IV
530 A!«!»EXES. — IS4C.
Faii$ partkuUert ixira-forUmeniaires appartenant à ÏAM.
Dans le même temps qoe le prince f jOuis demandait son éfai^issement provisoire , je reçus la lettre suirante du comte de Uontholon, qui était détenu arec le Prince.
« Citadelle de Ham, il féff^^r 1840.
r Motfsiettr le Procureur général, j'apprends indirectement qoe Fauteur de YAlmanach du diable emprunte mon nom pour TOUS attaquer outrageusemeftt. Je regarde comme un devoir d^honnéte homme de reconnattre hautement que toire intervention dans les affaires de la succession de Pcmpereur Napoléon a été empreinte du plus honorahfe désintéressement. -^ Veuille! faire de cette déclaration Tusage que vous jugerez convenable, éi recevez de nouveau Fexpression de ma hadte cotisidération.
n MOXTHOLO?}. »<
J*ai remercié le comte de Montholon de sa lettre; mata je ii*ai pas cru devoir répondre à ÏAimanach du érable. Son titre porte sa réfutation avec lui.
Mars. — Réunion de la haute commission des études de droîl, pour délibérer sur les perfectionnements à introduire dans renseignement, et spécialement sur le projet dont le minitire se montrait asses entiché, d'établir des chaires spéculatives d'ée^ nomie politique! — Douze séances, de quatre heure* ehâcnne^ y ont été consacrées. On n'a pas cru devoir introduire renseignement de doctrines si diverses , si controversées , eif beaucoup de points si pe.u certaines, et dont il est si facile d'abuser. — Kn 1899 et IHGO, le conseil impérial de F instruction publique a émis deux fois la même opinion, au rapport de M. Barthe, malgré les tttux émisa ce sujet par le conseil général de FHérault, à FinstigalkMi de M. Michel Chevalier, F un de ses membres.
2 avril. — Conférence et discussion devant le conseil royal àuê ponts et chaussées, pour réclamer, en faveur de la ville de Nevers , le chemin de fer du Centre. (De Nevers à Auxerre.) — Projet repris en I8G0.
30 mai. — Commission formée par M. Laplagne, ministre des finances, pour examiner les mesures à prendre relativement aux
FAITS PARTICLLIEftS. 531
cnrfflos exécnlés par fô)ê à^emptnitti eti r^rlM êt^È \tih âë 1821 et 182^; — ' soit pcNif \e diodê âë fnthHl âeê HtUonè de jddissance, — soit pour Taffermage de Texploitalion. Les ineftihfèë de celte commission^ dont je faisars pnf tte; étaient : MM. d'Argoul , Girod de F Ain , Daru , pairs de Franee ; Lëjffimd , Dopin , Dufanre , Muret de Bord , d*An((e?ille^ Po^HIcrt 4 Dafbkf , dé()tiléé ^ Doifrsy, Boiilay de k Méurtbe, ccrnseillèrrt d*éfat; dé Gbèppcf^ secrétaire.
20 mai. — Réqvisftc/ire dan§ rafTaire d'Achille Ma^raftt. Voy.- BéqHisit.f t. Vil y p. 373. Je n*en parle ici que pntte qvt'cm « vonid en faire ane affaire pdlitrqne. Voye< les jotffAatft du 21^ même le Siècle et le National: Vcrye^ anas) le* klfréis qtii sttivenl.
Letlre d'Odilon Barrot. — 22 mai 1846.
« Mon cher Dapin , je ne vous ai vu h la Chambre qu*an moment où je me levais pour appuyer ma canse^ qui avait ^ je crois ^ aussi vos sympathies. Je vous ai cherché ensuite vainement pour vous faire mon bien sincère compliment sur votre réquisitoire contre cette fraude faite à une loi toute politique^ fraude qui d'une garantie fait une déception. Permettez-moi de vous dire combien vous m'avez rendu heureux. Il est impossible de s'élever plus haut, de professer avec plus de fermeté letf véritables principes. J'en suis fier pour notre magistrature que fous relevez et honorez, pour nos vieux souvenirs du barreau dont vous avet si bien conservé sous la pourpre les généreuses et libérales traditions. Il est si rare dans le temps où nous vivons de trouver des hommes qui se ressemblent à eux-mêmes , que votre noble persévérance h défendre la liberté légale, sub lege lihertas, voua assure la haute estime et l'affection de tous ceux qui ont dévoué leur vie à cette défense. Je vous serre bien cordialement la main.
» ODILO.V Bamiot. »
Lettre de M. de Chateaubriand. — 4 juin 1846. u le remercie bien mon illustré voisin ^ de m' avoir envoyé ion beau réquisitoire sur la liberté de la presse. — Je le prié
f A dMmrft râé êë Ihc, a» 1 18 ,• él fHëH M ff^'IH. h iè vàiéé iiiei lonvent loit clket Kfl j IMl i^iH HMdiiiM néééttHéf, — DMri Mè vMe qtfit m' rradll , Je pvf hn flMMDt^ dun iks' liîMtollièqtfl Mm ]^lrtîl enyoAiké ptr Girodet; il en parât itlitfaSt.
532 A\.\K\KS. — 18Vn.
«ragréer Tassurance de ma haute cons^lération. — CHATEAraBiAxo.»
Le noble vicomte m*a reoouvelé ses compliments chez madame Récamier.
Lettre du Directeur du Corsaire. — Juin IB^iG.
Il M. le Procureur général, j*apprends h F instant que irons venei de publier le magnifique plaidoyer que vous avez prononoé devant la Cour de Cassation en faveur de la saine et loyale interprétation des luis de septembre. Ce plaidoyer (je liens au mot) vous a rallié les honnêtes gens de tous les partis. Je suis heureux de vous dire, en paraphrasant votre épigraphe, que le Corsaire, dorénavant, vous rendra justice avec loyauté, et , surtout, qu'il y aura sincérité dans Tappréciation de vos discours et de vos actes, n
21 juin. — Je préside à la distribution des prise de la Société pour r instruction élémentaire. Je rappelle les bienfaits de madame la duchesse d*Orléans, et le dévouement de madame de Rocca , fille de madame la comtesse de Rambuteau-Narbonne.
23 juin. — Convié à cette cérémonie par Mgr Tarchevéque de Paris et' le chapitre métropolitain, j'assiste au service solennel célébré ce jour-là pour le repos de l'âme du pape Grégoire XVI.
27 juin. — Lord Elgin étant h Paris, me fait exprimer par le comte de Bourke le désir de me voir et de faire connaissance avec moi. Au jour convenu, il vint chez moi, et nous eûmes une longue conversation sur la politique du temps, sur l'histoire» son voyage en Grèce, les monuments d'Athènes..., etc.
1*' juillet. — Départ pour la Nièvre. — La session était dose, — la Chambre dissoute, et les élections allaient avoir lieu le 2 août. — Séjour à Cœurs. — Visite à Trucy chez mon excellent ami Charbonneau. — Aimable réunion. — Réception la plus cordiale, dont le souvenir s'est toujours môle depuis au regret amer que m'a causé sa mort accidentelle, survenue peu de temps après.
5 août. — Distribution des prix du séminaire de Corbigny, en présence de l'évéque de Kevers (Mgr Dufétre). — A sa demande» j'adresse une allocution à l'Assemblée. — L'évéque est venu dîner à Raffigny le 8, avec trois de ses grands vicaires, oblUus Epii-toiœ contra librum De liiertatiàus Ecclesiœ gallicanœ.
Août. — Je suis réélu membre du conseil municipal (et trèsrural) de GAcogne, à la majorité de 80 voix sur 86 votants.
IXCIOEXTS PARLËMENTAIKES. 533
Août. — Dépotalion des inslitateurs primaires de la Ni^vre , au nombre de trente, reçue à RafTigny. Discours élo^^ieuxen leur nom, prononcé par Malardier, futur député sous la République!
ÎU) octobre. — Retour à Paris.
5 novembre. — A la suite des désastres causés par les inondations de la fioire , une souscription est ouverte par Mgr Févèque de Xevers, baron Dupin, pair de France, Dupin aine et Delangle, députés de la Nièvre, le comte Hector Lepeletierd'Aunay, président du conseil général, Deveaux, maire de Nevers, Ho'cbet, conseiller d'Ktat honoraire. — Appel spécial à tous les principaux propriétaires et notables du département. — Secours obtenus du Gouvernement, du Roi et de S. A. R. madame Adélaïde.
7 décembre. — Lettre amicale de Réchid-Pacha , nommé récemment grand vizir, en réponse aux félicitations que je lui avais adressées, le 21 octobre, sur sa promotion.
18 décembre. — Commission nommée par M. Dumon, ministre des travaux publics, pour examiner les diverses questions auxquelles peut donner lieu la réunion des mines de la Loire, et proposer les dispositions quMl conviendrait de prendre à ce sujet. Membres : MM. Portails, premier président; Girod de FAin, Teste, Laplagne-Barris, comte d'Argout , Cordier, pairs de France; Dupin, Vivien, Ghasseloup-Laubat, Ijanyer^ F. Delessert, députés; Migneret, inspecteur général des mines; Sénac, directeur du commerce; de Gheppe, maître des requêtes, chef de la division des mines , secrétaire.
GOMPLÉMEX^ DE L'ANNÉE 1847.
§ ^^ Incidents et actes parlementaires de la session de 1847.
3 février. — Au moment de la lutte entre M. Guizot et M. Thiers, les deux rivaux étaient en présence, et s'observaient, chacun attendant que son rival commençât pour paraître improviser en lui répondant , plutôt que d'avoir Tair d'attaquer do propos délibéré en prenant l'initiative. — M. Dupin dit : u G' est » comme à Fontenoy, à qui ne tirera pas le premier; etcepenn dant, on a fmi par tirer, n
iû ikmv. ^ Ifcw rîBtigptfliri T d^ M. lipirT-i? as im^H itfft aég^câtMMM rtblU« «i ninii i» iêwlc». — ^Mavdk îb-
nét^ociaiiocki , maintieniie ces de«x prÎDCîpcft : I* le ^rail ikfolii f#«r TEtat im se pM idwittii leUt «s tdk corpocalitta; ^ de diiiniidri, de» ^*ii le lovdim, Iftsâe meriifine aoa aatomcc.
id af ni. — iw k pfttpeeiliûa de MM. LeiarcUe ei Daa^enUe idative aex irriytiem, — à la bcallé d'apfoi des barrages av la rite da loim, — aa droit de pcapciéié des caaa priiées. — Précaatîeflu à preMli» P««r ae pas blesser le droU de Tmii aa prattâ de raaire.
21 ai fil. — Lettre da M. DapanlMip , accaaqMgaanl TeAiei d'an écrit dans leqoel il discute lit projet de loi relatif à la lîbaclé d'eosei^aeaiefit alors soaaûs à la CkamLre.
Faits particulien exirm'pmrlejm€mtairts mppmrUmmni à tannée \U1.
l*' ftfrier. — OrdoBoanee dn Roi i|iii coatiaoe M. Dapâa dans •es CMictioos da membre da conseil général des bospiccs.
14 ftrrier. — RemercimanU des sfadics de la Haala-Yque et da la Gare, poor services rendes aa ooBEmierca de bois.
25 février. — Présidence da la Sodéâé des crècbes. — Diacoiirs d^ioâagaration da cette sppété à l-bètel da viUe. (lettres j relatives.)
3 mari. — Obsèques de Benjamin Delessert à Passy. — Je sais invité à ¥ sii$iêUi paf êf% frères, aomma étant du très-petit nombre d^amis que le défunt avait permis d*y appeler
3 mars. — Lettre de Mgr Parcbevèque de Bordeaux, qui se porte candidat à F Académie. — Lettre de Vatout, qui se porte aussi.
16 mars. — Obsèaues de M. Martin du Nord. Inrident d^étiquette. Le conseil d*Etat ayant voulu marcber avant la Cour de cassation , la Cour le laisse passer, et se coptente de laisser un long espace entre les deux Corps pô|ir marquer sa protestation. S'il ne se fût pas agi des obsèques d'un Garde des sceaux, elle se fût retirée; elle voulut raccompagner du moins jusqu'à réalise de la Madeleine; mais elle n'alla pas jusqu'au cimetière, non plus
FAITS PABTICLLIERS. 535
qu6 la Cour des Compas, qqi ùi cause commune aveclaCourdc Cassation. Aujourd'hui, le Conseil d'État, par sa parlicipaliun à l'4 confection des lois, a rang avant tous les Corps judiciaires.
18 mars. — M. Frémyn , président de la chambre des notaires de Paris, vient me remettre, de la part de la Compagnie (dont j'avais été Favocatci le conseil), un écrin conIcnaMt trois épreuves, en bronjEe, en or et en argent, de la médaille du uolariat portant pour ei^ergue : Lex est quodcumque noùamus.
Avril. — pendant que j'étais eu vacances de Pâques à Raf- (igny, le comte de Lariboissière m'écrivit : u Monsieur le Procureur général, la famille de M. le comte Itoy vous prie de lui faire rhonueur de tenir un des cordons à son convoi , service et enterremenl. Elle ose espérer que vous voudrez bien donner ce dernier témoignage d'affection et d'estime à sa mémoire. Je suis, etc....
» Comte i)K L^HIBOISSIKRK. n
Le service était fixé au mercredi 7 avril.
J'ai éprouvé un vif regret do n'être pas à Paris pour donner cette dernière marque d'attachement à M, Koy, qui avai( été l'ami constant de mon père avant d'âtre le mien , et dont j'avais été longtemps moi-même 1^ confrère comme avocat, ayant même plaidé pppr lui plusieurs fois, et le collègue comme député, avec les mêmes opinions politiques et les marnes doctrines (inanciërei.
15 avril. — Echo de la Nièure : — "M. Dupin est en ce moment à Raffigny, où il va tous les ans passer les vacances de Pèques. L'honorable député a profité de sa présepce sur le^ lieux, pour poser la première pierre de l'école primaire de Gâcogne , sur un terrain dont il a fait douatiou à la conunune. |l a aussi présidé à la distribution des prix aux élèves de cette école, qui est provisoirement établie dans une des dépendances di) château de Raffigny. 9
20 avril. — Lettre de U. le président L^sagni an Procureur général apr^ l'arrêt repdii conformément h ses conclusions dans l'affaire de Virginie, mj^re ^^piave, qn*on ^yait voulu séparer de ses enfiinti impubères. Cette lettre a été citée par U. (luyho , avocat général, dans le discpurs qu'il a prononcé le 3 novembre 1860 pour la rfsntiée de 1» Cour de Cassation , en félicitant la Cour de sa jurisprudence libérale dans les questions d'esclavage. l*' mai, <-- Statue de Jeanne d'Arc. Lettre d'audience. Le ministre de la guerre. — Au nom de la Commission dont nous faî-
536 AXXEXKS. -r i847.
sîons partie, M. le duc de Mortemart et moi, nous nous rendons chez M. le maréchal duc de Dalmntie, pour le prier de nous accorder le bronze nécessaire pour élever In statue. lie vieux guerrier nous le promet.
15 mai. — Lettre du maire de Decize, relative nu projet d'élever une statue à Guy Coquille, avocat, procureur général da duclié de Nivernais, député du tiers-état de la province aux étals d'Orléans ^t de Blois. — J'y souscris; et plus tard j'ai présidé à l'inauguration de ce Monument, dont j'avais moi-même donné la première idée dans mon éloge de Guy Coquille prononcé à la rentrée de la Cour de Cassation, en novembre 18î38 (Voyez Réquisitoires, tome IV^ page 32 et suiv., et le volume intitulé Ia Morvan, page 207.)
28 mai. — Délibération du conseil municipal de Varzy, qui me remercie d'avoir contribué, par mon intervention et par une cession gratuite de terrain, à faire déclarer route royale la route départementale passant par Varzy, cl devenue, sous le numéro 77, partie de la route de Nevers à Sedan.
!•»■ juillet. — Vacances jusqu'au 1" octobre.
6 août. — M. Legeay, professeur de la faculté des lettres de Grenoble, m'écrit pour me dédier son livre Des principaux ara-leurs du règne de Georges JJL
10 août. — Je souscris pour l'érection d'une statue an brave général Drouot, ce Bayard des armées impériales.
8 septembre. — Les épauleltes de Pinon, soldat (de Vany), nommé sous-lieutenant au G3*.
Décembre. — Les notaires des colonies placent sous mon patronage la défense de leurs offices.
Décembre. — L'association fraternelle des travailleurs de Clamccy m'écrit une lettre couverte d'un grand nombre de signatures, déclarant se placer sous mon patronage.
Je réponds que j'accepterai volontiers , u quand j'aurai vu ses statuts, et qu'ils auront été approuvés par le Gouvernement, n
Décembre. — Je suis de nouveau confirmé par le Roi dans mes fonctions de membre du conseil général des bospices.
20 décembre. — On convoque enfin h la chancellerie, pour le 26, la commission nommée deux ans auparavant (le 20 juillet 18-46), pour examiner les principales questions hypothécaires, nu rapport de M. Persil.
