‹ Mémoires de M. Gisquet, écrits par lui-mêmeChapitre 24 sur 67 · CHAPITRE DlX-HUlTlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DlX-HUlTlÈME

WIIl

Vol des médailles à la Bibliothèque royale. — Arrestaiion de Fosaard. — Instances et promesses pour obtenir un aveu. — Son envoi à Bicétre, puis à Brest. — Son état apparent de misère extrême. — La vicomtesse de Nays : son départ pour Brest, son arrestaiion. » J'obtiens des renseignemens positifs sur les auteurs du Tol. — Les médailles non fondues sont recherchées et retrouvées dans la Seine ; on retrouye les lingots provenant des médailles fondues. — M. Raoul-Rochette à la préfecture de police. — Condamnation des deux Fossard et de Brouillet.

Le 6 novembre 1 831 , je reçus l'avis que dans la nuit précédente on avait volé la collection des médailles de la Bibliothèque royale.

Je me rendis immédiatement sur les lieux , accompagné des employés de la préfecture les plus capables par leur expérience d'apprécier les circonstances du crime.

Au premier coup d'œil, nous reconnûmes que les voleurs s'étaient introduits par une maison attenante au vieux bâtiment du Trésor, rue Neuve-

306 MÉMOIRES DE M. 6ISQUET.

des-Pelits-Champs; qu'ils étaient montés au cinquième, où se trouvait un cabinet dont la porte, ouvrant sur l'escalier, ne fermait qu'avec un lo- • quel. Une espèce de lucarne communiquait de ce réduit sur les toits des bàtimens du Trésor; de là ils ëlaicnt parvenus, en suivant une gouttière en plomb, jusqu'au toit du deuxième corps-de-logis de la Bibliothèque. Ayant gagné ce point, les voleurs, après avoir grimpé sur les ardoises à une hauteur de huit à neuf pieds, avaient brisé la croisée-trappe d'une chambre située dans les €ombles du bâtiment , ouvert la porte de cette chambre à l'aide de fausses clefs, et s'étaient trouvés dans les greniers , qu'ils avaient parcourus dans toute leur longueur. L'effraction d'autres portes leur donnant l'accès d'un corridor, ils étaient descendus de ce point dans la galerie à l'italienne qui circule autour de la grande salle de la bibliothèque. Alors ils n'avaient eu qu'à descendre enfin le petit escalier de service pour se trouwr au plein pied de cette vaste salle, établie, on le sait, dans le premier étage du monument.

Le cabinet des médailles est situé au nord de cette même salle : il en est séparé par une forte porle en chêne et par un vitrage. La porte en chêne, solidement fermée, devait offrir ladilTiculté la plus sérieuse pour l'exécution du crime. Les malfaiteurs avaient surmonté cet obstacle en per-

VÉHOIKES DS M. 6ISQI7ET. 80T

4ÇHit à ht vrille une grande quantité de trous, lesquels formaient un cercle complet , de six pouces deidkoiètve, dans Tun des panneaux ; ensuite, avec une scie à main , ils avaient entièrement détaché le aorcem eirciilanre ; pois, an moyen de cette effraction , ils étaient parvenus à ouvrir la serrure et les ^MffTOUxqai fermaient la porte en dedans. Une fois întoeduits dans le cabinet , il ne leur restait plus ^!à forcer la porte vitrée et les casiers ou armoires eontenant les médailles.

Ce >cabinet , riche de si préeîeases collections , «0t ^cskûrë par une grande croisée dcmnant sur la rue Richelieu, par laquelle, arrec le secours d'une -corde, les voleurs avaient fait descendre dans fsette rae , à leurs complices , les objets soustraits , et .g'étaîeBt eux-4némes évadés.

