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CHAPITRE PREMIER

ConfidératioDs générale! sur la police politique. — Sa missiOM an temps de l'ancien régime, sous le directoire, sous l'empire, pendant la restauration, et depuis 1830. — Nécessité de son concours.

La police a des devoirs à remplir de deux natures distinctes.

Le premier objet de son institution est l'administration d'une partie des intérêts de la cité. Cette branche occupe de nos jours les dix-neuf ving* tiémes des employés de la Préfecture, et si le préfet de police veut y donner les soins qu'elle comporte, il ne peut y consacrer joumeUement moins de dix à douze heures de travail.

Le second objet, autrefois tréfr-accessoire, bien qu'il ne soit encore que secondaire quant à l'enw ploi du temps et à la multiplicité des travaux , est devenu, depuis quarante ans, d'une importance qui le place en première ligne; c'est assez dire qu'il s'agit des matières politiques.

k MÉMOIRES DE M. GISQUET.

On a pu voir dans l'abrégé historique , au commencement du premier volume, que jusqu'à l'époque où Louis XIV créa les lieutenans-généraux de police, la direction de cette partie des services publics avait été confiée , d'abord aux prévôts de Paris, ensuite aux lieutenans civils et criminels qui présidaient le Ghâtelet. Leurs attributions ne comprenaient que la police municipale, la police judiciaire et la question des intérêts communaux ( à l'exception de ceux placés dans les mains du prévôt des marchands ).

Mais quand l'édit de 1 667 eut institué une autorité spéciale pour la police, le chef de l'État comprit tout l'avantage qu'elle pouvait offrir dans une surveillance en matière politique.

Cependant, sous une monarchie absolue, sous un roi tel que Louis XIV, dans un temps où la nation semblait avoir fait pour toujours le sacrifice de ses libertés , où il n'existait aucune faction menaçante pour la dynastie, où l'on n'eût pas même osé mettre en question les droits illimités du souverain et l'excellence de son gouvernement, les devoirs de la police, en ce qui touche à la politique, étaient nécessairement fort circonscrits. U s'agissait de suivre le fil de quelques intrigues dans les régions supérieures où des ambitieux se disputaient la faveur du prince.

L'intérêt gouvernemental n^était pas précisément

attaché à la solution de ces débats ; il importait peu au pays que tel ou tel personnage eût la direction des afTaires, puisqu'ils procédaient tous d'après les mêmes erremens, qu'ils étaient tous les instrumens dociles de la volonté suprême.

La mission de la police à l'égard du gouvernement, pendant les règnes de Louis XIV et de Louis XV, se bornait donc à éclairer le roi sur les manœuvres de son entourage, sur la conduite des princes de sa famille, et trop souvent, comme au temps de M. de Sartine, on la faisait descendre jusqu'à scruter la vie privée des personnes admises à la cour, pour amuser le 'monarque et ses favoris par des anecdotes scandaleuses.

Sous Louis XVI, la police se renferma dans le cercle de ses attributions municipales. D'ailleurs, eût-elle été plus fortement organisée, elle ne pouvait suffire à protéger les institutions monarchiques contre le déchaînement des passions ; la séduction des idées nouvelles soulevait les masses, et rendait hostiles au pouvoir, même les hommes chargés de le défendre.

Ce n'était pas là une émeute , un complot restreint à une fraction de la population, un de ces dangers que la police est en mesure de prévenir j c'était la nation presque toute entière revendiquant ses droits, et, pour les reconquérir, brisant tous les obstacles.

Dans rintervalle écoulé entre la prise de la Bastille et l'établissement du directoire, Tadministration de la police, morcelée et momentanément confondue avec l'autorité communale créée par la ville de Paris^ ne put pas avoir un mandat bien défini en matière politique. La mobilité des pouvoirs qui présidaient aux destinées de la France ne lui permettait point de suivre des règles fixes, d'adopter un plan de conduite. Le manque d'unité, l'absence d'un chef sur qui seul aurait pesé la responsabilité, ne laissait pas aux administrateurs placés dans une position secondaire l'autorité et la force nécessaires à la bonne direction de cette partie des services.

