‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 17 sur 122 · FUNÉRAILLES DE L*EMPERËUR NAPOLÉON · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES DE L*EMPERËUR NAPOLÉON

discussion. « La gauche (dit ce journal dans son numéro du 24 novembre 1840) en veut à M. Dupin ; elle lui en veut de la fermeté avec laquelle y dans le sein de la commission , il a demandé des pièces, exigé dès éclaircissements, manifesté son opinion; elle lui en vent de ce que, dans cette occasion comme dans toutes les occasions aie le salut du pays a été en péril, M. Du^ pin s'est empressé de mettre son courage, son talent, sa parole , au service des bons citoyens et de la bonne cause. La gauche se souvient de 1831 et des coups que lui porta l'éloquence entraînante et le bon sens incisif de M. Dupin ; elle voit que M. Dupin a compris que la situation était à peu près la même aujourd'hui, le danger presque aussi grand, les devoirs aussi impé«* rieux; elle ra(/(m/e l'orateur, l'homme sévère; elle craint cette parole populaire et puissante; voila pourquoi elle a tenté d'écraser d'avance, en quelque sorte, le projet d'Adresse et celui qui l'a rédige. Nous avons été, pour nous, plus d'une fois en dissentiment avec M. Dupin; nous le serons peut-être encore; mais, au plus fort même de nos querelles, il y a une chose dont nous n'avons jamais douté : c'est que, quand Tordre et les lois seraient sérieusement menacés et les intérêts du pays compromis j soit au dedans, soit au dehors , par une politique révolutionnaire, le premier homme qu^an retrouverait sur la brèche, ce serait M. Dupin. »

Honneurs funèbres rendus à la dépouille mortelle de r Empereur Xapoléon.

(15 décembre 184K).)

Napoléon avait dit dans son testament : « Je désire » que mes cendres reposent sur les bords de la Seine,

120 INTERSESSION DE 1841.

D au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé' ! »

Le roi Louis-Philippe, qui déjà avait replacé la statue de l'Empereur sur la colonne de la place Vendôme et fait achever l'arc de triomphe de l'Etoile^, voulut encore se constituer l'exécuteur testamentaire de cette volonté dernière de Napoléon. — Après avoir obtenu de \vl magnanime Angleterre^ la restitution des cendres du grand homme, il demanda aux Chambres et en obtint le crédit nécessaire pour lui élever un magnifique tombeau sous le dôme de l'église des Invalides, et chargea son fils, le jeune prince de Joinville, d'aller à Sainte-Hélène pour en ramener le précieux dépôt.

Le trajet s'effectua sur la frégate la Belle-Poule , que montait le Prince. Le 8 décembre, le cercueil qui renfermait le corps fut transbordé de cette frégate sur le bâtiment à vapeur la Normandie^ et arriva le 10 à Rouen. Il était escorté par les navires le Courrier et le Véloce.

Après avoir reçu les honneurs funèbres du clergé et des autorités civiles et militaires, il fut de nouveau transbordé sur le bateau à vapeur la Dorade, faisant partie de la flottille venue de Paris pour lui servir d'escorte et l'amener à Gourbevoie.

Arrivé le lundi 14, à quatre heures du soir, le cercueil impérial fut débarqué par les marins de la Belle- Poule et transporté sous un temple grec élevé, pour le recevoir, au débarcadère de Courbevoie.

* Voyez Textrait du Testament de Napoléon, dans le tome I«% p. 527.

^ Voyez tome III des Mémoires, p. 316.

* Expression de M. de Rémusat, minisire de Finlérieur, relevée en note du Discours de réception de M. Mole à T Académie (rançaise.

Page 1