‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 95 sur 122 · ILLUSION DU ROI ET DK SES MINISTRES · texte numérisé non relu

ILLUSION DU ROI ET DK SES MINISTRES

Bientôt, au lieu de. simples réunions en plein air (comme les meetings en Angleterre), ils imaginèrent les banquets politiques, sortes de réunions bachiques auxquelles on conviait les mécontents de tous les partis, les sectateurs de toutes les opinions dissidentes, pour y entendre des discours et y porter des toasts qui excitaient les passions populaires, et qui tous aboutissaient an cri de Vive lu réforme! sans expliquer laquelle, ni dire où et quand elle s'arrêterait !

D'un autre côté, malgré là loi sur les associations , le travail souterrain Aes sociétés secrètes allait son ti'âin, et minait sourdement la société. Les sectes qui, depuis, arborèrent à découvert lé drapeau du cofnmtmimie, et qui avaient pour but de propager Je socialisme, ne demandaient -pas mieux que de se joindre aux artistes de la coalition , et de causer quelque grand désordre le jotir oii il leur serait donné d'y prendre part.

Déjà , soixante-dix banquets réformisteis avaient été célébrés datis les départements. Non^seulement on^ en avait banni le toast constitutionnel au Roi, lisais les discours les plus audacieux y avaient été tenus. Les doctrines de 1793 avaient été remises en scène, et les héros de cette sanglante époque y avaient reçu des éloges publics.

Il fallait que Paris eût aussi son batiquet. €e projet portaitilans ses flânes une révolution.

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OaverUirie de la session ^ — ^ NominalLoii du bureau.

(20 décembre 1847.)

Un cerlain Dombre de membres de la majorité^ et quelques journaux , ioui en rendant justice aux aima* blés et brillantes qualités de M. Sauzet, avaient manifesté le désir de porter au fauteuil un président plus énergique j ^ dana la prévision de circonstances mtiques. »

Le Château se déclara pour M. Sauzet.

Les Ministres se prononcèrent également en sa faveur; ils déclarèreat même, qu'ils feraient de sa réélection fine question nie cabinet.

Il y avaii dans cette menace de quoi faire trembler les conservateurs.

M. Sauzet resta donc seul candidat du centre. Il obtint 227 voix, et M. Qdilon^arroi, son compétiteur, 105.

Le lendemain, les quatre vice^-présidenls, tous pris parmi les conservateurs , furent élus à des majorités considérables.

Ainsi la majorité y une majorilé de plu» des deux tiers, était bien évidemment acquise au ministère.

Adresses des deux Chambres.

Cette majorité se prononça avec non moins d'énergie dans le vote des deux Adresses :

V Celle des Pairs fut votée, le 18 janvier, par 144 boules blanches contre 23 noires ;

2** Et celle des Députés, le 12 février, par 241 boules

DISCOLAS DE LA COUIONNE. M3

hlanehes contre 3 noires. Le gros de l'oppositîou s'éUit i^steott de voter. .

Si l'on ne considère qoe ce premier résultat^ et d'»» près la théorie que le ministère s'était faite du gouvernement constitutionnel, sa positiop paraissait trèsaffemaie: quelles que fussent les attaques de ses adversaires, il pouvait compter sur une majorité forte «I compacte pour en triompher. Cependant, si la victoire ne leur semblait pas douteuse, les ministres n'en devaient paS' moins s'attendre à de rudes combats , . à en juger par l'état des esprits. — Un iles chroniqueurs de la session - en a tracé Je tableau suivant : « La discussion s'annonçait^ comme devant être des plus vives. L'agitation allait tottfour» jcroissânU Des rumeurs sourdes, des bruits alarmants se répandaient dans le publie. Tanlôt , la santé du Roi donnait, disaiton, de graves inquiétudes. Tantôt on propageait le bruit de la mort du Monarque. Les communistes s'agitaient dans l'ombre et se préparaient au combaL Le Ministère était en pleine crise, selon quelques-uns; selon d'autres , une division avait éclaté dans le parti conservateur^ une partie de. l'opposition oomnieBçait à s'effrayer elle-même de l'agitation qu'elle avait causée. Les e^érances des partis extrêmes ne se disn-mtUaient qu'à peine. »

Discours de la Couronne.

Le Roi, dans son Discours, s'applaudissait de la prospérité matérielle donl jouissait la France ; il annonçait que les recettes couvriraient les dépenses. — Il promettait la réduction du prix du sel .et de la taxe des lettres; une loi sur l'instruction publique; plit-

' Foaquier» aonée 1948, p. 13.

sieurs autres. projets de lois civiles et économiques, et Tun d'eux, pour appliquer les caisses d'épargne àde nouvelles améliorations dans la condition des classes ouvrières; mais il se taisait sur la réforme électorale eu parlementaire.

En faisant ailosion aux questions agitées depuis six mois dans les banquets réformistes, le Roi disait daus un paragraphe spécial :

a Au milieu de l'agitation que fomentent des passions ennemies ou aveugles, une conviction m'anime et me soutient : c'est que nous possédons dans la monarchie constitutionnelle, dans V union des grands pouvoirs de l'Etat , les moyens assurés de surmonter ces obstacles, et de satisfaire à tous les intérêts moraux et malériels de notre chère patrie. »

Plus de cent députés avaieut pris part aux banquets réformistes; et ces qualifications sévères qui les attei- ^aient, pour ieur part, avaient jeté parmi eux une irritation qui se produira dans la discussion de l'Adresse. Certes, ils n'avaient pas mérité d'éloges ; mais était-il bien politique de les agacer ainsi , et , en les attaquant si visiblement, de provoquer des représailles ! !

Adresse. ^Chambre des Pairs.^^Italie.-^Affaire Petit.

Suivant son usage, la Chambre des Pairs avait pris les devants. Le projet qui devait servir de base à la discussion avait été rédigé par M. de Barante. Ce projet était entièrement favorable au Ministère; sa politique au dehors, sa conduite au dedans, y recevaient une éclatante approbation.

L'opposition, qui, même dans cette Chambre, avait -des organes redoutables, n'adoptait pas cette apologie.

V Portant ses regards sur la situation de Vltalie et

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