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Ce qui en subsiste sert aujourd'hui de prison

4. L'année qui précéda celle du voyage de Perrault à Bordeaux, l'église

n'a qu'une nef sans piliers et sans ailes, et qu'elle est fort large, ayant 7 toises et demie ; mais il y a des arcsboutants en dehors. Le chœur, qui est fort obscur, de même que la moitié de la nef, qui est proche du chœur, est plus étroit que la nef, ce qui fait un fort mauvais effet, principalement aux voûtes de la croisée. L'obscurité de cette églisevientde ce que la moitié des fenêtres sont murées pour épargner les vitres. Les

principales entrées sont parla croisée.

Aux deux côtés de la porte de main gauche , il y a deux pointes en forme de clochers qui sont fort hautes. Les cloches sont dans une tour séparée de l'église, qui est fort bien bâtie et couverte de pierre. La plus grosse cloche de la ville, qui ne l'est pas beaucoup, est sur le portail de l'hôtel de ville. Elle est des meilleures que j'aie jamais entendues ; on dit qu'elle est moitié d'argent. Elle ne sert pas seulement d'horloge, mais on la sonne quand on se doit assembler à l'hôtel de ville et sur le point qu'on doit conclure quelque chose d'important. On la sonne aussi tous les soirs sur les sept heures.

Saint-André avait fait l'objet d'une importante publication : L'église métropolitaine et primatiale Saint-André de Bourdeaux . .. par M. M. HiérosmeLopès, chanoine théologal de cette église... (Bordeaux, Lacourt, 1668. in-40). C'est à cet ouvrage qu'il convient de se reporter pour éclairer et contrôler les assertions de Perrault. Une réédition annotée et complétée en a été donnée par M. l'abbé Callen (Bordeaux, 1882-1884, 2 vol. in-8°).

VOYAGE A BORDEAUX (1669) i83

Les piliers de Tutèle. — Après dîner nous fûmes voir un édifice fort antique, qu'on appelle les piliers de Tutèle1. Il est au milieu de la ville ; on y entre par un cabaret à qui cet édifice sert de jardin. Il y a un stylobate continu haut environ de onze pieds, compris sa base et sa corniche. Ce stylobate en soutient un second pareil, sur lequel des colonnes

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disposées selon le ^ genre pycnostyle 3 sont posées. Ces M colonnes, qui ont quatre pieds et demi /g de diamètre, sont composées de plu- ^ sieurs tambours de deux pieds de hau- ^ teur, d'une belle et bonne pierre . Les jointures des tam- ^ bours sont si serrées qu'on ne peut y in- ^ troduire la pointe d'un couteau. Ces €1 colonnes étoient au

nombre de 24, mais il y en a 7 qui manquent. Elias Vinet, qui a commenté Ausone, il y a cent ans, dit que de son temps il n'y en manquait que six, et il paroît par la figure qu'il a mise dans son livre que celle qui est marquée A est tombée depuis ce temps-là2. Celles qui

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