CHAPITRE SEIZIÈBIE
Organisation des services et du personnel de là préfecture de police* Attributions de chaque partie des bureaux. — Occupations des employés composant le cabinet du préfet. — Occupations des employés composant le secrétariat général, la l^* et la 2«« division* — Conseil de salubrité. — Services extérieurs : commissaires âm police, officiers de paix, sergens de Tille, inspecteurs. — Brigadef d'arrondissement. — Brigades centrales. — Rondes de nuit. «-* Inspectcun des bdtels garnia^
La première chose dont j'ai dû m'occuper, j prenant possession de la préfecture de police, a été de jeter un coup d'œil sur Vensemble de l'adminis* tration , de m'éclairer sur toutes les branches qui en dépendaient, sur la nature et l'étendue de mes attributions, et sur L'intelU^nce et le zèle de tousi les employés.
Désirant donner une impulsion nouvelle à cette partie essentieile des services publics, j'ai voulu savoir de <{uels hoBiflies j'étais entouré , et jusqpi'^
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quel degré ils pouvaientmériter ma confiance; cette première inspection fut d'autant plus certaine dans ses résultats^ que déjà, pendant la courte durée de mes travaux comme secrétaire général, j'avais recueilli des notions exactes sur la composition du personnel.
J'eus bientôt reconnu Futilité de quelques réformes. Beaucoup d'hommes inhabiles à remplir convenablement leurs devoirs avaient trouvé sous la restauration, avec la protection de personnages alors en crédit , le moyen de se placer dans l'administration; déjà, sous ce rapport, ils n'offraient pas toutes les garanties désirables j plusieurs d'entre eux ayant conservé des sentimens trop favorables à l'ancien ordre de choses. Lorsqu'à cette considération se joignaient d'autres motifs de reproches , tels que Tincapacité intellectuelle , la négligence, des infirmités, des habitudes vicieuses, il devenait prudent d'ordonner ime expulsion, affligeante pour les individus , mais nécessaire dans l'intérêt du service.
Mes honorables prédécesseurs , dans leur passage rapide à la préfecture (j'étais le septième préfet nommé depuis la révolution de juillet, c'est-àdire dans l'espace de quinze mois) , absorbés par les embarras du moment, n'avaient pas pu compléter^ quant au choix des personnes , les améliorations dont eux-mêmes avaient reconnu sans doute
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aussi Topportunité. C'est le cas de faire observer qu'avant juillet 1830 les préfets de police cédaient trop facilement à Finfluence des puissans de l'époque^ et admettaient leurs protégés sans exiger qu'ils eussent l'aptitude requise. Ce n'était pas toujours l'employé qui convenait à la place, c'était la place qui convenait à l'individu. Ainsi, l'on avait quelquefois des vieillards ou des boiteux chargés d'un service qui exigeait la vigueur et l'agilité; des myopes destinés à une inspection où il fallait être clairvoyant ; des agens à l'oreille dure, dont la mission était d'écouter.
Je n'ai pas voulu cependant signaler mon début par des actes qui ont toujours un côté pénible ; mais l'expérience de quelques mois me fit reconnattre, avant la fin de décembre 1 831 , l'urgence de ces réformes ; elles eurent lieu à cette date. Je le mentionne ici pour n'avoir plus à m'en occuper.
La préfecture de police y après les changemens que j'ai cru devoir y introduire, est restée organisée à l'époque de ma retraite (septembre 1 836) de la manière suivante :
Le préfet. — Le cabinet du préfet, composé de dix-neuf employés.
Attributions du cabinet. — Ouverture , analyse , enregistrement et distribution dans les divers bureaux auxquels elles se rattachent, de toutes les dépèches, lettres et pièces, dont le nombre s'élève ,
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terme moyen, à plus de deux mille par jour. — Coiw. respondance du préfet aTec les ministres et les autorités pour les matières politiques. — Formation et classement desdossiers relatifs à la politique. — Dépouillement des rapports adressés par les agens secrets. — Répertoire biographique de tous les individus qui ont figiuré dans les affaires politiques. Ce rapport n'existait pas avant mon administration, et déjà y au moment de ma retraite , il comprenait plus de douze mille noms. — Correspondance et mesures administratives concernant les réfugiés étrangers ; et, en général, tous les travaux bureaucralâques ayant un intérêt gouvernemental, et qui ne sont pas dans la spécialité des biu*eaux.
