LUTTE ÉLECTORALE
Ce parli (c'est ainsi qu'il se nommait lui-même), comprenant le noyau de la majorité ministérielle, devait naturellement être appuyé par le cabinet. Il le fut en bons termes par une circulaire de M. Duchâtel, Ministre de Tintérieur. Sans dissimuler l'intention qu'avait le Gouvernement d'influer sur les élections, le Ministre posait en principe u que l'indépendance detf consciences devait être scrupuleusement respectée. H ne voulait employer ni la séduction ni l'intimidation. Enfin, il déclarait que les intérêts publics ne devaient jamais être sacrifiés à des calculs électoraux. » — C'était un programme honnête et hautement avouable. Il ne restait plus qu'à l'exécuter loyalement.
D'un autre côté, à l'approche des élections, on avait cherché à opérer une sorte de fusion entre le centre gauche et la gauche constitutionnelle. C'est au nom de cette opposition ainsi constituée qu'on lança un manifeste dans lequel on faisait appel à tout les partis anti ministériels pour les engager à se rallier en vue du succès. «La question pour chaque électeur, » disait la circulaire , nest pas de choisir celui qu'il n préfère, mais bien, en nommant un homme indépen- » dant, à quelque nuance de V opposition quil appar^ n tienne y d'empêcher le succès du candidat ministé'^ îî riel. »
Quant aux légitimistes, ils n'y allaient pas par deux chemins. Unis de cœur avec le parti clérical et ultramontain, ou plutôt dominés par lui, la liberté densei^ gnenwnt devait être la condition unique, mais sine qua noUy imposée à tout électeur de cette opinion.
On devait ne demander à personne l'abandon de ses convictions politiques ; que le candidat fût monarchique ou républicain, peu importe; socialiste même, peu
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imporle encore; le seul point essentiel clail que le candidat se prononçât pour la liberté cV enseignement. C'était là l'objet de la conquête , la toison d'or qu'il fallait emporter à tout prix. Cet intérêt devait être supérieur à tout autre motif électoral; et, pour que rengagement fût complet et ne pûtêtre^éludé, les instructions portaient qu'il serait nécessaire d'exiger du candidat un mandat signé, pour qu'en toute occurrence on pût le lui opposer. La circulaire de ce parti portait les noms de MM. de Montalembert , de Vatimesnil et de Riancey.
Je ne dus mon élection à aucune de ces combinaisons; ma majorité demeura la même; j'obtins l'unanimité moins six voix, que la mienne réduisait à cinq. Aussi, dans la première phrase de mon remerciment adressé à mes électeurs, je leur disais :
tt Messieurs et chers compatriotes, en présence de l'agitation qui s'est manifestée dans d'autres collèges, des luttes qui divisent si profondément les esprits et laissent après elles de longues traces d'animosité entre les citoyens, nous devons nous féliciter de ce que, pour vous, l'élection d'un député est le résultat spontané d'une MÊME pensée, d'une même opinion, calme, réfléchie, et qui, depuis 1830, w'a pas varié un instant ' . »
On peut voir dans les Annexes le reste du discours, qui, comme le précédent, venu après et non avant Félection, rend compte de mes votes parlementaires et contient mon appréciation sur la situation des affaires.
• C'était ma huitième réélection depuis 18'30; — la onzième, si Ton y réunit Téleciion de 1815 et les deux élections de 1827.