À TT
mait guère, et lui tenant tout un discours qui devait être bien éloquent, car il plaidait pour ne pas donner ses écus, mais dont il était impossible d'entendre une parole.
— Écoutez, lui dit enfin le dentiste, il faut que vous payiez ce que tout le monde paye. Vous êtes encore bien heureux que je ne vous impose pas et pour votre nom et pour la tromperie que vous m'avez faite. Vous me donnerez les cent guinées. Allons, ne faites pas l’enfant, résignez-vous de bonne grâce et qu'il n’en soit plus question.
Le pauvre vieillard, qui était vraiment à plaindre de se trouver dans cette rude position, car pour lui c'était une agonie positive que cette contribution inattendue, fit entendre un gémissement pour toute réponse et se mit dans le grand fauteuil :
— Un moment, lui dit le dentiste, veuillez avoir la bonté de me donner votre parole — elle me suffit — que vous voudrez bien me faire compter les soixante-quinze guinées qui restent à acquitter sur mon travail et puis nous commencerons à l'instant.
Le pauvre avare donna cette parole, tout en enrageant, et le dentiste lui arrangea ensuite ses deux mâchoires avec le talent qui le distinguait. Je crois qu'il ne lui pardonna pas, au moins de longtemps. Quant à l'artiste, il donna les soixante-quinze guinées qu'il avait tirées de lui, à de pauvres familles fran çaises émigrées,