Avant mon arrivée , ks mesures qui touchent MOL réftigiîés n'étaient pas dam les attributions du cabinet ; j'ai cru nécessaire de les y joindre, à cause de leur analogie avec les ai&îres politiques.
Quant aux d]^)èches pour les matières d'intérêt municipal, la plupart, avant mon entrée en fonctions,, étaient remises direetement dans les bureaux qu'elles concernaient , et l'oa enrayait toutes les autres, même ceUes ayant trait à la politique , au secrétariat général , 'pour y être enregistrées. Par suite de cette marche, les dépêches se trouvaient éparpillées ; le préfiet ne prenait guère connaissanee que de celles du cabinet, et oioore ne lui étaient)elles transmises qu'jqtrés ua dâai souvent nuisible
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à^ lit ciiose publique ; ks autres pièces n'étaient oommiuiiqiiée» au préfet que dans les cas assez FflKS cùf fesebefe^ 4e dmrion croyaient dcToir, par sahe de Umr importance, les mettre sous ses yeux.
On eootprewi tout œ qufil y avait dlnconvé* niens dans cette Buauére de procéder. Le chef de l'administration, quelle que fût la supériorité de ses lumières, ne pouvait jamaÎB avoir présent à sa pen-« sée l'ensemble des opératioas , m donner une impulsion personnelle à la prompte «cpédition des a^ faves. Gomment se serait-il pkûntd'une négligence, àlfÊKÊ, retard , quelqueCois même d'un odbli total, pour ckadioses qu'on lui laissait ignorer? Les bu-* reaux administraient, dans cette situation, comme s'âa n^avaieat pas en de supérieur; et le préfet, sm qn pesait toute la responsabilité, devenait, à son inni^ If^jet des eensuies de persosK» dont les i». iétét^ étaient en aouffranœ.
Je napntem pas dès abii» phis granres encore qnpQWvaieni en r&nlter,. et d'une foule de ccmsi^ driBationgqiie jfabamdonne à la sag^aâlé éa fectem^-
Xm fait prendre une antre narche ; j'aî roxàm qn!«ucnnepiécey daqueiqiie nature qn'dle fitlt, ne pacvHit danale^bureaux qu'aqprès avoir été ouverte^ enregistcée à HKm cabinet, et nose îmmédîatieBieBt sûvames yeux, tontes les fois qu'elle n'était pa» d'nae importanee trop secondaire.
Il était dressé un» bordereau, par ovdre nnmér»-
98k MÉMOIEES DE M. GISQUET.
que^ des pièces remises chaque jour aux chefs des bureaux^ par les employés de mon cabinet; de cette manière on en retrouvait facilement la trace ; on en connaissait le détenteur ; et la certitude qu'elles avaient été lues par moi excitait naturellement l'attention et le zèle de mes subordonnés.
Le secrétariiU général comprenait le secrétaire général et vingt-neuf employés.
ÀttribtUiùiM. — Rédaction des arrêtés de nomination et de révocation des employés de tous les services. — Formation et classement de leurs dossiers. — • Classement par catégories des demandes d'emplois^ et renseignemens sur les candidats. — Proposition aux emplois. — Proposition pour la fixation des traitemens, gratifications.— Matières contentieuses. — Entretien des immeubles et du mobilier dépendant de la préfecture. — Locations pour les services extérieurs. — Examen des statuts des sociétés anonymes. — Archives générales. — Administration de la garde municipale et des sapeurs-pompiers; propositions pour nominations aux grades d'officiers, sous^fficiers^ etc. — Mesures relatives aux théâtres, aux saltimbanques , aux réunions publiques, aux fêtes et cérémonies publiques, aux jeux, aux afficheurs et crieurs publics, et tout ce qui se rapporte aux cultes, à l'état civil , à l'administration du timbre, aux débitans de poudre, à la recherche des déserteurs, etc.