La 8cie, la kmteme sourde et la corde se trou- ^went encore sur le lieu du crime au moment de non arrivée. Après les avoir exammées et avoir remarqué attentivement le travail exécuté pour détacher un fragmCTt du panneau , les agens de police m'asBoncèrent qu'ils ne connaissaient que trois hommes capaUes d'avoir commis ce vol ; sur mes questions, ils désignèrent 1® Fossard, con-> damné aux travaux forcés à perpétuité , et qui s'était depuis quelque temps évadé du bagne de Brest ; 2* Drouillet , l'un des amis de Fossard , déjà condaamié à vingt ans de travaux forcés et gracié;

et 3** un sieur Touprianl , que Ton présumait être

alors en Angleterre.

Je demandai à ces agens sur quoi se fondait leur

opinion; ils me répondirent :

« Veuillez remarquer, monsieur le préfet, avec quelle précision et quelle propreté ( ce fut leur expression ) les ti^ous de vrille ont été faits dans la porte; comme ils sont exactement distan* ces, percés horizontalement; quelle régularité dans le trait de scie qui a détaché la partie enlevée. Il a fallu des insti^umens de choix, une main habile, exercée. Veuillez ensuite examiner cette lanterne sourde : c'est presque un meuble de luxe , tant elle est soignée ; et remarquez qu'elle est éclairée avec une bougie. Les voleurs ordinaires, ajoutèrent-ils, ne se servent jamais que de chandelle en pareil cas. Enfin, observez cette scie à main et cette corde , qui , dans son trèspetit volume, est d'une force peu commune; et convenez que ce sont là des objets parfaitement, confectionnés, d'une qualité supérieure. Il n'y a qu'un nombre infmiment restreint de voleurs en état d'apporter autant de soins dans le choix des instrumens, et qui puissent se décider à faire une dépense assez considérable et souvent en pinre perte.

» Ces considérations, jointes à l'intelligence toute particulière, indispensable pour combiner les

» moyens compliqués et difliciles de s'introduire » ici pendant la nuit en franchissant tant d'ob- » stacles, et l'audace de l'exécution, tout, en un » mot, nous confirme dans cette pensée, qu'au » moins Tun des trois individus désignés fait partie » des auteurs du vol. »

Il va sans dire que je donnai Tordre de les rechercher de suite avec toute l'activité possible , et de mettre tout en œuvre pour les découvrir.

Le même jour on me rendit compte que , par le plus grand des hasards , Etienne Fossard venait d'être arrêté. C'était dans tous les cas une importante capture, puisque cet homme, ainsi que je l'ai dit, était condamné aux travaux forcés à perpétuité ; mais , dans la circonstance , son arrestation avait un immense degré d'intérêt.

Fossard circulait tranquillement dans Paris, lorsqu'il fut rencontré par Coco Lacouty ancien chef de la brigade de sûreté , qui depuis trois ans n'appartenait plus à la préfecture. Quoique devenu étranger à la police. Coco Lacour se souvint de son ancienne profession : il remarqua Fossard sans le reconnaître; il fut frappé de quelques traits de ressemblance avec un criminel qu'il avait arrêté autrefois. Guidé par une inspiration subite , il suivit Fossard, et en passant devant un corps-degarde le fit arrêter pour éclaircir ses doutes. La manière embarrassée dont Fossard répondit aux

questions, et le refus d'indiquer son domicile , mo* tivérent son arrestation. Il fut bientôt amené , tou* jours sans qu'on pût savoir qui il était, au dépôt de la Préfecture de police. Là d'anciens agens^ le reconnurent, et l'on se hâta de m'en donner avis.

La présence à Paris de cet habile Toleur changea jH'esque en certitude l'opinion émise sur sa coopé* ration au vol des médailles. J'enroyai auprès de lui M. Lecrosnier, chef de dtvision à la Préfecture, qui m'avait accompagné dans ma visite à la Bibliothèque ; nous nous flattions déjà de l'espoir de tenir à la fois et le coupable et les objets volés ; nnis il n'en a pas été tout*à-&it ainsi.