COXTIXAXT
DES PIÈCES ou DES ADDITIONS
QUI SERVENT DR PREUVE OU nE COMPL^:MEXT A CE QUI EST DIT DANS LES MEMOIRES, AUX PAffES I\DIQUKI':S EN TÊTE DE CHACUNE d' ELLES.
Crise ministérielle. — Deux lettres du maréchal SouU à M, Dupin,
Première lettre. — « Paris, le 12 mars 1839. — Monsieur, vous savez, sans doute, que le Roi m*a chargé de la composition de son Ministère. En acceptant, ma première pensée a été de m*entendre avec vous. Mais il serait de la plus grande importance que vous fussiez à Paris dans ce moment ; je vous prie donc instamment d'y venir sans perdre de temps. Vous comprendrez tout le premier que les instants sont précieuse. — Recevez, Monsieur, la nouvelle expression de mon sincère attachement, et de tous mes sentiments de haute considération. —
MARECHAL DUC DE DALMATIE. n
Page 13.
Dettûrième lettre. — <i Paris, le 24 mars 1839. — Mon cher Monsieur Dupin, j*ai Thonneur de vous faire savoir que sur le refus do MM. Passy, Sauzet et Dufaure, d'adhérer à la nouvelle combinaison ministérielle qui avait été projetée, je viens de prier le Roi de me considérer comme en dehors de toute autre combinaison; ainsi les paroles que nous nous étions réciproquement données se trouvent dégagées, et chacun de nous reprend sa liberté. — J'ai l'honneur de vous renouveler les assurances de ma haute considération et de mon amitié. — mar^^chal duc
DK DALMATIE. »
* 1 u» jfir *«: Wi* i*»rTiiit lit— L â» zxtirr m «ÎKniT I& «ai biit!«« lOi» r>^)«tibMaiiif«» juinn» lis imil'.*' ur j?*jr a. tîàf uSin.
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liM*, la ffai tkfc« ^ cffle CkamU*. Ea %m bmc, b «§■!
MM* fooit iltMir Mrmtr k ttrmi. 0«> Ta iciraj^et Os
MnMe Itf «>j|if<» te TMfcfff ia cc^re 4rai
CalpfMl. CfM à tm% àt féfwJre; hm« s«r cas
rmpimêèkiUii f«« T^fêmmm p«yM|ae ca Frmact lien j
Urat «n» ^ MfltCMMie b pcnbagitâwi i» b cme i|Bi ■•■&
ikifù^jÊt, 'Tfèv-Uenî tré^-bieo!^
r l>iUr preiDjére rombinais^^o »t abandooDfif. Voilà U prefUMrr^ plia*« : une êiértmdc iw^ttàt : an UIsfliT marèciial appelle tmUmt et lai plafiear» Dcnbrfs 4a eratre ^^acha, ci b likûlèr« i|aî ta it bnnar rcfoit b aas 4^ Ministère caoïrc ^aariic. Oa 9ti é^êuotà MW oa prognauM teit les Icnaes bous oal clé ïmiÂqmkê à'um mMmkn assex iaiparbile; d lorsqae loat êuit tmuMfà sur b» pan«BBes et sar les eliofcs, à ce qa*oB afiiniia, fMplar», disfolalioB, aceoiDpagBée aOaM de eirooBsUncas asscx élraagef , iliU«n; Tua 4m oieoUMnai 4e ce Cabiaet BMrt ainsi afaai 4*éir« n^, Tltonorabb cbef 4o ceatre gaache, vicBdin, sans 4ouUr, dire à la Chambre b part 4e rcspooêabilité qa*il a prise H dans la aïoibinaison et dans b rupture.
» Troisième phase. La présidence de M. le maréchal Soult est abandonnée ; et , suivant quelques feuilles bien informées , nous devons le croire du moin^, la composition du Cabinet est remise à rancicn président du Cabinet du â3 février. Il est chargé de faire le Cabinet; on s'en rapporte, assure4-on, à lui sur les principes et sur les personnes. Il a pu saisir le pouvoir, pourquoi ne l'a-t^l pas fait? quelles sont les causes des difficultés qui étaient survenues? pour quels motifs celte rupture? Ici l'ancien président du 22 février a d'autant plus d'intérêt à s'eipHquer lui-même, qu*il pourrait à l- avenir être taxé, lut et ses amis, de l'impuissance de gouverner le pays, et que, sans doute, il ne veut pas laisser planer sur lui un pareil soupçon.
» Après ces trois phases , en commence une autre qui n'a été que confusion. La présidence était revenue à Filluslrc maréchal Soult : alors on voit un mélange de toutes les copieurs et de toutes les nuances. Je n'ai pas été initié à tous ces mystères. Quoi qu'il en soit, on a encore fini par la stérilité. Et enfin, une autre phase, qui est notre ouvrage, a appelé notre honorable Président , M. Passy, sur la scène.
» 11 aura, sans doute, aussi & nous dire quelles causes ont empêché le succès de ses efforts. (On rit.) Je crois que les honorables membres que je viens d'indiquer ne pourront se dispenser de venir nous donner à la tribune les explications que je demande. J*ai même lieu de croire qu'eux-mêmes désirent que la vérité soit connue, et qu'ils y contribueront de tous leurs efforts, r
Page 40.
SuUfi des explicatiç^ns sur (q crise ministérielle. (8 mai 1830.)
M, de Lamartine : u Je passe à la troisièipe combinaison. Enfin le Cabinet centre gauche pur est tenté; il çst conclu; on s'assemble pour un dernier entretien. L'honorable M. Dupin vous^ en a fait un récit qui porte l'empreinte de toute la véracité de son caractère.
M. Dupin : » Cela n'était que trop vrai , cl je n'ai pas tout dit. (Profonde sensation.)
A/, de Lamartine : » Messieurs, j'ai dit que les explications données à cette tribune par Pancien Président de la Chambre , étaient empreintes d'un tel caractère, qu'il était impossible d'en
540 AXNKXKS.
suspecter la véracilé. L'honorable M. Dupin vient de vous déclarer qu'il n'avait pas lui-niùmc tout dit encore. Je vais essayer de suppléer à ce qu'il a omis. (Rires bruyants aux extrémités.)
Voix nombreuses : n Très-bien !
M, de Lamartine : « Je vais, dis-je, essayer de suppléer aux omissions de notre honorable ancien Président.
M, Glais-Bizoin : n Parlez, par exemple, des quatre visites au château. (Murmures divers.)
M, Dvpin, se levant, et avec énergie : ^ C'est encore une imposture! et c'est précisément parce qu'on avait allé^^ué quatre visites au château, quatre visites qui n'ont pas eu lieu, que prématurément, j'en conviens, j'ai pris la parole, alors que je ne l'aurais pas prise dans d'autres circonstances. Je l'ai prise, parce que je ne voulais pas, quand un motif consciencieux de ma part m'avait empêché de rester dans une combinaison que je croyais ne pouvoir pas réussir, laisser répandre des calomnies et sur la Couronne et sur moi. (Marques universelles d'approbation.) Je le déclare, j'ai dit la vérité; j'ai dit tout ce qui était dans ma conscience, et je n'ai lu que les choses que je ne pouvais pas révéler, même à mes propres risques et péiils, que je ne redoute pas en pareil cas.
Voix nombreuses : » Vous avez très-bien fait !
Af. Dupin ; n 11 y a des choses purement personnelles et individuelles, il y a des choses qui ne peuvent pas se dire; ces choses n'impliquent pas une haute région, mais elles peuvent concerner des personnes que je ne suis pas obligé de nommer, du moins à la tribune. Il y a tel fait qui peut impliquer tellement la conscience intime d'un individu, qu'il suffirait pour autoriser sa retraite d'une combinaison, sans qu'il fût obligé de le dire à la tribune; et ici je l'ai dit, en particulier, à plus de cinquante membres. » (Mouvement prolongé.)
Page 53.
Extraits du discours de M. Dupin, sur les chemins de fer. (4 juillet 1839.)
1* Danger des Sociétés anonymtts :
H II est fâcheux que l'on n'ait pas pu faire une loi sur les Sociétés anonymes; mais enfin, voici l'économie de ces sociétés.
SKCO.VDK PAUTIK. 5*1
» Quand on est constitué, on établit des Directeurs qui géreront Tenlreprise, un Conseil qui les appuiera, et quelquefois des Assemblées générales pour des cas graves, mais toujours en vue de rcxécution du pacte social.
» Ce qui différencie ces Sociétés des Sociétés en nom collectif, c*est que, dans la Société en nom collectif, il y a une |)ersonne, il y a même tous les associés en nom, qui restent engagés jusqu*au bout; et si les affaires ne réussissent pas, il y a nonsoulement faillite de la Compagnie , mais des associés , cl il faut que leur ruine sorte de la question; car la loi, le contrat, tiennent les associés enchaînés jusqu*au bout ; il n^y a que leur ruine qui puisse mettre un terme à la liquidation de la Société.
r Pour la Société anonyme, au contraire, il n*y a que des gérants, et les gérants ne sont que les mandataires d'un être abstrait, qui est la Société. Ce mot abstraction est le seul qu*oa puisse employer, puisque la Société n'a pas de nom; et quand tous les fonds sont épuisés, eût-elle acheté pour plusieurs millions de terrains sans les payer, eût-elle fait exécuter pour des millions de travaux qui ne seraient pas soldés, quand on vient aux mandataires, ils vous ouvrent leurs livres, et s'il en résulte qu'ils ont dépensé tout l'argent de la Société, il y a faillite, mais il n'y a pas de faillis; car il n'y a pas un seul individu que vous puissiez interroger pour savoir ce qu'est devenue la Société. (Sensation.)
2» Infraction à la loi des adjudications avec concurrence et fniblicité :
n Ajoutez & cela qu'il y a ici une infraction à la loi générale des travaux publics. Cette loi générale était fondée sur le concours. Je ne dis pas qu'on ne puisse pas établir un autre mode; certes, quand on voudra le changer, j'y adhère d'avance ; j'aimerais mieux voir concéder des travaux directement à une seule Compagnie qui a des moyens d'exécution , que de l'exposer à la douleur de se voir supplanter par d'autres. Il vaudrait mieux qu'elle eût la certitude qu'en offrant tous les moyens d'exécution , on lui adjugerait le privilège de l'entreprise ; car c'est en s'arrachant toutes les entreprises, en se les disputant au rabais , que les Compagnies se font du mal à elles-mêmes. (C'est vrai!)
n Mais, enOn, le système actuel n'est point celui-là, et ce système était de bonne foi ; car c'est avec le public^ avec tout ce
5*î AXNEXES.
qa*il y a en France de capitalistes et do spéculateurs, qve les soMmissions étaient ourerles. L*appel était fait ft tous : la Compagnie qni fera les meilleures conditions aura la préférence. Eh bien, qirarrivc-t-il ? C'est que, à peine la concession estelle faite, que les concessicmnaires , loin de trotirer une punition dans Tinetéciittort , y trouvent une récompense) — celui qnï n'a pas exécuté, s'en autorise pour rester concessionnaire k des conditions plus avanta<][euses que celles qui lui étaient faites; cé qui autorisera d'autres Compagnies à vous dire : a Pourquoi ne nous disiez-vous pas cela d'avance? nous n'aurions pas tant eikiffè , e( nous eussions traité, n
n Airisi, c'est mtinqdêr h la loi des concessions des travaux publics en général, qttand on appelle des citoyens k un concours égal, dans un ordre de conditions donné y d'être rigoureux au moment où l'on fait la première concession, et d'être ensuite trop facile au moment où l'on fait la seconde par forme de modification : vovf ff'aves paé fait de# cofHitions égales k ceux qui pouvaient se présenter k l'adjudication.
D 11 y (t quelque chose de pWis fâcheux : c'est qu'il y a danÉ ce i^tlèmc und prime donrtée k F impuissance, k la légèreté^ comme k Fitfietécntion deà conh*af«. En effet, la conséqutoce de é^tte ffrfcrf écntion y de cette imprévoyance, de cette légèreté y n'est plus êé perdre son argent et d'être puni par sa ruine, à la charge d'élre plus circonspect à l'avenir; c'est, au contraire, un mojenf de É*asnrrer le privilège, d'arriver k des conditions merllenrei, e( de prendre texte de cette situation pour dire : « J'avais trop entre pris y trop eber, trop légèrement, pour ufi trop long ehetffin; il aurait fallu trop de capitaux : donnec-moi ce bout-là seulement, je l'efxécuterai. Rédèisez ù cela ma charge', avec faeulté de me départir âa surplus I » Tout éela es4 iiHolérablo.
df* Hommei publics Méreaiés eormme éeUannaites :
n Mffit^ Messieurs, il y a utte eorrsidération morale que je reeommfande à toutes les cbnscrerrces ; car je parle ù toutes les eonseîencet. (Écoutez! écoutez!) Comment,- mes collègues, vous Ile hfht pas une énorme différence entre une loi (fui se fait avjint d'ffUtori«er une entreprise, et la loi qui se fera après? La lôf cffrise faH avarfif, est eôfiçué éinv l'hHérét général^ qni se début en présence d* un îotérét partieulieF, mâts qui est à découvert, fui eit «ireoBterii da^s te noMi do quelque» îodividue qui se
SECOXDE PARTIE. 543
nomment, qae Ton conmitt , tivûc lesquels on ô6ti(râCf(e , et qttl devront êlre mentionnas dan^ h loi. Frtiles les conditions que vous vonles alors , faites-leâ bonnes , lurgcs ; TaVorisez par tous les moyens possibles les Compagnies, afin de vous dssdtf'èr tine bonne exécution des travatit. Gai, je suis podf les travatix par les Compagnies ; ce qàe TÉlat pèttt faife est peu eti comparaisdrf de ce que petiTeiit faire tes effoHs 3ridi?)duels quand ils sdnt coalisés. Ost tfné gtAitde et belle t^oie éAtii laquelle je veut que tfltfn pays soit encouragé, mais encoifragé par la irïofalifé, et noii pat* des actes qui tendraient h détruire les corttfdts et à càrrom^ pre les situations. (Très-bien ! très-bien !)
h La Concession une fois obtenue, tes noms mêmes des con-* cessionnaires disparaissent ; surgit une Société. Klle se répand pat* des actions au porteur, aussitôt que la loi est rendue; et le chemin de fer d'Orléans en est un exemple.
n Je ne conteste à personne le droit de prendre det actions et de s'intéresser dans des entreprises. Sans doute^ il y a des hom^ mes à qui leur position sociale fera tovjours une loè de é'en abstenir. Ceux-là , je lea leoerai deux lois v les ftolres ^ je ne l«s blâmerai pas. Il y a une loif on appelle tout le Hfondè & prendre des actions : Prenez-en, et mettez-les dans fotre p/f^tèfêuille^ (On rit.)
* Mais remarquez que si le fonèlkmnaire mêtne, Si PhomMé public peut en prendre quand *on office est rempU,- quand %oû devoir est dégagé, il n'eii Mt pas de mèmt des kris qtil 9t feraient après coap.
» Ainsi , le législafcur pourra toféf des sutrefilions k des Compagnies : ^v c'est au montent de la concession, je le conçois; — mais si l'on accorde des avantages majeurs à une entreprise, après Penlreprise formée, ne peut-on pas clire à tous les hommes publics qui se seraient rendus actionnaires et qui seraient appelés à émetire trn tote ou h donner uif avis : Vttns agissez dans^votre intérêt privé?— Messieurs, il n'est pAs défendu de fâlrè entrevoir un danger public dans trn avenir plus ou moine élfftgné : au ôéhnt de cette session , nous atons Mi parlef assez haut le danger de la corruption! mais si vous h redoutez avec 1,200,000 frattes de ^ds secrets, que sera?t-^ef dotic avec 80 millions d'actions au portetrf , qerî peifterrt se glisser partout,
544 AXXKXKS.
qui peuvent servir de doublure à toutes les consciences pour intercepter le droil, la vérité, la justice? (Très-bien! très-bien! *)
n Voilà le dau'icr imuietise , de voter sur la modification des contrats, au lieu de les résilier.
» Pour mon compte, je puis dire, et je m'en félicite, que jamais je ne suis entré dans aucune de ces spéculations : je ne suis point actionnaire, je suis législateur, je dispose de fimpôl; je ne dois rappliquer qu'à un intérêt public et général, et non à un intérêt particulier, pour bonifier une action qui vaut 250 francs et qui pourrait en valoir 500, si telle loi était volée. (Vive approbation.)
n Ces observations, toutes d'intérêt général, ne s'appliquent pas plus à un projet qu'à un autre. On vous demande des modifications, faites-y bien attention : le fait peut tromper l'intention ; le fait, malgré l'intention louable, patriotique, de ceux qui ont présenté les projets de lois, pourrait avoir d'autres couleurs et apparaître d'une autre manière aux yeux du public.
» Voilà ce que j'ai voulu signaler à la Chambre. »
Résultat : — On a retranché du projet le paragraphe qui préjugeait éventuellement l'engagement de l'État, et la loi concernant le chemin d'Orléans a ensuite été votée à la majorité de 190 voix contre 14S boules noires.
Le second projet, relatif au chemin du Havre, qu'on voulait arrêter à Ponloise, a été écarté et remplacé par l'amendement de la commission , qui autorise la résiliation pure et simple.
