PREMIERE PARTIE
CO%-TBKAVr, A TITRR PB SITTLÉUEKT rOUR CHAQl'B ANNKB .
1° LES IXCIDF.XTS PARLRMRXTAIRRS DR CIUQUR SRSSIOX ; 2*» QUELQUES FAITS PARTICULIERS APPARTENANT A i/aXNKK.
COMPLEMENT DE L'AXNEE 1839.
Incidents parlementaires de la session de 1839.
4 avril. — Ouvcrlure de la session, par MM. Girod de TAin, garde des sceaux; Tupinicrf Ministre de la marine; et Ciibières, Ministre de la guerre.
5 avril. — Je rapporte les élections non contestées du septième bureau.
G avril. — Opinion sur le droit de la Chambre dMnstiluer une Commission d'enquête sur les méfaits électoraux.
9 avril. — Rapport sur Télection de François de Corcelles; — sur celle de Tamiral Rosamel.
Même séance. — Deux incidents : 1*» Sur la lecture d^une lettre de M. Bravard-Veyrières ; 2° sur Tajournemcnt des faits articulés.
13 avril. — Élection de M. Emile de Girardin. Elle est annulée par une majorité de 209 voix contre 181.
15 avril. — Je défends Télection de M. Valout, et celle de M. de Ressigeac.
26 juin. — Réponse & M. Luneau, relativement & Vkvèchè d^Alger.
9 juillet. — Courte réponse h M. d'Angeville au sujet du canal du Nivernais et du flottage des bois.
12 juillet. — Un mot d'éloge sur le caractère de M. Courvoisier, ancien garde des sceaux de la Restauration, & Toccasion de la bourse d'étudiant accordée h Tun de ses fils.
502 AXXEXES. — 18.-Î9.
Il) juillet. — Au moment du vote sur la réduction de i50,0CNirr. proposée sur les remises des receveurs généraux, M. Dapin s* est levé contre. — u Quoi ! lui dit un député de la fjauche, vous votez pour les loups ' cerviers ? — Monsieur, répliqua M. Dupîn , ceux-ci sont des loups serviabUi, ^
20 juillet. — Je réponds à M. Villemain, Ministre de Tinstruction publique, sur l'emploi des fonds de souscription.
Faits particuliers extra-parlementaires appartenant à l'année 1839.
1 1 mai. — Discours à Tlnstitut, séance annuelle, comme Président de TAcadémîe des sciences morales et politiques.
14 mai. — Discours au\ obsèques du dur de Bassano, comme Président de rAcadémie des sciences morales et politiques.
2 juin. — Discours au Comice aj^ricole de Seine-et-Oise. — (Voyez le petit volume intitulé Des Comices agricoles.)
10 juin. • — Discours comme Président de la Société pour Tinstruclion élémentaire, à la distribution des prix. — (Voyez le volume intitulé Le Morvan^ p. 311.)
Fin juillet. — Départ pour Raffigny , après la clôture de la session.
8 septembre. — Discours à la première réunion du Comice agricole do T arrondissement de Claraecy, tenue à Tannay. — (Voyez livre des Comices, p. 1.)
20 septembre. — Pose de médailles et discours au pont de Gouloux sur la Cure, appelé depuis Pont-Dupin, dans la traversée de la route royale, n» 77 bis, de Nevers à Dijon. — (Voir ciaprès, 17 avril IHiO.)
29 septembre. — Allocution, comme Maire de la commune de Gacogne, & Mgr TEvi^que de Xcvers. Vœu exprimé pour la conservation des arbres connus sous le nom de Sullys, plantée pr^<s des églises. — L'Kvôquc accède à ce vœu, et il adresse à ce sujet une circulaire à tous les curés du diocèse, le 30 décembre. — (Voyez le petit volume intitulé Le Morvan, p. 235.)
31 octobre. — Uetour à Paris.
4 novembre. — Rentrée de la Cour de cassation. — Éloge de Merlin et de Proudbon, professeur en droit à Dijon.
INCIDKXTS PARLEMENTAIRES. 503
COMPLÉMENT DE L'ANXÉE 184().
Incidents parlementaires de la session de 1840.
