‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 83 sur 122 · CHAPITRE DE SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE SAINT-DENIS

j) Vouloir empêcher un tel résultat, ne serait-ce pas » vouloir contrarier la marche de la Providence dans » ce qu'elle a de plus manifeste et de plus miséricor- 9 dieux pour la France ' ? »

Et mine intelligite ! — Les ministres du Roi ne comprirent pas; mais M. de Montalembert comprit parfaitement; et, dans un brillant discours, il représenta la loi portée devant les chambres par le Gouvernement comme devant, malgré ses auteurs eux-mêmes, servir au triomphe des idées catholiques , et à /a défaite du gallicanisme. — Comprenez-vous à présent?...

L'orateur qui lui succéda crut tourner la difficulté en disant, que le projet de loi en délibération soumettait aux Chambres l'appréciation d'une bulle émanée du saint-siége, et donnait par cela même une éclatante et nouvelle garantie à ce principe de nos libertés gallicanes : u qu'aucun acte de Rome ne peut avoir de force en France qu'après avoir reçu des pouvoirs constitutionnels une sanction légale ».

Pitoyable argument! — Ainsi, parce qu'en la forme on s'adressait aux Chambres pour changer la loi, il fallait fermer les yeux sur le fond, et ne pas voir qu'en réalité il s'agissait, en modifiant l'article 10 de la loi •organique, de remplacer un principe gallican par un acte ultramontain !

D'ailleurs, on ne pouvait pas s'y méprendre, la Commission de la Chambre des Pairs avait changé les termes et l'économie du projet de loi. Celui-ci, ainsi que je l'ai déjà dit, ne prenait dans la bulle que la constitution canonique du chapitre, et faisait pour tout le reste les réserves d'usage contre tout ce qui s'y troa-

* Celte lettre a été publiée, quelques jours après, dans Y Univers religieux, n* du !•' juin 1847.

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