BUDGET DES AFFAIRES ETRANGERES
• Dans ce cis, il n'y a ni engagement réel ni engagement moraK et je ne voudrais pas que le gouvernement se créât à loî-néine une finisse difBciilté en méconnaissant le droit qu'il a eu de refuser s'il Ta voulu, sans qu'il restât rien de son prétendu «igagement.
« . . . . Loin de nous réjouir de ce que le protocole reste emoert, nous aimerions mieux qu'il fût fermé (Rires d'approbation.), et apprendre qu'on en ouvrira un autre plus tard et sur d'antres bases, au lieu de travailler sur un fond essentiellement vicieux. (Très-bien ! très-bien !)
v Messieurs les ministres, vous voyez donc ce que veut la Chambre, quels sont les termes qui ont fait naître ses anxiétés.
» Or, c'est pour nous mettre bien franchement en face du ministère , que je dis que nous n'admettons pas cette idée de fÊodyUationê possibles ; parce que, si elles étaient acceptées par oons sans contradiction , elles autoriseraient à croire que c'est avec l'assentiment du pays et de la Chambre qu'on sanctionnerait plus tard, avec des conditions nouvelles, ce qui n'aurait pas été sanctionné purement et simplement.
» Vous attendrez, dites-vous, que l'opinion soit changée ; vous nous croyez donc dans l'erreur? mais remarquez bien qu'il n'est pas ici question d'une opinion passagère ; c'est un intérêt fran* çaîs qui ne cessera pas d'être vivant et permanent. (Très-bien!)
» En deux mots, nous ne voulons pas d'un traité qui tend à changer d'une manière permanente le droit maritime européen , et qui, tout en paraissant ne chercher que l'abolition de la traite des noirs, consacre le droit de visite et sacrifie la liberté des mers!
« Voici donc la recommandation que j'adresse au ministère : iVe vous y laissez plus prendre. (On rit.) Sans doute, il y a un sentiment généreux qui doit être partagé par toutes les puissances consciencieusement et religieusement, c'est Fabolition de la traite. Là-dessus, soyez d'accord, revenez aux termes du congrès de Vienne, il y a là matière à congrès, et je souhaite qu'il n*y en ait pas d'autre.
» Mais quant au mode, songez que donner aux Anglais le droit de visite , c'est constituer les Anglais les gendarmes de la mer (Oui! oui!); c'est leur donner le droit de police sur vos vaisseaux, sur vos hommes, sur leurs cargaisons, sur votre commerce tout entier.
» Xc leur donnez plus sur vos vaisseaux, sur vos citoyens, le droit exorbitant d^arrcstation, dMnquisitiou, avec tous les embarras et les dommages que vous a signalés hier M. de Wustemberg, et il n*a pas tout dit, à beaucoup près.
» Et dès lors ayez Tœil sur ce point : poursuivez avec activité, pressez le moment où chacun fera la police de ses propres vaisseaux, et ne laissez pas faire cette police par les Anglais. J'aime à le répéter en finissant : poursuivez Tabolition de Tesclavage des noirs, mais soignez Tindépendance des blancs et Thonneur du pavillon. » (Très-bien! très-bien!)
Il n'y avait aucune rédaction à voter ; maïs les intentions de la Chambre s'étaient hautement manifestées ^ et le ministère ne pouvait plus éluder.
En résultat : L'échange des ratiGcations avait eu lieu à Londres le 20 février 1842 entre les quatre puissances, et, à la demande du Gouvernement français, le protocole était resté ouvert pour la France. Mais le 7 novembre le protocole était jemié, et la France restait définitivement étrangère au traité néfaste de 1841.
Dissolution. — Elections. — 10 juillet 1842.
La Chambre avait été dissoute le 12 juin, et les élections indiquées au 10 juillet.
Je fus réélu à l'unanimité moins 4 voix, données à 4 noms différents.
Mou frère Philippe fut élu à Avallon (Yonne) le Il juillet.
Mon discours à mes électeurs contient le résumé de ce qui s'était passé depuis les élections précédentes, mes opinions politiques , mes espérances et mes vœux. Je ne leur adresserai plus la parole qu'en 1846; je prends d'abord acte de ce que je leur ai dit en