REPRISE DE LA SES^IOX
rien, rien, rien. - — On parlait beaucoup de réformes et de progrès, d'améliorations au poiot de vue moral et matériel, et de faire prédominer une politique plus appropriée aux nouveaux besoins. — AI. Guizot luimême y cédant à la pression de cette atmosphère , avait prononcé, devant les électeurs de Lisieux, ces paroles restées célèbres et qu'on lui rappellera plus lard : « Toutes les politiques vous promettront \e progrès, la » politique conservatrice seule vous le donnera, n On rallendait à l'œuvre.
Reprise de la session. — 11 janvier 1847.
Ce jour-là fut, en réalité, le véritable jour d'ouverture de la session. La réunion du 17 août 1846 n'avait été que de forme.
La reprise de la session, le 11 janvier, se fit par le fioi en personne.
Dans son discours. Sa Majesté disait, en parlant du mariage de son fils, le duc de Montpensier, avec l'infante d'Espagne : « Cette union sera un nouveau gage de ces bonnes et intimes relations qui subsistent depuis si longtemps entre la France et l'Espagne, et dont le maintien est aussi désirable pour la prospérité que pour la sécurité réciproque des deux Etats. »
En ce qui concernait le fait de l'invasion de Cracovie par l'Autriche, le Roi s'était exprimé ainsi : « Un événement inattendu a altéré l'état de choses fondé en Europe ' par le dernier traité de Vienne. La république
* L^ordre moral européen fut bien davantage encore troublé par le massacre des nobles et des prêtres en Gallîcie, sans que PAutricbc s'y opposât, et, en quelque sorte, avec son acquiescement.
de Cracovie , Etat indépendant , a été incorporée ' à Tempire d'Autriche. J'ai protesté contre cette infraction des traités. »
Dans la Chambre des Pairs, la discussion de l'Adresse fut courte. Le paragraphe des mariages espagnols fut facilement justifié, au point de vue politique, par le baron Ch. Dupin, qui parla le premier, et ensuite par M le duc de Broglie , qui rendit compte des négociations d'une manière à la fois digne, ferme et concluanlc.
Devant la Chambre des Députés, les débats devaient être plus longs et plus animés. Dans les bureaux mêmes, la discussion fut sérieuse et approfondie.
J'exprimai mon opinion en ces fermes, dans le troisième bureau, dont je faisais partie :
a Messieurs, les honorables membres qui ont parlé avant moi ont examiné la question de finances et la question extérieure.
» En ce qui touche les finances, sans doute la nécessité d'acheter au loin des céréales et l'exportation de numéraire qui en a été la suite entrent comme éléments dans nos embarras fînanciers ; mais il ne faut pas que cet accident prenne une trop grande place dans la question. Le mal vient de plus loin, et certes les avertissements n'ont pas manqué ^ !
n 11 y a près de quinze ans on parlait d'économies; les plus sages se sont bornés à réclamer l'équilibre entre les dépenses et les recettes. La Chambre a exprimé ce vœu plusieurs fois dans ses Adresses; mais les députés, en votant le budget, ont donné
* Le mot d'annexion, appliqué aux États incorporés, n'avait pas encore passé dans la langue du droit politique ; mais cette fois il ne s'agissait pas d'une annexion libre, votée parle suffrage universel de la population consultée, mais d'un cmparement violent et à main armée, colla forza.
^ Mon discours du 7 mai de l'année dernière se termine par celte phrase prophétique : Nous menons le pays à un iticonnu qui, tôt ou tard, finira par une crise.