A BERNE
Londres, ce 13 décembre 1796.
Vous m'avez donné, Monsieur, le droit de compter sur votre estime et votre amitié ; c'est dans cette confiance que j'ai cru pouvoir vous entretenir d'un fait qui m'afflige sensiblement.
Vos écrits ont trop d'importance pour que je ne croie pas que ce que vous venez d'écrire pour défendre la cour de Vienne au sujet du traitement fait à M. de la Fayette ne fasse beaucoup de mal à ce dernier, et je ne puis me persuader que ce soit votre intention.
Il m'est prouvé, et je vous en donne ma parole d'honneur, que tout ce qui a été écrit sur le traitement qu'il éprouve est de toute vérité.
Il ne s'est rien passé de pareil dans les prisons de Robespierre : non-seulement M. de la Fayette et ses compagnons éprouvent un traitement atroce, mais les rigueurs s'exercent envers sa femme et ses tilles. Dans le moment où de tels procédés sont à la connaissance de toute la France, où l'on peut espérer d'exciter un véritable intérêt, jugez de la peine que vous faites éprouver à ses amis et à sa famille en défendant le cabinet de Vienne. Je veux croire qu'un jeune prince ne peut imaginer de pareils supplices et que sa religion est trompée ;
^ Au sujet des prisonniers d'Olmutz, voir les lettres du 16 et du 23 décembre 1796 et du 21 février 1797.
cela ferait trop craindre pour l'avenir; mais si vous conservez . quelque relation avec cette cour, ne pourriez-vous pas, avec la vérité et la justice qui ont toujours inspiré vos écrits, lui faire sentir qu'il n'est pas permis d'abuser ainsi de l'autorité de votre plume. Je vous le demande au nom d'une amitié de vingt ans, que le dernier dévouement de M. de la Fayette a ranimée en moi autant que ses malheurs et ceux de son mfortunée famille ' .
J'ai eu le plaisir de voir votre fils ici; c'est un jeune homme qui parait sage et intéressant. Je forme des vœux pour sa fortune, et je voudrais bien me voir à portée de lui être utile.
J*ai rhonneur d'être, avec le plus inviolable attachement. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
XLÏX LOUIS MALLET A SON PÈRE. A BERNE
Londres, le 16 décembre 1796.
J'espère, hion cher père, que tu auras reçu la lettre que je t'écrivis au commencement de ce mois, quelques jours après mon arrivée à Londres. Depuis lors, j'ai fait bien des courses, mais je n'ai encore que des espérances ; tout le monde me dit, et je me dis aussi : patience. Avant de te parler de mes propres affaires, je te ferai part du grand murmure élevé contre toi à cause de ta lettre insérée dans les papiers français sur M. de la
^ Un membre de la chambre des Communes, le général Fitz-Patrick, avait proposé iftie adresse an roi au sujet de la détention du général la Fayette et de ses compagnons dHnfortune. La motion appuyée par Fox et par les principaux membres de l'opposition avait été repoussée par la Gbambre ; un membre de la majorité avait fait observer que la proposition était étrange, venant précisément de ceux qui refusaient au gouvernement le- droit d'intervenir dans les affaires de France. {PoUtical iije of W. Pitt, chap. xxviii.) II. 31
Fayette. Je fus il y a quatre jours, à dix heures, chez M. Malouet, qui m'engagea à passer chez madame d'Hénin, qui voulait me parler. Je m'y rendis, et j'eus à essuyer pendant une demi-heure tout le feu de sa vivacité sans pouvoir ouvrir la bouche;* enfin je lui avouai que j'étais étonné de la note, mais que tu ne pouvais l'avoir faite sans raison, d'autant plus que tu avais souvent parlé en faveur de M. de la Fayette et de ses compagnons à la cour de Vienne. Elle me dit qu'elle me croyait, mais qu'il était affreux de voir étouffer tout à coup le cri de Topinion publique, qui s'élevait en faveur de ces malheureux ; elle me raconta les souffrances très -réelles de madame de la Fayette, dont elle me montra les lettres qui font frémir. Enfin elle m'engagea à t' envoyer une lettre qu'elle me lut et qu'elle écrivait à M. Malouet à ce sujet; je le lui promis, et je partis. Le lendemain, je vais chercher cette lettre chez M. Malouet, et j'y trouve le post-scriplum que tu liras. J'en fus étonné au dernier point, et, craignant que le général Fitz-Patrick n'allât avancer des faits plus qu'incertains en plein Parlement, j'écrivis à madame d'Hénin la lettre suivante :
« Madame,
a Ayant trouvé dans votre lettre à M. Malouet au sujet de la tt note de mon père le détail d'une conversation que vous avez « eue avec M. le général Fitz-Patrick, je prends la liberté de a vous présenter quelques observations au sujet des assurances a que vous lui avez données.
