A LAUSANNE
Twikenliam; près Richmond, le iS juillet 1793. •
J'ai été bien sensible à votre souvenir, Monsieur, dans votre lettre à notre cher et vertueux Malouet; vous m'avez toujours témoigné amitié et estime, je vous prie de ne pas douter du prix que j'attache à l'opinion d'un homme dont j'ai toujours admiré
avec violence. On s'explique cette colère par certains passages du livre : Comme ils étaient superficiels, » dit Mallet du Pan, « ces calculateurs impitoyables se félicitant de Faccroissement des désordres et plaçant leur espoir dans les attentats de la Révolution!... Voyez les divisions qui partagent les royalistes : la monarchie, le monarque, tout allait périr sous les coups d*une faction atroce, et Ton se disputait sur deux chambres et sur trois, sur Tantique monarchie et sur les Gapitulaires de Gharlemagne. Cent controverses oiseuses ou insolubles alimentaient Tanimosité.... Jamais on ne put obtenir d'eux la moindre politique Chaque section du parti attaché au gouvernement monarchique anathémntisait toutes celles qui ne se rencontraient pas sur sa ligne géométrique d'opinions : au lieu d'ajourner leurs débats, an lieu de ^'affermir près du gouffre sur leurs points de coïncidence, elles s'acharnèrent à défendre les questions qui les séparaient. » — > Il en est encore de même aujourd'hui. Sur tous les points du globe où se trouvent des Français, — dit ailleurs Malouet, — ils se déchirent, ils prolongent et multiplient ainsi les désastres de notre malheureuse époque. » (T. I^**, chap. ziv.) Ce sont vos divisions > , disait encore Malouet dans sa Lettré aux Etnigrants
(p. 255), « ce sont vos jalousies qui vous ont faits opposants sans force,
« ennemis de la Révolution sans résistance. ■