Le troisième projet, relatif au prêt de 5 millions, pour la Compagnie du chemin de Versailles (rive gauche), a été adopté par 160 boules blanches contre 118 boules noires.
Page 105.
Violence de V opposition ^ signalée par le Journal des Débats du 24 novembre 1840.
n lia Chambre des Députés s'est réunie aujourd'hui en séance publique, pour entendre la lecture du projet d'Adresse rédigé par M. Dupin, et adopté par la majorité de la commission. En attendant la discussion qui s'ouvrira mercredi prochain , la gauche a voulu se donner la satisfaction de commencer àH aujourd'hui
* Je prie le lecteor de ripprocher ce discoort de 1839, de celoi que j*ii proooocé devant le Séott le 4 miri 1861.
les scènes de scandale et de violence par lesquelfes elle espère troubler les délibératîoDs de la Chambre et intimider pcat-étre la majorité. Peu s'en est fallu que la lecture du projet d* Adresse ne pût être achevée; à plusieurs reprises, la voix du Président a été couverte par les murmures et les exclamations des interrupteurs. M. Sauzet n*a réussi qu'après beaucoup d'efforts à rétablir le silence.
n Ceci nous annonce ce que la gauche compte faire. Son intérêt ^ son désir, son but est d'étouffer la discussion.... Que la majorité s'attende donc de la part de la gauche aux derniers efforts pour couper y pour détourner, pour rendre impossible la discussion. La scène d'aujourd'hui n'est ({vl un prélude!,»» »
Page 117.
Adresse de 1841. — Exposé des motifs du paragraphe final
de cette Adresse, (5 décembre 1840.)
J'exposai ainsi la pensée générale qui, dans la rédaction da paragraphe, avait animé la Commission:
tt . . . Nous avons eu un double but dans ce paragraphe. 11 est deux principes que nous avons cru utile de rappeler : 1^ un principe politique; 2^ et un principe moral.
Principe politique, — » L'année dernière vous avez proclamé le principe parlementaire, vous avez bien fait. Eh bien, cette année, nous avons cru qu'il fallait aussi proclamer le principe de V inviolabilité de la personne du Roi; et nous l'avons cru avec d'autant plus de raison, que jamais, à aucune époque, il n'a été plus méconnu que depuis quelque temps, par les attaques les plus violentes, les plus ouvertes contre la personne du Roi....
Au centre : » C'est vrai ! c'est vrai !
M, Dupin : » En ne voulant pas arrêter ces attaques à la personne des ministres, mais en affectant toujours de les mettre de côté , même lorsqu'ils s'offraient à la responsabilité, et cela pour soutenir qu'il fallait aller au delà : eh bien, c'est le plus grand mal qui puisse affecter la constitution. (Très-bien ! très-bien t)
n Voilà pourquoi nous avons cru , quoique ce fût une généralité, que ce n'était pas une généralité inutile, mais au contraire une généralité très-opportune, que de rappeler ce principe fondamental du gouvernement constitutionnel.
n Les deux premières lignes du dernier paragraphe avaient IV. 35
pour bul d'amener Texpression de ce principe; car dire de princ ihweà ; " Voa saini&ftrea soni les dépoaikaires de votre auiorité; ib sont responaabka de son exercice ; 9 cela sembleratl un^ naî* veté, û çea expNWoas 9'avaîeiik pas eu le but que je viena 4'>b* d^}ueK.
9 Piour omvx ameacff k prockoiatÎQA de cette reapkonsahîlîti, on avait commencé par dire : « Veillez, Sire, à ce que vetie irôae $oit ta^|oua^^ eatourà de conaeiUers éckûréa et iîdèiea) 9
A Apri^ avoÂr apprauv&rûMertioA de cea mola dans le purojet, IfK Coaunis^ioA a cru , en d^nûer lieu ^ devoir les veIraBcker ; BULÎt Ctt <}iM (t-e$t p4u4 ^os FAdretas^» j^ (ft yorA «biM tnoii çpinkui.
n Une telle recoaiinaadal^n est dana eo^re droit; da mène que bien choisir est le droit çt le devoir de la royauté.
n Heureux les trônes bien conseillés ! Jamais ceux qui seront dévoués aux rois ne leur donneront de meilleur conseil, que celui de se choisir des ministres fidèles , des hommes éclairés , de )M>Qa citoyees, de& konunes qui inspjveat confiance à ha nation. C'est là le point de départ pour arriver. à k véritable reupon- •abilité.
n Messieurs , ce sont ces prioctpea ainsi eapos^ au seis de k Commission , de la manière k phi9 sincère et k phis explicite , qû font que le paragrapbe, tdk qu'il était dan^ k p<of^ primitivenent adopté , n'était pas un paragraphe dont M- Ikpin seul iÙt d*avis ; car remarques j^n cette situation purement personnelle , qu'on a cherché à me faire dans cette discussion , situation dont je ne m' offense pas , mais que je veux signakr. Ge qu^ est arrivé, je le prévoyais h^a, mais pe m'y suis dévoua. $i je n'eusse été qu'nn égoïste, j'aurais répudié k krdeau ; st ce n'eût été qu'un honneur ou un plaisir, je l'aurais certainement refusé; mais c'était un devoir. (Approbation.) C'était un devoir, dis-je, dans ks circonstances, et voilà pourquoi )'ai accepté m^ gréi moi. *-*- i'avais dit d'avance : Ne me nommez pas. •— Oa m'a nooamé. — J'ai dit akrs : Je n'accepte pas. «— J'ai accepté ensuite par réflexion , et ks atteques mêmes dirigées contre moi à cette occasion m'ont persuadé que j'avais bien fak. (Approbation au centre.)
» Cette rédaction, ainsi exposée devant k Commission, a été acceptée à l'unanimité ; car on aUaque taujouti M. Dupin, comme s'il étaU à luiseul toute la Commismn.
SECONDE PARTIE. 54r
» Le projet a été examine mot à mot par mes collègue»; eé, J8 ne puis trop insister ià-dessus, ce u^^est pas seutemeHl h la Qia*jortté que ce paragraphe a été adopté, c'est à VunanimUé, \\ n^ a que te paragraphe relaHf à)a question d'Orient qui ait été ?oté par 8 voix contre 2. Hfais le paragraphe que je défends devant vous a été adopté même par M. I>ucos, membre de la minerM» et par M. de Rémusat , membre de Tancien cabioçt \ \l. Diieoa ai M. de Rémusat ont doue accepté comme nous, et daos le méiiMt sens que k majorité, le parafe phe comme «koee utîU et néce»^ saire, et ne prêtant à aue»ne interprétatrei^ c^i ne fd4) paa <i■r•0^ tement tournée du côté de Tistérêt public tel cpe je vîena A» IVxpl^uer. Ce u'est pas à des bommee teb que Hlli. Bkicûa, e^ Rémusat que Ton surprendrait un acquîescemeiU par ii»artifiea de style ; c'est le foinl même de k rédactÎMi qu'ils eal approuvé ^ et j^en atteste M. Ducos qui a fixé ce point ai» mîlDe^ dto noa éa^ bats. (M. Bucos se lève ^ lait un signe dfaaseatiaeiit.)
» Maistieoani , sur k seconde partie. Ob !; Messieurat ki mo^ rak bor» de prepea serait cbese fort ridKukf cof rie» Wasft rUâ* eu le comme ce qui est dépbwé.
rt Maia ne raijybn» p4^, Mcesîettrs. Si, AiMi k ptenièffe partie dtt pavagrapbe^ j'avais ccNMÎdéré k\>cdva pohtii(ttfli; dan» k aneanki partie^ j'ut ewâsagé l'erdre social. Ce n'esA pas seulement «tecdH^ lois q«w V^m, pégili ks peupka. Tous ka pnblkiatea If ont wk^Hk aprëa cekii qui l'a kroMilè dans ses «era : « k quoi aeeveafr kft lois sanaks mesura b q
» En effet, aan$ ks moîura presque toatea ka kîa sooA WAlka^ elles sont paralyséfa. Qui accusea-vona dea déaecdrea actuels, anMa k déiauti de mœura? Ce $0^ ùui wumun^qm ésH^^nl^ kê-coKOâtères, qui dirigenè ka bemmea vers ks cboiea boBA^tes^ vera lea cbeaM de k probité. Oui, ^kasieurs, (k k probilé., cas ee pot a ^m% haute signrftrntiftni. U ne si^nlfiei paa seukmeab une pj»»bîAà dMi edfté de l'argenb, mais k pKobit du câAà du. sentîneoè paUv. Ce que l'eu eadge de l'ocaJbeuc, ce n'esli pas seukipMé d'tee neUfc» ce n'est pas seukmei^t cpi'il dise piua ei& moina bâaa, wm% mMk tout qu'il soit ua bonnte probe ckna ka affaûrea p<ii|ée&t. giwhn dons les affiùres publiques^ pr(^ dans toutes ks aitnaliooa, ^oJni en servant k prince, çn senranà k pairie, eaaiflMAà spn. pa^i^ (Très-bien ! très-bien !)
» Ëk bicali non» av<Mtf cçmdéeé Véiai vt«Mli d* 1^ ^^iété.
548 AXNEXES.
N^altendez pas, et d^ailleurs je ne le pourrais pas dans Tétat de fatigue où je suis, n'attendez pas que j'énumërc toutes les plaies de notre ordre social. Vous les Toyez tous les jours se produire devant vous ; vous voyez éclater des faiU flagrants d'immoralité qui ne sont pas seulement des faits commis par des criminels, mais des faits qui , trop souvent , trouvent des apologistes dans ceux-là mêmes qui devraient en être les censeurs (Nouvelle approbation.) ; des faits qui affligent la morale et riionnêleté publique. Et, dans ces circonstances, il sera défenduàdes bommes politiques, quand ils ont à s'expliquer dans un document public où ils expriment leurs sentiments sur F état de la société et des affaires du pays, de faire invocation à ces sentiments qui sont la base de Tordre social : les mœurs et les lois , la religion et la morale ! Je ferai même remarquer un fait particulier propre à repousser de fausses interprétations : c'est que, dans le sein de la Commission, si le rédacteur de l'Adresse était catholique, si le Président était catholique , si tous les autres membres étaient catholiques , nous avions aussi un protestant, l'honorable M. Delessert, uni comme nous dans le même sentiment. (Approbation.)
n Nous avons dit hautement, dans notre paragraphe : u Honorons la religion et la morale ! » pour qu'il contint au moins un utile enseignement; car nous ne donnons pas seulement notre concours par des hommes et de l'argent , mais nous donnons un concours moral ; nous croyons utile de faire descendre du haut de la tribune nationale, sur le peuple qui nous a envoyés, des maximes saintes qui donnent confiance aux gens de bien, et leur prêtent force pour résister aux mauvaises passions. (Marques d'approbation.)
1) Ne croyez pas qu'en effaçant quelques mots de notre première rédaction nous y ayons renoncé. Si on en a retranché ces mots : « On a trop recommandé aux hommes le culte exclusif des intérêts matériels, n c'est, a-t-on dit, qu'ils étaient implicitement renfer^ mes dans ceux-ci : m Rallumons dans les cœurs cet amour désintéressé, n Ces mots, je le répète, ont été effacés de l'Adresse, non comme improbation , mais conmie n'étant pas essentiels ; car il suffit de rappeler la morale et le désintéressement pour condamner implicitement le culte exclusif des intérêts matériels. Mais j'insiste personnellement sur cette phrase, et je la retiens fermer ment dans mes opinions individuelles,
» Oui| une des plaies de l'époque, c'est d'avoir trop encouragé
les hommes au culte de leurs iutérêts matériels. Entendons-nous. Je n'appelle pas ainsi ce mouvement de Tindustrie, ce mouvement des travaux publics qui fait la prospérité des Etals ; mais ce mauvais esprit qui s'attache aux bonnes choses pour les corrompre, cet amour de gains illicites. Le manufacturier qui fabrique par son industrie, ceux qui Taident de leurs capitaux, sans doute» voilà des choses non-seulement contre lesquelles on ne doit pas s'élever, mais qu'on doit favoriser; la législation a cela pour objet. Mais s'il est permis de placer son argent, est-il permis de mentir et de jouer à la Bourse, et de ruiner les citoyens? Est-ce une chose indifférente de voir des centaines de millions perdus pour le public par le fait de ces agioteurs de profession, qui te font un jeu de la fortune publique et des fortunes privées? S*il est permis de faire des sociétés de commerce, de s'associer en vue de réunir des capitaux, est-ce une chose licite de faire des sociétés sur des choses qui n'ont aucun fondement , d'abuser de l'insuffisance de la législation sur les Sociétés anonymes, pour leurrer le public et détourner ses capitaux? — Ainsi, cet amour, non du gain licite, mais ce culte du veau d'or, cet amour excessif du gain par tous les moyens S j® dis que c'est là une des plaies de l'époque. Aussi, qu'arrive-t-il? C'est que ceux qui ne savent pas gagner veulent prendre. (Approbation au centre.) Ceux qui n'ont pas de bien veulent partager avec ceux qui en ont. (Nouvelle approbation.)
n Ne croyons donc pas superflu de proclamer ici, — et le principe de l'inviolabilité de la Couronne ; il faut lui rendre tout son pouvoir et son efficacité ; -~ et ces vérités morales avec l'empreinte religieuse, que nous avons voulu, de propos délibéré, exprimer dans notre Adresse.
n C'est ainsi. Messieurs, que nous voulons contribuer, autant qu'il est en nous , je ne dirai pas à la régénération de l'ordre social, mais à son amélioration; c'est ainsi que nous voulons arriver à corriger beaucoup de maux qui nous affligent et nous menacent. » (Vive approbation aux centres.)
Nota. — J'ai redit les mêmes choses devant le Sénat (Séance du 4 mars 1861), en présence de faits nouveaux, — encore plus graves.
1 Etîrichiisez'vous !. . . Rem ftciai ; rem, si pouit ,
Rectè ; si non , qoocomque modo rem. (Horace , I , Spiitol. 64. )
«» AXNEXKS.
Page MO.
Star le$ funérailles de Napoléon.
A l'œcft^îoh die cette térémomc oH^niMte, p^oor Tap^lhéose tle ^ûpt>Wion, un tkrtoafénAire, tfoh «vûit fait partie ée iio« Asâetnblto Wgrsfatîvirt, en 1791 soûs Louis X\l, en l'ii« Vil «^ous k» ÏHrecloîrp^ tel de 1800 à 1810 $dtt« Napoléon, rtiYcriraît, te 29 miiî 1S40, c*est-à-dirc5 six moi» avant cetïe inauguration (alors seulement projetée)» une lettre remarquable en re que son auteur y voit, de là pan dn Gbnvchiement tie Lotiis-Philippe, urte imprudence l)«i va réveiller tout l'enthonsihsme bonaparlistc, H qui poutra M diBvfenir fahil, tn amenant pins tard une réi-olutîon.
Page 145.
Èéclàmaïîon contre la création de seize régiments n&ntreanx pat HrApte ordonnance, sans vote préalabte de^ Chéïhbres:
J*envîsa(|eai cette question au double point de vue : 1** du droit de la Chambre qui vote les subsides , 2** et de Tintérêt indmc de Tarmée.
Sous le premier rapport, le droit de la Chambre avait été méconnu. — La dépense n^avait rien d^ur^en^^ on devait différer. Ensuite ce n*était pas seulement une dépense de deniers à litre provisoire, et qui pût être réparée par un vote ultérieur. En créant des officiers (au nombre de 1232), en les investissant d'un grade qui devenait leur propriété, on avait créé quelque chose de permanent, de définitif, qui ne laissait plus à la Chambre la possibilité de revenir contre. C*est ce qu'avaient exprimé la Commission du budget et la Commission des crédits supplémentaires, en blâmant l'opération, mais en déclarant ïimptUssance où elles étaient d'y apporter un remède.
Je reconnaissais également qu'on ne pouvait ni licencier ces régiments, ni priver de braves ofQciers de leurs grades.
u Non, disais-je, la Chambre ne peut faire cette injure à Parmée! ce n'est pas la faute de ces régiments si on les a créés. Ils seront aussi braves que les autres , ils se battront aussi bien , on oubliera l'irrégularité de leur création quand ils seront au feu , lorsqu'ils y seront appelés par une guerre lo<|ilimc et opportune.
n Mais en même temps (c'était lii ma seconde question), il faut
que Tarnlée comprenne que ce n*est poMt par un mauvais vouloir de notre part, mais que c'est dans ie plus précieux de ses intérêts; que nous désirons que ce qui touche à la constitution de ràmkéi soit créé par k concours du Parlement, et que nos institutions nt permettent pas qu'on se passe ainsi de Tautorité dies Chambres. H importe à Tannée qu'elle èache bien que mms veUlons i M intérêts comme le Gouvernement lui-même. Et si je voulais ràp>i' peler le passé, je dirais qu'il est venu plus de bien à tàtmée pet^ le concours des Chambres que par ie régime des Ordonnances, (Oui! èui!) Ainsi, quand l'armée était vouée au régime dieé Ordonnances^ on destituait arbitrairement les officiers; oH leè destituait pour des causes politiques. Pendant plusieurs année! avant 1830, nous n'avons pas fait autre chose que de réclamer en faveur des officiers ainsi muictés et dépouillés de leurs grades S (C'est vrai!)
n Ce que nous avons réclamé en faisant de l' opposition tooà la Restauration, nous l'avons réalisé par une loi ap^ës 1830^ (ftt c'est À Al /oi <}tte tous les ofBciers français doivent désolrthài) ttk état qui est à eux; et dont ils ne pbuirhitettt être privés qtkè ptif un jugement. (Approbation.)