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Première division. — Cent trois employés de tous grades.
AUrilnUions. — Toutes les mesures de police judiciaire; les sommiers judiciaires; collections des arrêts et jugemens en matière criminelle rendus dans toute la France depuis cent vingt ans. •» Grimes, délits d'ordre et de sûreté publics.—- Forçats, vagabonds, mendians. — Brocanteurs, cbiffonniers.
— Garantie des matières d'or et d'argent. — Laminoirs, balanciers. — Encans. — Examen, interrogatoire de tous les individus arrêtés ; leur mise en liberté ou leur renvoi devant le procureur du roi. «- Filles publiques; leur enregistrement; mesures de répression qui les concernent ; dispensaire. — Prisons, maisons d'arrêt, de justice, de correction, de force, de détention , et dépôts de mendicité. — Départ des chaînes des condamnés aux travaux forcés. — Délivrance et visa des passeports , des permis de séjour, des ports d'armes, livrets d'ouvriers.
— Mesures relatives aux hôtels garnis et logeurs « Deu^ime division. — Cinquante-deux employés
de tous grades.
Attributions. — Administration et surveillance des halles et marchés. — Poids et mesures. — La Morgue. — La navigation, bains sur la rivière, etc.
— Mesures relatives aux canaux et rivières.— -Bateaux à vapeur. — Chantiers de bois et de charbons. —Bourse. — ^Marchands de vins, brasseurs. — Pe-
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tîte ¥oirîe. — Édifices publicsu — Carriéreft. — INet^ toiement , éclairage et arrosage de Paris. — Foncs d aisance, égouts , aqueducs^ puits, fontaines, incendies.— Voitures puUiques, fiacres, cafanriolelB. —Ponts à bascule y police du roulage. — ^Établissemens dangereux, insalubres ou inconuuodes«— fii^ lubrité et sanlé publi<]pe8. — Professions des médecins, chirurgiens, sage^emmes. — Herbonstes, droguistes, remèdes secrets. — Eaux minéFaleB. — Épidémies. — Vaccine. — Cimetières* ---JEahmnati(ms.
€€mptabilité. — Douze employés.
Bureau des arehiteetes et ecmmissàires de la peiUe wirie. — Ce bureau est composé de treiie architectes ou experts» diargés de Texamen et des rapports de tout ce qui concerne cette partie des services. Ces rapports ont quelquefois approché du nombre de vingt mille dans une seule année.
Caisse. — Onze employés.
r Conseil de salubrité. — Il est formé de dix-huit médecins, chimistes et pharmaciens, choisis parmi les hommes les plus capables , et au nombre desquels je citerai MM. Adelon, Cadet-Gassicourt , Chevallier, Darcet, Esquirol, Gaultier deChaubry, Huzard fils. Juge, Labarraque, Larrey, Marc, Orfila, Pariset, Pelletier, Petit, Emery, etc.
Ce conseil, qui se réunit à la préfecture à peu près toutes les semaines, s'occupe de Texamen de
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toutes le» questions d'hygiène, de sûreté et de salubrité, en ce qui a rapport aux établisseiuens industriels considérés comme dangereux^ insalubres ou incommodes; des épidémies, épizooties, et en général de tout ce qui concerne la santé publique. Les nombreux travaux auxquels se livrent les mem^ bres de ce conseil intéressent au plus haut degré la population du département de la Seine , et Von pourra en apprécier l'importance quand on saura qu'il existe dans ce département plus de quatre mille établissemens de la nature de ceux dont je viens de parler, et que les rapports de ces savans, qui sont fréquemment des traités complets de questions scientifiques, dépassent le chiffre de huit cents par année. '
Cette utile institution a été réorganisée jMir moi, d'après les avis des principaux membres, le 24 décembre 1 832, sur des bases plus conformes aux besoins du service ; elle est devenue le modèle des créations analogues dans la plupart de nos départemens.
Police mimicipaïe. — Un chef, un sous-chef, huit employés sédentaires; vingt-quatre officiers de paix; plus, tous les brigadiers, sergens de ville, inspec-' teurs de police, contrôleurs et inspecteurs des ho^ tels garnis ; agens des rondes de nuit et agens de la police de sûreté, dont, par des motifs d'intérêt public, je m'abstiendrai de faire connaître le nombre^
Un bureau composé de dix employés chargés de porter les dépêches.