J^avais recommandé d'interroger cet homme avec toute l'adresse, toutes les précautions convenables^ pour en tirer quelque lumière. Fossard nia tout : on eut beau lui faire observer qu'un aveu ne pouvant pas le compromettre davantage , puisque sonir avenir était à jamais perdu, il déclara avec fer* meilé qu'il était étranger à ce crime, ajoutant que, s'il y avait participé, il l'afvouerait franchement* Je fis réitérer pendant dkx jours consécutif» les mêmes instances auprès de lui ; sa réponse fut tou« josTS la même.

Mais cette persistance à nier n'efiaçait pas mes pFesaentimens : stimulé par le désir de retrouver les objets enlevés, dont la valeur nominale excédait un milUon , quoique la valeur intrinsèque ne s'é«-

MÉMOIRES DB M. GISQUBT. Mi

levât pas à plus de deux cent vingt mille francs, je fis offrir à Fossard une forte récompense pécu-* niaire ; j'y ajoutai plus tard la promesse d'une commutation de peine , s'il voulait dire la vérité et me reoiettre en possession des médailles. Ce malheuceux resta inébranlable dans son système de dénégation : il ajoutait même à ses réponses, avec toute l'astuce d'un hypocrite profond , des remerciemens pour mes offres , et l'assurance du désir qu'il aurait de me rendre ce bon office, même sans intérêt , ai la chose était en son pouvoir.

Désespérant de rien obtenir de ce côté , je donnai l'ordre d'envoyer Fossard à Bicêtre, pour être atta^ ché à la première chaine destinée au bagne de Brest; mais je prescrivis une surveillance de tous les inr stans, pour éviter une nouvelle évasion de cet au-dacieux malfaiteur, et pour surprendre, s'il était possible , quelques indices utiles à la recherche des médailles.

Fossard resta plusieurs mois à Bicêtre : rien^ absolument rien^ ne trahit sa culpabilité à ce sujet* Il partit donc poiu* Brest avec le premier convoi j^ il paraissait tellement pauvre et malheureux au moment du départ, que les condamnés faisant par-« tie de la même chaine firent entre eux une collecte pour lui fournir un pantalon et des sabots.

Peu de jours après, je fus informé par des ag^n» seci£t& q^e Fossard avait écrit deux lettres en lan-

gage des voleurs, adressées à deux de ses amis, par lesquelles, il leur recommandait de lui faire parvenir à Brest une somme de vingt-cinq mille francs. Dans Tune de ces lettres, il communiquait des renseignemens sur la manière dont il fallait s'y prendre pour consommer un vol dans une église désignée par lui : il en fixait l'époque à une date de deux à trois mois , et promettait de s'y trouver.

De telles informations rendirent la surveillance dont ce criminel était l'objet assez active pour que son évasion devînt impossible.

Dans cesenti'efaites, c'est-à-dire vers le mois de juin 1832, j'appris, par une lettre confidentielle, que Fossard ainsi que Drouillet avaient des rapports intimes avec une certaine dame nommée la vicomtesse de NaySj qui , disait-on , recevait de ces voleurs une somme annuelle de six à dix mille francs.

Cette nouvelle me causa peu de surprise, par les motifs qu'on va lire. Madame de Nays était venue quelquefois à la Préfecture pour recommander de nombreux protégés : elle s'annonçait avec des manières du meilleur ton , comme ayant un libre accès auprès de MM. Barthe, Montalivet, Delaborde, et beaucoup d'autres personnages d'un rang élevé, qu'elle désignait sous leurs noms seuls, ainsi qu'aurait pu le faire tout au plus quelqu'un admis dans leur intimité.

