‹ Mémoires de Madame la duchesse d'Abrantès (volume 3)Chapitre 7 sur 48 · IX. IQ · texte numérisé non relu

IX. IQ

poui celles de la France. C'était, dans le fait, pousser loin la sollicitude. En résumé, M. de Montrond fut obligé de sortir de France pour obéir à un décret, mesure aussi arbitraire que s'il eût été un ukase du czar de Russie, qui se joue de la liberté de ses sujets comme tous les gouvernements despotes. Il passa, je crois, en Angleterre et de là en Sicile.

Un jour, le duc de Rovigo écrit à mon frère, alors commissaire général à Marseille, pour lui donner l'ordre, au nom de l'empereur directement, de faire arrêter M. de Montrond, aussitôt qu'il se présentera aux portes de la ville.

€ 11 a rompu son ban, disait le ministre. Il est revenu en France, à Paris, et je n'en ai rien su ! Mais il est en route pour Marseille, où il doit arriver peu d'heures après ma lettre, pour s'y embarquer. Il est dans une calèche jaune, il a un habit bleu et il bat les postillons en leur donnant cent sous de guides. »

Mon frère donne ses ordres et attend l'événement avec une extrême impatience mêlée d'ennui, car cette mission lui donnait de l'humeur. La cause de l'exil de M. de Montrond était si absurde qu'il en fallait rire pour ne pas prendre de la colère à devenir canard, comme disait M. de Torcy.

A sept heures du soir, on vient annoncer qu'un homme est entré dans la ville. Il porte un habit bleu, sa calèche est jaune et il bat les postillons en leur donnant cent sous de guides. Mais cet homme a les yeux noirs, et M. de Montrond les a bleus. Cet homme est gros comme un muid, et M. de Montrond avait alors la tournure la plus élégante de Paris, quoiqu'il ne fût plus de la jeune génération. Cet homme a un© crinière noire frisée, et M. de Montrond n'eu a d'au-

cune couleur, puisqu'il porte perruque et une perruque blonde. Cet homme n'est donc pas M. de Montrond, ou bien il aurait donc été changé, non pas en nourrice, mais dans le chemin. Au surplus, comme la chose en valait la peine, car les ordres de l'empereur ne se déclinaient pas aisément, Albert ordonna que l'homme fût amené devant lui, quitte à lui demander une ou vingt fois pardon, si ce n'était pas celui qu'on cherchait. On l'amena, et Albert, qui connaissait M. de Montrond, vit aussitôt que ce n'était pas lui. Le monsieur était pâle comme un mort et ne comprenait rien à son histoire. Il était dans une calèche jaune parce que le jaune était la couleur alors à la mode pour les voitures. Il avait un habit bleu, parce que cela lui plaisait, ce dont assurément on ne pouvait lui faire un crime et il donnait cent sous de guides aux postillons, parce qu'il courait après un banqueroutier qui lui emportait trois cent mille francs. Mon frère, au désespoir de cette méprise, demanda, comme il l'avait projeté, vingt fois pardon au monsieur qui s'en fut courir après son banqueroutier. Je ne sais pas s'il l'a rattrapé, ces gens-là ont de bonnes jambes. J'en sais quelque chose\

Albert attendit un autre habit bleu, une autre calèche jaune, un autre prodigue de cent sous de guides, ce qui, soit dit en passant, ne fait pas marcher les postillons un temps de trot plus vite. Mais rien ne vint. Impatienté, il s'informe et apprend que M. de Montrond est bien revenu en France, mais

' Depuis la mort de Junot, j'ai essuyé cinq banqueroutes et six ea y comprenant la Prusse et le Hanovre qui m'ont itayé 180,000 francs avec 4,000.

qu'il en est ressorti aussitôt en se moquant du duc de Rovigo et de ses hommes. Il s'était embarqué à Narbonne, et ceux qui connaissent leur géographie, savent que Marseille n'est pas alors le chemin qu'il faut prendre. Voilà du moins ce qu'il répondit au duc de Rovigo, lorsque celui-ci lui écrivit une lettre des plus ridicules et des plus dures, pour lui témoigner le mécontentement de l'empereur sur sa maladresse.

il aurait dû ne pas mettre ce mot-là. En le lisant, Albert sentit courir dans ses veines tout le sang généreux que Dieu lui avait donné. Il répondit une autre lettre que le duc, je crois, n'a jamais montrée, qui contenait, non seulement des vérités dures, mais une demande formelle s'il croyait parler à un de ses agents.