... janvier. — Dans la discussion sur le projet de loi relatif au monument de Molière. (Loi du 22 mars 1840.) — (Voir le Moniteur, p. 242.)
8 février. — Contre la pétition d'un maréchal de camp qui, au bout de dix ans, demandait à être relevé du défaut de serment au Gouvernement de Juillet, exigé par la loi du 31 août 1830 dans la quinzaine de sa publication, « afm de toucher Tarriéré de son traitement ». — On passe à Tordre du jour.
Séance du 7 mars. — Interpellations sur les troubles de TAriéjje. — Réponse au maréchal Clausel. — (Constitutionnel du 8.)
il/, le maréchal Clausel : u Ce que j'ai voulu dire, c'est que, pour la plupart, ce sont des femmes, des enfants et des vieillards qui sont tombés sous les balles. (Agitation.)
M, Ditpin : n Partout où il y a du désordre, les bous citoyens ne doivent pas s'y trouver. Je dis au préopinant que, s'il avait été là, il aurait commandé le feu, et le feu aurait été régulier ; mais par quels moyens les soldats auraient-ils pu discerner les innocents de ceux qui lançaient des pierres? Les balles ne sont pas nominatives. (Agitation.)
n II y a eu tumulte, révolte, pêle-môle; et il ne faut pas laisser dans les esprits cette idée fâcheuse, que ce ne sont pas les coupables qui ont été atteints. Il faut déplorer les conséquences de l'acte; mais il est légal en soi, et la troupe ne peut pas plus être accusée que l'autorité civile, n
(Le Journal des Débats du 8 mars fait la remarque que c'est un magistrat (M. Dupin) qui a été obligé de défendre, contre un maréchal de France , les règles qui protègent la discipline et l'autorité militaires.)
Séance du 7 mars. — Interpellations sur les troubles de l'Ariége, par M. Dugabé. — Rappel au règlement, pour empêcher la clôture.
M. Dugabé : « En un mot» vous ne l'avez pas approuvé
(Bruit. — Murmures. — L'orateur croise les bras et attend le silence, mais le bruit augmente malgré les cris de M. le Président.)
5(n A.VXEXKS. - 1840.
n Je renonce, dit M. Dugabé au milieu du loniDltc, je renonce à vous présenter les observations que je voulais faire en réponse à M. le Ministre. Je n'ai pas la prétention de lutter contre la force matérielle.... (Oh ! oh ! — Exclamations.) Je n*ai pas la prétention de faire taire ceux qui ont intérêt à ce que je ne sois pas entendu.... (Le tumulte redouble.) Je veux qu'il soit bien constant qu'ici il n'est pas permis de défendre les malheureux (Explosion de cris : A l'ordre! au centre.)
M. Dupin s'élance à la tribune, que M. Dugabé vient d^abandonner. Les cris prolongés : A l'ordre! A l'ordre, M. Dugaliéî— Monsieur le Président, rappelez donc l'orateur à l'ordre! — empêchent longtemps M. Dupin de se faire entendre. Enfin il obtient le silence et s'exprime ainsi :
n J'ai demandé la parole pour un rappel au règlement, et dans l'intérêt de la Chambre plus que dans l'intérêt de la discussion. L'orateur qui était à la tribune était en droit d'être entendu, parce que c'était lui qui avait introduit la discussion, et que la Chambre n'avait pas prononcé la clôture. 11 avait le droit de se faire entendre une dernière fois. Il est de l'intérêt de la Chambre, de l'intérêt public, de ne pas laisser l'avantage que l'on voudrait tirer de la manière dont cette discussion se serait terminée. Quand la Chambre a consacré une séance entière à ce débat, il ne faut pas que l'on puisse dire qu'il a été étouffé. (Se tournant vers M. Dugabé^ M. Dupin ajoute avec une grande autorité :) Parlez, Monsieur ! Vous avez fort à faire pour réfuter tout ce qui vous a été opposé. » (Très-bien! très-bien! — Vive sensation. — Le silence se rétablit.) — [Constitutionnel du dimanche 8 mars 1840.)
25 mars. — A Berrycr qui, dans un magnifique discours, m'avait (quoique dans des rangs entièrement opposés aux miens) plusieurs fois appelé « son ami n . — Je m'écriai : « Vous avez n raison, nous sommes amis... nous ne sommes pas rivaux! « [Sensation^ disent les journaux.)
