L'ARCHEVÊQUE DE PARIS
0ieu d* exaucer ces vœux et de répandre sur la France ses ])énédîctions les plus abondantes. »
Le Roi répondit :
tt Fort sensible à Fexpression de ces vœux, c*est avec plaisir que je vous en remercie , ainsi que le clergé de Paris dont vous êtes entouré. J^aime à reconnaître le zèle qu^il apporte dans Texercice de ses importantes fonctions, et les efforts quMl fait sans cesse pour entretenir dans la population parisienne ces sentiments de religion et ces principes de morale chrétienne quUl est fï essentiel de développer parmi elle. Vous devez toujours compter sur mon concours pour atteindre un but aussi désirable.
n Je suis fort touché de ce que vous me témoignez au sujet du mariage d'un de mes fils, et des vœux que vous formez pour la France, pour ma famille et pour moi. ')
L'Archevêque se retira satisfait, et quand j'allai à mon tour lui rendre ma visite de bonne année, il m'en remercia.
J'avais toujours à cœur le pèlerinage des Carmes. Il eat lieu à quelques jours de là; je n'en ai pas conservé la date précise. C'était une après-midi.
Monseigneur me reçut dans la bibliothèque. Il m'en expliqua le plan; mais beaucoup de choses étaient encore en lacune. Je promis de lui donner pour mon contingent un livre qui devait lui plaire, une Histoire de l'église Notre-Dame de Paris, un beau volume in-12, richement relié en maroquin rouge, doublé de damas bleu et largement armorié. Celait un de ces livres arrachés aux bibliothèques particulières, qu'en l'an VII et en l'an VIII on voyait (rainer sur les quais, et qu'on laissait au plus vil prix. Je l'avais ainsi acheté. L'envoi de ce livre fut très-agréable à l'Archevêque.
Au sortir de la bibliothèque, nous allâmes dans l'église, et après une courte prière dite sur les marches
de l'autel, T Archevêque me fit remarquer les belles proportions et les riches peintures du dôme.
Nous passâmes dans les jardins. Au fond est une grande allée d'arbres adossée aux maisons de la rue Cassette , et se dirigeant vers un oratoire qui s'offre en perspective à l'extrémité opposée.
L'hôtel de la rue Cassette attenant à cette longue avenue appartenait à M. de Salvandy, Ministre de l'instruction publique. Il n'avait qu'un bien petit jardin, et il aurait fort désiré que le nouvel acquéreur des Carmes lui cédât cette bande de terre où il aurait été promener ses idées cl préparer ses improvisations. Il en offrait une somme assez considérable, c'est dire qu'il payait la convenance. 0! si angulus ille accédât!,.. L'Archevêque, qui n^éfait pas encore libéré de son prix, s'était laissé ébranler et se montrait assez dispo^ à cette cession. Il m'en parla, mais je m'y montrai ab* solument opposé. Je lui dis que, comme l'un des souscripteurs, j'exprimais probablement le sentiment de tous les autres, en affirmant que ce démembrement serait vivement désapprouvé. En souscrivant pour l'acquisition, ils n'avaient pas seulement eu en vue de conserver une église au culte; mais ils avaient été émus par la pensée que le saint sacrifice, célébré dans cette église, deviendrait une expiation permanente pour le massacre des malheureux prêtres qui avaient subi le martyre, précisément dans ce kiosque qu'il s'agissait d'aliéner. — Il fallait donc plutôt faire un nouvel appel aux souscripteurs, en leur faisant confidence de cet em* barras. — L'Archevêque se rendit à ce motif, et l'ac* quisition ne tarda pas à être entièrement soldée.
En rentrant dans les édifices adjacents qui sont situés près de la rue d'Assas, l'Archevêque me dit : « Il