« Le jour où j'ai reçu ma commission du gouvernement, disait mon cher, mon noble Albert, j'ai juré à mon propre honneur de l'exercer de manière à ce que ma conscience ne me reprochât jamais rien. Jusqu'à présent j'ai rempli mes fonctions comme un i honnête administrateur, un homme de l'État et non i pas comme un homme réprouvé par les honnêtes gens. Je n'ai point fait arrêter M. de N.,., parce que \. M. de N... n'était pas M. de Montrond et que, n'ayant c rien à alléguer contre M. de N..., j'aurais été un agent de l'arbitraire injuste, ce que je ne serai jamais \ L'empereur n'exige pas des hommes au delà

* Moo frère a été onze ans à Marseille comme commissaire ., général. La ville de Marseille a encore aujourd'hui le souvenir! de son administration sage et convenable. Il y était bien aimé, et, je puis dire, auiaiit estimé, ainsi qu'à Strasbourg et à Lyon. | Ces trois villes sont garantes de ce que j'avance

le ce qu'ils peuvent. Moi, monsieur k- duc, je ne [)uis que le servir en mettant à sa disposition ma vie ît tout mon dévouement. Mais ce dévouement s'ar- 'ête devant une injustice criante, s'il me faut la remplir. Voilà ma profession de foi, et j'ose dire que Sa Majesté me connaît assez pour n'en pas être étonlée. »

Sans doute, mais Sa Majesté était bien changée lepuis l'armée d'Italie. Napoléon avait bien toujours jn grand respect pour l'exacte observance des principes sociaux sur lesquels reposent la tranquillité et e bonheur de chaque individu, mais cette manière Je voir était subordonnée à ses intérêts, tant il est vTSi que les hommes ont leur rayon visuel dirigé l'après leur volonté momentanée. Ce qui est bien mjourd'hui avec un particulier, sera mal demain ivec un roi. Ah! c'est une dure condition que de •emplir une place importante sous un gouvernement iespotique ! Albert s'en aperçut bientôt. Il reçut une lutre lettre dans laquelle le duc de Rovigo lui demaniait sa démission. Albert l'envoya par le retour du H^urrier. Il m'écrivit en même temps :

« Ma bonne sœur, je vais à Paris, je suis destitué, [dais je te prie de n'en avoir aucune peine, c'est pour me cause honorable et je te connais assez pour savoir que tu ne me blâmeras pas de n'avoir pas hésité m seul instant. L'empereur lui-même reviendra sur me prévention injuste et sera pour moi ce que je ■ésire qu'il soit, mais je ne demanderai rien au delà.

« N'est-ce pas que tu voudras bien me donner 'hospitalité ? Cette démission me rendra tout joyeux ■arce que je vais te voir, comme je l'ai longtemps 'èvé, toujours, ma bonne sœur, ma Laure chérie,

mon enfant, ma fille ! car tu es à la fois ma sœur et mon enfant. N'est-ce pas moi qui t'ai élevée, n'est-ce pas moi qui ai remplacé notre père près de toi, bonne sœur? Eh bien ! je ne veux plus te quitter. Je serai pour tes filles et tes fils ce que j'ai été pour toi. Cette pensée me fait du bien à l'âme. Je serai aussi près de ce bon Junot, dont le cœur pour moi est celui d'un frère donné par la nature, et non par une alliance. Il m'aime lui, il est honnête homme, il me comprendra.

