‹ Mémoires de Madame la duchesse d'Abrantès (volume 2)Chapitre 27 sur 72 · VL · texte numérisé non relu

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de conduite et continua à exercer sur le marquis et la marquise d’Alorna un empire absolu.

J'étais alors à Lisbonne. J'avais été frappée, en allant voir la marquise, de la beauté de ses deux fils, le jeune comte d’Assumar et don Miguel. Ils étaient encore enfants. L'ainé n'avait pas douze ans. Il fut attaqué d’une fièvre maligne et le pauvre enfant fut emporté en peu de jours par la maladie.

Le marquis adorait son fils. Cette perte le frappa au cœur. Malgré la consolation que lui présentait l'autre, 1l fut longtemps sans pouvoir entendre prononcer le nom de l'héritier de sa maison, de cet enfant qui, dans un âge si peu avancé, annonçait tant de dispositions heureuses. Il était pieux. Il demanda des secours spirituels à la religion, mais, au lieu de verser du baume sur sa plaie, on la lui agrandit et on la rendit plus cuisante. Le marquis, poursuivi par des images effrayantes que provoquaient des austérités sans but et sans légitime cause, en vint au point de croire qu’il avait souvent des entretiens avec les morts et surtout avec Notre-Dame. Ces visions ne prenaient, au reste, aucunement sur son esprit, car je l’ai connu à Lisbonne lorsqu'il était ainsi obsédé, à ce que me dit M. d’Araujo, et certes, on ne pouvait s’en apercevoir.

J'ai déjà dit qu'il était en disgräce à la cour de Lisbonne et retiré avec sa famille à Villaviciosa. Là, il passait ses journées à prier Dieu, à jouer aux échecs et à expliquer des présages.

Un jour, c'était vers le soir, la marquise était assise auprès du lit de Miguel, le seul enfant qui lui restêt. Il était un peu enrhumé, et, dans sa sollicitude maternelle, elle le contraignait à prendre du

repos en dépit de la volonté de l'enfant qui voulait jouer. |

— Il faut boire votre tisane au lieu de courir, Miguel, lui dit la marquise.

Et elle appela une de ses femmes, mais personne ne vint. Elle appela encore. Pas de réponse. Cependant, comme toutes les grandes dames portugaises, elle avait quinze ou vingt femmes autour d’elle. Impatientée, elle se lève, sort de sa chambre. Mais toutes les galeries, toutes les salles sont désertes. Les pages, les écuyers, les duègnes, les caméristes, tout est dans la cour autour d’un homme d’une figure remarquable, revêtu de l’uniforme de la légion d’Alorna et qui dit à chacun sa bonne aventure ou, pour parler plus juste selon le langage du pays, qui leur fait des prédictions. La marquise était, au moins, aussi superstitieuse que son mari. En voyant cet homme rendre des oracles au milieu de ses domestiques, elle crut apercevoir un être d'une condition supérieure, un de ces êtres capables de commander aux éléments et de lire dans l'avenir. Elle fit prévenir le marquis. En apprenant qu'il y avait dans sa maison un individu tel qu’on le lui dépeignait, le marquis, par une bizarrerie qui tenait déjà de la folie, commença par remercier Dieu, puis se hâta d’accourir et commanda que cet homme lui fût amené.

En entendant cet ordre qui n'admettait aucun délai, l’homme aux prédictions comprit à l'instant ce qu'il pouvait espérer et tenter, car 11 connaissait et l’intérieur de cette famille et l'esprit du marquis et de la marquise. Introduit dans le cabinet particulier du marquis, il eut soin de donner à son visage, à sa parole, à tout son ensemble, un aspect capable de faire

croiré à tout ce qu'il allait dire. Que dira-til? I l'ignore encore. Ce qu'il sait, ce qu'il connait, c’est la crédulité superstitieuse de la famille entière au milieu de laquelle il est. Il avait appris d'étranges chosés sur le marquis et dès lors son plan fut fait, Il se prépara eh ce momiént uné victime, qui n’a jamais cessé de l'être dès l'instant où le marquis écouta éët homme, envoyé par lenfer sur $a route én ce monde. {l Jui parla longtemps. En sortant de cet entretien, il lé conduisit chez la marquise.

— Vous pouvez le questionner, lui dit-il, il vous répondra.

La marquise lui fit des demandes, auxquelles il répondit én effet dé nranière à lever tous les doutes, si céux qui l'écoutäient en avaient conservé. Mais biéntôt il né voulut plus parler.

