‹ Mémoires de Madame la duchesse d'Abrantès (volume 3)Chapitre 19 sur 48 · C. Bonaparte, général, ) française · texte numérisé non relu

C. Bonaparte, général, ) française

C. HuGUEs-B. Maret, secrétaire générak C. Lagarde, secrétaire adjoint.

» Cette commission est investie de la plénitude du pouvoir directorial et spécialement chargée d'organiser l'ordre dans toutes les parties de l'administration, de rétablir la tranquillité intérieure et de donner une paix honorable et solide.

» Elle est autorisée à employer des délégués, mais avec un pouvoir déterminé et dans les limites du sien.»

Voilà comment est iîîiprimée la position morale de Napoléon le 19 brumaire an VIII. Ainsi qu'on peut le voir, il n'est question ni de premier, ni de second, ni de troisième consul. Les deu.x ex-directeurs sont, à la vérité, sous une même accolade, mais c'est pour montrer bien plutôt leur situation passée que la présente. Le général Bonaparte vient ensuite comme le plus jeune, non seulement en elîet, mais dans l'appa-

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rence da monde politique^ et une même accolade féunit les trois noms sous la dénomination de : Consuls de la république. Mais ce qui peut être ajouté à ce que je viensr de rapporter, c'est le fait que voici.

Le lendemain de ce même jour, c'est-à-dire le 20 brumaire, les trois consuls se réunirent dans la salle des Conférences au palais du LuXemboiti*g. Il y avait trois fauteuils parfaitement pafeils. Mais, quel*que égalité que les autres consuls voulussent apporter dans leurs relatiotus avec Bonaparte, sa volonté dominait déjà la leur. En entrant dans la salle, il marcha de ce pas rapide, que nous lui avons tous connu, vers le fauteuil du milieu, s'y plaça avant que ses collègues fussent arrivés au tiers de la salle et, leur faisant signe d'approcher et de s'asseoir, il entra d'abord en matière avec cette force de logique et cette clarté^ cette concision qui établissaient sa supériorité en si haut lieu qu'aucun autre ne l'y pouvait atteindre. La Conférence terminée, Sieyès sortit de la salle, mais bien différent de ce qu'il y était entré, Il s'approcha du duc de Bassano, alors M. Maret, secrétaire général de la commission consulaire, et, lui frappant sur l'épaule, comme son âge lui en donnait le droit:

— Mon ami, lui dit-il avec une voix profondément pénétrée, nous avons un maître!...

Et plus tard, dans une autre conversation, il ajouta :

— Il raisonne sur tout, de tout, avec une connaissance profonde des hommes et des choses, et paraît tout savoir mieux que personne

Et puis, un mois après parut la Constitution de l'on VIII, promulguée le 24 frimaire et qui nommait

le nouveau gouvernement. Celui-là, par exemple, était, comme le dit M. Dulaui-e, c avec des premier et des troisième consuls », mais Bonaparte n'était pas au troisième rang.

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