LE LOUVRE
Charles Perrault rapporte aussi dans le premier volume manuscrit dont nous venons de parler « que, dans ce temps,
BM APPENDICES
Sébastien Serlio, architecte Italien, vint en France, et que le Roi lui ordonna de faire un dessein pour le Louvre; ce qu'il fit avec une sorte de succès : mais que néanmoins celui de Pierre Lescot, Parisien, abbé de Clagny, fut préféré et exécuté tel qu'on le voit aujourd'hui, avec l'applaudissement unanime des citoyens et des étrangers. On peut remarquer, dit-il, que la môme chose est arrivée sous le règne de Louis XIV. Ce monarque, ayant résolu de faire continuer le bâtiment du Louvre, et d'y ajouter une façade digne de ce qui était déjà fait, et, s'il se pouvait, proportionnée à la grandeur de son règne, lit venir de Rome le cavalier Bernin, célèbre architecte, pour y travailler. Cependant le dessein de Perrault, aussi Parisien, mérita la préférence, et a été exécuté avec un succès qui égale ce que les Grecs et les Romains ont fait élever de plus grand et de plus somptueux en édifice. »
Après avoir rapporté dans les notes précédentes les principaux traits historiques que nos écrivains nous ont laissé sur le Louvre, nous allons continuer de donner dans cette description une partie de ce que Charles Perrault en a dit d'après Claude Perrault, son frère, dans les deux volumes manuscrits déjà cités, et nous y ferons quelques remarques, selon que l'occasion paraîtra l'exiger.
La situation du Louvre, dit cet écrivain, « est très belle et très avantageuse ; il est bâti sur le bord de la Seine, à l'endroit où toutes ses eaux, après avoir été séparées en plusieurs bras par les îles qu'elles forment, se réunissent en un large canal, fort droit, et long d'une grande demi-lieue; du bord de ce canal on découvre des aspects très agréables, tant du côté de la campagne, d'où l'on aperçoit les beaux coteaux de Chaillot et de Meudon, que du côté de la ville, d'où l'on voit les édifices du Pont-Neuf, de la place Dauphine, les tours de l'ancien Palais, celles de l'église Xotre- Dame, et tout ce qui borde les quais des deux canaux. Au delà du fleuve est le magnifique bâtiment du Collège des Quatre-Nations, qui forme une grande place en tour creuse, dans le fond de laquelle est le portail de l'église de ce Coliège, couronné d'un dôme très agréable, et tout le monument enrichi des plus beaux ornements de l'architecture et de la sculpture. A l'endroit de ce large canal, qui