« Gomme nous allons bien arrangtM- notre vie ! Nous ferons de la musique, nous peindrons, nous nous occuperons de littéi'ature. Ta maison, déjà le rendez-vous de tant d'artistes, ne sera pas moins joyeuse par l'arrivée d'un méchant troubadour de Provence, qui vient prendre leçon de la gaie science auprès de ses maîtres ! Je te conduis aussi, comme lu peux le penser, notre oncle Georges. Je n'ai pu me résoudre à le faire retourner en Gorse. G'est le frère de notre mère, ma sœur, et je te connais comme je me connais moi-même, c'est-à-dire pour être certain que tu feras ton devoir dans cette circonstance. Junot n'en sera pas fâché, j'en suis sûr. Je le connais aussi ^ »

* A la mort de ma grand'rnère, M°« de Comnène, en 1805, mon frcre recueillit chez lui, à Marseille, mes deux oncles le comle Georges et l'abbé de Comnène. A mon retour de Portugal, où j'étais alors comme ambassadrice, je fis venir auprès de moi mon oncle l'abbé de Comnène et il y est demeuré jusqu'en 1816. Mon oncle, le prince Démétrius, recevait une pension de moi et de Junot, aussi convenable que si un gouvernement la lui eût donnée. Tout ce que je pouvais y ajouter, je le faisais, ne remplissant en cela que mon devoir, puisqu'ils étaient

Mon Albert arriva donc à Paris dans l'automne de 1812, à mon retour des eaux d'Aix. Il ne disait que la vérité. Junot fut au désespoir en apprenant cette nouvelle, il aimait profondément son beau-frère. « C'était, disait-il, le plus honnête homme qu'il connût. » Il était alors en Russie. C'était aussi de Russie, de Moscou, je crois, qu'étaient datés les ordres de l'empereur.

Mais si Junot était ulcéré profondément, que devais-je éprouver, moi ? D'abord, ce fut de la colère, ensuite de la peine et puis le résumé de toutes ces impressions fut une assez bonne indignation perma-

les frères de ma mère. Lorsqu'en 1812 mon frère quitta Marseille, mon oncle Georges vint habiter ma maison et n'en sortit que lorsque mon oncle l'abbé la quitta. Ils avaient alors une pension du roi.

Albert et moi nous avions été élevés dans un grand respect de nos grands parents. C'était un reste des mœurs antiques dont la Corse a quelques traditions. Et puis lui et moi nous étions les seuls qui fussions en position de remplir un devoir envers mes oncles. Il n'existait aucun parent direct, et surtout aussi PRÈS qu'Albert et moi. M. de Geouffre, veuf de ma sœur aînée, était devenu même étranger à la famille depuis la mort de sa femme et l'aurait toujours été sans son enfant qui renoua les liens d'alliance, mais il n'avait alors que dix-huit ans et n'était d'ailleurs aucunement en mesure de rien faire pour ses grands-oncles. Et puis Albert et moi nous étions d'un degré plus rapproché pour le droit de donner. C'était un droit que Junot réclama, et dont il usa largement par le bien qu'il fit à ma fa mille. M. de Geouffre, emmené par lui en Portugal malgré l'extrême éloignement de l'empereur pour lui comme ami de Lucien, y refit une fortune. Mes cousins furent mis dans son étal-major. L'un d'eux, Georges Stephanopoli Saint-Ange, fils d'une Comnène, cousine germaine de ma mère, fut tué à Saragosse. Mes autres parants piotégés, secourus dans leur infortune. Voilà ce que faisait Junot, voilà ce qui le rendait adorable.

nente, qui me détermina à parler à l'empereur, ce même jour où j'étais là avec lui dans son cabinet, si malade et si pâle, croyant que j'allais mourir.

Ainsi donc lorsque l'empereur me fît signe de là main pour me dire adieu, je me retournai vers lui et lui dis :

— Sire, j'ai encore quelque chose à demander à Votre Majesté?

— Qu'est-ce que c'est?

— C'est de rendre à mon frèfe une bienveillance qu'il n'a jamais mérité de perdre Je ne le demande pas comme grâce, car il ignore que je vous en parle, et peut-être même en serai-je blâmée et désapprouvée pour l'avoir fait sans ordre. Mais je le demande comme justice. Le monde n'est pas composé de gens qui voient tout avec un œil droit et juste. Albert est connu pour un homme d'honneur, mais quand Votre Majesté punit, on doit croire que ce n'est que d'après des causes justes. Alors mon frère aurait tort et Votre Majesté sait très bien maintenant qu'il n avait pas tort.