T> Des Ordonnances avaient augmenté la sdde des ofBbiëtv l$tli périeurs; par un esprit de justice ^lus général; la Chhmblrë k voulu que la solde des grades inférieurs, et celle des soldats euxmêmes fussent aussi augmentées. La Chambre , eu cela , a donc veillé encore d'tthe manière plus cotbplbte adk iittéi-éls de l'armée. J'en dirai aiàtant delà loUur les retraites et delà loi litir VovaHcement. Et voilà la différence : c'est que les bonnes choses que lefe lois font pour l'armée ; et c'est à l'armée que je désire qiie ces paroles arrivant ^ ces choses-là sont durables ^ tsAt il faudrait ém lois et non des caprices ministériels pour la dépouiller de eeè avantages; au lieu que, quand ce sont des Ordonnances, des Ordonnances contraires peuvent les tévoqiier. Nous avons vu cela pendant les quinze ans de la Restauration. (C'est vrai!)
» Eh Lien, ce débat, je le réduis à utie question de principe et de prérogative de la Chambre. Selon mol , il n'y a rien de plus grave dans ce qui touche aux dépenses de l'armée, à la constitution de l'armée, que la création de corps nouveaux qiii impliquent immédiatement lin droit permanent, ce qui, par conséquent,
^ Vojet tome II ât§ Èhnoires, ptgês 42, 44, 6t 475.
force la main aux Chambres, puisqu'elles n'ont plus la liberté dont elles doivent toujours jouir dans le vote du hud^^ot , soit en votant les dépenses, soit en votant les contingents. Ce qu'on a fait en cette occasion est une infraction à tous nos précédents.
n Aussi je déclare hautement que ceci est un précédent funeste; et s'il avait pu passer sans contradiction , s'il n'encourait pas le blâme de la Chambre qui, même en payant ce qui a été fait, lorsqu'elle ne peut plus faire autrement, peut du moins ne pas accorder son approbation, sous le rapport de la conduite qu*on a tenue et de la manière dont on a procédé ; je dis que le droit de la Chambre périrait sous cette pusillanimité qui aurait cmpôché d'établir une contradiction légitime.
» Je n'établis pas ici une question de parti, à Dieu ne plaise! Je n'introduis pas une question d'incrimination contre les personnes; aucune agression de ce genre ne vient de ma part. Mais je crois de mon devoir comme député, et je serais seul (Non ! non !) que je soutiendrais encore cette opinion, qu'il est de mon devoir de ne pas voter le chapitre , sans déclarer que c'est un précédent funeste; qu'il n'y a rien de plus grave que cette création de corps nouveaux sans un vote préalable de la Chambre ; et je ne puis que protester autant qu'il est en moi contre cet oubli des droits du Parlement, » (Très-bien ! très-bien !)
Page 150.
Éloge de Malesherbes par M. Dupin,
Le Constitutionnel du 9 novembre 1841 en porte le jugement suivant (dans un article rédigé par M. Etienne) :
u La rentrée de la Cour de cassation a été signalée aujourd'hui par un noble discours de M. le Procureur général. Il a prononcé l'éloge de Malesherbes. Depuis quelques années, M. Dupin a heureusement substitué à la monotonie des graves préceptes l'autorité des grands exemples. Retracer la longue carrière de Malesherbes, c'était mettre sous les yeux des magistrats toutes les vertus, tous les devoirs qu'imposent leur sainte mission, l'amour du bien public qui seul doit les inspirer, cet esprit d'indépendance qui est l'attribut ou plutôt le caractère de la justice. M. Dupin a simplement raconté cette vie admirable couronnée par une mort sublime. 11 a élevé dans le temple des lois un monument à l'homme des temps modernes que n'a égalé en sagesse, en courage, aucune des
illustrations que les plus beaux jours de Tantiquité ont léc^uécs aux hommages de la postérité. On voit que M. Dupin se plait à peindre ces graves et nobles figures des grands magistrats dont le souvenir ne saurait être trop invoqué h cette époque où tous les caractères s'effacent, où les grandes traditions s'oublient, où la corruption se déguise un peu plus qu'autrefois , mais n'en altère pas moins toutes les idées inorales et tous les sentiments honnêtes. Cette longue et noble vie de Malesherbes est écrite avec simplicité, avec talent, avec conviction. Le portrait est d'une merveilleuse fidélité; il parle ; on voit que le peintre aimait son modèle. 11 a vengé Malesherbes de cet odieux esprit de parti qui s'attache même aux plus saintes renommées, comme ces insectes qui souillent de leur venin des fleurs chastes et pures. Le croirait-on, nous sommes à une époque où il faut encore venger Malesherbes ! D'impitoyables écrivains ne lui ont pardonné les erreurs de sa vie qu'en faveur de V héroïsme de sa mort! Avec quelle chaleur, avec quelle force irrésistible M. Dupin prouve qu'il n'a jamais renié une seule de ses actions, un seul de ses discours, et que si, à son heure suprême, il a eu un regret, c'est que ses conseils n'aient pas été suivis! Telle était aussi la dernière pensée de l'auguste victime, en revoyant dang les cachots du Temple l'homme qu'elle avait appelé autour de son trône, et dont la voix avait été étouffée par cette tourbe de flatteurs intéressés à ce qu'elle ne fût pas entendue. Un des traits qui honorent et qui doivent faire juger Louis XVI, c'est que, jeune encore, il eut le courage de choisir Malesherbes pour ministre, mais qu'il n'eut pas la force de le garder. Malesherbes demandait la liberté d'écrire, la liberté individuelle, la liberté religieuse, le vote des impôts par une assemblée nationale ; nous en jouissons aujourd'hui ; et, quelque nombreux que soient encore les hommes qui veulent nous les ravir par la violence ou par la ruse, nous conserverons ces droits sacrés qui nous coûtent si cher, et tous les gens de bien rendront des actions de grâces éternelles à Malesherbes, qui les réclama, et ù nos deux grandes révolutions qui les ont consacrés.
» \ous désirons bien vivement que ce monument d'éloquence judiciaire et politique soit sérieusement médité par tous les hommes qui prennent part à la direction des affaires de l'État. »
Le Journal des Débats du 9 novembre porte le même jugement sur le discours de rentrée du Procureur général :
u L'orateur avait choisi pour son sujet l'éloge ou plutôt la vie
554 ANXEXëS.
du donner des grands Diagistrals de rancicn régime, M. de Maleslicrbes. Malcsherbcs a élc dignement ioué. Le magistrat libre et ferme, ne sachant obéir qa'à sa conscience et à la loi ; le ministre ennemi des abus, ami de son Roi, et jamais ooui-tisan; le citoyen courageux , martyr des factions , ont été peints en trmiU énergiques. M. Dupin excelle à retracer les vertus de notre ancienne magistrature, parce qu*il en porte le sentiment en Inimême. »
Lettres relatives à ï'èloge de l^alesherhes.
Lettre de M, le comte Mole, — t Acosta, 10 novembre 1R41. — Monsieur et cher confrère, j'avais été à T Académie mardi 2, pour vous entendre, et mon regret a été grand en apprenant que vous aviei remis votre lectute à jeudi. Des affaires m'obligaient à partir le lendemain, et c'est hier seulement que j'ai lu dans le Moniteur votre éloge de M. de Malesherbes, tel que vous Tavei prodoncé à la Gotir de cassation. Je n'ai pu voir sans émotion ce que vous dites, Monsieur et cher confrère, de ces Lamoignon de qui je descends en ligne directe par ma mère, — surtout en me souvenant que votre voix et votre plume éloquentes n'ont jamais manqué l'occasion de rappeler et de signaler à l'estime ptablique les servicies que les Mole ont eu l'honneur de rendre au pays. Le cours des événements et les hasards de ma vie m'ont jeté loin de la carrière de mes pères, mais j6 suis resté, si j'ose le dire, magis«> thit par le coeur; et je ne sache que vous, au temps où nous vivons, qui parlies de cette ancienne Magistrature française de manière à réveiller le souvenir des mœurs qui ont entouré moii enfance, et à satisfaire au respect que je ne cesse de lui porter. Ce sentiment s'étend aussi à ce Barreau , l'une des gloires de l'ancienne France comme de la nouvelle s et auquel vous rendez en teimes admirables l'hdmmage qu'il mérite à propos de Ghauveau*Lagarde, ce courageux défenseur d'une Reine infortunée. En tout, permettez-moi de vous le dire, votre éloge de M. de Malesherbes m'a paru remarquable entre tous vos écrits, par une justesse et une justice parfaites envers les choses et envers les hommes. Je ne connais dans aucune histoire une gloire ni si belle, ni si pure que celle acquise et méritée par M. de Malesherbes A la fm de sa carrière. Ma mère était la personne de sa famille, après ses enfants, qu'il aimait le tnieux, et i'un des souvenirs les plus précieux de ma vie
SECOXDR PARTIR. 555
est celui du vieillard pleurant clicz elle sur ce niallicareux princo quMi venait de défendre et qu'il n'avait pu sauver.
» Agréez toutes les assurances des sentiments, que je vous ai voués depuis si longtemps , d'attachement et de haute considéra^ tion. — MoLÉ. »
Lettre de M. le comte de Tocqueville. — a Baugey, près Compiègne, 11 i^orcmbre \M\. — Monsieur le Procuretir général, je ne pniâ dîfféncr ù vous expHmér là salisfection avec iàquellIÀ j'ai lu \\\(^)c, dahs le Jbttrh^/ des Débats, Félbge ^ue vous avez flift de M. de Malcshert)es. On ne pouvait parler de cet hotnmb \ énè^alite avec plus de dignité, pluà de noblesse et d'éloquence. Eh qtt'efcques lignes, vous avez peint d'une manîèrte admirable Mpoqtlfe du dît-huitième siècle oà il a comincnbé sa cttk-rièhî pdblique, fet les diifibtiltés de sa position. Il Avait devancé ses coiAteniporàlnft dans les idées d'une liberté sage et éclairée. J'ai regret que vo^ n'ayez pas eu connaissance d'un udttiirable Mémoik-e qùMl h, présenté à Louis XVI, peu de temps avant la Révoldiion. Si je l'avais eu à ma disposition, je me sei-àis eitipre^é de vous Ib communiquer.
» J'Ai plus qu'un antns le droit, j'ajonterai le devblk-, de vous remercier. Tout ce qui H&vèlelcbeau caractère du respectable tiénlard m'intéresse vivement ; car je nie suis marié sous ses atispltei à Maleshicrbes en 179*.^, peu de temps après la mort du hoi, fet il voulut bi)?n me confier sa petite fille danà ce temps de danget et d'alarmes. Je le trouvai calme devant $a douleur, comme II 1^ été eh prison et devant l'échAfand. Cette sitnplicité iivec tant de science, bette bonhomie avec tAht d'esprit, ce cotirage Ètofqtaé d'une âme pure, exerbaieni une séduction & laquelle il était Impossible de résister. Tout d'abord il inspirait lÀ confiance, et l'AtaDiB était à l'aise près dt lui.
n Une circonstance de sa vie qui est ignorée , c'est qu'il près-sentait le sort qui lui était réservé, qu'il eût pu ^ soustraire su tête vénérable, et qu'il ne l'a pas voulu parce qu'il avait promis à Louis XVI d'être aussi le défenseur de là Reine. On lui en a refuse la possibilité.
» Vous m'excuserez. Monsieur le Procureur général, de m'étendre autant sur ce sujet. Ayant vécu pendant dix-huit mois avec M. de Maleshcrbes, enfermé en prison avec lui, honoré de son amitié , la dernière et glorieuse période de sa vie m'a laissé (le
doux et douloureux souvenirs que j*aiine h épancher, et que roos comprendrez.
n Je vous prie, Monsieur le Procureur général, d'agrcer Texpression de ma haute considération. — le comte de Toc-
QUEVILLE. »
Lettre d'Alexis de Tocqueville (depuis, mon confrère à l'Institut.) — u On vient de me transmettre de Paris, Monsieur, le très -gracieux billet par lequel vous vouliez bien m*inviter à la séance de TAcadémie française qui a dû être tenue le 4 courant. Vous jugerez de mes extrêmes regrets en me voyant dans 1* impossibilité d* assister à cette réunion. Tout y aurait excité au plus haut point mon intérêt : rassemblée, le sujet, et surtout le discours. G*eût été une grande joie pour moi de voir les actes et les écrits de mon vénérable aïeul analysés et appréciés par un homme commç vous. Heureusement que je pourrai lire ce qu*il m*aura été défendu d*entendre. G* est une consolation , mais qui est incomplète, car vous êtes du nombre de ces orateurs dont les paroles gagnent encore à être saisies au passage.
» Je vous remercie de ce que vous me dites à propos de TAcademie française. Vous savez tout le prix que, vainqueur ou vaincu, j*attacherai & votre suffrage. L*Académie me rappelle naturellement M. Etienne, qui s* est montré si bon pour moi lorsque je Fai vu pour la dernière fois. Veuillez^ je vous prie, s* il est à Paris , me rappeler & son souvenir.
» J*ai reçu, avant-hier, une lettre de M. Royer-Collard ; il m'annonce qu'il revient à Paris, ce qui m'a fait grand plaisir. Mais il me dit en même temps qu'il a été fort malade l'été dernier. Cette nouvelle m'a causé un véritable chagrin. M. Royer- Collard est un de ces hommes que, comme Français, on ne pourrait voir disparaître sans une grande douleur, alors même qu'on n'aurait pas des raisons aussi particulières que les miennes , des raisons de cœur et d'affection , pour déplorer leur perte.
n Adieu, Monsieur; croyez, je vous prie, & tous les sentiments de respect et d'affection que je vous ai voues.
r Tocqueville, 10 novembre 1841. — A. de Tocqueville. »
Lettre de M, de Lamoignon. — « Saint-Ciers-la-Lande, le 3 janvier 1842. — Monsieur, j'ai reçu l'éloge de M. de Lamoignon- Malesherbes , que M. de la Grange m'a transmis de votre part ;
SECOMDE PARTIE. 557
permctlcz que je m'empresse de vous adresser mes sincères remerciments.
» Nos deux familles sont originaires de la province du Nivernois; elles ont occupé des places éminenles dans la magistrature : qui mieux que vous, Monsieur, pouvait parler des devoirs au magistrat, des connaissances qu'il doit acquérir, de Fimpartialité et de la sévérité des principes qui sont la règle de sa conduite? Vous avez noblement rempli la tAclie que vous vous étiez imposée , et je suis heureux de vous exprimer ma reconnaissance au nom de la famille dont je suis le représentant.
» Agréez, je vous prie, Monsieur, Tassurance de ma plus haute considération. — Lamoignon. »
Lettre du général Drouot. — « Nancy, le 15 décembre 1841. — Monsieur le Procureur général, chaque année vos bienfaits apportent des consolations dans ma solitude; ils éclairent mon esprit , et ils retrempent mon âme, qui est trop souvent affligée et découragée par les doctrines fausses que la perversité ou Taveuglement répand parmi nous.
» Vous venez encore de me faire du bien en m*en voyant reloge de Malesherbes, que vous avez prononcé devant PAcadémie française et devant la Cour de cassation. Vos deux discours m'ont intéressé au plus haut degré ; j'en ai écouté la lecture avec une attention que ne comporte plus mon état habituel de faiblesse. Ces deux discours ont produit sur moi les mêmes effets que les précédents ; ils ont charmé mon esprit et fortifié dans mon cœur l'amour de la vérité et de la justice. Je vous en rends des actions de grâces.