« Vous lui avez affirmé, madame, que mon père n'avait au- « cune mission de la cour de Vienne pour nier les souffrances « de M. de la Fayette et de son intéressante famille, et ccpena dant j'avais eu l'honneur de vous dire que mon père ne a l'avait probablement fait qu'à la sollicitation de la cour de «c Vienne, dont il n'est point envoyé, mais avec laquelle il a « des relations. Malgré les apparences qui sont contre mon
« père, il est peut-être le seul homme qui ait sollicité souvent u et directement en faveur de M. de la Fayette et de ses com- « pa{][nons d'infortune, et qui ait fait parvenir jusqu'au trône « de Sa Majesté impériale et royale le cri de l'opinion publique « en sa faveur; non qu'il ait injurié ce souverain, personnelle- « ment estimable, comme Font fait YÉclair et quelques 'autres « journaux accoutumés à insulter les têtes couronnées; mais il « a sollicité avec respect et d'une manière plus propre à at- « teindre le but qu'il se proposait. Je suppose donc que la cour « de Vienne, étonnée de ses réitérations à ce sujet, lui aura a formellement fait nier les bruits trop bien fondés qu'on tt répandait, et l'aura fait prier de les démentir. Mon père ayant « autant de raison de croire au ministre impérial qu'au gaze- « tier de Paris, a cru devoir feire ce qu'on lui demandait et « rendre ainsi hommage à la vérité. Il s'est malheureusement « trompé, mais les gens les plus éclairés sont sujets à errer.
M Je serais donc fâché que M.- le général Fitz*Patrick avançât M en plein parlement cette assertion, et je vous aurai une « grande obligation de l'éclairer sur les vrais sentiments de « mon père, qui désire très -vivement la liberté de M. de la K Fayette et de ses compagnons. »
Toute la société de madame d'Hénin a regardé ta note comme l'effet de ta haine pour M. de la Fayette, au lieu de la consi- ' dérer comme une leçon aux insolents journalistes qui traitent l'Empereur comme ils traiteraient un de leurs cinq rois révolutionnaires. Je suis cependant très-fàché de ce démenti de ta part, car l'opinion publique aurait peut- être fait adoucir la captivité de ces infortunés prisonniers, qui sont vraiment trèsmaltraités. Je n'ai point lu cette note, mais M. Malouet m*assure que c'est exactement ton style et qu'elle porte ton cachet. Je n'imagine pas qne tu aies reçu aucun ordre de Vienne, mais je l'ai supposé, afin de pouvoir donner une raison aux nombreux mécontents.
Maintenant, à moi. Quelques jours après t'avoir écrit, je passai chez M. Beeves, qui me reçut fort amicalement, m'invita à dfner le lendemain, et me promit de ne pas m'oublier : il n'a rien reçu de M. Wickham, ce qui est très-malheureux pour moi, parce qu'une lettre de sa part eût pu faire effet en ma faveur, J'ai cru pendant quelques jours que je ne pourrais pas voir M. Hastings; j'y avais passé deux fois, et je lui avais écrit en lui envoyant ta lettre; enfin j'y repassai il y a trois jours, et, ne pouvant être admis, je remis une lettre qui fit effet, car le soir je reçus de lui une lettre fort polie pour m'inviter à me rendre chez lui le lendemain à onze heures ; j'y fus, et je le trouvai très-reconnaissant de ce que tu as fait pour lui , mais fort peu à même de me rendre service, parce qu'aucun étranger n'est employé dans la Compagnie des Indes, et qu'il n'a presque aucune connaissance ministérielle. — J'ai dfné chez lady Herries, à laquelle madame de Bonstetten ^ m'avait recommandé ; si je voulais une place dans la Gité, chez quelque banquier, son mari m'y placerait de suite; mais le chevalier Macpherson ne veut pas me mettre dans la Cité, parce qu'il trouve que cela ne mène à rien, et que l'air y est mauvais : j'ai dfné chez cet excellent homme samedi dernier, avec le prince Ernest, un des fils du roi * ; je lui avais apporté le matin un petit Mémoire
' Né à Berne en 1745, mort en 1822 ; disciple de Ck. Bunnet et de Saussure ; pendant la Révolution, Bonstetten se retira successivement en Italie, à Londres et à Copenhague. Ses écrits les plus connus sont : Lettres sur les pâtres suisses, Bàle, 1782. — VhermitCy 1702. — Voyage sur la scène des derniers livres de CÉne'ide, Genève, 1804. — Lettres à Matthisson, Zuricb, 1827. — Lettres à Frédérique Brun, Francfort, 1829.