16 mai. — Courte observation sur une pétition relative aux dispenses pour le mariage entre beoux-frères et belles-sœurs, et la légitimation de leurs enfants.
26 mai. — Cendres de Nopoléon. — J'ai voté les fonds pour les obsèques, et contre l'apothéose : — pour le législateur du Code civiL non pour le cheval de bataille.
FAITS PARTIGLLIKRS. 505
17 juin. — Contre la proposition de M. Tasclierenu de faire imprimer la liste des f]ens de lettres qui reçoivent des secours da Ministère de Tinstmctiou publique.
1 5 juillet. — Clôture de la session.
Faits particuliers extra-parlementaires appartenant à Vannée 1840.
21 janvier. — Klo<çe du duc de Nivernais, prononcé en séance de r Académie française, en présence de la famille, admise exceptionnellement & y assister.
20 février. — M, Mole est élu membre de TAcadémie française, en remplacement de Mgr de Quélen, archevêque de Paris, décédé pendant que j^étais Directeur.
... mars. — Tripier, membre du Conseil privé, étant mort, note adressée au Roi et à madame Adélaïde sur la nécessité de le remplacer dignement. — On nomma un député ministériel ! qui n'était nullement jurisconsulte.
17 mars. — Note de services fournie par le duc de Bassano. Il se portait candidat pour la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, et il en déduit les motifs, et désire que je les appuie.
22 mars. — Loménie. — Article biographique. — Ma lettre à celte occasion.
16 avril. — Je donne ma démission de Maire de Gacogne, dont j'exerçais les fonctions depuis longues années. — Lettre de regrets du préfet de la Xièvre.
17 avril. — Ordonnance du Roi, contre-signée Duchâtel, Ministre de l'intérieur, qui, d'après le vœu manifesté par les communes de Montsauche, d'Hun-lès-Places, Sainl-Aignan, Saint-Brisson, décide que le pont construit près du Saultde Gouloux sur la Cure, sur la route n« 77 bis de Nevers à Dijon, portera le nom de Dupin, (Lettres du Ministre et du Sous-Préfet.) — Le texte de l'Ordonnance est au Bulletin des Lois,
29 avril et 1*' mai. — Lettres et notes sur le remplacement de Mgr de Quélen, archevêque de Paris, sollicitée par l'abbé D***.
25 juillet. — Procès-verbal des délibérations du Conseil d'arrondissement de Clamecy qui, en terminant sa session, vote des remerciments à M. Dnpin, u pour le concours qu'il a apporté à
506 AXNKXES. — 1840.
rclablisscnicnl des ateliers de cliarilê, nécessilés par la rareté et la cherté des subsistances « .
2 aoftt. — Départ pour la Xievrc.
6 août. — Xomination de M. Dclangle, comme avocat général h la Cour de cassation. (Lettres de M. Delanglc et de M. Vivien, garde des sceaux.)
10 août. — Je suis nommé membre de la Commission instituée en vue de modifier Torganisation du Tribunal de première instance de la Seine.
... août. — C'est à cette époque qu'a paru la biographie que M. Ortolan a publiée sur moi. — On lui a reproché d'être trop élogieuse (Journal des Débats du 19 septembre 1840) ; et ce reproche est fondé. Mais M. Ortolan en a donné pour motif que j'avais aussi, d'un autre côté, été traité avec trop d'aigreur et d'injustice par mes antagonistes. Il a voulu faire compensation. — Lettre de ma femme. Ayant appris d'Ortolan que ce qu'il avait dit d'elle était le résultat d'une conversation avec moi, elle m'en remercie affectueusement.
Du 14 au 20 août. — Excursion dans la Nièvre. — Saint- Révérien, église du huitième siècle. — Les sources de TAaron, travaux pour le flottage. — Ruines du château des Damas à Crux, vue admirable. — Saint-Saulge. — La communauté des Jault. — Decife, mines de houille, carrières de plâtre, travaux pour l'entrée du canal du Nivernais. — Cercy-Ia-Tour, ruines. — Fours, fabriques de porcelaine. — Luiy, route de Charolles, annonce du projet de faire passer par là la malle-poste de Lyon. (Le chemin de fer dérangera ce projet.) — Retour par le Mattray, Seraelay, la Vieille-Montagne, le château de Saint-Honoré, anciennes eaux thermales de Romains, fouilles. — Préporcbé , ancienne communauté des Gariots. — Moulins-Engilbert , Château-Chinon , Corancy, Cbaumard, Ouroux, le pont du Boulois, Raffigny.
