DIVISION MILITAIRE LIBERTÉ, ÉGALITÉ
Au quartier général à Paris, le 3 nivôse an XII de la République française.
J.-A. Junot, général divisionnaire, commandant la première division militaire et la ville de Paris, au Préfet du département de la Seine et aux Maires de la ville de Paris.
« Citoyens,
a Je quitte le commandement de la ville de Paris auquel j'ai été nommé le 8 thermidor de l'an VIII pat le premier consul, et je vais prendre le commande ment de la division d'élite de l'armée d'Angleterre qu'il vient de me conlier.
« Si depuis l'an VIII la tranquillité a été maintenue. dans cette grande ville, je ne prétends pas m'en al-
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Jribuer tout riionneur, c'est aux Parisiens mêmes qu'il appartient. C'est à l'administration paternelle des premiers magistrats, à la bonne conduite de la garde nationale, que je dois rapporter le succès qui a couronné mes efforts et récompensé mon zèle.
« Il sera glorieux pour moi, citoyens, et tous mes vœux seront satisfaits, si j'emporte les regrets des premiers magistrats et des citoyens de la plus grande ville du monde.
« J'ai l'honneur de vous saluer,
« J.-A. .ÏUNOT. »
La réponse à cet adieu fut le don d'une épée sur la lame de laquelle était écrit :
Donnée au général Junot par la ville de Paris.
Junot fut touché jusqu'au fond du cœur de cette marque d'estime offerte au nom d'une ville qu'on peut à bon droit nommer la première du monde, et il répondit ce peu de mots à la lettre qui accompagnait ce don, d'autant plus honorable que l'épée n'avait du reste aucune valeur comme prix matériel.
ce Citoyens,
« Les sentiments d'estime et d'affection que vous m'exprimez de la part du préfet et du conseil muiiicipal de la ville de Paris, sont pour moi la récompense la plus flatteuse que j'en pouvais recevoir, et j'y suis extrêmement sensible.
« J'accepte avec reconnaissance l'épée que vous m'offrez au nom de la ville de Paris. Je la porterai le jour de la gloire. Elle guidera les braves de la divi-
sion d'élite et me rappellera toujours l'époque où j'ai eu l'honneur de commander dans la grande ville, les devoirs que m'imposent la nouvelle preuve de confiance de ma patrie, et l'estime et l'amitié dont m'honorent les habitants et les magistrats municipaux de ia ville de Paris.
€ J'ai l'honneur de vous saluer,