__ — Je né suis pas venu à Villaviciosa pour rémplir

les hautes fonctions dont je suis chargé sur la terre, dit-il avec une expression de retenue assez étrange, On m'a ordonné Fair natal. Je suis Gastillan. En pas sant près de votre demeure, mon colonel, je n'ai pu résister au désir de vous voir, de vous entendre, car rious sommes unis lun à l’autre, voyez-vous, par une chaîne indestructible.

Lôin d’être étorinés par ce style bizarre et figuré, le marquis et sa femme y trouvèrent une cause de confiance.

— Venñëéz avec mot, lui dit M*° d’Alorna.

Et, le preriant par la main, elle l’entraîna dans une piècé voisitie ; c'était éelle où son fils était couché sur an lit de répos.

= Voyéz-vous cet enfant, dit la marquise? Il faut l'éxaminér et me dire quel sera son sort.

L’'Espagnol parut effrayé, secoua la tête, regarda l'enfant longtemps sans parler, puis déclara qu'il ne voulait rien dire.

— Pour quelle raison ne voulez-vous pas parler sur son avenir ? dit la pauvre mère tout alarmée, Vous en avez trop dit maintenant pour vous taire. Monsieur, par pitié, dites-moi ce que vous prévoyez pour mon fils ?

-— Il est inutile de me presser. Je ne parlerai pas. Oh ! pourquoi suis-je entré dans cette maison !

Le marquis fut effrayé comme sa femme.

— I] faut que vous parliez, dit-il à l'Espagnol ? Que veut dire votre obstination? Quel sera le sort de cet enfant ?

Miguel s'était réveillé en entendant parler autour de son lit, 11 se mit sur son séant et tenant ses beaux grands yeux bleu-violet attachés sur le Castillan, il semblait lui-même provoquer le malheureux à prononcer son arrêt. Ses boucles blondes et soyveuses tombaient de chaque côté de son visage et encadrajent ses joues blanches et roses. Il ressemblait alors parfaitement au beau portrait que Pellegrini avait fait de lui et de son pauvre frère le comte d’Assumar.

— Non, dit enfin l'Espagnol, vainçeu peut-être par l'aspect angélique de cette charmante créature, je ne veux pas parler sur le destin de cet enfant. Il est trop affreux.

— Ah! s’éerja la marquise en s’élançant au-devant de lui, maintenant, monsieur, vous parlerez, vous en avez trop dit pour ne pas achever.

— Eh bien, vous le voulez, dit l'Espagnol. Sachez donc l'avenir de votre enfant... Cet avenir, il sera bien court, car son bonheur est attaché à ee qu'il

passe ses neuf années, c’est-à-dire le jour où il les accomplira. Mais ce jour sera funeste et tous vos efforts, tous vos soins, ne pourront détourner peutêtre de ce moment les malheurs qui se préparent. D'ici là je prierai Dieu pour vous... et pour lui!

Après avoir fait cette prédiction d’un ton solennel, cet homme s'éloigne. Le père et la mère, consternés par ces paroles sinistres, se rapprochent de l’en fant, qui, lui-même effrayé, se jette dans les bras de sa mère en fondant en larmes.

Miguel avait alors huit ans et quatre mois. Il en restait donc encore huit à parcourir pour atteindre le terme fatal. Dès le lendemain, un système de conduite fut suivi pour que la süreté de l'enfant fût sans cesse à l'abri de tout événement. Un valet de chambre de confiance et un nègre brésilien furent tous deux adjoints au précepteur du jeune comte, avec l’ordre de ne jamais le perdre de vue, même pendant son sommeil. C’est ‘ainsi que s’écoulèrent les huit mois fixés par l'Espagnol. Rien ne parut devoir inquiéter la famille. On était réuni à Villaviciosa. Heureux de pouvoir enfin entrevoir le jour où son fils n'aurait plus rien à redouter, le marquis, tout à fait rassuré, envoya plus de deux cents invitations à tous les nobles de la province et voulut donner une grande et belle fète le lendemain au gouvernement, pour célébrer le jour des années de Miguel.

Le lendemain matin 1l faisait un temps admirable. Le marquis se leva de bonne heure. Il descendit dans le salon commun et fit demander M. Cailhet de Geisne, ancien officier de cavalerie au service de France et émigré en Portugal depuis le premier départ de la noblesse de France. Il avait été accueilli par la famille

d’Alorna, dont il était l'ami. Il était alors ce qu'il est toujours, un homme parfaitement comme il faut, fort aimable et attaché à ses amis. En abordant le marquis il le vit triste et préoccupé.

— Eh quoi! lui dit-il, pouvez-vous encore songer aux rêveries de cet homme, que j'aurais fait sévèrement punir si j'eusse été à votre place, au lieu de lui donner une bourse pleine d’or?