La vicomtesse de Nays semblait, à l'entendre,

MÉMOIBBS DE M. GISQUBT. 313

ne s'occuper que de bonnes œuvres : elle prenait sous son patronage des familles honnêtes et malheureuses ; elle ne demandait des emplois que pour les hommes les plus capables y les plus dignes de confiance ; la charité de son âme allait jusqu'à vouloir porter des consolations et des secours aux infortunés atteints par la justice , qui gémissaient dans les prisons; elle voulait améliorer leur triste condition , et je crois qu'en effet elle était parvenue à faire commuer la peine de quelques grands coupables.

Cette dame, passablement minaudière y sur le compte de laquelle je ne me crois pas obligé à une grande réserve , puisque la plupart de ces détails ont paru dans les journaux j a essayé de me jouer un assez mauvais tour, qui aurait pu faire rire à mes dépens si je n'avais pas évité le piège.

Elle arrive un jour dans mon cabinet et me dit : « Monsieur le préfet , je viens solliciter auprès de » vous une grande faveur, et je vous crois trop gra- » eieux, trop aimable pour me refuser. MM. Au- )) gustin Périer, Montalivet, Delaborde, et plusieurs )) autres de vos amis, m'ont promis d'accepter mon » invitation pour la semaine prochaine ; le jour » n'est pas encore fixé , et je viens prendre le vôtre, » persuadée que vous ne refuserez pas de diner » chez moi avec ces messieurs, qui d'ailleurs comp- » tent sur vous. »

J'étais kdn esHXvee de sou{)e<miier le rôk qu.eUe jouait; mais, ne la eoimaïasant cfHe pour ravoû* reçue comiBe aoUicitaïae ^^ et la présuuiatvi déjà quelque peu întpigante> je refusai tout net, ea OL excuâant sur me& oocupaUoitt.

Le lendemain , ue trouyanl avec M. Âugusiio Férier, jl^ lui parlai daœtte iavitation., en demaur dttil &'il étak yrai qu'il eut auiorisé madame de Naya à me la £uce|^f& j'aj^ris que eette dame ne lui était pas m/katà connue. Pcnnt de doute qu'il n'en fût ainsi à l'égard des autres personnes désir gnées par eUs.

Je n'ai, pu n'empêcher de xire en pensant que , ai) pac eon^déraiion pour ces messieurs, je m'étais Bendu k l'incitation de madame de Nays , il. n'eût |iaa été impossible <^!au. lieu de se trouver en fort bonne compagnie, lepréfelde police aurait eu l'hour ntur dfi dinar avec meuieurs Drouhin^ DrouiUel et jUtcear eûBv»>e& de la même trempe.

L'on (XHopsendra que dés ce moment je fus suffisammcnl édaiié sur la manège de la vicomtesie, ^ttur qa'elle m£ débarrassât de s» visites.

Gîest peu de tempa après qa'on me la sigpala eMBme étant l'amie, de Fossaurd. Je fis surveilkr ses démarches^, ^ l'on ne tarda pa& à m'avertir cp^i'elle maàâ pris un. passepoirt pour Brest^ avec sa femme de cbambce, qui n'était autre que la femme: de Prouhin, le digne compagnon de ïossard et de

MÉMOIRES DE M. eiâQUET. SIS

Ikt>uiUfit. Madame de Nays partit; mais un de mes agcii3 ëtait placé à don insu auprès d!elle dans la diligence 9 et les inctdens que je vais raconter motivèrent son araesUticHi , lors de son arrivée à Brest, aiopt yL'clii. eût pu^se mrtire eaà rapport avec Fossard.

