ATTENTAT SUR LA PERSONNE DU ROI
on exige plus qu'il ne pcul faire, plus qu'il ne pourra payer! (Sensation.)
« Ainsi dans Torigine, dans Tesprit de noire Constitution, les députés sont les contrôleurs des dépenses. Eh bien, depuis quelque temps, je parle en général, les contrôleurs se sont faits dépensiers, et les plus grandes excitations à la dépense viennent aujourd'hui de Fintérieur de la Chambre.
i> Messieurs , quand ce n'est plus le Gouvernement qui , dans une pensée générale, fait les propositions; quand il est envahi par le déluge des propositions individuelles , et par les acquiescements qui y sont complaisamment donnés, sans que la lumière arrive suffisamment à la Chambre, je dis, Messieurs, que nous menons le pays à un inconnu qui tôt ou lard finira par une crise, (Assentiment sur plusieurs bancs.)
n C*est pour mettre au moins ma responsabilité à couvert que je déclare ne pas entrer dans tous ces projets irréfléchis. ^^ (Trèsbien ! très-bien ! )
Malgré cette approbation donnée aux paroles de l'orateur, la Chambre n'en a pas moins voté tout ce qu'on lui a demandé I
AUenlat du\Q avril sur la personne du Bot. — Manifestations d'opinion.
(Séance du 12 mai 1846.)
Le 16 avril, Lecomte, ex-sous-officier des gardes du corps, ensuite garde général des forets de la Couronne, congédié parce qu'il avait mérité de l'être, crut qu'il y avait là pour lui matière à se venger. Embusqué derrière un mur de clôture, il avait tiré deux coups de fusil sur le Roi à Fontainebleau, et l'avait manqué, quoiqu'il fût habile tireur, et posté en quelque sorte à l'affût. On regarda comme un miracle que le Roi n'eut pas été atteint. C'est ainsi du moins que le clergé présenta l'événement, dans les chaleureuses manifestations qu'il fit paraître à cette occasion.
Ainsi l'évêque de Langres, dans une lettre au Roi , lui disait :
« Sire, je bénis In divine bonté qui, en protégeant » vos jours contre les complots les plus infaillibles en « apparence, donne à la patrie des garanties frappantes j> de sécurité , et à votre dynastie des gages d'avenir. »
L'évêque de Strasbourg : a Un nouvel attentat vient n d'être commis contre la personne sacrée de Votre » Majesté; mais la France a reconnu avec bonheur i> une fois de plus que si le crime ne se lasse pas de » poursuivre ses exécrables desseins, la Providence ne îî se lasse pas non plus de veiller sur vos jours si pré'n deux pour vos peuples. Dans cette circonstance 3) comme dans d'autres semblables, elle a mis un » bouclier invisible entre le prince et l'instrument n meurtrier de Tassassin. »
Le cardinal de Bonald à Lyon , tes évéques de Fréjus, Chàlons, Alger, une foule d'autres, écrivirent sur le même ton.
Les populations civiles firent éclater leur indignation, et de toutes parts le Roi reçut les marques les plus éclatantes d'affection et de sympathie. Quelques mois de M. le marquis de La Rochejaquelein , député du Morbihan, ayant paru faire douter qu'il en fût ainsi dans les contrées qu'il représentait, je crus devoir répondre (séance du 12 mai 1846) à ce qu'il avait dit sur l'esprit des populations de l'Ouest en présence du Gouvernement de Juillet :
u Puisqu'on a parlé au nom d'une contrée parliculièrc, je demanderai la permission de constater deux faits, par deux réflexions à Tusagc de certaines personnes, puisque c'est sous ce nom qu'on les a désignées. (On rit.)
n J'ai si peu de déûancc pour cette contrée, j'ai une telle es-