‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 81 sur 122 · CHAPITRE DE SAINT-DEXIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE SAINT-DEXIS

fend à toule personne ecclésiastique , a de quelque 9 dignité qu'elle soit revêtue, sous quelque prétexte 9 que ce soit, de quelque titre dont elle se prévale, 9 dans quelque lieu que ce soit du diocèse de Paris, 9 même dans les églises, chapelles et maisons royales, 9 de faire les actes qui appartiennent à la juridiction 9 épiscopale. . . Déclarant nul et de nul effet tout acte 9 de juridiction qui serait en opposition à la présente 3» déclaration, à moins, dit-il, qu'il ne soit ratifié et 9 rendu valide par notre consentement et nos pou- 9 voirs. n

Cette ordonnance amena une correspondance entre les deux prélats. Je n'ai pas vu la lettre du grand aumônier, prince de Croï, mais j'ai lu la réponse de Mgr l'Archevêque de Paris. M. de Quélen y défend ses prérogatives par une discussion canonique vive et pressante, et il dit en nobles termes à son antagoniste, en relevant ses paroles : a Vous êtes, dites-vous, le suc- 9 cesseur des grands aumôniers de France I — Mais » n'ai-je pas aussi une succession de pontifes qui re- 9 monte plus haut que la monarchie elle-même , et par 9 conséquent que votre charge? N'est-ce pas un devoir 9 pour moi de conserver intact et de transmettre à 9 ceux qui viendront après moi le dépôt des pouvoirs 9 qui m'ont été laissés, comme celui de la foi?... »

'Cette lettre méritera dans tous les temps d'être lue et conservée; elle honore le caractère du prélat qui alléguait et revendiquait avec tant de dignité les maximes et les règles de l'Eglise gallicane, et qui plaçait sous leur invocation le pouvoir sacré des ordinaires.

La résistance de M. de Quélen fut couronnée de succès. Vers la fin de 1825, nne commission ecclé-

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lui dis que j'étais du même avis que TArchevêque. — Je priai SaMajeslé de considérer que Texpédient qu'on croyait avoir trouvé était une imprudence; — que pour ne pas avoir affaire à TArchevéque de Paris, qui était son sujet, le Roi allait avoir affaire au Pape et au Nonce, qui pourraient, dans la suite, lui susciter des ennuis et apporter des résistances. •— Qu'il était souvent arrivé aux Papes de refuser capricieusement des bulles d'institution aux évoques nommés par le roi; et qu'il pourrait bien leur prendre fantaisie de refuser d'instituer tel ou tel chanoine, si le chanoine déplaisait ptar trop aux ultramon tains I...

Par suite de ces observations tant de la part de l'Archevêque que de la mienne, on négocia de nouveau. — A plusieurs reprises, on essaya de modifier la rédaction de la bulle; mais, chaque fois, si l'on retranchait quelques-unes des expressions qui avaient causé le plus d'ombrage , elles se trouvaient remplacées avec une souplesse infinie par des équivalents.

Enfin la bulle parut sous sa dernière forme le 3 du mois d'avril 1843. A mon retour des vacances, le Roi daigna me la communiquer; je lui demandai la permission de l'examiner, non en conversation, mais à tête reposée; je l'emportai avec moi, et le 3 novembre 1843 j'adressai à Sa Majesté, sous forme de Note, les observations suivantes :

tt 11 aurait été surprenant que la Cour de Rome, cédant à an désir qui lui était exprimé, n'en eût pas pris occasion pour s'attribuer quelque avantage, sous forme de concession, et de ces privilèges que le Saint-Siège ne s'est jamais fait faute d'accorder contre le droit commun en poursuivant son droit particulier.

» On pouvait très-bien constituer le chapitre de Saint Denis , lui donner un territoire, quelque restreint qu'il fût, un évêqiie (primicier) pour ordinaire, avec juridiction propre sur les ppr-

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