L'empereur ne me répondit rien d'abord. Il faut lui rendre cette justice qu'il était vraiment équitable. Il avait une grande bonté dans l'âme, mais pas dans le cœur, c'est-à-dire qu'il n'avait aucune sensibilité. Il était fâché lorsqu'il commettait une injustice, et quelquefois même il la réparait. Voilà des parties de sa vie où cet homme était hors de la ligne humaine. Il connaissait Albert depuis longtemps. Il le savait par cœur et, lorsqu'il donna cet ordre au duc de Rovigo, il ignorait comment s'était passée la chose. Albert la lui avait exposée depuis dans une lettre particulière et il avait été fâché d'avoir puni si vite. En

m'écoutant il avait l'air presque contrit et je lui en sus gré.

— Eh bien, Sire, que décide Votre Majesté? Il me regarda en souriant :

— Comme vous êtes pressée, madame la gouverneuse! Vous croyez donc qu'on fait un magistral comme vous un de vos bonnets. Non, pardieu, pas !

— Mais, Sire, ce n'est pas ma faute. Il ne le fallait pas défaire si vite. Cependant que puis-je espérer? Je dis moi, car pour Albert je me donnerai bien garde, je le répète, de lui dire que j'ai parlé à Votre Majesté. . .

— Il faisait très bien son affaire à Marseille, ce diable de Permon, dit l'empereur en se remettant à marcher avec ses mains derrière son dos...

— En vérité, si j'étais de vous, je ne le dirais pas.

— Mais sa conduite envers moi, me répondit l'empereur en s'arrètant pour me jeter un regard qu'il voulait rendre accablant, sa conduite envers moi, madame, n'a rien de commun avec son administratration. Il m'a désobéi.

— Non, Sire, répondis-je avec beaucoup de calme.

— Comment, nonl s'écria-t-il avec emportement, il ne m'a pas désobéi !

— Non, Sire, M. de Rovigo lui a donné l'ordre de faire arrêter M. de Montrond, et non pas un hojnme ayant un habit bleu, courant la poste à cent sous de guides, dans une calèche jaune. Votre Majesté voit que je connais l'affaire.

— Beaucoup trop bien. Je vous ai déjà dit cent fois que vous étiez femme et que les femmes ne devaient pas 86 mêler des affaires de l'État.

— Ma foi, Sire, ce n'est pas qu'elles m'amusent, vos affaires, mais quand elles s'attachent à nos affections, à nous autres pauvres femmes, il faut bien que nous nous en occupions, même malgré nous.

Il me regarda et marmotta quelques paroles que je ne pus entendre. Puis il me dit :

— Eh bien, que voulez-vous pour votre frère?

— Vous lui devez une réparation, Sire, car un roi doit toujours rendre plus qu'il n a ôté. Pourquoi ne le feriez-vous pas préfet de police de Paris ? Ou bien plutôt préfet de Paris? Croyez-vous qu'il aurait fait...

— Oh ! non, par exemple ! s'écria Napoléon avec une expression naturelle qui me fit presque lui pardonner son injustice envers mon Albert.

II marcha quelque temps, puis il me regarda encore une fois. Cette fois ce fut en souriant de ce bon et charmant sourire qui le faisait tant aimer.

— Eh bien, qu'attendez-vous donc? Croyez-vous emporter le brevet?

— Pourquoi non, Sire?

— Pourquoi oui plutôt? Car enfin dans tout cela je ne sais rien que ce que m'a dit une femme, et une femme qui est sœur.

— Votre Majesté veut-elle une preuve que je n'ai avancé que l'exacte vérité?

— Comment?

— J'aurai l'honneur de lui envoyer la lettre de M. le duc de Rovigo. Comme je présume qu'il ne se fait pas faute de lui montrer les nôtres, c'est une restitution. Votre Majesté y verra qu'il y avait ordre d'arrêter M. de Montrond. ayant un habit bleu, une calèche jaune et donnant cent sous de guides. Mais il n'y avait pas l'ordre d'arrêter un homme en habit

bleu spécialement. Mon frère, qui connaît M. de Montrond...