Lettre à Etienne, de l'Académie française, compte rendu d'une partie de ce voyage. (Volume sur le Morvan, p. 82.)
G septembre. — Comice de Clamecy. — Mathieu, croix d'honneur, — Discours et toast. — (Voyez vol. des Comices , p. 6.)
6 septembre. — Galle grave ma médaille d'après le buste de Rude. — Etex, habile sculpteur, exécute une fort belle statue de sainte Geneviève , en marbre , que j'obtiens pour l'église de
Claniccy, où elle est maintenant dans une chapelle que j*y ai fondée, en mémoire de ma helle-mère et de ma femme.
... septembre. —Je suis obligé de rester Maire de la commune de Gacogne, personne n'ayant voulu consentir à me remplacer.
20 septembre. — Lettre à Ktienne, de TAcadémie française* sur la communauté de Jault. — (Le Morvan, p. 82.)
Toclobre. — LettredeS. Exe. M. locomted'Appony, ambassadeur d'Autriche, qui me demande un exemplaire de ma médaille (grand module) gravée par Galle, pour le Cabinet impérial de Vienne.
15 et 17 octobre. — Le grand séminaire de Xevers. — J'étais en vacances, lorsque je reçus de Mgr Maudo, nouvel évêque de \evers, une lettre concernant son grand séminaire et le plan d'études qu'il désirait y introduire. J'ai conservé cette leltre, parce qu'elle fait époque dans l'histoire de notre clergé Xiverniste; — Elle sert à marquer, comme point de départ, toutes les améliorations introduites depuis dans les écoles ecclésiastiques du diocèse, pour l'instruction des jeunes gens qui se destinent au sacerdoce dans les écoles de Corbigny, de Pignelin et de Xevers.
La lettre se terminait par ces mots : u Je vous demande mille pardons, Monsieur, de mon interminable lettre, mais j'ai en vous une confiance entière, je sais que vous me portez intérêt, et je tiens à vous faire part de tout ce qui me concerne. J'ai l'honneur d'être avec un respectueux et sincère attachement votre trèshumble et très-dévoué serviteur. — f Palx, évêque de Nevers. »
Je fus touché de cette marque de conûance. Mais je ne crus pas devoir entrer dans le fond de la question, et je me contentai de répondre: « Monseigneur, vous êtes meilleur juge que moi de tout ce qu'exige la bonne organisation de votre grand séminaire; seulement, je suis pénétré, comme vous, de la très-grande importance qu'il y a dans le bon choix du Supérieur et des professeurs. J'estime beaucoup MM. de Saint-Sulpice , et je regrette qu'ils n'aient pas pu vous seconder. C'est une bonne idée de leur avoir envoyé des élèves de la Nièvre, quand ils ne pouvaient pas vous envoyer des maitres; car pour moi, j'aimerai toujours h voir les enfants du Nivernais se préparer ù recruter eux-mêmes le clergé du diocèse dans toutes les positions où il leur sera donné de le faire. — Veuillez agréer, Monseigneur, l'assurance de mon respectueux attachement. — Dupin. »
50^ AN'XEXKS. — 18 'H.
7 novembre. — Rentrée de la Cour de Cassation. — Eloge de MM. Bonnet, Tripier et de Broc.
12 novembre. — Je suis invile de la part de Sa Majesté à assister au baptême du duc de Ch.nrtres, qui aura lieu le 14 dans la chapelle des Tuileries, et au banquet royal qui aura lieu à la suite. J'ai signe Tacte comme » Président du Conseil prive » .
3 décembre. — J'accompagne S. M. la Reine d'Espagne dans sa visite au Palais de Justice. — (Lettre du garde des sceaux, 2 décembre.)
G décembre. — Je suis invité à dîner aux Tuileries avec S. M, la Reine d'Espagne. — Gracieux rcnicrcîment pour la visite du 3.