Un économe.
Et environ cinquante garçons de bureau, huissiers du cabinet et hommes de peine.
Dans tout ce qui précède, je n'ai indiqué que la composition du personnel de l'administration centrale ; mais, quoique j'aie suffisamment désigné les différentes parties des services publics dont elle s'occupe, il me reste à placer ici l'énumération des services extérieurs et des préposés qui en dépendent.
Le dispensaire de salubrité, auquel sont attachés dix médecins chargés de la visite des prostituées.
Inspecitan générale des halles et marchés, ayant environ cent quatre-vingt-dix employés, chargés de la surveillance des objets mis en vente et de la perception des droits appartenant à la ville.
Direction du service du nettoiement, de l'éclairage et de T arrosage. Elle occupe quatre-vingt-un employés.
Inspection générale de la navigation et des ports. Vingt-huit employés.
Inspection générale des bois et charbons. Vingt-cinq employés.
Contrôle de la halle aux grains et farines. Six employés.
Dégustation des boissons. Neuf employés.
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Impeetiùn des voUures et de la fourrière. Cinq em« ployés.
Paidi publia (dans les halles et marchés et sur les ports). Vingtrcinq employés.
Inspection généraie, et perscmnel des prisons. Deux cent vingt employés.
Commiêiairee de police. Il en existe cincpiante-six, dont un dans chacun des quarante-huit quartiers de Paris : un pour Ghaillot; un exerçant les fonctions du ministère public prés le tribunal de simple police; deux chargés de Fexamen et de l'interrogatoire des individus arrêtés; trois en permanence à la Préfecture pour l'exécution immédiate des mesures judiciaires urgentes et des mandats délivrés par le préfet; et un chargé de la surveillance auprès des résidences royales.
Cinquante secrétaires, cinquante-sept inspecteurs et quarante-huit porte-sonnettes, . attachés aux commissaires de police.
Surveillance de la Bourse. Un commissaire de po« lice et neuf employés.
Ainsi, le nombre des personnes attachées à divers titres à l'administration pour les services intérieurs et extérieurs présente un chifire de onze cent quarante, non compris les employés dont à dessein je n'ai pas mentionné le nombre , tels que les sergens de ville, les inspecteurs de police, les
agens des rondes de nuit ; ceux du service de sV ï. t9
rttéeiiargéB*ée«k)péliM tteB^rdhiai«,'ete^;^l6B inspecteurs des hôtels et maisons garnis et logeufs, etc« Iliest>bien entœdtt'qvè i«(^gtii9 «eorMB «ttt en dehors de toutes cesnndîMtioiB.
^iSans^^fouloir donamMraeane lueoiiènK'Biirienikhiffre des cinq classes d'empIoyéS'dmitiîeiTieiiB'de paa^ Inr, ' pQgq^îq[aerii <!|a^ei • ëiaieiil; leim pnneipiles MMpMî<>iisjoiinittlièr8B.
)ft^fri[£EQeié Àtdbaotm éw tnroiidîssement^^fnaris-œii^iMgille^tibnt-iàlfoMe j^^ t»-
90Îm-'d6 'Ift ^Mutilé, xémamnàéQ parun ôffiMÎer ée fNÛKy et coiitpQiito tfe swigenside >irilie t<t d'inipeotiiirs.
Leur mîmoa e^d'explorer wm cesse toutes ks parties de rarroniUssement; de faire ei^écuter les lois et ordonnances , de constater les eontraTentions, tlerépriiBfir tes- désordres, d'arràter les malfoiteurs «Q flagrant délit, de porter wcours où le besoin Texige, et d'assurer autant xpie possible la liberté "dei la circulation. Leur service oommence dés le matin, et ne doit finir qu'à minuit,'heure où la sûreté "de la yîUe est confiée à d'autres agens et aux pa- "traiiiUes militaires.