» Permettez-moi, à l'occasion du prochain renouvellement d'année, de vous exprimer les vœux que je fais pour votre bonheur. Puissiez-vous , pendant une longue vie, jouir d'une santé parfaite pour faire triompher les saines doctrines qui seules assureront notre repos et notre prospérité. C'est aux hommes de cœur et de talent, qui vous ressemblent, qu'est réservée la gloire de conjurer les dangers qui nous menacent.
n J'ai l'honneur de vous prier. Monsieur le Procureur général, de continuer à agréer avec intérêt l'assurance de ma haute considération et de mon respectueux attachement. — Général Drouot. n
Lettre de madame la comtesse de Castellane. — u Acosta,
par Meulan (Scinc-el-Oise) , 1 1 novembre 1841 . — Je voudrais vous offrir mes véritables remercimenls, Monsieur, pour le plaisir que je vous ai dû en lisant Féloge de M. de Malesherbes, que vous avez eu la bonté de m*envoyer. 11 fallait, comme vous, comprendre toute la beauté de la magistrature française et avoir le bonheur de savoir respecter tant de simplicité dans la vertu, pour pouvoir la peindre comme vous Favei fait. M. de Malesherhes a été, à tous les temps de ma vie , Tobjet de ma pieuse admirafton. H était Fami intime de feu madame de Castellane, et de rhôlel de Larochefbttcauld, et ce sont les premiers récits qae paie entendus lorsque je cherchais à connaître ce moade du passé. Hélas ! Monsieur, combien ce passé, même celui de notre temps, 8*est comblé depuis que j'avais T honneur de vous voir souveitl et toujours avec tant de plaisir dans cette rue de TArcade, dont les habitants, les jardins et la demeure même, ne sont plus ! En vous rappelant ces souvenirs, n'est-ce pas prendre quelques droits I vous dire. Monsieur, le plaisir que j'aurais à vous revoir encore.^
r Veuillez de nouveau recevoir mes reaierdments , Moasieùr, et les joindre à ^expression de tous les sentiments d^nttachentent et de considération que je suis heureuse. Monsieur, de vous effHr ici. — CoKTESSE DE Castellaxe, née ^refitlhe. »
i0eUre (k Béranger, — a Grand merci , mon cher Dnpin , êû présent que vous voulez bien me faire. J'avais dtéjà ht Péloge de Malesherhes ; je Tai relu avec un pbisir égal à cehii qu'il n^avail &it d'abord. Cela n'arrive qu'aux bons ouvrages. J'ignorais seur lement que FAcadémie eût eu Fétcenne de votre œuvre. Viilre héros méritait bien ce double honneur, et nul mieux que vovs n^était digne de le hit procurer. Mais je doute que le public du pont des Arts ait saisi, aussi bien que celui du pakûs de Juslâce, les leçons que Fhislotre donnait à Fépoquo actuelle, leçons doot tout le monde ne vous saura pas un gré infini. Prenez-y garde, mon eker ami; il est des gens qui n'oublient rien"; oe soat œox qui auraient le plus d'intérêt à ee qu'on oubliât beaucoup àm choses.
» Quoique revenu aux environs de Pn ris, j'y vais peu, et si ce n'est pour visiter de vieux amis déchus , ruinés, prisonniers aa malades. Ne vous étonnez donc pas si je a'iit point été frappev à votre porte. Je n'ai jamais beaucoup aimé le monde, et rien ne peut m'en donner le goût aujourd'hui, bâti comme on nous le
fait; et d*aiUeurs, à soixante ans passés, la retraite m* est un besoin d'autant plus vif qu'elle a toujours été un plaisir pour moi.
n Pardonnez-mot donc, mon cher Dupin, si je ne vais pas vous remercier de Penvot que vous avez bien voulu me faire : cette marque de votre bon souvenir ne m'en est pas moins précieuse.
» Présentez , je vous prie , P hommage de mes respect» à Madame, et croyez-moi de cœur tout à vous.
» Pâssy, 21 novembre \Ml. — Bérangeii. »
d}^ drp^t 4^ vLsUfi.
Pari»» ce 8 fivriec 1832. — Je voms reaiereîe, «m» dier Goi»n patriote. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos d^eou^.. ViHUftaveif biea xmm ; <^ h na^re e)le-Qi^«»e ^ plac4i Uia vmn k>v« dkiA doqMi««de Vbomiiae; U peutk^ lra«clûr> ofiais «on les. o«çupier. n Ani^ba^sadeur et miai^ve, y«i défewlu 9,vei^ éaecgîe nMiM^or-di notce pï^viUpii; v^m «çt^. «M eflMrir«Ap^ad|aiMeL«a (wa^ U^ï. Cef4i*» j'ai horreur de la traite, j'ai parlé à la tribua« <te ce( q^AcroWlf biiri^94age, çon^o^ doit e« p^i^ lout kmm/^ 4v^ 1^ V«f4 àe nieu un noble çœor [, o^i# iil![(m^9ou^ b9iH>ÂB 4e» Aç^gloi^ f(im empêcher que des naUouii^mx ne déshejnnren^ Q(oytre piatrie^ Si oi| ^ veut lpÂ?iA r per^^i;^ u^ poivrrn dan^ n^ port», «e Uvirer à ç^ iofâoie trafic. U ne faut i^^ ceJka,, je W ?4pè4«, ^'nn(9 vo^ainA^ ferme. Mais, disons-le, Phumanilé est tr^ff-ff^ftnAain 4ani k conduite per^véraal,^ de$ iVnglmis : ce qu'Us iieinleai„ a'eA( le despotisme de9 mer»; iji». meHeat à pro&t noUe esp^irit d'h^x^^M ¥> d|e p<^. Afurèfli ^>ut« \le fnot M^... L«^ fxaacedoiî(-^«,d|i9mf9 montrer tQajo,nr8 si facile Ï...-T-Ali^! çoml^^tlez encw»; InF^^i^cet la noble France , doU inueir un antre rôle ; el/k m dmt mfW dt mif>T^ ^ fW ^nr^ ^ 4uar m^K* ?— Vptre dévoué » Hxbi«^ dis Meu-
VILLB.
Discours du 18 mar< IS^. — ii^iMijf/s/ de* eulUs. — jpufilM^i^wn
du acUs de h cour de S^m^. — Célé^mim du fiifiS $L dk-
Vianches. — UberU d'enseignfiififinl.
u Les questions qui tieimeat à l'ordre religieux, m(im pas dogmatique, mais dans ses i-apports avec la polftce del'Êtal, ont leor côté délicat ; maie ce n'est pas une rnisoA pe»r s'ea abeiemr.
» Cest un motif de les traiter avec mesure, dans rintention, dans le fond , dans les termes ; mais le silence a son danger. Cest laisser faire, c*est par conséquent laisser envahir, appeler des résistances, avec toutes les violences qu'on redoute, et les inconvénients qui peuvent s*y attacher.
I» Je reconnaîtrai volontiers, avec le préopinant, que j*ai suivi avec attention dans son discours , non comme devant lui répondre, car je croyais que cette tâche serait remplie par d'autres (On rit.) , mais cnGn pour me rendre compte de la suite de son raisonnement; je reconnaîtrai, dis-je, que les imputations faites à tout le clergé français sont fausses et injustes; qu'en masse , en très-grande masse, ce clergé est animé de Fesprit de son état, qu'il se conduit conformément à son état, qu'il est digne de respect à tous égards.
fi Mais, en même temps, la sincérité m'oblige à reconnaître qa*â côté du vrai, se trouve quelquefois l'exagération qui constitue Ta* bus; qu'en matière religieuse, comme dans toutes les autres opinions, il y a des excès qui compromettent ce qu'il y a de bon en poussant à l'abus.
» La liberté a pour ennemie la licence ; — le pouvoir a pour ennemis ceux qui le poussent au despotisme et à l'arbitraire à force d'obséquiosité (Assentiment) ; — la religion , ceux qui la poussent à la domination , à l'intolérance , à faire ce qui excite tôt ou tard le récri des populations et des hommes qui veulent la liberté des consciences et des cultes.
9 Messieurs, voilà les généralités; maintenant, on les applique à trois questions: l'incident d'une bulle relative à l'Espagne; la question de la célébration des fêtes et des dimanches ; la liberté de renseignement ; ri y a même un dernier mot qui a été dit sur quelques biens possédés par des corporations religieuses.
« La bulle ! mon Dieu ! j'en parle avec un grand sang-froid , avec un grand désintéressement, mais en priant la Chambre de ne se laisser toucher ni par ceux qui en parleraient avec chaleur et avec exaltation , ni par ceux qui voudraient en parler avec enthousiasme; et de considérer en tout ce qui est vrai et d'accord avec le droit public du royaume. Ce n'est pas seulement telle ou telle espèce de bulle, mais aucune bulle, aucun acte de la cour de Rome, ne peut être promulgué en France sans l'autorisation du Gouvernement. (C'est vrai!) A cet égard, la disposition
de la loi de Tan X n^est pas une nouveauté ; elle n^est que la tra« duction moderne de tout le droit public dont déposent notre histoire et les actes du parlement; c'est une précaution de sagesse. Kn effet, quand une religion dépend d*un souverain qui a le caractère de souverain étranger, quand elle a son point d'appui comme levier hors du royaume, il est de la prudence de chaque État d*empécher qu'avec ce levier dont l'autre extrémité est en pays étranger, on ne puisse rien soulever dans chaque nation qui puisse être contraire à son droit , à son intérêt , à sa tranquillité. (Très-bien!)
» Aussi la disposition de la loi de l'an X est générale , elle est absolue; il y a une énumération poussée très-loin dans l'article» et qui va plus loin encore que l'article lui-même , qui s'étend à tout sans exception.
n Qu'on se rappelle ce qui arriva sous l'Empire; une simple publication de ce genre fut faite sans l'autorisation du Gouvernement. On sait avec quelle sollicitude, avec quelle juste sévérité » quelque honorable et quelque bien intentionné que fût le fonctionnaire qui avait permis la publication, ou qui, du moins, ne s'y était pas opposé ; avec quelle sévérité le Gouvernement a agi dans la circonstance , non pas tant pour le fait particulier, que pour le principe en lui-même et ses conséquences. Car voilà ce qui distinguera toujours les hommes qui veulent marcher d'après des règles, de ceux qui ne veulent aller que d'après les sensations du moment. Parce qu'on n'aperçoit pas un inconvénient à une chose, on fait bon marché des règles, on laisse tout aller, on crée tin précédent; et plus tard , après une chose qui est sans inco&» vénient, il en vient une autre qui entraîne des abus énormes, qu'on cherche à faire accepter, à faire excuser, à faire pardonner par l'allégation de ce qui a été toléré dans d'autres temps et pour d'autres faits.
» Avec la cour de Rome, en général, il ne faut ni tout défen^ dre ni tout permettre , mais il faut toujours veiller; et c'est pour cela qu'aucune production de la cour de Rome ne peut avoir cours en France ni être acceptée par le clergé français , conune acte de la cour de Rome , sans avoir été vérifiée par la puissance temporelle , et sans que la puissance temporelle en ait permis la publication. Il faut que l'autorisation du Gouvernement intervienne, pour que l'acte romain ait cours en France et soit accepté. IV. M
» Ici, viendra-t^n nous dire : La bulle dont il s*agit concerne rélranger î
» Je réponds : Lises non-seuiement Tarlicle l**" de la loi de germinal an X, mais les articles. 2 et 3, et vous verrez que diaprés leurs dispositions, les actes de la cour de Rome intéressant les gouvernements étrangers doivent encore moins avoir cours en France que ceux qui intéressent la France elle-même ; c*est<^-<iire que pour les actes qui Fintéresscnt , à moins de raisons graves, le Gouvernement permettra la publication , tandis que pour les actes qui touchent les gouvernements étrangers, il ne la permettra pas. Je vais faire sentir les conséquences d'une conduite contraire.
n 11 se passe en Espagne des faits quelconques. L'Espagne e«t un État indépendant, souverain; il n'est ni votre supérieur ni votre inférieur, il est votre allié» dans les termes où sont placés les deux gouvernements. Dans tous les cas, T Espagne est sur une ligne parfaite d'indépendance vis-à-vis de nous. L'Espagne n'a pas le droit de censure sur la manière dont nous menons la constitution de notre pays, et nous n'avons pas davantage le droit de censurer la marche constitutionnelle (je ne dis pas politique) des affaires de ce pays. On veut y faire des réformes religieuses, des réformes que Ton vient qualifier de schismes! que nous importe? Ce qui se fait en Espagne ressemble-t-il à ce qu'on a voulu faire en France, par la constitution dite conslilulion civile du ckrgé? Cela pourrait être une bonne ou une mauvaise loi , une loi dangereuse ou utile, mêlée de bien et de mal, qui pourrait être fâcheuse pour FEspagne, ou qui pourrait avoir de bons résultai» fidministratifs; cela regarde l'Espagne, je le répète, mais cela na nous regarde pas. De tels changements peuvent émovvoir la cour de Rome ; car si on ôte au clergé ses richesses , sa domination , son influence, ces recours à Rome, dont l'Espagne était un des domaines les plus productifs et les plus soumis , je conçois l'importance que le saint-siége attacherait à ces Innovations, à empêcher que ces idées eussent cours en Espagne, et à les combatire de toutes ses forces. C'est à l'Espagne à se défendre, vis-à-vis du Saint-Père, comme gouvernement, comme influence religieuse poussée trop loin, du moment qu'elle réagit contre le droit des £spagnckb de réglementer leurs affaires civiles et temporelles camma ils l'entendent, et d'établir leur police vis-à*vis des cultes.
SECONDE PARTIE. Mi
n Mais on vient en France demander «les prières eoiHréf éi qui se fait en Espagne ! Messieurs, ponr appréeiér ià portée d^ilM tel acte, je vais faire «ne supposition: je supposé qu^aprèïjtiîttet 1830, après Tacté déplorable et criminel éé la dévastaHon de i'archevéciié , après Tacte déplorable et criminel de SaiiVt-^et^ main TAuxerrois , qui a été blâmé parmi nous et sur toiis Ml bancs , acte qui a été regretté do moins là où il n*était pAs btêM avec autant d*énergiie ; si le pape avait fait une bttlle poilr lnvHi# tous les peuples de la chrétienté à s'agenouiller, à le vêt' M mains et les bras au ciel contre ce qui se faisait éû trtiMt , fel contre la révolution de Juillet, aundns-nowi regardé M Èëiê comme indifférent? (Mouvement prolongé.)
» Messieurs , c'est un grand fait de demaMdter deft prière fn^ bliques. Ignorei-votts que, d'apfe^ft rânciékl droit ptiblili iM royaume, comme d'après le droit pttbKc actUdl^ On M p«ét Ol^ donner de prières publiques qu'ated ràétoHiatton dtt Qott^rlle* ment? Appeler à prier, c'eftt appeler k qttel<tuie chose die plilï i|M de vouloir; car c'est îtluloir avec intuition eotlfedertlèièus^s , a¥M exaltation , avec ferveur, avec tout ce qu'il y â de ptaiissahcë ^MH les âmes ; c'est appeler la Divioilé à soH aidë^ pour fairié tHi9iit« pher ce qui est demandé dans les priènes.
y> Oh ! Si c'est i'aOïoUr du prochain , si (c'esi la bléhftiisiihcëj lil cessation d'un fléau, ({toi inspilre Vos prières^ oo conçoit itfèsbien la permission de prier; elle est sftOft inconvénient, et i^ilt^M faut-il qu^elle soit accordée. Mais quaod b'est une pHèk« appliquée à la politique, au succès ou à la défaveiir dU ttellO loh téHffe opinion politique ^ dans ce cbs4a il peut y avoir UM daOgefe* trèsgrande
» Maintenant ^ quant à nos Prélats , je ttlis plein d'etlime M de vénération pour eUt. Je blâme qùélquefèis les ndet, en petit nombre, les actes de qoeiqiiei-unê, quand ils sont ekcentHi{ues ; mais il nous appartient d'honorer en masfte TÉpiieopat frttntâiii (Très'-bienI ) Nos évéqoee ont-ils bien réfléchi, qttÉnd ils nt^^ tent une bulle dont le Oonvérneitient n'a pas entorifeé la pnblleii^ tion, quand iU font des mandeniénts oâ la bulle tii \HdàWè\ quand ils font appel aut fidèles pour quMIff se fèonissent en prières , en coiiséquenee de la bnlle et en conformité du mander ment?...
» C'est après ce« seulet reflétions, et, Voni Jèvoyex, Avec tiëe
extrême niodératîoo que je vous pose la queslioo, et que je vous la laisse à résoudre. Non , ce nVst pas là un acte régulier, un acte conforme à notre droit public ecclésiastique : il y a abus.
» Quant à la question des fêtes et dimanches, je n*ai rien à ajouter à ce qu*a dit Thonorable M. de Carné. M. de Camé désire que la loi du dimanche soit observée ; il y a devoir, il y a convenance ; il avoue seulement qu*t/ ne (hit pas y avoir coerci^ Uon, Par conséquent, à c6té d'un certain droit, il reconnaît la liberté, la liberté de conscience, la liberté individuelle : la liberté aux juifs de faire le sabbat; aux chrétiens, de faire le dimanche; c*est leur droit, c'est leur devoir. Je le répète, je m'associe à tout ce qu'il a exprimé de sentiments religieux, conune sentiments; et je suis désintéressé, sous le rapport civil , du moment qu'il reconnaît qu'en principe constitutionnel , et dans nos idées actuelles de tolérance, il ne peut y avoir coercition pénale.
» Quant à la liberté de l'enseignement , ceci est une question bien grave. M. le ministre de l'instruction publique en comprend sûrement toute Timportance ; le Corps si honorable à la tête duquel il est placé, et qui fait partie de nos institutions, ce corps si honorable a été attaqué dans son corps et dans ses membres , je devrais dire dans son chef, dans son corps et dans ses membres; dans ses tendances, dans son esprit, dans ses résultats...