^ Ernest- Auguste, duc de Cumberland, cinquième fils de Georges III, né le 5 juin 1771, servait en Flandre et dans les Pays-Bas depuis l'année 1794 à la tète d*un régiment hanovrien dont il était colonel. En 1806, il prit part à la campagne de Prusse, si désastreuse pour cette puissance. La mort de son frère Guillaume IV, roi d* Angleterre, l'appela au trône de Hanovre (20 juin 1837). Son règne fut marqué par une influence habilement exercée dans Tintérèt di^s Etats secondaires de TAllemagne. De son mariage avec une princesse de Mecklembourg-Strélitz, il eut un Hls qui, malgré son état de cécité, lui
sur mes observations en France, et il me pria de venir le voir le lendemain matin : j'y fus, et il me dit qu'il l'avait lu, qu'il me faisait beaucoup d'honneur, et qu'il le communiquerait au secrétaire du bureau du comte de Liverpool ' (lord Hawksbury), où il a envie de nie faire entrer par le moyen de M. Reeves, qui est grand protégé de ce dernier. Voilà où j'en suis.
M. Malouet est surchargé par Saint-Domingue, où il a dû aller il y a deux mois, et où il ne va plus, par un enchaînement de circonstances que je te raconterai un jour. J'ai vu mademoiselle Wilkes, qui m'a reçu fort honnêtement, qui m'a parlé de toi avec grand éloge, mais voilà tout : il ne parait pas qu'elle puisse m'étre utile. Il serait bien essentiel que M. Wickham écrivit à M. Reeves en ma faveur une lettre que ce dernier pût montrer, ou même une simple lettre de recommandation : j'espère que le crédit de ce dernier, les sollicitations du chevalier Macpherson et mon petit Mémoire pourront peut-être me procurer une place tôt ou tard dans quelque bureau. Gomme, en attendant, je suis logé et nourri pour rien, je peux patienter.
succéda le 18 novembre 1851 sous le nom de Georges V ; c'est sous le rè^ne de ce dernier que la guerre de 1866 consomma Tannexion du Hanovre à la Prusse en vertu du principe : la force prime le droit»
^ Banks Jenkinson, lord Hawksbury, était déjà connu comme écrivain dans le Monthley review lorsqu'il fut initié aux affaires politiques en qualité de secrétaire de lord Bute en 1761. Membre actif de la chambre des Communes et bientôt secrétaire-adjoint de la Trésorerie, il fit partie de ce cabinet secret que lord Bute dirigeait du fond de sa retraite, et dont lord Chalham eut souvent à combattre l'influence. Auxiliaire dévoué de Pitt dans sa guerre contre la révolution, il fut élevé à la pairie en 1796 avec le titre de comte de Liverpool. H mourut en 1808; c'est de lui qu'il est ici question.
Son fils suivit la même ligne politique. La prise de la Bastille et les journées d'octobre dont il avait été le témoin à dix-buit ans, ne le disposaient pas en faveur de la France, et plus tard la politique victorieuse de Bonaparte eut en lui un adversaire aussi décidé que les excès de la Révolution. Lorsque les événements de l'année 1800 et le traité de Lnnéville mirent fin à la seconde coalition , Pitt, dont le nom s'était identifié avec Tétat de guerre, dut céder la place au cabinet Addington dani lequel le deuxième comte de Liverpool continua la politique de Pitt comme ministre des affaires étrangères.