'Les sergens de ville et inspecteurs ont, dans leur
afTondissement, un point ée réunion où se trouve
l'tiHicier de paix, auquel chacun fait son rapport
verbal, ou par écrit s'il y a lieu ; celui-ci en forme
'ira résumé qu'il adresse au préfet deux fois par
MtummESVEU. mBQmr. SÊl
faur^-et pluBirëquemmeat en oas à^éféu»mmu& gra* nm. ^B&^Mrteque'ricQ'iie :|ieut ietpaaaer dans Fatis sans que le préfet en fiokrpFomptement infonné. dnaaisypar-suiteile cette orgamaation que j'ai*periediomiée, je n'ai quitténumisabinet êans eonnaitre :lîélBt(da]iBlequd'«e:titmTaitk capitale.
lUiie fiorle^farigade de jei^gens de ville est spécîa* JcBMnt chargée de fûre disparaltre^leB embarras de kMroèerpoblique, et surtout de faciliter la circulajjmiïAiuLxafaords des^ halles et marchés,
c%Htne ^antres ^far^des -sans destinalkm ^fiie se «twniHmten permaiNOoe.-à'iadisporitifln du préfist, ^«irdaB c» imprévus, .afo de porter des^renforte «unksipoîntst oùilfl&'agfins spésiam: sootinsiifiiians.
(C'est au my]^ de ces bidgadeSy augmenlées ac- •eôfentellement lies emprunts faits à celles répaitîfô xurtous les points, ctgràoe au soin que j'apportais •ftne {ffcndrecpour sergens de ville ique xles hom<* mes James, braves et vigoureux, que j'ai pu ëtouffisr •oti:ré|iriraerun grand nombre .d'émeutes etde jou- .lèfenwns.
Les agens de rondesrd^miiV,^ divisés en escouades, ^ .qu'on qualifiait. autrefidis de ipainmilleê grises, jdnmfent dansJParis toute lanuit. Ces patrouilles aninaottiies itinéraires. indiqués d'avance, pour que jtous.ks quartiers soient explorés à. la fois; visitant •smlûuties rues et les lieux qui servent d'asile aux •mauvais ^lyate, les quartieps :îsolës,euGn tous
Sn ViHOIRBS BB M. OISQUBT.
points de la voie publique où la sûreté des habitans peut être compromise. Le service des rondes de nuit commence à onze heures du soir.
Des inspecteurs des hôtels garnis doivent visiter chaque jour les hôtels et les maisons où Ton reçoit des voyageurs étrangers et nationaux, pour inscrire sur des bulletins séparés, qui sont apportés le jour même à la Préfecture, les noms, prénoms, sexe, âge, profession des personnes entrées dans ces maisons, et de celles qui en sont sorties. Ces bulletins, classés aussitôt par ordre alphabétique, servent dans une foule de cas à faire retrouver la trace des voyageurs. L'on comprendra l'utilité et les détails multipliés de ce travail quand on saura qu'il existe plus de trois mille neuf cents maisons où on loge en garni, et que le mouvement journalier des entrées et des sorties est d'à peu près deux mille six cents, terme moyen. Le nombre des bulletins, confectionnés avec soin, excède neuf cent cinquante mille par année. La population moyenne des per* sonnes logées en garnis s'élève à cinquante-sept mille, dont six mille étrangers.
Les agens du service de sûreté sont chargés spécialement de la surveillance des repris de justice que leur condamnation a soumis à cette condition pénale ; de la recherche des auteurs de crimes et délits et de leur arrestation, comme aussi de la recherche des preuves qui peuvent constater la cul<^
pabilité ; de rexéculion des mandats et ordonnances judiciaires; en un mot, de tout ce qui concerne la police active en matière civile.
Telle est la division des services, et telle était la situation dans laquelle j'ai laissé la préfecture de police, après l'avoir dirigée pendant cinq années.
Son organisation était loin de me paraître aussi satisfaisante à l'époque de mon arrivée ; mais, pour ne pas donner à ce tableau trop de développemens, j'ajournerai les détails dans lesquels je me suis proposé d'entrer sur les modifications introduites par mes soins ; je n'en parlerai qu'à mesure que l'occasion s'en présentera, et seulement lorsqu'elles mériteront d'être mentionnées.