M. de Camé : » Je nie complètement, pour mon compte, cette intention , et je demanderai la parole pour répondre.
Af. Dupin : ^ Je parle en général; j'en appelle aux faits, et entendons-nous encore.
y> Je reconnaîtrai avec vous qu'il y a seulement dans le clergé quelques prélats, dont vous-même, avec raison, avez blâmé le sèle, qui sont entrés dans cette polémique. Nous sommes donc d'accord sur ce point, en limitant ainsi l'objection.
» Et en effet, d'un côté, aucun prélat, pas plus qu'aucun autre citoyen , pas plus qu'aucun autre fonctionnaire d'aucun ordre , ne peut attaquer avec cette virulence les institutions du pays ; et d'un autre côté, moins que qui que ce soit, un prélat, animé sans doute de l'esprit dç charité, ne doit pas se permettre des attaques contre les personnes; et tout le monde sait qu'il y a eu des attaques personnelles contre plusieurs professeurs de l'Université.
» Eh bien, je blâme les attaques contre les institutions, je blâme les attaques contre les personnes; c'est excéder le droit.
On peut attaquer l'erreur, attaquer les propositions d*une fausse philosophie, faire des mandements où les raisonnements catholiques soient opposés aux fausses propositions de Téeole , où Yon signale ce qu'elles peuvent avoir de faux, d'audacieux, de dangereux pour le corps et pour l'esprit.
» Voilà le droit, voilà le devoir des évoques. Mais respecte! les institutions, ménagex charitablement les personnes. (Très-bien!)
n Ce n^est pas seulement des mandements dont je parlerai ici. On a dit que le clergé, que du moins l'esprit catholique entrait dans l'esprit des affaires, et que du moment qu'il y avait un nouvel esprit , de nouvelles institutions, il s'était servi des machines nouvellement inventées. (On rit.)
^ C'est ainsi qu'en effet ils se sont servis de la presse. Il y a des journaux qui s'appellent religieux , et que , certes , on ne reconnaîtrait pas pour tels, à l'esprit de charité, à l'esprit de douceur, à la modération des termes et aux justes ménagements povr tout ce qu'il y a de plus respectable dans l'Etat (C'est vrai , c'est vrai!), soit à cause de l'élévation, soit à cause de l'humilité des situations. C'est ainsi qu'à côté de toutes les opinions, il y a toujours un fond vrai sans lequel elles ne pourraient pas se soutenir, et un fond vicieux qu'elles croient leur servir et qui leur est presque toujours préjudiciable.
V) Eh bien, on a beaucoup réclamé la liberté de l'enseignement. Nous avons la liberté de conscience, la première de toutes, la liberté d'émettre nos opinions, qui est presque corrélative, car elle ne se distingue de l'autre que parce que celle-là , établissant des rapports entre l'homme et la Divinité, est la première de toutes par son objet; nous avons la liberté des opinions, la liberté individuelle, beaucoup de libertés : pourquoi pas la liberté d'enseignement?
» Oui , à la même condition que les autres libertés. Il n'y en a pas une qui ne soit réglementée. La liberté de conscience existe pour tous les cultes reconnus; mais un culte indécent, un culte faux qui ferait courir des idées immorales à l'ombre de cette allégation que c'est un culte, serait interdit; il excéderait les limites tracées par la loi. La liberté de In presse a sa faveur, mais elle a ses entraves, ses répressions, ses conditions d'exister ; elle doit se renfermer dans certaines bornes.
n La liberté individuelle reçoit ses exceptions dans tous les
projet; ^ ma réplique à M. de Lamartine, servant de rtsuwié pour Id discussion. — Mais cela aurait tenu trop de place dans ce volume, déjà si considérable. — On peut recourir au MoniUttr.
Page 188.
Opinion de M, Dupin sur le droit de visite, émise dans la discussion des bureaux (6* bureau.) — (Constilulionncl du 12 janvier 1843.)
Af. Dupin : « H est évident, Messieurs, qne si la Ckambre doit féliciter le Gouvernement de n'avoir pas ratifié le traité de 1841, le Gouvernement doit remercier la Ckambre de loi avoir conseillé de s'abstenir de cette ratification, et il doit voir aujourd'hui quelle faute énorme il eût commise s'il l'eût accordée.
« Ce trailé, en effet, avait un double inconvénient : l"" l'im^ mense extension donnée à une mesure déjà très4neosimode et très-dommageable ; â*" l'inconvénient non moins grand d'uB assealiment européen et collectif, donné à un expédient qu'e» a voulu par là transformer en un changement des principes du droit maritime et du droit des gens. — Je crois que la Chambre fera eaeore nne chose extrêmement utile an Gouvernement, en exprimant dans l'Adresse son opinion sur les traités de 18(^1 et 1833. Le Gmiverneneat y puisera la force qui s'attachera à tous ses actes, quand ils seront fondés sur l'avis des Chambres, exprimant ftt vœu .d» pays.
» Je crois que le Gouvernement français, en persistant, comaM dans une maxime invariable, dans le généreux dessein d'abolir l'infâme trafic des esclaves, doit cesser de considérer le droit de visite, môme réciproque, comme le meilleur naoyen d'obtenir le résultat qu'on s'est proposé en signant les traités de 18i^l et de 1833. L'exécution que ces traités ont reçue, a révélé de graves inconvénicnls pour la liberté et la sûreté de notre commerce, pour l'indépendance et l'honneur de notre pavillon. Cette exécution , poursuivie de la même manière , amènerait infailliblement des collisions : de nouvelles négociations doivent donc être ouvertes à ce sujet.
n Depuis la dernière session , un grand exemple a été donné par les Etats-Unis : ils veulent, comme nous, l'abolition de la traite ; mais ils ne veulent pas, pour cela, donner aux Anglais le droit de visiter leurs vaisseaux. Les hommes d'État de ce paya
ont à cel égard revendiqué et proclamé les vrais principes , des principes pleins de dignité, de force et de vérité, lorsquMIs ont déclaré à la face du monde a quMl convient à un grand peuple de discuter lui-même ses propres lois, et de remplir ses obligations par ses propres moyens et son propre pouvoir.» — Cest là, je crois, W but qu'on doit se proposer d'atteindre dans les négociations qui devront s'ouvrir à ce sujet, et qui devront se continuer avec persévérance jusqu'à ce* que la question ait reçu une solution conforme au vœu du pays ainsi exprimé.
» C'est dans ce sens que je voudrais voir rédiger le paragraphe de l'Adresse. "
M. Dupin est nommé commissaire à l'unanimité, moins trois voix.
DroU de visite. — Les Anglais et kê Amém4ÙHs.
On trouve dans le Jmtrnal des Débats du !•' mars 1861 , un exemple qui prouve que si les Anglais avancent quand on recule, ils savent aussi fort bien céder quand on leur résiste et qu'on leur tient tête :
« A la Chambre des Communes, on a, le 26 avril, interpellé les Ministres sur le développement de la traite des nègres et sur certains inconvénients que présente l'immigration des coolies aux Indes occidentales dans les conditions où elle se fait actuellement. Il ne se passe guère de session où les ennemis de la traite ne viennent ainsi faire entendre leurs légitimes plaintes contre cet odieux trafic; et les interpellations du 26 ne se distingueraîept pas de toutes ceHes qui ont eu lieu presque chaque année sur le même sujet , si elles n*avaicnt donné lieu à lord Palmerston de prononcer quelques paroles au moins singulières, u L'importation » des esclaves à Cuba , a-t-il dit , s* est beaucoup accrue récemy* ment, malgré les engagements solennels dePEspagne, qui n'a n pas eu honte d'y faillir. La conduite de ce Gouvernement, )i dans cette affaire, justifierait complètement une guerre contre r^ lui, si l' Angleterre voulait pousser les choses à l'extrême, » — Quelques minutes auparavant, lord John Russell avait dit : « Les y^ efforts de Pescadre anglaise contre la traite dans les mers de n Cuba ont été rendue inutiles par les ruses des négriers, qui se n servent du pavillon américain pour masquer leur trafic. Les
» remontrances failei à ce sujet nu Goavememeiit américaia » n'ont pas été bien reçues, et le Gouvernement de la Reine a n cessé d'en faire, n — Qui ne remarquerait la modestie de lord John Russell , et comme elle ajoute un nouvel éclat au 6er langage de lord Palroerston ! Nous ne savons jusqn^à quel point TEspagne a eu honte on non de faillir à ses engagements. Mais TAngleterre n*éprouvera-t-ellc pas à son tour un pen de honte de voir ses Ministres si prudents avec un Etat fort et proffoemteur, dans le même temps qn*ils tiennent un langage si superbe à l'égard de la plus faible et de la plus inoffensive des nations de TEurope? — J. J. Wkiss. n
Présidence de 1844.
La composition du bureau de la Chambre , et surtout le choix de la personne du Président, étaient pour le Ministère Tobjet d*uoe vive inquiétude. A ses yeux, c'était Téquivalent d'une question de cabinet.
Aux approches de 1844, Tébranleroent causé à la majorité annonçait une lutte dont Tissue pouvait sembler douteuse. — Ln assez grand nombre de membres semblaient décidés à repousser M. Sauxet. D'autres avaient remis mon nom en avant : le Ministère, pour n*ètre point battu, avait d'abord annoncé qu'il garderait la neutralité,
La Presse du 22 décembre 1843 s'éleva contre cette attitude pusillanime. « On ne saurait contester que ce ne soit là de laj^mdence (dit ce journal) : mais nous eussions préféré , nous , pins de décision, et moins de réserve, n — L'auteur de l'artide fait son choix, et il le motive en mettant en balance les titres des deux candidats.
tt L'un d'eux, dit-il, peut-il être mis en balance avec l'autre?
n Nous savons quelles préventions subsistent encore contre M. Dupin parmi quelques membres des centres ; mais s'il a des défauts, il en a au moins les qualités; s'il est âpre, il est ferme; s'il est indocile, il est impartial; s'il a de la brusquerie, il a de la verve; dans les conjonctures difTiciles, il excelle à maîtriser le tumulte d'une assemblée ; — en est-il ainsi de M. Sauzet? Quelles qualités a-t-il pour racheter les défauts de sa mollesse? Sa voix est sans autorité; ses résumés n'ont ni vivacité ni concision; sa
parole ne fait qu*ajouter au bruit qu'elle s'efforce d'apaiser, qu'à la confusion qu'elle essaye de dissiper. Si M. Sauiet a encore une chance d'être nommé Président , il la doit uniquement à ce qu'il le fut l'année dernière; or, comment le fut-il? Souvenei-vous-en : il ne fut pas élu pour lui-môme, mais par ménagement pour M. Dufaure qui ne s'était pas alors séparé du Cabinet, et pour M. Passy qui n'avait pas encore été élevé à la pairie. Il fallut que le Ministère , moins confiant que nous dans sa majorité , et crai« gnant que la plus- légère défection ne la lui fît perdre, demandât, au nom de sa propre conservation, à beaucoup d'amis de M. Dupin , d'ajourner à la session suivante l'expression libre de leur vote; il fallut qu'il prit les députés un à un , qu'il les conjurât tous de voler pour M. Sauzet ; il fallut qu'il imposât silence à toutes les objections , à toutes les répulsions que ce choix soulevait. La conduite de M. Dupin, dans cette circonstance, mérite d'être rappelée. Elle fut parfaitement digne et désintéressée ; il se tint à Técart, ne fit rien pour rendre vaines les instances et les démarches du Ministère, n'exhala aucune plainte, ne montra aucune humeur, ne se laissa aller à aucun acte d'opposition; enfin , dans son discours contre le droit de visite, ne traitant que la question nationale, il écarta soigneusement la question ministérielle, n — L'auteur de l'article ajoute ce qui suit :
n Supposez des circonstances graves, — il est malheo^
reusement permis, il est même prudent de les prévoir, -» où la Chambre des Députés ait à faire spontanément, par l'organe de son Président, une manifestation solennelle et décisive : de bonne foi, croit-on que M. Sauiet fût à la hauteur des circonstances? Supposez seulement que les interpellations annoncées à l'occasion du voyage des députés qui se sont rendus à Londres, près de M, le duc de Bordeaux, aient lieu^ ainsi que nous le craignons : est-ce M. Sauzet qui sera de force à empêcher que le débat ne dégénère en tumulte et peut-être en acte de violence? * — Qu'on y réfléchisse bien.
n Que doit faire la majorité? — Choisir, sans hésiter, pour Président, parmi ses membres, le plus capable, le plus ferme, le plus indépendant et le plus impartial ; si nous en connaissions un qui valût mieux que M. Dupin, qui eût ses qualités saus avoir ses
1 Cet interpelUtiooi ont ea lîea , en effet , dans U léance da 27 janvier 1844, et U prédiction t*ett pleioement térifiée. (Voyes d-iprès,'p. 575.)
solennel , qui ne peul se raconter et qu'il eût fallu voir. Et ao milieu de celle scène de désordre, ne faut-il pas se demander aussi quel a élé le rôle du président de la Chambre , de l^hooorable M. Sauxet? Orateur autrefois, et des plus séduisants, harmonieux et clair comme un ruisseau limpide, doué au plus haut degré de Tart d'éveiller les passions douées et d'émouvoir Tauditoire le plus rebelle, M. Sauzet laisse sommeiller aujourd*hoî toutes ces qualités brillantes. Président sans défense et sans autorité, nul n'était plus impropre aux fonctions difficiles dont la Chambre l'a honoré. Son action est nulle, son titre dédaigné, sa parole inécoutée. La discussion qu'il a mission de diriger s*en va au hasard, de droite et de gauche; il n'en a souci. S'il s'avise de protester, on passe outre; s'il agite sa sonnette, on répond par des murmures; s'il rappelle quelqu'un à l'ordre, l'interrupteur réplique hardiment: J'accepte! et M. Sauzet se tient pour battu. S'il menace de se couvrir, on n'y prend pas garde , et de fait il ne se couvre pas. Est-ce pure faiblesse ou bienveillance excessive? Les deux mots se valent, et tous deux sont de droit. Et cependant l'agitation s'accroît, l'effervescence tourne au désordre; les rumeurs éclatent; qu'adviendra-l-il du bruit? L'infortuné président redoute un scandale , il renouvelle ses protestations, il frappe le bureau de son couteau de bois, il tourmente sa sonnette, il gesticule avec feu; il essuie à la hâte les gouttes de sueur qui tombent de son large front : labeur inutile, son autorité ne prévaudra pas, il le sait, il en est convaincu, et toute cette énergie d'emprunt l'abandonne soudain ; il s'affaisse alors sur luî-méme, retombe lourdement sur son siège et se tait. L'interruption triomphe; le président est méconnu, trop heureux si M. Dupin ou M. Barrot veut bien s'emparer de son rôle et ramener le calme dans cette assemblée en proie à toutes les surexcitations de l'imprévu. »
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Loi sur f instruction secondaire. — Droit de VEtat.
Ce projet n'ayant pu être discuté et volé dans la session , je crus devoir publier l'article suivant, qui a paru dans le Constitur tionnel du 21 juin 1844 :
tt I^a liberté d'enseignement promise par la Charte signiGe que l'État n'aura pas le monopole exclusif de l'enseignement, quoi-*
qu^il en ait et qu*il doive en conserver la principale direction. Mais ce mot liberté signifie qu*à côté des collèges dont les professeurs sont nommés et payés par TËtat, il y en aura d*Autres ; que ces collèges ne seront pas obligés de suivre en tous points les programmes de FUnivcrsilé, ni de lui payer une redevance, ni d'envoyer leurs élèves aux cours des collèges royaux; que rinstruction y sera plus étendue sur certains objets, ou plus variée sur d'autres; que l'autorisation ou la défense d'enseigner, au lieu de dépendre du bon plaisir d'un ministre, dépendront uniquement de l'accomplissement de certaines formes et de la réunion de certaines conditions ; qu'en un mot, à côté des collèges royaux, il y aura des collèges départementaux et communaux, et des institutions privées, et que les précautions prises à l'égard de ces établissements auront pour objet de régler la liberté , d'en assurer le convenable exercice , mais ne la détruiront pas.
» Tel a été le but de la loi proposée, et elle l'a probablement atteint en ce qui concerne les institutions laïques ; car parmi ces établissements destinés à faire concurrence à l'Université, nous n'avons pas vu de réclamations s'élever pour prétendre qu'à leur égard on organisait la servitude au lieu de la liberté.
n Des clameurs se sont élevées seulement de la part du clergé! Quelques voix d'abord isolées, peu nombreuses, ont, sous prétexte de liberté, commencé par attaquer l'Université, calomnier son enseignement, insulter ses professeurs, et préconiser les congrégations comme seules capables de donner un véritable enseignement chrétien.
n Depuis, on s'est efforcé de généraliser ces réclamations, de faire parler successivement tous les ordres du clergé; on a multiplié les pronunciamentos; on a voulu présenter une masse redoutable, faire tète à l'État afin d'intimider le pouvoir et de lui arracher des concessions , qui certainement ne sont pas dans le vœu de l'article 00 de la Charte. En effet, si quatorze ans remplis d'incidents n'ont pas effacé ou singulièrement affaibli nos souvenirs, nous nous rappellerons parfaitement que la révolution de 1830 a été principalement dirigée contre l'influence cléricale et congréganiste devenue dominante dans les conseils de la dynastie déchue; et aucun des auteurs de la Cbarle n'a eu la pensée d'ouvrir, sous le nom de liberté d^ enseignement, une libre car-- IV. 87
578 AXNEXES.
rière à l'envahissement de V éducation publique par les séminaire
et les congrégations,
n Cependant, tel est Tesprit qui se réveille et s*insurg6! Vé^ prit courageusement dénoncé par le respectable Montlosier tû 1827, Tesprit qu'on a essayé de réprimer par les saches ordon* nances de 1828, Tesprit qui a repris le dessus dans les coopablcs ordonnances de juillet 18^0, cet esprit contre lequel la rérolatiOd de juillet ^'est souletée avec tant d'énergie!
