitaux, les bibliothèques publiques, en un mot, tout ce qui méritait d'être vu.
J'arrivai ainsi au jour où devaient commencer les fêtes de Guttemberg, et j'allais y assister, non plus comme inspecteur de l'Université, mais comme membre de l'Institut.
II. Fêtes à Strasbourg pour V inauguration de la statue de Guttemberg j inventeur de F imprimerie.
Ces fêtes ont duré plusieurs jours; des députations des principales villes de France, de plusieurs Universités d'Allemagne, de Suisse, de Hollande, une grande afiluencede population, en ont fait une brillante solennité. Le récit qui va suivre est extrait des journaux du Bas-Rhin.
Le premier jour, 'toutes les députations, le corps municipal, et toutes les autorités civiles et militaires, réunis à l'hôtel de ville , sont allés processionnellement à la place où devait être inaugurée la statue de Guttemberg.
90 IKTER-SËSSIOX DE 1840.
a A la tétc du corlége étaient, sur une tnéme ligne, le lieutenant général Buchet, commandaiit la division militaire ; à sa droite , M. Dupin , député , portant le costume de Tlnstitut; à sa gauche, le préfet du Bas- Rhin. — Immédiateuaent après , sur une autre ligne , M. le maire de Strasbourg, ayant à sa droite M. Blanqui, membre de l'Académie des sciences morales et politiques , également en costume de l'Institut , et à sa gauche , M. Cottard , recteur de l'Académie.
» Dans le corps du cortège , on remarquait une cinquantaine de maires des communes rurales, avec l'écharpe tricolore, et l'état-major de la garnison, r^
Arrivés sur la place, une cantate a été chantée en chœur; des discours ont été prononcés, l'un par le président du comité de souscription, l'autre par le maire de la ville; et la statue a été découverte aux acclamations d'une foule immense qui remplissait la place , les fenêtres de tous les étages , et qui se montrait jusque sur les toits. Toutes les rues, toutes les maisons étaient ornées de guirlandes et pavoisées de drapeaux tricolores. Dans cette ville guerrière chaque ménage a le sien et se fait gloire de le produire a l'occasion.
La statue est magnifique : elle représente Guttemberg lisant sur sa première épreuve ces mots de la Genèse : Et la lumière fut. Elle est due au ciseau de M. David.
Le lendemain, c'était un autre spectacle ravissant, enchanteur. Tous les arts et métiers de la ville, qui sont restés organisés en corporations , ont défilé pendant six heures consécutives, chacun ayant sa bannière en tête , avec des groupes de jeunes filles et de jeunes garçons, costumés avec goût et portant les attributs de la profession. Sur un char, ou sur un brancard , on