Le comité permanent, le bureau municiptd, les «H mités révolutionnaires, la commission administrative, le bureau central, auxquels furent successivement confiées les attributions de police, depuis la suppression des lieutenans-généraux (1 5 juillet 1 789), se trouvaient dans la dépendance de la municipalité, n'avaient que peu de rapports directs avec les chefs du gouvernement , et manquaient des fonds indispensables pour subvenir aux dépenses secrètes. Dans cette situation, il leur était impossible de faire une police politique.

D'ailleurs, et surtout à l'époque de la terreur, comment la police aurait-elle accompli la tache de maintenir le bon ordre? comment aurait-elle pu sévir contre les auteurs de crimes politiques, quand

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Fautorité supérieure faisait elle-même égorger des milliers de citoyens? Ce n'était pas la vigilanoe d'un édile y le calme et Fimpartialité d'un magistrat, que Ton réclamait alors; c'était la fureur populaire et la hache du bourreau.

U est donc vrai de dire que , sous la république , VadministrcUton de la police ne s'occupait que d'affaires municipales ; et si pendant ce régime de proscriptions la délation et l'espionnage ont fait tant de victimes, c'est que le fanatisme brutal des sanS' eulottes les transformait en dénonciateurs officieux^ en pourvoyeurs de tribunaux sanguinaires.

A l'avènement du directoire, alors que l'autorité gouvernementale se résumait dans les mains de cinq directeurs, les administrations publiques reçurent «ne impulsion uniforme; l'unité d'action avait à peu près reparu : il en résulta plus d'ensemble, de régularité dans la marche des pouvoirs secondaires, une division plus intelligente, un classement plus logique des attributions.

Alors aussi , et par cela même cpie ce gouvernement avait absorbé la puissance publique, subdivisée jusque là entre tous les membres de la Convention, il présenta plus de prise aux partis, et devint Fennemi commun contre qui se réunirent tous leurs efforts. Plus le nombre des hommes en qui réside l'autorité suprême est restreint, plus ils sont exposés aux attaques des factions.

La nécessité de surveiller les ennemis du nouveau gouvernement fit sentir le besoin de rendre à la police sa mission politique, pour la mettre en position de protéger l'ordre établi.

Mais l'œuvre demeura incomplète : la police fut confiée au comité central, composé de trois membres, ce qui reproduisait une partie des inconvéniens de Ik subdivision antérieure. Une police ne peut rendre de grands services qu'autant qu^elle est dirigée par un seul homme ; on en comprendra le motif lorsque je parlerai des agens secrets.

Le consulat remédia définitivement à cette oi^nisation vicieuse en créant un préfet de police. La • surveillance dont il fut chargé à cette époque et pendant la durée de l'empire, en ce qui concernait les matières politiques, avait principalement pour objet la sûreté du chef de l'État. Le consulat et l'empire succédaient à une monarchie de quatorze siècles et à une république qui , même dans ses plus mauvais jours, avait eu des partisans fanatiques. Toute l'émigration et la plupart des républicains nourrissaient des sentimens de haine contre Thomme prodigieux dans lequel les uns voyaient un usurpateur du trône de saint Louis, et les autres un tyran spoliateur des droits du peuple.

La situation où se trouvait Tempereur offrait donc, sous ce point de vue, quelque analogie avec celle de Louis-Philippe après son élection en août

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1 830 ; toutefois avec cette différence que l'empire avait seulement deux classes d'adversaires, tandis que la monarchie de juillet comptait parmi les siens tous les hommes restés fidèles aux principes des divers gouvememens qui l'avaient précédée.

Il n'en est pas moins vrai que la police , sous l'empire, eut à déjouer bien des complots, et qu'elle rendit de nombreux services à celui qui tenait alors les rênes de l'État.

Non seulement elle devait observer les manœuvres des républicains et des royalistes , il lu) fallait aussi porter un œil scrutateur sur les dispositions de quelques chefs militaires dont l'ambition et l'influence pouvaient être à redouter. Les ennemis de l'empereur n'existaient que dans les rangs supérieurs de la population; l'ancienne noblesse, les notabilités républicaines et les généraux autrefois compagnons d'armes de Bonaparte, ne pouvant étouffer les sentimens jaloux qu'avait fait naître son élévation. C'était donc vers les sommités sociales que la police dirigeait ses investigations. Quant à la masse du peuple, on sait qu'elle était entièrement dévouée au vainqueur des Pyramides et de Marengo.