Le seir même de son départ de Paris , une nouvelle information m'apprit qu'une certaine quantité de médailles volées avûtété fondue, convertie en lingots f que madame de Nay& avait reçu l'un de ces lingots, d'une valeur de. quinze cents francs, pour ses fraia de voyage. En même temps, j'acquis la certitude que Drouilkt était l'un dea auteurs du vûl^ et que Fossard, horloger, (r&te du galérien, possédait une partie des médailles : tous deux fvtrent arrêtés. Drouhin , également désigné comme détenteur de quelques-uns des objets enlevés à la BiUiotlièque royale, fut aussi arrêté au moment où ilmontait dans une voilure puUk|He pour se neadie en Bourgogne. On trouva dans- sa malle dixs^tlingots d'or provenant de la fonte desmédailks* lisa débats ont constaté qa'il les^^^iieçus^e Foftsard et de Drouillet; mais ils: n!ont pas élalili la complieité de,Droulii&ikrexéetttifiA\du ecime : H m étéac^itté»

A. force de question», l'on obtint de Fosaaiidh l'horloger un aveu complet: son fràne et DnouiUei étakatles auteurs du ciâme^. dès lonsila justice put

instruire l'affaire avec des lumières certaines. De mon côté , ayant su que l'on avait fondu la moitié des objets volés , et jeté le surplus dans la Seine , auprès du pont des Tournelles, pour les soustraire aux recherches de mes agens, je fis plonger dans la partie de la rivière indiquée, et l'on retrouva à très-peu de chose près tout ce qui avait été submergé.

Des fouilles opérées simultanément dans la cave de l'horloger amenèrent aussi la découverte d'une trentaine de lingots j qui j réunis à ceux saisis sur Drouhin et chez Drouillet, représentèrent, avec le poids des médailles repêchées et le lingot donné à madame de Nays , un poids égal à celui des objets dérobés aux collections de la Bibliothèque. Il est à remarquer que les lingots formaient environ la moitié du poids total.

Je me rappelle encore avec plaisir la scène d'attendrissement qui eut lieu dans mon salon , quand M. Raoul'Rochette, venu à la Préfecture pour examiner les médailles et les objets retrouvés , reconnut quelques-uns de ceux auxquels il attachait un prix d'affection , notamment le sceau de Louis XII, le vase d'or de RenaïAd, le plateau d'argent, découvert jadis dans le Rhône , et que l'on nommait improprement le bouclier d'Annibal, la grande Mo^ saïque, des médailles d'Antiochus, etc.

Ce savant illustre baisait avec transport, avec des

larmes de joie, ces monumens de rantiquité, précieuses pages de Thisloire, qui ont une valeur inestimable pour la science.

Quant à madame de Nays, elle fut ramenée à Paris. Toute sa correspondance saisie eliez elle confirma l'existence des relations qu'on lui avait attribuées, mais ne prouva nullement sa complicité au crime. On la rendit à la liberté , et je crois devoir ne pas révéler d'autres circonstances curieuses qui la concernent. Je dirai cependant qu'il est résulté des pièces saisies à son domicile la preuve qu'elle réclamait quelquefois aux personnes à qui elle avait fait donner un emploi, et à des malfaiteurs dont elle avait fait commuer la peine, le prix du service rendu.

Pour terminer, je rappellerai qu'Etienne Fossard, Fossard l'horloger et Drouillet, ont été condamnés par arrêt de la cour d'assises , du 1 6 janvier 1833; savoir : Etienne Fossard, aux travaux forcés à perpétuité ; Drouillet, à vingt années de la même peine , et Fossard le frère , à dix années de réclusion*.

1 II est bon de noter que ces mêmes individus, Fossard et Drouillety principaux auteurs du vol des médailles, avaient été tous deux^ à une époque très rapprochée du crime, mis à la disposition de la justice ; mais, dans les premiers jours de février 1832, la chaonbre du conseil décida qu*il n*y avait pas charge suffisante, et que ces deux inculpés devaient être mis en liberté, s'ils n'étaient retenus pour autre cause. En conséquence, Drouillet avait été relaxé, et

818 MÉHOimES DE II . «I8Q17ET.

Etienne Fossard est mort an bagae de Brest ^ deux ou trois ans après cette condamnation.

Fotfard, dit BonneURotigef rimené à BieêCie poor^êlndislsi nr le bagne, par suite de ses précédentes eondamnations.

Page 1