‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 21 sur 122 · RECEPTION DE M. MOLE A L'ACADEMIE · texte numérisé non relu

RECEPTION DE M. MOLE A L'ACADEMIE

J'allai à RafBgny en juillet, et j'y restai jusqu'au 25 octobre.

A mon retour, le comte MoIé m'écrivit (le 31 octobre) qu'il était passé chez moi pour me parler Académie et me lire son discours.

En lui répondant dans les mêmes termes {pour parler Académie) y j'offris d'aller chez lui. Il me répondit, le 1" novembre, qu'il serait chez moi le 2, à deux heures, pour parler de toutes choses.

Le jour dit, nous parlâmes en effet de beaucoup de choses, fort à notre aise et avec un entier accord. Puis, il me lut son discours. .

Je le trouvai très-bien ; je lui en fis mon compliment, et je demandai une quinzaine pour préparer ma réponse. — Assurément, c'était bien peu.

Mais on ouvrit les Chambres le 5 novembre, et je fas nommé de la Commission de l'Adresse, chargé de la rédiger, puis de la défendre. Cela prit un mois, sans qu'il me fût possible de m'occuper d'autre chose. J'envoyai à M. Mole mon discours de rentrée, qui contenait l'éloge de Tripier, Bonnet, etc. M. Mole, en me répondant, eût voulu passer aussitôt après l'Adresse, qui fut votée le 5 décembre.

Mais à peine délivré de ce tracas politique, je fus obligé de consacrer une semaine entière à l'affaire Lafarge, que je m'étais réservée à cause de son importance et des influences qui s'agitaient alentour

Après trois audiences, elle fut jugée le 12, et je fis rejeter le pourvoi.

Cependant, dès le 9 décembre, avant même d'avoir commencé mon discours, j'avais consenti à la fixation du 24 décembre. (Lettre du 9 décembre, où M. le

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comie MoIé rae félicite u de ma vigoureuse et éloquente défense de V Adresse. » )

Du 12 au 16, j'écrivis toute la partie qui regarde H. Mole ; et pour le mettre plus à Taise avec moi , et moi avec lui, je lui écrivis que le vendredi 18, je serais en mesure de lui communiquer ma rédaction en léte-à-tête, sans attendre la séance pré|)aratoire de la Commission de TAcadémie.

M. Mole fut sensible à cette prévenance (lettre du 17 décembre), et, le 18, je lui lus mon travail. Il s'en montra pleinement satisfait; et, après la lecture du passage où je le félicitais de n'avoir jamais sacrifié ks secrets de F Etat au besoin de sa défense personnelle , il me tendit la main et me remercia cordialement. Au passage suivant : Un seul ne suj/isait pas contre tous,

— il en convint et n'objecta rien. (Ceci mérite d'être noté, à cause de ses collègues ministres du 15 avril.)

Le 19, M. MoIé revint et me communiqua deux observations auxquelles je fis droit à l'instant : — l'une, sur ce qu'il n'avait pas été élève en titre de l'Ecole polytechnique, dont il avait seulement suivi les cours;

— l'autre, sur les fonctions publiques occupées par les mêmes hommes sous plusieurs gouvernements. Il se montra de nouveau très-content du tout.

La séance demeurait indiquée pour le 24 ; les billets, sollicités avec une rare insistance, étaient distribués. Malheureusement je perdis ma belle-mère le 20 décembre, à cinq heures du matin. Notre deuil fut extrême, et j'écrivis pour annoncer ce malheur à \L MoIé et réclamer un délai.

La séance fut en conséquence remise au 30 décembre.

Le 29 eut lieu la séance préparatoire.

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