Si quelquefois Napoléon, appliquant les soins de la police secrète à une surveillance d'une moins haute portée , voulait connaître la conduite et les actions des membres de sa famille, c'était toujours dans un but moral et dans l'intérêt de leur propre

dignité ; jamais il ne la fit servir à pénétrer de mesquines intrigues, ni à découvrir les épisodes de U chronique scandaleuse, pour satisfaire une vaine curiosité.

Sous la restauration, la police eût été plus diffi* cile encore, puisque l'empire avait laissé tant de regrets, tant de glorieux souvenirs, tant de profondes affections ; mais les vieux débris de nos bataillons immortels savaient se résigner au malheur et ne savaient pas conspirer.

Ceci explique pourquoi , malgré l'aversion qu'inspiraient à la France les princes de la branche ainée, peu de machinations vraiment sérieuses fur^it ourdies contre leur domination. Le pays préparait leur chute, mais par des voies légales, parl'exer^ cice des droits consacrés dans la Charte.

N'oublions pas, au surplus, que cent cinquante mille baïonnettes étrangères étaient, pendant les premières années de la restauration , les plus redoutables auxiliaires des Bourbons et les plus énergiques instrumens de police; n'oublions pas que la législation mettait à la disposition du pouvoir des moyens extra-légaux pour paralyser les efforts des apôtres de la liberté; rappelons - nous enfin qu'une censure rigoureuse, que la sévérité des tribunaux jugeant les délits de la presse sans le conr cours du jury, que la violation du secret des lettres et d'autres moyens réprouvés, initiaient les

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agens de la restauration aux ëpanchemens de la pensée la plus intime , révélaient les opinions, les projets qui lui étaient contraires, et lui donnaiait une force de répression capable d'intimider ses adversaires les plus résolus.

Mais les progrès rapides que faisaient dans le pays les doctrines de l'opposition indépendante inspiraient de vives inquiétudes. La police avait donc pour objet de pénétrer et de déjouer les combinaisons des libéraux : cette tâche n'était pas facile, en raison du grand nombre des ennemis de la restauration, et surtout à cause de la position honorable qu'occupaient dans le pays les citoyens considérés comme les chefs du parti national.

La restauration avait encore d'autres élémens de ruine à combattre. Elle se trouvait entre deux écueils : d'une part, l'antipathie de la majorité des citoyens, et, d'autre part, les exigences de l'émigration. Ne pouvant mettre en pratique dans toutes leurs conséquences les théories du droit divin, elle 8e voyait débordée par le zèle exagéré d'un grand nombre de ses dangereux amis : la police devait donc aussi porter quelquefois son attention sur les intrigues des absolutistes; ils blâmaient, souvent avec amertume, les concessions faites aux idées du siècle, et s'efforçaient de pousser le gouvernement dans une voie de réaction.

C'est principalement sous le règne de Louis XVIII

que les partisans fougueux du pouvoir absolu et les ultramontains censuraient les actes de Tautorké, et donnaient même à leur mécontentement un caractère séditieux : ils accusaient ce prince d'être perverti par les paradoxes philosophiques. J'ai moimême entendu un ancien émigré, habitué du pavillon Marsan, dire, en exprimant la pensée de sa coterie, que Louis XVIII était un libéral et im athée.

On comprendra que la police devait exercer une surveillance assidue sur le parti qui professait de semblables opinions.

Une anecdote dont tous les détails ne me sont pas connus, et qui eut temporairement beaucoup d'influence sur la politique de Louis XVIII, se rattache à la surveillance dont je viens de parler.

Il parait que, dès l'année 1 81 6, le comte d'Artois correspondait avec de grands personnages étrangers, dans le but de changer la politique du cabinet des Tuileries; c'est sous cette influence que fut adressée aux représentans de la sainte-alliaiMe la fameuse note secrète, attribuée à M. de VitroUes. Elle engageait les puissances alliées à prolonger l'occupation, tandis que le roi, animé de sentimens français, négociait pour obtenir le départ des cent cinquante mille hommes, dont la présence dans nos places fortes était ruineuse et humiliante.