J'ai reçu par la France la lettre que tu m'as écrite le 20 noyembre et celle de mon oncle du 22 ; ces deux mots m'ont fait plaisir, mais j'attends avec la plus vive impatience les courriers d'Allemagne, dont il manque six, et qui n'arrivent point depuis mon arrivée. Je n'en conçois pas la raison : les Français auraient-ils effectué leur dessein d'aller à Hambourg, ou l'Elbe est-il gelé?... Je n'ai pas un mot de Calais, oii je suis bien sût* qu'il y a des lettres pour moi.
La levée de l'emprunt aura étonné en France, où l'on était loin de croire que le ministère anglais pût trouver dix-huit millions sterling dans trois jours, avant que l'emprunt fût ratifié par le Parlement. Il existe vraiment de l'énergie dans ce pays-ci parmi les propriétaires, et ce sont les associations fondées par M. Reeves qui ont sauvé l'Angleterre d'une révolution ". Il y a ici une fort grande quantité de démocrates, mais sans la moindre force; ils travaillent cependant beaucoup. Une partie de l'opposition parait s'être jointe au parti de Home-Tooke, Shelidall et autres, qui sont les plus grands coquins et les plus déterminés propagateurs qui existent. Heureusement pour moi
^ L'année 1789 avait vu naître en Angleterre la pr^ière de ces associations. La Révolution trouvait de Téclio, et il se forma à Londres un parti qui, pour remettre en honneur les souvenirs de 1688, propageait les idées françaises. Burke {Réflexions sur la Révolution de France) signale deux clubs établis à Londres en 1790, Consiitutionnal society et Révolution society, « dans le but manifeste de nous entraîner à imiter la conduite de T Assemblée « nationale m , et il témoigne « le chagrin et l'inquiétude » qu'il en éprouve. Bientôt on vit Thomas Paine fonder la société des Amis du peuple, où se firent connaître Home-Tooke et quelques autres. Des meetings réunirent les ouvriers des villes manufacturières ; des mouvements séditieux furent réprimés par la force, et le parlement autorisa des mesures de rigueur pour assurer la tranquillité publique. Un peu plus tard, Reeves, jurisconsulte distingué, auteur d'une Histoire des lois anglicanes, fonda une association contre-révolutionnaire dans le but de seconder la politique de Pitt ; elle fut connue sous le nom de Crown and Ànchor, du nom de la taverne où elle tint ses premières séances. C'est de là que sortit ce parti des Indépendants dont il est question dans une autre lettre (23 mars 1797), et qui se rapprocha de l'opposition lorsque l'opinion publique se prononça fortement dans le sens de la paix.
que M. Rigaud ' et ses relations sont très-bien pensant, car je n'aurais pu vivre dans une femille de démocrates : il continue à me traiter avec i^^finiment de bonté. — Depuis le dégel, il fait une telle boue, qu'il m'est impossible de faire des visites sans prendre un fiacre, ce qui revient assez cber, mais dans les commencements il ne faut pas y regarder de très-près, car le seul moyen de se faire des amis est d'être très-attentif à les voir souvent.
LOUIS MALLET A SON PÈRE, A RERNE
Londres, 23 décembre 1796.
J'ai enfin reçu un mot de toi, mon cher père; c'est ta lettre du 16 novembre; elle m'a cependant fait grand plaisir. Je crains bien de ne rien recevoir de toi de longtemps, parce que tu ne m'auras écrit ici que quand tu auras appris la levée de l'embargo. Je t'ai écrit il y a huit jours une lettre longue et assez intéressante à l'adresse de ton domestique. Depuis lors j'ai revu madame d'Hénin qui m'a montré quelques lettres fort touchantes datées d'Olmutz et signées de madame de la Fayette ; je crois inutile de t'en envoyer la copie ; elles ne disent rien de plus que ce que je t'ai mandé. Le général Fitz- Patrick a prononcé ton nom au Parlement malgré les sollicitations de madame d'Hénin qui lui a donné des assertions hasardées, et qui ensuite n'a pas su s'en tirer quand je l'ai priée de les démentir : je ne savais point que ce général fût lié avec l'opposition, et je trouve mal à madame d'Hénin de m' avoir
' L*un de ces Genevois qui s*élaient expatriés à la suite de l'invasion française ; membre de l'Académie de peinture de Genève, et peintre distingué, il est Tauteur d'un beau portrait de Mallet du Pan que conservent les petitsenfants du célèbre publiciste. Son fils est connu par le Recueil de renseigne" ments relatifs aux beaux^arts, (Genève, 1849.)
engagée à lui Faire la moindre communicatioD. M. Malouet, à qui j'ai demandé conseil, aurait bien pu m'en donner un bon, celui de ne répondre à rien; mais il a malheureusement trouvé ta réputation compromise : du reste, il est plein d'amitié pour moi et je lui suis fort attaché : il m'a offert de devenir son secrétaire si je ne trouvais rien de mieux, et peut-être accepterai-je si je vois que cela traîne ; mais tant que je suis obligé de courir toute la journée je ne peux rien fiaire de plus.