— Je ne puis m'en défendre, répondit le marquis, j'ai une sorte de malaise que toute ma raison ne peut détruire. Je donnerais dix années de ma vie pour que cette journée fût écoulée.

— Allons, elle s’écoulera tout joyeusement, et ce soir vous-même serez honteux, mon ami, de l’absurdité de vos craintes. Mais, tenez, voici qui va les dissiper entièrement. |

C'était Miguel qui venait saluer son père, lui donner le baiser du matin et lui demander sa bénédiction. Le père le regarda un momentet, le prenant dans ses bras, il l’embrassa avec une tendresse mêlée d’émotion. Miguel avait mis ce même matin, pour la première fois, l'uniforme de la légion d’Alorna, dont son père était colonel. Cet uniforme, tout à fait copié sur le modèle de l'uniforme anglais, était fort gracieux. Il était bleu-clair et or, avec les parements en velours noir. Le casque était comme celui des chevau-légers anglais. L'enfant venait de mettre son uniforme pour la première fois, et son jeune cœur bondissait de joie.

— Où donc est ma mère? demanda-t-il après avoir embrassé son père et tout impatient de se faire voir à elle.

— Elle dort encore, lui dit le marquis, va te premener dans le parc en attendant son réveil. Moi, je

me sens un peu paresseux et je vais faire une partie d'échecs avec Caïlhet.

L'enfant s’en fut tout joyeux, suivi de son valet de chambre et surtout du nègre, qui ne le quittait jamais

— Quel adorable enfant! dit Caïlhet en voyant s'éloigner Miguel, dont le frais visage était frappé du soleil levant et resplendissait de fraicheur et de grâces. Quelle aimable créature ! Combien vous devez jouir du bonheur d’être son père!

Le marquis serra la main de son ami sans lui répondre. Il était tellement ému qu’il ne pouvait parler. Ses yeux étaient humides. Il était oppressé.

— Faisons notre partie, dit-1l enfin. Je crois que ce matin vous aurez bon marché de moi. Allons, rangeons nos pièces.

Les deux amis s’établirent à la table sur laquelle était l'échiquier et commencèrent leur partie. Mais, après avoir joué quelques coups, le marquis s'arrêta et, passant une main sur son front :

— Je me sens mal, dit-il; je ne sais! ce que j'éprouve, mais je suis au moment de défaillir.…

Et il repoussait l’échiquier.

— $i nous allions retrouver Miguel, dit-il au co- Jonel Cailhet. I me semble qu'il tarde beaucoup à rentrer...

— Quelle idée! Il y a à peine une demi-heure que cet enfant est parti. Mais c'est égal, 11 fait beau, prenez votre chapeau et nous irons au-devant de lui.

1 Tout ce qui a rapport au miracle d'horreur raconté dans cette histoire n’est nullement inventé. Le fait est arriyé tel que je le raconte, au fils du marquis d’Alorna lui-même et à cette

époque.

Au moment où jl cessait de parler, un gémissement, mais profondément déchirant, se fit entendre dans l'épaisseur du bois. Le marquis pâlit et voulut descendre le perron pour aller dans le bosquet d’orangers où était son fils à ce qu'il croyait. Mais ses jambes tremblaient tellement qu'il fut contraint de rentrer dans le salon. Pendant ce temps, un groupe sortait lentement d'un massif d'arbousiers dont le feuillage foncé recevait en ce moment les rayons d’or du soleil du matin. Ce groupé marchait en ordre, et comme si l’on eût porté quelque chose au milieu de lui. M. Caïlhet se précipite au-devant des serviteurs consternés qui s’avancent vers lui.

— Qu'est-il donc arrivé? s’écrie-t-il.

— Le plus affreux malheur, monsieur, répond le premier valet de chapiiré Au marquis. Tenez, regardez.

-Et prenant la main de M. Caïlhet, il le mène derrière le massif d’arbousiers, et là 1l voit le cadavre de Miguel! de cet enfant si plein de vie, et qui si beau, il y avait seulement une demi-heure, était maintenant inanimé, souillé! Et son riche uniforme imbibé d’eau et couvert de fange!

Le malheureux enfant était noyé!