D'après ce qui m'a été assuré, ces intrigues furent révélées à M. de Gazes, alors ministre de la

police; il fit saisir des documens qui dévoilaient cette machination et prouvaient la complicité du frère du roi. Louis XVIII, dans un premier moment d'humeur, voulait, dit-on, qu'on arrêtât toutes les personnes participant à ces manœuvres. Ce fut à cette occasion que parut la célèbre ordonnance du 5 septembre 1 81 7, qui prononçait la dissolution de la chambre, modifiait le ministère dans un sens favorable aux idées libérales, et semblait devoir rapprocher le gouvernement de la ligne que lui traçait l'opinion publique.

Depuis que les grandes réformes de 89 ont permis à tous les citoyens d'intervenir dans l'examen et la solution des questions relatives à l'administration des affaires du pays, et depuis que le dogme de la souveraineté nationale a été proclamé, tous les partis ont pu tour à tour s'emparer du pouvoir suprême, ou du moins chercher à s'en emparer par la violence. Le gouvernement est comme une place de guerre assiégée et menacée chaque jour d'un assaut ; il faut donc être constamment sur le quivive, avoir l'œil toujours ouvert sur les mouvemens de l'ennemi. Dans une telle situation, la police est indispensable ; c'est la sentinelle qui veille pour le salut commun. Si l'on peut mettre en doute son utilité au temps de l'ancien régime, on ne saurait méconnaître la nécessité de son concours depuis quarante ans.

Quel que soit le pouvoir établi, il serait sans cesse exposé à des atteintes mortelles, si l'on ne veillait pas à sa conservation. Conséquemment une bonne police est devenue l'auxiliaire obligé de tout gouvernement constitué, et sa mission lui impose le devoir de pénétrer, de paralyser les projets qui peuvent mettre en péril l'existence de ce pouvoir dont elle-même fait partie.

Ainsi, la première chose que doit faire un préfet de police, c'est d'étudier la société, l'état des esprits, pour savoir où se trouve le danger, et dans quelle classe de la population sont les ennemis dont il lui faut observer les manœuvres, prévenir ou réprimer les attentats.

Chaque gouvernement a des ennemis dont l'origine et l'espèce diffèrent selon les temps, selon sa forme et selon le caractère de sa politique.

Quels étaient les adversaires de la royauté de juillet ?

J'ai déjà dit pourquoi la noblesse et le clergé déploraient la chute de la restauration ; pourquoi les classes moyennes étaient devenues les appuis du nouvel ordre de choses, et pourquoi les rangs inférieurs de la société étaient hostiles.

J'ai dit aussi qu'il exisait un parti qui voulait reconstituer Tempire dans la personne du duc de Reischladt; mais les élémens dont il se composait

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se sont fondus dans Topinion républicaine, lors de la mort prématurée du fils de Napoléon.

C'était donc aux deux extrémités de l'échelle 80ciale, parmi les sommités et dans la classe infime^ que fermentait la haine et s'ourdissaient les machinations.

Investi du pouvoir qui m'imposait l'obligation de surveiller et d'atteindre les ennemis de l'État, je savais du moins de quels points viendraient les attaques; mais qu'on n'oublie pas combien d'autres écueils environnaient la situation.

Une fièvre ardente agitait les esprits ; un penchant effiréné pour la nouveauté produisait incessamment la licence ; toutes les voies semblaient bonnes aux novateurs : la presse, les associations, le théâtre, les émotions de la rue, les hérésies religieuses, tout devenait sous leurs mains des moyens d'opposition, des élémens d'anarchie.

Je me suis rendu compte de cet état de choses, et je crois l'avoir apprécié sous son véritable aspect.

Les entraves qui embarrassaient la marche de l'administration, les dangers qui menaçaient l'existence dû gouvernement, n'étaient pas tous de même nature, n'avaient pas tous la même gravité. U était essentiel de les bien distinguer, de les peser, pour opposer à chacun d'eux une force suffisante de résistance.

