IV
66 AXXKE 1839.
Nota, — Pour juger de loule rimporiauce de Tadminisiralion des hôpitaux à Pnris, il suffit de considérer rétendue des secours qu'elle procure. L'administration admet et entretient dans les hospices 12,000 vieillards et infirmes ; elle reçoit chaque année 76,000 malades dans les hôpitaux, ce qui donne une pioyenne de 4,800 présenis chaque jour. -— Elle recueille 4,G00 enfants trouvés' ; elle en entretient 10,000, et plus de 400 en apprentisscage. — Elle fournit des secours distribués à 30,000 familles indigentes.
Telle était la statistique en 1839; mais la masse des individus secourus tant dans les hôpitaux qu'à domicile a singulièrement augmenté depuis tous les accroissements que Paris a reçus en territoire, en population, en ressources financières.
« Chiffre de 1837. -^ Eu 1838, il s'est réduit à 3,037, par suite des mesures adoptées et que j'ai défendues et justifiées A la tribune. — Voy. 1. 111, p 332, et t. U ci-devant, p. 54.
Ouvcrlurc de la session. — 2>\ décembre 1839.
On avait raison de convoquer les Chambres avant le P' janvier : d'abord pour satisfaire à la règle constitutionnelle qui exigeait que les Chambres fussent assemblées tous les ans; ensuite, parce qu'en appelant â Paris les Députés et les Pairs avant le jour des élrennes , le commerce profitait de Taffluence des étrangers que l'ouverture des Chambres ne manquait jamais d'amener à Paris.
Cependant, en ne les convoquant qu'à la fin de décembre, beaucoup de membres différaient leur arrivée jusqu'après le premier jour de l'an. Un inconvénient plus grave résultait de ce que les débats de V Adresse, qui éclataient au commencement de la session , causaient toujours une certaine agitation et nuisaient aux affaires.
Le Roi fit l'ouverture des Chambres en personne le 23 décembre 1839.
Je partis ensuite pour Clamccy, voir mon père qui était malade, et j'y restai jusqu'au 14 janvier. — Depuis quarante et un ans, je ne m'étais pas trouvé une seule fois à Clamecy le jour de l'an.
Le 5 janvier, la Chambre s'occupa de l'élection de son président.
La lutte s'établit entre M. Sauzet, candidat de la majorité, et M. Odilon Barrot, candidat de l'opposition \ — Les Députés avaient mis de la nonchalance à venir; ils n'étaient qu'an nombre de 274. Majorité,
* Voy. U Messager du 24 décembre 1839.
138. — M. Sauzet obtint 172 voix, et M. Odilon Barrot, 94 : M. Sauzet fut proclamé Président.
Discussion élevée sur la cammutalion
de la condamnation de Barbes par autorité ministérielle.
(9 janvier 1840.)
Barbes avait été condamné à mort par Tarrêt de la cour des pairs pour fails de conspiration et d'assassinat. — Le roi, vivement sollicité, lui fil grâce de la vie , et commua la peine de mort en celle des travaux forcés.
La manière dont cette dernière peine doit être subie est définie par l'article 15 du Code pénal ainsi conçu : a Les hommes condamnés aux travaux forcés seront » employés aux travaux les plus pénibles ; ils traîneront » à leurs pieds un boulet, ou ils seront attachés deux » à deux avec une chaîne, lorsque la nature du travail » auquel ils seront employés le permettra. ))
Ainsi le condamné aurait dû être envoyé dans un bagne, pour y recevoir le traitement réglé par la loi, à régal des autres condamnés à la même peine.
Mais traiter ainsi un homme comme M. Barbes ! fi donc I c'eût été sanctifier le bagne! disait M. p***. — Le Ministre de l'intérieur prit sur lui de faire pour les lettres de commutation ce que ces lettres avaient fait pour l'arrêt de la Chambre des pairs; et, au lieu d'exécuter les lettres selon leur forme et teneur, il accorda, de son autorité propre, une nouvelle commutation en réduisant la peine à un simple emprisonnement.
L'occasion d'examiner cette conduite s'étant présentée dans la discussion de V Adresse, je pris la parole et je m'élevai contre l'illégalité d'un tel procédé.