‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 101 sur 122 · ACTE D ACCLSATIOX CONTRE LES MINISTRES · texte numérisé non relu

ACTE D ACCLSATIOX CONTRE LES MINISTRES

tcnsiiis SninUAlbin, Créinicux, Gaulthier de RumîUy, Rimbault, Hoisscl, Beaumont (de la Somme), Lesscps, Mauguin, Grêlon, Ahatlucci, Lunoau, Baron, Lafayeltc (Georges), Marie, Carnot, Bureaux de Pusy, Dusolier, Mathieu (Saône et Loire), Drouyn de Lliuys, d'Aragon, de Cambaracës, Drault, Marquis, Bigot, Quinclte, Maichain, Lefort-Gonssollin, Tessié de La Motte, Demarçay, Berger, Bonnin, de Jouvencel, Larabit, Vavin, Garnon, Maurat- Ballange, Taillandier. »

Au moment où celle proposition de mise en accusalion contre le Minislèrc fut déposée sur le bureau de la Présidence, M. Dufaure, descendant de sa place, et passant devant le banc des Ministres, dit avec un accent énergique : a Si vous aviez laissé faire le banquet, c^est alors que vous auriez mérité d'être mis en accusation I »'.

Après le dépôt de sa proposition , M. Odilon Barrot dit ^ : tt Je prie M. le Président de vouloir bien annoncer le dépôt que j'ai fait, d'une proposition soutenue par un assez grand nombre de députés , et de vouloir bien indiquer quel jour elle sera discutée dans les bureaux, n

M. le Président : " Si je n'ai pas fait cette annonce, c'est qu'ordinairement le président n'indique pas le dépôt des propositions. JU, Larabit : n II fallait le faire ! n

(M. Larabit avait raison : l'usage constant était que le Président, quoiqu'il ne dût pas dire quel était Vobjet des propositions, tant que les bureaux n'en avaient pas autorisé la lecture, devait cependant avertir la Chambre du fait qu'un ou plusieurs membres avaient déposé sur le bureau une ou plusieurs propositions. —

* Fouquier, 1848, p. 74.

^ Moniteur du 23 février (Séance du 22), p. -491, col. 3, in fine.

Aussi, sur la réclamation de M. Larabit, le Président se reprit en disant :

M, le Président: « Ce n*est, d'après le règlement, que dans le cas où trois bureaux en ont autorisé la lecture, que la présidence peut faire connailre l'objet d'une proposition déposée. — Mais je ne fais pas de difficulté de déclarer que les propositions ^ qui ont été déposées dans le cours de cette séance seront soumises jeudi à Texamen des bureaux. »

On ne lui avait pas demandé autre chose ; mais au moins fallait-il le dire.

Le Roi. — La Cour, — Les Tuileries.

Je me borne à relever les faits sur mon journal. — A mon retour de vacances, en octobre 1847, mon premier soin avait été d'aller voir le Roi, qui était alors à Saint-Gloud, et de lui faire part de Timpression qu'avaient faite sur moi l'esprit et les dispositions des populations. (Voyez ci-dessus page 389.)

Le 25 janvier, ayant eu l'honneur d'être reçu par le Roi et la Reine en audience particulière , S. M. la Reine me remit, en présence du Roi, comme souvenir testamentaire de S. A. R. Madame la princesse Adélaïde , un petit meuble qui lui avait appartenu '.

Je profitai de l'espèce d'effusion au milieu de laquelle ce cadeau me fut remis, pour dire au Roi, que ma fidélité ne s'étant réservé d'autre rôle que celui de lui dire la vérité et de l'averlir (ce que je ne manquais jamais de faire auprès de Madame Adélaïde , toutes les fois qu'elle voulait bien me recevoir) , je priais le Roi

* M. de Genoude avait aussi déposé une proposition d^accusalion, distincte de celle de M. Odilon Barrot. — C'était le contingent de son parti.

* Voyez tome I*', p. 385.

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