— Il le connaît? s'écria Napoléon.

— Oui, Sire, beaucoup.

Et je fus tellement surprise de cette interruption et de son air étonné, auquel se mêlait une mauvaise expression, que je ne pus m'empécher de reprendre :

— Oui, Sire, Albert connaît beaucoup M. de Montrond. Il ne pouvait donc prendre une autre personne pour lui. Et, s'il l'eût reconnu dans l'homme qui lui fut amené dans son cabinet, il l'eût fait conduire au château d'If, ainsi que le portait son ordre, même quand il aurait eu un habit vert, que sa calèche eût été brune, et qu'il n'eût donné que deux francs aux postillons, tandis qu'il a fort bien fait de ne pas arrêter le gros monsieur qui avait un habit bleu et une calèche jaune. Oh ! que tout cela est petit!

— Ne tranchez pas ainsi, madame Junot, vous apprendrez quelque jour avec plus d'expérience que des petites choses se font les grandes. En attendant, dites à vot'^e frère que je suis bien fâché de ce qui s'est passe.

— :e ne lui dirai rien, Sire, car, comme j'ai eu l'honn'ur de vous le dire, je n'avais pas mission de lui poiX" vous parler. Puis. . . Enfin je ne lui dirai pas que j'?i parlé à Votre Majesté.

Et j<i me dirigeai vers la porte. Il me regardait aller s.tns parler,

— Elh bien, dit-il enfin, nous quittons-nous fâchés? l^auva.ise tête, mauvaise tète! Savez-vous que vous êîes bonne pour vos amis. Mais je crois que vous d jvez être un vrai démon pour vos ennemis.

— Je n'en ai pas, Sire. Du moins je ne le crois pas.

A moins pourtant que je n'aie pour ennemis les gens qui m'ont fait du mal. Et la nature humaine est faiie de telle sorte que je n'en serais pas étonnée.

Ma pensée se reportait alors sur une femme qui avait voulu me faire bien du mal, qui avait même cherché à briser ma vie ce qu'elle avait fait en partie. L'empereur connaissait toute cette histoire, et il me regarda avec une expression toute particulière.

— J'ai été content de vous dans cette affaire-là, madame Junot, me dit-il avec un sérieux dans le regard et dans la parole que je ne puis rendre ici. Je ne puis dire la même chose d'une autre. Mais il paraît, au reste, que ceux qui lui tiennent de plus près que vous n'en sont pas mieux traités. Adieu.

Et il retourna à son bureau, où il s'assit. Et, avant que j'eusse refermé la seconde porte, il était probablement enfoncé dans ces liantes pensées qui régissaient le monde.

Je trouvai une foule d'amis dans le salon de service, qui tous voulaient me donner le bras pour m'aider à descendre l'escalier du pavillon de Flore. Le comte de Courtomer, qui précisément était de service cherchait à lire sur ma pâle figure si j'avais réu^^i. Je lui fis un signe de tête affirmatif. Au même nort*ient entra Duroc avec M. de Brigode. Encore deux afiiis. Tous voulurent me servir d'escorte. Je me rapp'éllai le feu d'artifice d'Aix et, en voyant tous ee? uniformes, ces décorations et ces hommes ainsi masqiic's — car j'appelle cela une mascarade — escortamt U*>e pauvre jeune femme qui semblait la mort se prorflinant pour prendre l'air, en vérité il y avait de qiJoi fâcher l'empereur. Je pris le bras de M. de Courtomer et de Duroc, et je descendis doucement avec eux cet

immense escalier du pavillon de Flore, leur racontant sommairement la conversation que j'avais eue avec l'empereur. Aucun d'eux n'aimait le duc de Rovigo et cette effroyable injustice faite à un homme de bien dans la personne ('c mon Albert les avait révoltés. Il était évident que mon IVère était victime d'une machination profonde et méchante. Je pouvais la combattre. Mais, hélas ! ne savions-nous pas que le mal, toujours si facile à faire, devient une entreprise effrayante 4ans soo résultat, quand il s'agit de le réparer?

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