Il y avait au bout du jardin une mare, car cela ne pouvait s'appeler un bassin, dans laquelle étaient des poissons et des cygnes, dont le pauvre Miguel aimait à prendre soin. Il y fut et voulut avoir du pain pour jeter dans l’eau. Le valet de chambre fut au château pour en chercher. Pendant ce temps, Miguel, demeuré avec son fidèle Brésilien, s’amusait à exciter les poissons avec une petite gaule formée d’une longue branche d’arbousier encore revêtue de ses feuilles et

de ses beaux fruits rouges. Dans l'excès de sa sollicitude, la marquise, craignant même l’apparence du danger, avait fait entourer cette mare d’un treillage de deux pieds et demi de haut, afin que l'enfant püt s'amuser sans donner de craintes. Ce fut donc sans commettre même une imprudence que le nègre lui obéit, lorsque, impatienté du retard du valet de chambre, il l’envoya pour lui rapporter ce qu'il voulait.

Le nègre fut à peine cinq minutes absent. A son retour, il trouva Miguel dans le bassin, mais dans une position si singulière que l’on a longtemps prétendu, et avec raison, qu'il était 2mpossible que l'enfant fût tombé de lui-même dans la mare. Ses jambes étaient en l'air, et sa tête tellement enfoncée dans la vase qui faisait le fond du bassin, qu’on eut de la peine à l'en retirer.

M. Cailhet fut atterré à la vue du corps de cet enfant qu'il aimait tendrement, qu'il avait vu naître, et le dernier espoir de parents qui allaient être frappés du même coup. Il ordonna aux domestiques qui portaient le corps de demeurer en cet endroit. Quant à lui, presque assourdi par ce malheur affreux et inattendu, malgré la prédiction de l'Espagnol, il restait sans voix, sans mouvement, près du cadavre, sans avoir la force de le quitter. Tout à coup il entend la voix altérée du marquis qui l’appelle. Il sort du bosquet d'arbousiers et joint le malheureux père au moment où il allait entrer dans ce bocage de la mort. Les traits de M. d’Alorna étaient bouleversés, et pourtant il n'avait qu’une crainte, et une crainte vague.

— Où est mon fils? demanda-t-il à M. Cailhet en regardant autour de lui d'un air qui révélait de Ia

. démence. Où est mon fils?... Je veux voir mon fils! Miguel! Miguel! Miguel!

— Miguel est souffrant; 1l s’est trouvé malade et il est remonté à son appartement. Allons letrouver, mon ami. |

Le marquis poussa un cri terrible et, malgré les efforts de M. Cailhet, il se précipita dans le bosquet d’arbousiers et vit son enfant étendu sur le sable, déjà froid et pâle. Il tomba sur lui et crut un moment, m’at-il dit depuis, que tout était fini pour lui en ce monde, On cherche souvent des situations fortes et attachantes, des émotions vives, de grandes infortunes. Eh ! mon Dieu, que ne retrace-t-on de pareils événements! Où trouver un cri d'angoisse plus déchirant que celui poussé par cette mère qui, pour réveil, entend le soupir d'agonie de son unique enfant! La douleur des parents fut terrible. La marquise fut au bord de la tombe. Le marquis fut dès lors perdu pour ses amis et pour sa patrie. Il fut toujours aussi bon, aussi spirituel, mais cette bonté devint une faculté presque négative, au lieu d’être un sentiment stimulant et actif. Je l’ai connu avant l'événement; je l’ai retrouvé après, et J'ai reconnu un changement total dans le même homme. C'est de celui-là qu'on pouvait dire avec une entière ralSOn :

L'homme public seul vit : l'homme privé est mort.

Je reçus à cette époque une lettre de M. d’Araujo, à qui j'écrivis pour connaître la véritable cause d’une catastrophe aussi terrible; 1l me répondit une fort longue lettre, dans laquelle je trouvai une réponse à ma demande.

« Que voulez-vous que je vous dise de cet horrible événement. Il confond toutes les idées. Il n’est qu'une

seule manière de l'expliquer. Le vicomte d'Anadia — qui, du reste, se met à vos pieds — M. le comte de Novion, votre ami et votre serviteur, NOUS avons tenu conseil, quelque en yérité ce ne soit pas au ministre des affaires étrangères et à celui de la marine à se méler des affaires intérieures qui se passe sur la terre ferme; mais puisque les chiens de garde n’aboient pas, il faut bien que nous autres roquets nous jappions après les coquins. Je vous dirai donc, pour parler sérieusement, car la plaisanterie est hors de son lieu dans une aussi épouvantable histoire, que l'opinion de M. de Novion, celle du vicomte, et surtout la mienne, c'est que ce malheureux Miguel a été assassiné. Je vous vais frémir, et surtout croire que l'ermite de Belem est devenu fou. Je vous permets de frémir, car, certes, la chose est suffisamment horrible, mais non pas de me croire insensé. Rappelez-vous la superstition connue du marquis d’Alorna et de sa femme, Vous connaissez tout ce qu'il a fait pour cet homme qui a seulement pronostiqué la mort du vieux marquis? Croyez-vous done qu'il n’y a pas là un grand appât pour un sçélérat qui, jugeant cette affaire à l’aune de sa criminelle pensée, aura imaginé une nouvelle ovation dans l’accomplissement d’une nouvelle prédiction ? L'homme qui est allé à Villaviciosa, qui avait aussi été à Lisbonne, chez le marquis, pour commencer les scènes de jongleur, n’est autre chose qu’un misérable. Il a disparu, et l'on ne peut le retrouver, ce qui est pour moi une nouvelle preuve. Le malheureux, en voyant l'issue de cette tragique aventure, en voyart le ministère public s’en occuper vivement, car, à défaut du premier ministre, M. le comte de Novion s'est admirablement conduit en tout ceci, en voyant