» A cdté du véritable esprit de la religion , qtiMl est si dtife d'entretenir et de favoriser, il y en a un de domination et d'intrigue, qui, de tout temps, s'est glissé sous le manteau de la r^ ligion elle-même, et à qui les prétextes les plus respectables n'ont servi que de moyens pour arrivera ses fms*.
)> Cet esprit ti'esl pas celui qui, dans les meilleurs temps dé notre histoire, a distingué l'Église de France, rÉ(|lise gallicane; c'est un esprit entièrement opposé à celui-là et qui cherche à le détruire. Pour ceux qui professent ces doctrines anti-françaises, l'Éijlise doit former une sorte d'État dans l'État, ayant son tfâi souverain à l'étranger et ses lois à part; il préterd ne relever que de lui seul, et ne pouvoir être atteint ni par les lois du pays qu'il brave, ni par les magistrats qu'il insulte ou qu'il déGe! Si ce n'est pas là l'esprit que devraient avoir les ecclésiastiques pour être un clergé national, c'est du moins l'esprit que des agents très-actifs s'efforcent de lui inspirer pour en faire an clergé entièrement ultramontain.
n Cet esprit prévaudra<-t-il en France? Le laisserons-nous sltn* planter dans notre pays pour y guerroyer contre l'esprit national et nos institutions? La question est là, elle n'est pas atlleum; et pour quiconque voudra voir le fond des choses, il est trës^vral de dire que , sous une question de liberté, s'agite en réalité «fie question de domination '.
V C'est aux pouvoirs civils à résister ; c'est aux Chambres à éclairer le gouvernement, à le soutenir, à lui prêter force pottr maintenir, dans les querelles religieuses aussi bien que dans le»
< Cette phrase le trouvait déji dsoi It préftce de la troitième édition du Manuel de Droit publie eeetétiaitiçue.
3 Cet •veriiisemeoi se retrouve dans mon discours da S5 janvier \^ii, (Vojes t. IV ci -dessus, p. 1 12, et dam le Mantiel de Droit public rcclisieu^ tique, 6^ éâit., p. 31t.)
autres, T indépendance nationale, la dignité de TÉtat, la liberté des citoyens, la tranquillité publique.
f) Dans un État comme le nôtre, il ne faut pas seulement des prêtres, il faut des hommes capables pour toutes tes carrières. 11 faut une éducation générale qui représente et conserve le grand principe de notre unité politique; une éducation qui ins|[>ire à tous les citoyens un esprit public, national, laïque^ social enGn , et j^ajoute hardiment un esprit constitutionnel » c^est-A-dire tn harmonie avec les institutions de TEtat ; — et non pas des hommes auxquels Ton signale comme un malheur la liberté de conscience, parce que, dit-on^ elle conduit à la liberté politique-, të qn( , en renversant les termes de la proposition, signifie bien clairement que la liberté politique est un gi^nd malheur^ pttisqn'elle \m^ plique aussi la liberté religieuse^ témoin Tartfoie 5 de k ChâHe. D Avec des tendances aussi opposées, si la législation était atset imprudente pour favoriser Tinfluencé du clergé, ce seirait pt^p*^ rer par Féducation une révolution dans les nMftUrs, et par consé^ quent une révolution dans TÉtat , on du nloins éeê troubles qui naîtraient Infailliblement du conflit d^opinions ttussi divergentes; tellement que, pour les éhctiant^ le meilleur moyen de connàltf^ les opinions d'un œndidat terait de s* enquérir oà il a éMRé, Il faut donc concentrer toute son attention sur raHh.4e 31 de là loi proposée. On peut dire qu'il est la loi tout entière, jMirté ((u'il ouvre la porte aux conséquences les plas dangerenses, H ptret qu'il le fait d'une manière si malheur^iise v qn'il latase todt à la fois et la condition propre des petits séminaires ^ et la positiiMi éé l'État vi8«4*vi8 de ces établissements.
n N'était-il pas plus simple de conservet aux séminaires tenir earactère d'écoles tpéàaki exclusivement destinées à recruter le clergé? Ce système d'écoles spéciales est «n des caractères les plus éminents de l'éducation en France. Ainsi nous avons les écoles de droit pour les diverses magistratures, les écoles de Ért* decine pour certaines professions, les écoles militaires, celles de marine, l'école polytechnique v celle des mines, des écoles d'nrts et métiers, l'école forestière > l'école normale; chacune de ces écoles a ses conditions d'admission, son pregrumme d'étudW^ son nombre d'élèves limité; la plupart ont un uniforme particulier pour leurs élèves, toutes ont un esprit qui leur est propre, un but tout particulier, et aucune de ces écoles a'a («niait pré-
tendu qu^elle était esclave, parce qu'elle n'avait pas la liceooe de préparer des sujets pour des carrières étrangères à sa spécialité.
» Pourquoi donc en serait-il autrement des écoles ecclésiastiques, autrement dites les séminaires?
» Dans Torigine, on admettait dans les séminaires des jenoes gens qui avaient fait leurs études dans les universités; on ajoutait seulement à leurs connaissances générales les études spéciales concernant la théologie et la discipline de rÉglise, la liturgie et la stratégie du chœur, la préparation à recevoir les ordres et i en faire les fonctions.
» Depuis, et sous prétexte que le mélange dans les collèges de jeunes gens appelés à toutes sortes de vocations, rendait moins facile de découvrir ceux qui étaient véritablement appelés à l'état ecclésiastique, et dans le désir aussi de favoriser cette tendance en s'y prenant de plus loin, l'Église a désiré avoir des petits séminaires, ce que nous appelons des écoles secondaires ecclésiastiques, où l'on admettrait des enfants dès l'âge de douze ans en qui l'on reconnaîtrait des apparences de vocation à l'état ecclésiastique, avec recommandation de préférer les plus pauvres pour les nourrir en commun dans l'esprit de l'Église, en leur donnant surtout l'instruction religieuse et en leur apprenant tout ce qui est nécessaire pour les cérémonies de l'Église; en un mot, on a voulu les élever comme de jeunes lévites, et ils devaient en porter le costume. Tout cela est réglé par le concile de Trente.
n Et toutefois , remarquons que , d'après notre ancien droit public, aucun séminaire ne pouvait être établi sans Vautorisation préalable du roi donnée par lettres patentes dûment vérifiées et enregistrées, et que l'établissement une fois fondé demeurait, pour son enseignement et sa police, soumis à la surveillance de l'autorité temporelle, dont les agents pouvaient, quand ils le réclamaient, visiter les maisons et demander communication des cahiers des professeurs.
» C'est avec des séminaires grands et petits ainsi établis, que Fancienne Église de France a prospéré, que l'Église du Concordat s^est relevée de ses ruines , qu'elle a complété , renouvelé , augmenté son personnel.
» Pourquoi donc aujourd'hui veut-on plus que cela , et antre chose que cela?
» On veut plus , car non content de faire des élèves pour le
SECOMDE PARTIE. 581
sacerdoce , on veut en faire pour les autres carrières ; on veut autre chose que de véritables séminaires, car ils avaient été institués pour éviter le contact entre les élèves prédestinés au sacerdoce et les élèves destinés aux carrières mondaines « et aujourd'hui on demande, on recherche ce contact, ce mélange; on se chargerait volontiers de toute l'éducation du pays, si l'Etat voulait s'en rapporter au zèle qui se déploie,
n On a présenté ce dilemme : ou les ecclésiastiques réclament le droit commun pour les séminaires, et alors il faut sans distinction les soumettre à toutes les conditions exigées pour les établissements du droit commun et retrancher tous les privilèges; mais alors ce ne seront plus des séminaires. Que MM. les évéques y fassent bien attention : — ^ ou bien ils conserveront leur caractère spécial , avec les avantages particuliers qui y sont attachés ; mais dans ce cas qu'ils cessent d'envier et de réclamer le droit com.mun! Ce serait cumuler les avantages et rendre la concurrence impossible de la part des établissements laïques, qui n'ont ni les mêmes privilèges, ni les mêmes encouragements, ni les mêmes ressources,
y> En effet, vojfez la différence! Dans le civil, qu'un juge, un militaire, un administrateur, s'avisent de quôter pour la justice, pour l'armée, pour l'administration, ils ne trouveront rien; cela d'ailleurs est défendu et serait puni comme une prévarication,
» L'Église, au contraire, est en possession dé demander de toutes parts et de prendre de toutes mains. Ainsi, dans cette semaine seulement, vous voyez un archevêque acheter une maison 1 million 500,000 francs; un ordre religieux non autorisé en acheter une autre pour 800,000 francs; et tout ce que vous ne savez pas ! — Une pauvre commune , au contraire , ne fait rien qu'avec ses revenus ou avec l'impôt; un particulier, avec ses capitaux et son industrie personnelle.
n Ce serait bientôt, selon la formule favorite, ce serait bientôt comme en Belgique, où, avec cette licence d'élever indéûniment les laïques laissée aux établissements ecclésiastiques, presque tous les collèges communaux sont tombés aux mains des jésuites,
n Et ne nous étonnons plus si l'on a tant insisté pour ériger les séminaires en collèges de plein exercice ! C'est que l'article 4 ayant fermé la grande porte, qui sans cela eût été ouverte aux congrégations , il ne leur est plus demeuré pour espoir et pour
$ttt ANNEXES.
rviiource qu^ de «e gU«#er dans les sémioaireft. Rappekuu-noas •n effet que, squs la Re^UuraUan, c ett au^ par les aéininaires qu'elles «ont armées, et elles n'ont élé arrêtées dans leur invasion que par les CMkmutmces de 1828, qu'a» fCauraiiprobabkwÊeMi JMM le cirage de rendre aujawrd'kiU si eUes n'exUtaient pas, fnuMquim n'u p4^ même la /ermeié nécessaiTe pour Us faire exécuter complètement.
n Et «'est dans de telles circonstances que,;Mir le plus déploraèU abandon des droits de tÉlal.Von a repoussé de la loi Tarticle qui assujettisait ces établissements à la surveillance administrative du gouvernement ! — Les évéques suffisent à cette surveillance, « dit Tuu; elle serait impossible, a dit Tantre. Us évéques du lemps de Bossuet empôcbaient-ils la surveillance dei officiers royaux? Les évéques de la Restauration ont-ils empêché que les ordonnances de 1828 soient devenues nécessaires? Les évéques d'aujourd'bui sont-ils tels qu'il faille encore se relâcher du droit et des préceutions antérieures, quand un prêteur, qui recueille actuellenaent les ovations du clergé, a ajhrmâ çuc sur quatre-vingts prélats on n'en trouverait pas cinq atyonf^Aiii fm voulnueni souscrire la déclaration de 1682? fît quant à la préteuduç impossibilité, qui ne serait Sdos doute que la vioUesse apportée pfir len ministres à faire exécuter la loi, il feudraît en gémir; m^M ce ne serait pas un inetif de ne pas prodaaier U règl^ — Non, le principe de la souveraineté natipnale ne permet P4S que, dans VÉtat, il y ait une seule parcelle du territ^ij» qm «# mt ^mmse à l'invesligation de ses officiers; de méaie qu'il ne doit /'«FI y avoir un citoyen ou un haîilant^ çUrc ou Itàque, qui soit soustrait à l'action des lois,
0 U faut donc, de tovt^ péces§ité, ramener le« petits séminaires à leur destination propre, à leur spéci4|lité; et U faut, qu'au sein de cette spécialité même, ils soient soumis à la surveillance, qui, en principe généiral , doit appartenir à l'État sur tous les établissement qui se foraient dans son sein. » — Dupiu.
Page 238.
A propos d^un article du Moniteur, sur les dotations des
princes, — (Séance du \^ juillet 1844.)
M, Dupin : « Lorsqu'on a parlé de l'article inséré au MoniUur, je ine suis écrié : Article regrettable! parce que je prévofais que
Ift discifSftioa serait bien plus regrettable encore. (Approbation à gauche.)
n Mais la faute en est aux auteurs de Tartiçle publié. Séparons respectueusement la Couronne (Tiè«^bien! trêfr-bien!) de tout contact avec cet article ; elle ne saurait en être responsable. (Nouvel assentiment.) N'acceptons pour elle que ce qui a élé dit des services qu'elle a rendus au pays, services qui sont trop nobles pour être confondus avec les questions qui font naturellement partie du débat actuel. (Très-bien! très-bien!)
n Messieurs, je ramène U question, en deux oiots, à ses termes constitutionnels.
» Le Gouvernement travaille avec les Chambres, et les Chambres, comme axiome constitutionnel, représentent le pays. (Trèsbien !)
» Souvent j'ai entendu reprocher à l'opposition de trop faire intervenir ce qu'elle appelait le pays dans les affaires, et on l'a ramenée A la discussion en disant : » Mais le pays est légalement représenté par les Chambres ! » Et pela est vrai. Ce n'f st pas le p«ys qui fait les lois; les lois sont faites par les Députés et par les Pairs, par les deux Chambres, qui représentent légalement le pays, avec le Gouvernement.
» Mais ici se passe quelque chose d'extraordinaire.
M Sans doute, il y a des questions qui appartiennent naturelle* jpaent à la presse, et qui sont de son domaine. Elle s'en saisit, on peut l'en saisir, et le Gouvernement a assex d'écrivains ou de journaux à sa dispositipn, pour traiter dans la presse toutes les questions qu'on croit devoir traiter ainsi. Mais c'est la première fpis que nous voyons, dans le journal officiel, uu article ofuciel, dont le Ministère vient accepter la responsabilité, et qui porte devant le pays une sorte d'appel au peuple!...
A gauche : n C'est cela ! très-bien !
M, Dupin : » ... Oui, un appel au peuple, sur une question dans Uquelle les Chambres , vous a-t-on dit , ne sont pas assea écUirées : elles sont a ventiles , elles ont repoussé les projets ! — En effet, si elles ne les avaient pas repoussés, on les leur rapporterait, et c'est parce qu'elles n'en veulent pas, qu'on (ait un appel à la vérité et à la moralité du pays. Voilà les termes que je viens de recueillir de la bouche méfoe du Ministre. (Oui! oui! Çest cela!)
n Eh bien, je regarde cette situation comme inconslilutioDnelle (Mouvement. — Légères rumeurs au centre.) ; car nous Foilà placés, Messieurs, entre le Gouvernement et le pays; cela passe par-dessus la Chambre. (Nouveau mouvement.)
A gauche : » C'est vrai ! Très-bien !
M. Dupin : » Le Gouvernement a son droit de consulter le pays, un droit très-constitutionnel. Quand les Chambres se sont trompées, quand on leur a présenté à plusieurs reprises des projets de lois, et qu*elles n^en ont pas voulu; si le Gouvernement croit que les Chambres se sont trompées, il peut en appeler au pays, mais par une dissolution, et le pays prononce. (Très-bien!)
n Et voyez la différence! Quand M. le Ministre des relations extérieures u fait devant la Chambre des Pairs le discours dont il vient de vous lire un passage, il a fait une chose très-constitutionnelle, et personne ne s^en est offensé. On a pu n'être pas de son avis, mais aucune interpellation n'a pu lui être adressée h cette occasion; cela n'impliquait pas la position de la Chambre, cela ne dégénérait pas en une sorte de déclinatoire et d'accusation contre cette Chambre , qu'on suppose n'être pas assez éclairée sur la question. On a pu lui répondre alors par des discours; mais vous craignez les discours, et vous ne craignez pas les pamphlets ! vous craignez la discussion devant la Chambre , et vous vous exposez à tous ces pamphlets qui, pendant six mois, d'ici à l'ouverture de la session prochaine , pourront éclater et circuler dans le pays ! Vous saisissez la presse de la question ; vous voulez qu'elle soit ventilée dans le pays avec tous les détails, toutes les circonstances signalées dans votre article officiel ; c'est-à-dire avec tous les détails de famille, de successions, de liquidations de biens, avec tout ce qu'il y a, en un mot, de plus personnel et de plus intime dans les situations par elles-mêmes les plus délicates! (C'est vrai !)
n Non, Messieurs, ce n'est pas ainsi qu'on devait procéder. Si le moment n'était pas arrivé, vous pouviez attendre; et ensuite, si vous aviez des demandes à faire au nom de la Couronne, c'était avec la noblesse qui convient à ces sortes de demandes que vous deviez les présenter; avec franchise, avec loyauté, avec netteté, en abordant cette tribune, qui peut tout comporter, et d'où la vérité et la moralité peuvent toujours ressortir, toujours , quand on y vient avec le cœur net et avec de bons sentiments. (Vive approbation.)
n Je prie la Chambre de passer à Tordre du jour.
