‹ Mémoires de ma vieChapitre 34 sur 44 · J.-F. Blondel, t. IV, planche VII · texte numérisé non relu

J.-F. Blondel, t. IV, planche VII

1. Ces suppressions sont le fait de J.-F. Blondel, qui a trouvé le texte de

aa8 APPENDICES

a 3o pieds de haut; au-dessus de ces ailes sont les deux péristyles, ayant chacun i4 colonnes; ces colonnes sont corinthiennes et isolées...

« Les plafonds de ces péristyles sont construits do pierres toutes plates entre les architraves, qui comme des poutres de pierre passent des colonnes aux pilastres ; ouvrage dont la hardiesse n'a pas d'exemple, ni dans l'architecture ancienne, ni dans la moderne.

« Le dessus de ces portiques est couvert de grandes pierres en terrasses. Pour aller d'une terrasse à l'autre, on passe sur le fronton de l'avant-corps du milieu, couvert de marches ; la cimaise supérieure de la corniche de ce fronton est d'une seule pierre de chaque côté, dont chacune a 52 pieds de long, 8 de large et 18 pouces d'épaisseur : au haut de l'avant-corps du milieu, il y a un grand réservoir où les eaux du ciel s'amassent et se déchargent, quand le réservoir est plein, dans une espèce de puits pratiqué dans l'épaisseur du mur, par le moyen d'un gros tuyau de plomb affermi par des barres de fer, qui forment comme un escalier pour visiter et réparer le tuyau quand il en est besoin. Les eaux amassées dans ce réservoir sont pour servir en cas d'incendie. Par le moyen de ce puits on n'a plus besoin de gouttières ni de descentes qui ruinent et qui défigurent les bâtiments.

« Les trois autres faces extérieures de ce bâtiment qui environnent la grande cour ont aussi chacune deux pavillons aux encoignures, et un avant-corps au milieu. Celle qui regarde la rivière est de même ordonnance que la précédente, à la réserve qu'il n'y a que des pilastres, et que ces pilastres ne sont pas accouplés, afin que les trumeaux ne soient pas trop grands. Les deux autres sont simples, et ont seulement la même corniche de l'entablement, et les mêmes ornements aux chambranles des croisées.

« Le dedans de la cour est plus enrichi d'ornements; car chaque étage a son ordre, celui d'en bas est corinthien, le second composite italien, et le troisième doit être composite français.

Perrault « obscur en certains endroits », et remarqué, à la vérification, que les mesures n'étaient pas suffisamment exactes.

LA COUR DU LOUVRE aag

« Comme ' il y aura lieu de faire un grand nombre de beaux appartements dans toute l'étendue du grand dessein du Louvre, je proposai à M. Colbert d'en faire à la manière de toutes les nations célèbres qui sont au monde, à l'italienne, à l'allemande, à la turque, à la persane, à la manière du Mogol, du roi de Siam, de la Chine, etc. ; non seulement à cause de la beauté que causerait cette diversité si curieuse et si étrange, mais afin que, quand il viendrait des ambassadeurs de tous ces pays-là, ils pussent dire que la France est comme l'abrégé du monde, et qu'ils se retrouvassent en quelque façon chez eux, après s'en être éloignés de tant de lieues. Il trouva cette pensée digne d'être exécutée; comme aussi une autre idée à peu près semblable, que le Roi eut, dans ses divertissements, des danses et de la musique telles qu'on en donne au Grand Seigneur, au Sophi, au Mogol, au roi de la Chine, etc. Dans cette vue M. de La Croix, que M. Colbert avait envoyé dans tous ces pays-là pour y apprendre les langues 2, en avait apporté quantité d'instructions et d'aventures, avec les instruments particuliers à ces peuples : ce qui aurait sans doute eu lieu, si ce palais immense avait reçu son entière perfection. »

Jacques-François Blondel, Architecture françoise, t. IV (1756), p. 9.

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