M. de Montlosier m'a écrit aujourd'hui pour m'engager à aller le voir, parce qu'il avait reçu une lettre de toi : je compte le faire et lui porter quelques petites notes qu'il m'a demandées ; elles sont inexactes et incomplètes parce que j'ai toute autre chose dans la tète que la politique française, et que je suis toujours en l'air. Je dtnai avec lui chez le chevalier Macpherson il y a huit jours; notre quatrième était le docteur Gillies' qui a écrit l'histoire de Grèce. Je commence à être peu content de mes protecteurs chez lesquels il faut que je sois continuellement pour les faire souvenir que je suis là, et qui me promettent toujours de ne pas m' oublier, sans cependant rien faire. Le chevalier Macpherson m'invite à dfner très-souvent, mais me parle rarement de mon affaire. M. Reeves a reçu la lettre de M. Wickham ; il me fait amitié, mais il me renvoie au chevalier Macpherson, qui me renvoie un peu aussi à lui. La personne dont je suis le plus content est M. Hastings. Il est venu me voir, ce que n'a fait aucune autre personne, et comme je ne pouvais aller dîner chez lui ce jour-là et qu'il par* tait le lendemain pour la campagne, il me pria de passer chez lui le lendemain avant son départ; j'y fus, et il me témoigna combien il avait de reconnaissance de ce que tu avais fait pour lui, et le désir qu'il aurait de m'étre utile ; il me dit qu'il
^ Philologue écossais; succéda au célèbre Robertson, son compatriote et son ami, dans la charge d'historiographe du roi. L'ouvrage de Gillies a été un service rendu à l'érudition, et la meilleure histoire de la Grèce jusqu'à celle publiée de nos jours par le savant et regrettable Grote.
n'avait que peu ou point de connaissances dans le genre de monde qui pourrait me servir, parce qu'il s'était fait une règle pendant son procès ^ de ne devoir sa libération qu'à la justice de sa cause : il me représenta les difficultés qu*un natif même avait pour obtenir des places ; et quoiqu^il me crût plus utile qu'un natif sous plusieurs rapports, il me montra que les difficultés n'étaient pas moindres : a Cependant» me dit-il, je pour- « rai peut-être faire quelque chose indirectement, et tout ce « que je pourrai faire, je le ferai ; écrivez-moi si vous avez a besoin de moi dans quelque genre que ce soit, protection, « argent, etc. Je reviendrai en ville dans trois semaines et mon « premier soin sera de vous voir. » — L'on m'avait assuré qu'il témoignait très-peu et je l'ai trouvé bon envers moi au delà de toute expression : M. Malouet m'a dit qu'il ne promettait jamais rien et ne faisait rien espérer, mais qu'il était plus actif à obliger que tout autre. — J'ai été, depuis qu^je ne t'ai écrit, chez deux ou trois personnes qui ne sont point en ville et entre autres chez M. Bâtes. J'ai été chez lord Fincastle' que je n'ai pas trouvé, mais j'y retournerai. Je suis fâché de n'avoir aucune lettre de M. Trevor ' sur lequel je comptais un peu. On ne
^ C'est en 1781 que Fox, Sheridan et Burke dénoncèrent à la Chambre des communes Warren Hastings, comme coupable de cruautés et d'exactions dans le gouvernement de l'Inde. Le procès dura douze ans et se termina par un verdict d*acquittement rendu par la Chambre des lords. Il en coûta soixantehuit mille livres à l'accusé que la Compagnie voulut dédommager par une pension de cinq mille livres, motivée sur ce que Warren Hastings « avait contribué plus qu'aucun autre gouverneur à fonder la domination anglaise dans rinde. « Les services qu*il rendit à son gouvernement « ne sont pas moins « évidents, dit Macaulay, que la supériorité des talents dont il fit preuve ; si « les moyens dont il se servit furent souvent blâmables, il n'est pas moins « certain que son administration fut populaire parmi les Anglais et parmi les « indigènes. •
' Georges Fincastle, cinquième comte de Dunmore, marié en 1803 à l'une des filles du duc Hamilton.