M, le Président : » M. Lherbette propose : « La Chambre, recjrcttant une publication imprudente, passe à Tordre du jour.»
M. Dupin : y^ Je demande Tordre du jour pur et simple, n (Oui! oui! Appuyé!)
(L*ordre du jour pur et simple est mis aux voix et est adopté à Tunanimité.)
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Présidence pour la session de 1845.
Voici en quels termes le Journal des Débats (numéro du 17 décembre 1844) avait, de son chef, mis en avant ma candidature, en mettant de côté ses rancunes doctrinaires. — Cet article peut valoir, au moins, comme un éclatant certificat de bonne conduite. A ce titre , j'ai bien le droit de ni*en prévaloir et de le reproduire.
u Qui sera, cette année. Président de la Chambre? — L'année dernière, nous aurions désiré que la Chambre choisit M. Dupin ; c'est encore M. Dupin que nous verrions avec plaisir porté à la Présidence cette année. Les motifs de notre préférence sont fort simples. La Chambre a besoin d'un bon Président, et nous ne croyons pas qu'elle puisse en avoir un meilleur que M, Dupin, plus ferme, plus capable d'éclairer un débat en le dirigeant. M. Sauzet a d'excellentes qualités auxquelles nous rendons volontiers hommage. Quand la Chambre est tranquille, M. Sauzet préside tout aussi bien qu'un autre. Il est doux et poli pour tout le monde. 11 laisse aller paisiblement la discussion. On ne lui reprochera pas d'abuser du rappel à la question , encore moins du rappel à Tordre. Mais la Chambre est-elle agitée? les qualités mêmes de M. Sauzet le rendent peu propre à dominer Torage. Il ne fait pas naître, à dire vrai, les embarras ; il ne sait pas non plus les prévoir et les prévenir; et, quand la tempête éclate, personne n'en est plus surpris et plus ému que lui! C'est une remarque que tout le monde a pu faire dans la dernière session. Il nous semble, en un mot, que la présidence de M, Sauzet a fait son temps , et peut-être ne faut-il pas que le même homme , en restant trop longtemps sur le fauteuil, soit exposé & s'y endormir. M. Sauzet a remplacé M, Dupin qui, pendant neuf années et aux époques les plus difficiles, avait présidé la Chambre avec honneur. Pourquoi M. Dupin ne remplacerait-il pa^ M. Sauzet?
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des hommes qu^un même sentiment de dignité nationale réunit contre la politique du cabinet. Le premier i^cte de la session , et Tun des plus importants , sera la nomination du président de la Chambre éleètive. Tout annonce que le ministère a fait son choix. Il soutiendra M. Sauzet. L'intérêt des diverses nuances de Topposition parlementaire serait de placer en face du candidat ministériel , un homme dont le caractère politique fût Texpression de leur pensée commune , et dont le choix pût être regardé comme une protestation modérée, mais ferme, contre la politique suivie depuis quatre ans. Cet homme, la voix publique le désigne, c'est M. Dupin. Tout le monde connaît les défauts de M. Dupin, il n*a jamais cherché à les dissimuler; mais tout le monde aussi connaît ses qualités éminentes. On a vu son rôle à la Chambre depuis qu'il a quitté le fauteuil de la présidence. On se rappelle le vote unanime qui a suivi son discours sur le droit de visite. Partisan sincère de la paix , M. Dupin a blâmé Tempressement irréfléchi du ministère pour Talliance anglaise. 11 veut une alliance fondée sur des intérêts sérieux, sur des besoins réciproques, utile aux deux peuples en unissant leurs forces dans des entreprises glorieuses , utile au monde en lui garantissant les bienfaits de la paix ; il ne veut pas Talliance anglaise telle que Font imaginée pour leurs besoins particuliers M. Guisot et sir Robert Peel , c'est-à-dire un traité d'assurance mutuelle entre deux Cabinets. On sait quelles sont les opinions de M. Dupin sur la question universitaire. C'est l'esprit gallican par excellence, arméd'une puissante érudition, d'une verve inépuisable , et d'un impitoyable bon sens. Sur le droit de visite^ sur l'alliance anglaise, sur la paix, sur la question de renseignement secondaire, M. Dupin représente fidèlement, dans la Chambre des Députés, les opinions constitutionnelles que la politique du Ministère a froissées. Nous ne parlons pas des qualités rares qui distinguent M. Dupin comme président. Qui ne sait avec quelle netteté , quelle présence d'esprit , quelle impartialité et quelle vigueur M. Dupin a dirigé pendant plusieurs années les débats de la Chambre? Par tous ces motifs , nous croyons que l'opposition parlementaire ferait bien d'arrêter son choix «ur l'honorable Député. Ce serait inaugurer dignement la session. Cela vaudrait mieux qu'un programme, ou plutôt ce serait un programme d'une clarté évidente , et que tout le monde comprendrait, n
Comment se fait-il , après toute cette polémique , que le choix delà Chambre tombe précisément sur le candidat que, la veille même, on repoussait? — La Presse du 28 décembre 1844 dévoile cette revirade et le manège des votes :
« Expliquons-nous, dit-elle :
n Le Journal des Débats proclame que la Chambre des Députés n'est pas présidée; il déclare qu'il faut qu'elle le soit, et il met en avant la candidature de M. Dupin. La Presse adhère à cette déclaration. Les deux journaux donnent, en cette circonstance, l'exemple de la plus cordiale entente. Cet accord ne se dément pas un seul instant. Qu'arrive-t-il cependant? — Cet accord n'émeut ni ne touche M. Fulchiron.
» Il se rend chez M. Duchâtel; il le somme d'avoir à choisir entre son concours et celui du Journal des Débats assisté de k Presse. Le Ministre, vaincu par tant d'héroïsme, n'hésite pas : M. Dupin est renié. L'honorable M. Fulchiron sort de l'hôtel de la rue de Grenelle, emportant la promesse que le candidat du Cabinet à la présidence de la Chambre des Députés sera M. Sauzet. Peu importe que M. Sauzet emplisse le fauteuil sans l'occu* per, peu importe qu'il ne préside pas l'Assemblée , peu importe qu'il laisse s'égarer la discussion, peu importe qu'il soit impuissant à dominer le tumulte , à empêcher que le débat ne dégé« nère en dialogues sans nombre et sans fin, ou en scènes scandaleuses pareilles à celles dont l'un des paragraphes de l'adresse dernière a laissé l'instructif souvenir; — M. Fulchiron exige que l'on choisisse entre lui ou le Journal des Débats et la Presse unis dans le même but; il n'y a pas à hésiter! La Chambre qui n'a rien à refuser à l'ancien membre du comité des 221, dans les salons duquel on se réunissait, en 1838, pour maudire la coalition et lutter contre elle dans les élections, la Chambre, fascinée par l'ascendant irrésistible qu'exerce sur elle M. Fulchiron , lui fait le sacrifice de ses convictions , elle écarte M. Dupin qu'elle préfère, pour nommer M. Sauzet, contre la mollesse et l'inaptitude duquel elle n'avait pas , l'an dernier, assez de malédictions ! M. Sauzet est nommé au second tour de scrutin , à la majorité de 177 voix, contre 129 seulement données à M. Dupin. Il est vrai que tous les légitimistes y qui connaissent les tendances religieuses de M. Sauzet et qui supposent qu'il sera favorable à la liberté d'enseignement, ont voté pour celui-ci , en
5iO ANNEXES.
compagnie de la jeune gauche , au nombre de quinze voix , reprétentée par M. de Tocqueville; tandis que ceux des advenainM lei plus prononcés de la liberté d'enseignement, siégeant anx centres , ont voté contre M. Dupin. Les hommes les plus violents de Texlréme gaucho, qui trouvent leur compte à ce qlie la Chambre ne soit pas présidée , et à ce que le gouvemeinent représentatif se déconsidère et s'affaiblisse, ont également Toté pour le candidat de rhonorabie M. Fulchiron, dont ils ont ainsi atêorè le succès ; car, même après un second tour de scrutin , II. Sauzet n'a encore été nommé qu'à la faible majorité de 15 foix. Il faut rendre justice, en cette circonstance, ans léglti^ mistes , à la jeune gauche cl aux radicaux : ils ont voté poUtiqnèmotti^ tandis que la majorité ministérielle, a« contraire, a voté eh Aiisant violence à toutes ses coilvictlons. Il n'est pas douteux que si le Ministère eût laissé la Qiambre libre de choisir son pirésident, elle n'eût nommé If. Dupin à un très-grand nombre de voix. »
Voici au surplus k dicùmpte da scrutin , qui , mieux que tous las raisonnements, n révélé la tactique des partis.*— On le trouve dans la Presse du ^ décembre :
« Tout mauvais cas est niable. C'est un axiome d'une vérité absolue , vrai en tous temps , vrai en tous pays. Ce matin , ie Cêmmeree nie que M. de TocquevHle et ceux de ses amis qne l'on est convenu de désigner par l'expression de jeune gaucke, aient voté pour M. 6auset. Non, en effets ils n'ont pas inscrit sur kurs bulletins le nom du candidat de M. Fulchiron ; mais ils n'en ont pal moins ihdtrectement volé pour lui; car^ par le fait, ne pas voter pour M. Dupin, c'était voter pour M. Sautet. En veut<K>n une preuve? voici celle qui ressort du dépouillement même du scrutin :
Nombre des votants. ..... 331
Majorité absolue 16i>
M. Sauset 1G4
M. Dupin et voix diverses. . . 167
» On le voit, si M. Dupin n'a pas été procfaimé préëidattt de la Chambre au premier tour de scrutin , et si, au second tour, M. Sauset Ta emporté , celui-ci le doit uniquement aux voix qui se sont perdues, pour se donner hi vaine satisfaction de se compter et de constater leur minorité. Les nuances d'opinions peuvent
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varier à Tinfini , mais les boules ne sont que de deut couleurs : noires et blanches; vouloir leur donner une autre si^nificatioA que celle de pour ou contre, c*est entreprendre, on vient d^en avoir la preuve, quelque chose qui n*a pas de nom dans le dictionnaire parlementaire, pas de sens dans la lartgue politique. »
Nous entrons dans tous ces détails, parce qu^ils montrent, mietix que toute autre chose, les petiUi passions et les rtMlUés des pttftis qui cUvisaient la Chambre, et s'agitaient au sein mêtHe âé l» majorité.
Quanta Toppositiod , elle tte dlsslitiulait pas da joie! ElléB*âp« plaudissait du résultat ; et ses deux principaux orgaties, le K^ts^ tional et la Ré/orme, s'en expliquaient avec une franchise dont Ife journal la Presse a pris acte, etqu*il a tuite en telierdans iotl numéro du 20 décembre , où on lit ce qui suit :
a L*extréme gauche fait connaître ce tnatin pat set deux dN ganes , la Ré/orme et le National, qu'elle a volé pout*M. Sabzet. tt Elle a voté pour M. Sauzet, parce que, dit-elle, it M suit point y> présider, et qu'avec lui on est plus libre qu'avec M. Dupin de n dire ceqtt'onveut,f> — Telle en littéralement la frantbë explifeâtion donnée ce matin par le National, qui ajoute dédaigneuse* ment : u C'est avec des votes de cette hature que s'eit formé Tap- » point de la petite majorité acquise aujourd'hui ati président. » En lisant cet aveu naïf du National, que ceux des cdtiiervatetiri qui ont voté pour l'heureux candidat des deux partis extrêmes de la Chambre, — légitimistes et radicaux, ^ fcourbent la tête, et, de la faute grave qu'on leur a fait commettra hier, tirent aâ moins un utile enseignement pour l'avenir. Que cette faute serve, etc. n
Elle ne servira de riert.
Page 252.
Adresse de 1845. — Affaire PriUhard.
On a Vu, page 252, que, pour lier les tmiservatetkrs à sa cause, M. Guisot avait imputé à ses adversaires : 1* de vobloilr la guerre; ^ d'attaquer en réalité tout le système politique dti Gouvernement. — Je voulus d'abord écarter ces deux objections : Sur la première, celledela guerre, je m'exprimai en ces termes : u . . . J'ose dire, non pour parler de moi , mais dans l'inté-» rét de l'opinion même que je viens défendre, que qui que ce soit,
même parmi les conservateurs, ne peut dire qu*à aucune époque, j*aie été partisan de la guerre contre ta paix.
» Oui, messieurs, il y a eu un parti de la guerre, un parti redoutable, qui nous a donné bien des angoisses ; ce n'est pas dans ces derniers temps, c'est au commencement de notre résolution ; c'est quand il y avait au milieu de la nation une sorte de frémissement excité par les souvenirs de toute la restauration, par les souvenirs douloureux de 1815 ; quand on était ému par le désir d'une revanche , par le rappel du drapeau tricolore , par cette résurrection de l'esprit militaire ; c'est alors que Lamarque , éloquent orateur autant que général habile, c'est alors aussi que Mauguin , qui le secondait de son éloquence et de son talent, agitaient à la fois et cette assemblée et les masses, nous indiquant la guerre comme l'unique moyen d'affermir une dynastie naissante; la guerre, non pas même la guerre juste, mais la guerre contre les traités , la guerre à tout prix ! En effet , dans l'ordre de leurs idées, ils regardaient ce qu'ils appelaient le baptême du feu comme nécessaire à la consécration de cette dynastie ; c'est alors qu'il y avait un parti de la guerre, un parti en face duquel nous étions , qui savait s'emparer des susceptibilités nationales , des souvenirs les plus héroïques que nous avait légués l'empire ; c*est alors aussi qu'il y avait quelque mérite h le combattre. Nous l'avons combattu, nous l'avons comprimé, nous l'avons vaincu. J'en étais, et je le dis pour ceux qui n'étaient pas alors dans cette Chambre, comme pour ceux qui en étaient et qui semblent l'avoir oublié. (Sensation.)
r A une autre époque, que je veux rappeler encore , et elle se rattache à l'avènement du ministère actuel , dans l'Adresse de 1841, la question de la guerre et de la paix se trouvait posée. Oo nous accusait, nous, de vouloir la paix à tout prix; d'autres étaient accusés de vouloir la guerre aussi à tout prix. Cela était injuste et exagéré de part et d'autre. Mais, par là même, l'attaque et la défense étaient également passionnées. C'était une commission difficile que d'être rapporteur d'une adresse dans un pareil moment! Il vous souvient de la discussion du paragraphe sur la paix et sur la guerre, de cette tempête élevée de ce côté (L'orateur désigne la gauche.) contre moi; réduit à me défendre et à faire ma police moi-^me, à opposer ma voix individuelle aux voix collectives qui m'interrompaient à chaque instant, à sou-
SK(U)\'DK PAHTIK. 5^i
tenir cet orage, dans lequel, je le dis pour montrer mon peu de complicité avec l'opposition , on me traitait véritablement comme si j'avais été aussi en Belgique en temps prohibé. (Hilarité générale et prolongée.)
n Je suis donc Tennemi'de toute pensée de guerre injuste, et Tami sincère de la paix, dans Tintérétde la morale, dé la liberté, de la prospérité des nations ; non pas seulement de la paix plus particulièrement avec telle ou telle nation , mais de la paix avec toutes les nations européennes; car ce n'est que dans l'ensemble de cette paix que peuvent se réaliser tous les bienfaits qu'o|i en attend*. (Approbation.)
n Maintenant, avec ces dispositions qui doivent vous rassurer, au moins en ce qui me concerne (On sourit.) , je passe à Texamen de Taulre objection.... »
(Sur ce second point, il me fut facile de montrer qu'on pouvait fort bien être en dissidence avec le ministère pour ce qui regardait M. Pritcbard,'sans qu'il en résultât une perturbation comme celle que faisait appréhender M. Guizot ! — Plusieurs fois déjà la majorité s'était trouvée en désaccord avec le Gouvernement sur différentes questions particulières , sans que ce qu'on appelle le système en eût été affecté. Je citai pour exemple ce qui s'était passé pour le traité d'Amérique, — pour la question d'intervention en Espagne, — lors de la loi de disjonction, — sur la question de réduction de la rente, — celle de dotation du duc de Nemours, — et enfin en dernier lieu pour le traité de 18-41.)
a II vous est donc démontré, disais-jc, que la div^r^^ence peut se trouver sur une question, sans qu'il en résulte une perturbation totale, et que le' grand nombre de points sur lesquels on demeure d'accord couvre encore utilement le point sur lequel on est en dissidence, » et je continuai : u C'est donc en sûreté de conscience que tout conservateur peut faire ce que nous avons fait , ce que vous ferex probablement encore bien des fois. Fermes dans les mêmes principes qui nous animent depuis 1830, dans la ligue des véritables conservateurs, mais conservateurs intelligents, vous avez compris qu'il faut quelquefois s'arrêter
^ Lft ptix avec tout le monde, chacun chu toi, «i-je dit en 1831 ; c'eit- &-dire, plus d'invaiioni ni de eonqaétei; mais chacun ion droit, et dtni nof rapport! exigeoni une parfaite réri procité. — • Maiê jaiquMci tout a été poor TAnglelerre, et rien pour nooi.