Pactivité des récherches pour trouver le coupable, on admeéttait donc qué cé n'était pas un actident, et Passassin seul peut craindre des réchérchés. Si vous connaissiéz le liéu de la scène, Vous ñe pourriez cornprendre comment Miguel est tombé dans ce bassin, où plutôt cette rare qui était entourée d’uné sorte de treillis qui lui allait, au pauvre enfant, presque au metiton. S'il est toribé en avant en voulant atteindre un objet quelconque, 1l est alors tombé sur le treillis qué le poids de son corps a bien pu faire plier. J'y consehs, fais non pas au point de trouvé: alors passage pour tomber dans le bassin, et comment encore ? La têté la première. Non, non, le pauvre Miguel est mort assassiné, assassiné par cè scélérat qui à prédit avec tant d'emphasé, quelques mois avant, que le jéune Miguél ne passerait pas le jour de ses neuf ans. Cétte idée fait faillir lé cœur! Ah! madame l'ambassadrice, que devez-vous dire dans votre gloriéuse France d'un pays dañs lequel un obscur assassin donne la mort à un enfant pour flatter la manie du père, et par ambition! Vous devez oublier que c’est un Portugais qui vous écrit et croire que cette nouvelle vous est envoyée de là Californie.

« M. dé Novion et moi nous avons taisonné cétté affreusé avénture avec tout lé sang-froid qu'il est nécessaire d'apporter dans de semblables questions, et notre avis est le même. Je le garde pour moi, pour raisons connues... Mon Dieu! je voudrais cependant que vous prissiez dé moi ue meilleure opinion, que tout mon entourage he péut vous la donner, car enfin il n’est ni agréable ni profitable de passer pour un niais aux yeux d’üne jeuné ét jolie ambassadricée, bien agréable de tous points, de plus, maligne comme tune

belle petite chouette et qui me classera parmi les fanatiques et parmi les superstitieux si Je n'y prends

garde. Vous saurez donc, madame l'’ambassadrice —

car, malgré votre beau titre de gouvernante de Paris, je ne renonce pas comme cela à mes droits — vous saurez que nous avons fait une enquête, mais secrètement; car, puisqu'il faut vous le dire, on l'avait défendu, le meurtrier d’un enfant a été au moment de passer pour un saint.

« Il paraît que le misérable avait formél'mfernal projet d'exécuter son dessein le jour même des années dexMiguel et qu'il s’est tenu en embuscade, ce qui était fort aisé dans un jardin fermé seulement par une haie de pita, et le scélérat a fondu sur sa victime aussitôt qu'il l’a vue seule, accomplissant ainsi sa propre prédiction. Je vous le repète, madame l'ambassadrice, il est impossible d'admettre que l'enfant soit

tombé sans qu’on l'ait jeté. Sa tête était enfoncée {

dans cette vase. Il avait été étouffé. C’est horrible! » Voilà ce que m'écrivit M. d’Araujo, de sa très belle et

très lisible écriture, lorsque l'événement arriva. J'ai «

eu également une lettre du comte de Novion qui était alors le véritable ministre de la police de Lisbonne, bien plus, sans aucun doute, que ne l'était un nommé Manique, je crois, qui en faisait les fonctions.

La sienne était encore plus claire. Et lorsqu'il vint en à

France, il me dit positivement qu'il était certain que

le jeune Miguel d’Alorna avait été noyé et étouflé

par l'Espagnol, soldat dans la légion d'Alorna. Quelle affreuse conséquence de la superstition ?

Tandis que je parle de ce fléau de la Péninsule, il"

me faut lever aussi un coin du voile qui est jeté sur

l'Espagne dans les années qui ont précédé sa con-

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