‹ Mémoires de M. Gisquet, écrits par lui-mêmeChapitre 40 sur 67 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

« Citoyens, le moment est enfin arrivé de recon- » quérir notre existence perdue et nos droits indi- >) gnement violés.

}) Depuis bientôt deux ans, le peuple est en proie

VIS MÂMOimES DB H. C^QUST.

ti aux angoisses de la plus h4>nteu6e misère; il est M resté sans traTail^ sans pain, sans vétemens; il » n'a plus ni feu ni lieu; il est attaqué^ empri-' M sonné, assassiné. Ce n'est pas tout : Yoilà mais' n tenant que, sous le prétexte d'un fléau prélendn, D on l'empoisonne dans les hôpitaux, on l'assassiiie » dans les prisons.

» Dimanche (c'est un fait avéré ), imenuéede M mouchards, iqypelés sergens de Tille, ont fénétré M dans la prison de Sainte-Pélagie. Ces scélérats B ont &it feu sur les patriotes détenus : le brare » Jacobin, ouvrier im[»imeur, a été atteint d'im o plomb mortel. Beaucoup d'autres ont été Uessés Il plus ou moins grièvement. O honte ! 6 crimel » c'est au milieu d'une population immense que « d'aussi horribles for£ûts se c<Hnmettent impuni n ment! Juste ciel! jusques à quand tes décrets n doivent-ils çnchainer nos bras? ou ne sommes- » nous donc plus dignes de tes regards?

j> Jamais gouvernement n'a été aussi coupable, » aussi détesté ; jamais gouvernement n'a levé au- » tant d'impôts; jamais gouvernement n'avait com- » mis autant de crimes et fait autant de malheu- » reux.

» Toute industrie, tout moyen d'existence sont » perdus dans cette grande cité. Mais quel autre » excès d'infamie!,., ne provoque-t-on pas à la » révolte la classe la plus indigente du peuple, en

jntMOUES Dl M. Am^BT. KM

m ia livrant au désespoir ? Une ccxnpagnie opulente ji vient d'acquérir le mon(^>ole du nettoiement de m la capitale, ce qui enlève du pain à dix mille ci« m Aojens.

M Quel remède à tant de maux? Ce n'est pas la ■m patienoe, die est à bout; ce ne sont point les u prières, elles ne seraient point écoulées; ce ne M sont plus des émeutes insignifiantes, si &ciles à I» réprimer; c'est au moyen des armes qu'un peu- » pie gagne et maintient tout à la fois sa liberté et M sonpainl

n Des peuples sont asservis par le glaive; c'est en jt lançant la foudre, c'est le fer et le feu à la main m qu'ils abattent les tètes orgueîUeuses et réduisent « au néant leurs cmds oppresseurs!

» Que la torche, la pique, la hadie nous ouvrent m dcmc un passage a travers les <^tacles de la tym xanniel il n'y a plus de milieu... C'est eo détruim santk repaire de tous les brigands qui oonspir^at ai notre ruine, notre perte, et en purgeant la société m des monstres qui l'infestent, que le peuple pourra n après respirer un air libre et pur, et, comme m Hercule, se reposer ensuite de ses durs travaux. Ji Aux armes! aux armes! n

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