Beaucoup de ces élémens, oontraires au bon or-

dre, n'exigeaient pas une répression énergique; Taction du temps, le bon sens public et l'influence inoffensive de l'autorité devaient, à la longue, en triompher.

Pour ceux-là, je n'avais qu'à suivre une marche toujours uniforme, toujours d'accord avec la droite raison. Ce qui importait avant tout, c'était de combattre les dangers d'actualité, ceux qui n'admettaient aucun retard, aucun ménagement. D'où pouvaient venir ces dangers ? De la partie la moins éclairée des citoyens, de ces hommes sans consistance et presque sans domicile, dans la pensée desquels les réformes obtenues après la victoire de juillet devaient aller jusqu'à une révolution sociale. Us avaient espéré recueillir des avantages matériels, et les réclamaient avec menace du gouvernement, coupable à leurs yeux d'avoir empêché le bouleversement qu'ils souhaitaient.

Là était l'ennemi que la police ne devait pas perdre un seul instant de vue ,• là le péril. Ces hommes formaient comme une espèce de pépinière de combattans prêts à se mettre à la disposition de tous les partis.

Il n'était pas indifférent sans doute que Ton ourdît des trames, qu'on excitât les mauvaises passions dans les classes supérieures; mais, sans négliger aucune des investigations utiles à l'État, qui pouvaient lui faire connaître les combinaisons de ses

ennemis de tous les rangs, j'ai compris la nécessité encore plus impérieuse de diriger mes soins vers cette catégorie d'individus dont j'ai parlé, parce que c'était là que les conspirateurs, quels qu'ils fussent, devaient venir en définitive et venaient réellement chercher les instrumens dont ils voulaient se servir.

Je n'aurais pu que difficilement pénétrer dans la pensée des chefs d'un complot si je m'étais borné à diriger parmi eux les agens de ma police secrète. L'art de conspirer s'est perfectionné comme tout autre; des hommes courageux qui se connaissent bien, qui sont capables de combiner ensemble [la ruine du pouvoir, ont mille moyens de se commu* niquer leurs pensées, de se comprendre, sans laisser de traces matérielles; et lorsqu'un petit nombre de conjurés sont initiés aux secrets d'une conspiration, leur réserve, dictée par la prudence , rendrait souvent inutiles tous les efforts de la police pour pénétrer les projets.

Mais ils ne peuvent agir avec autant de mystère

quand ils vont recruter leiu^s complices de bas étage:

alors la multitude des démarches, des confidenceS|

fournit plusr de ressources pour arriver à la décou*

verte de la vérité; si jusque là j'étais resté dans

l'ignorance de leurs intentions^ ce qui pourtant

m'est rarement arrivé, il me devenait beaucoup plus

facile de surveiller leurs intrigues quand ils venaient

remuer les passions de la foule pour faire agir, n. s

Ift DiÉMOIBES BE M. GISQUfiT.

^ Quels que fussent Les factieux qui conspiraîeni contre la royauté de juillet, puisqu'il leur fallait des soldats pris dans la dernière classe du peuple,, j'avais du adopter, comme le meilleur système, une siweillance attentive et continuelle de cette classe d'individus, certain d'y rencontrer, avant qu'ib pussent agir^ les ennemis d'un rang jlu& élevé, et toutefois» sans perdre de vue les autres adversaires de la nouvelle dynastie*.

Aucun des goiivernemens qui l'avaient précédée 9e comptait autant de partis hostiles; jamais les fiKtions n'avaient eu plus de facilité à convertie leurs doctrines en actes,, et jamais le pouvoir n'avait eu moins de force de répression dans l'applitttion des lois. Il fallait que le dévouement et la fermeté suppléassent à tout.

En résumé, le gouvernement de Loais4^hilippe se voyait forcé de combattre sans cesse les hcmunes d'action mis en œuvre par les républicains, les lél^itimistes, et momentanément par les bonapartistes. IL y avait à déjouer les intrigues moins menaçantes^ mais à la longue non moins funestes, d'une partie du clergé, d'une partie de la noblesse, et à paraLysctt les tentatives multipliées des novateurs, tendant lk corrompre l'opinioni à pervertir nos institutions eûrileSj politiques, religjbeuses, et à démolir enfin laul l'édifice sociaL

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