‹ Memoires de m. le Comte De Vaublanc avec avantpropos et notesChapitre 4 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Saint-Domingue. — Arrivée en France.

J’ai souvent, dans mes loisirs, cultivé l’art attachant de la peinture ; dans mes proscriptions il a fait mes délices ; ma vue me force à m’en priver. Des Mémoires fondés sur des souvenirs ont l’avantage d’ôccuper l’esprit sans le fatiguer.

Si je parle de mon enfance et de ma première jeunesse, c’est uniquement afin de présenter, sur l’éducation , quelques observations qui peuvent être utiles.

Mon père, après la fameuse retraite de Prague, se rendit à Saint-Domingue avec le comte de Belzunce , qui venait d’en être nommé gouverneur. 11 commandait la province de l’Ouest lorsqu’il se maria. Quand il quitta la colonie, je n’avais que sept ans. Je n’y avais rien appris ; je ne connaissais pas même les lettres de l’alphabet. Dès que je pus me tenir sur la selle, mon père me donna un petit cheval. Les petits chevaux de ce pays, de race espagnole, étaient excellents et pleins d’ardeur. Ils mangeaient beaucoup de gros sirop , dans lequel on mettait des cannes à sucre dont le suc était exprimé. C’était à cette nourriture qu’ils devaient leur force et leur vivacité , et l’on remar- » quait que, lorsqu’un cheval, élevé sur une sucrerie, était vendu

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