' Ambassadeur anglais à Turin. Ami commun de Mallet du Pau et du chevalier Macpherson ; arrière-petit -fils de ce Sir John Trevor, speaker delà
me trouve point trop jeune pour voyager avec un jeune homme, mais maintenant les jeunes gens ne voyagent plus du tout : le goût et la mode en sont passés, et la guerre y met obstacle. Ce que je désirerais, serait d'avoir une place dans quelque bureau ou quelque chose m the Political Une, comme disent les Anglais, et c'est ce désir que j'ai exprimé à mon protecteur. Je répugne excessivement à entrer dans une maison de commerce où je serais dix ans à travailler comme une machine sans avancer d'un pas, mais j'espère ne pas en être réduit là.
Depuis que j'ai commencé à écrire ma lettre, j'ai vu
M. de Montlosier qui a reçu une lettre de toi. Il m'a donné quelques conseils, mais le chevalier Macpherson que j'ai vu aussi diffère totalement d'opinion : le premier voudrait que j'écrivisse au secrétaire du bureau de lord Grenville en me réclamant de M. Wickham et en lui annonçant mon but en venant en Angleterre; mais le chevalier croit que ce serait inutile et mal à propos, puisque ce secrétaire ne me connaît pas. M. de Montlosier voudrait parler pour moi à M, d'Yvernois^ mais, le chevalier qui le déteste en est fort éloigné : je
Chambre des cûmmnnes sous les règnes de Jacques II et de Guillaume III,
et de qui Burnet a dit : « Being a tory in principle, lie undertook to ma*
nage that party; provided he was furnisked witb such sum» of money as might purcbase some votes, and by him began the practice of buyng ofF men, in which hitherto the king had kept to stricter rules. » History of his own time (vol. lY, p. 74. 1823). Burnet oublie Robert Walpole qui se vantait de connaître le tarif de toutes les consciences. Notre Trevor devint plus tard lord Hampden ; une lettre de lui, insérée dans les Mémoires de Mallet du Pan (II, p. 81), dénote un esprit politique.
^ Genevois, d'origine française, et Tun des chefs du parti libéral dans la petite république, d*Yvernois n*en fut pas moins, dès le début, renneroi de la Révolution dont il prévoyait bien la propagatide incendiaire. Genève dut à son influence d*étre épargnée lors de Tinvasion française en 1792, et il reconnut la protection de Montesquiou en facilitant sa fuite lorsque ce général fut proscrit par la Convention. Condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, d'Yveraois se réfugia à Londres; en 1798, lorsque le territoire de Genève fut réuni à la France, il partagea avec Mallet du Pan et Duroveray Thonneur d'être exclu de la qualité de citoyen français.
le suis un peu aussi. Bref, je ferai ce que le chevalier m'iudiquera de plus convenable. II me semble que mon affaire prendra bonne tournure, et je compte beaucoup sur M. Hastings et un peu sur M. Rose; tout est suspendu pour trois semaines, parce que d'ici au 12 janvier pas une àme n*est en ville.
Le chevalier Macpherson m'a parlé longuement de ses idées politiques et m'a donné plusieurs choses à lire afin que je t'en rendisse une espèce de compte; ma première lettre t'en parlera. J'apprends par M. de Montlosier que tu vas publier un nouvel ouvrage : je te prie de ne pas m'oublier pour un exemplaire, non plus que M. Rigaud qui continue à avoir bien des bontés pour moi et auquel je te prie instamment d'écrire : il se trouvera bien payé par une lettre de toi. Je tâcherai de me procurer, comme tu me le demandes, ce qui paraîtra de mieux à Londres en fait de brochures. Le chevalier Macpherson, au lieu de montrer mon petit Mémoire (dont il m'a fait encore l'éloge hier) au secrétaire du comte de Liverpool, l'a prêté à Peltier qui en a été frappé et qui va en imprimer quelques morceaux : cela me fait infiniment de peine, parce que j'eusse. mieux aimé obliger M. de Montlosier que Peltier que je ne connais point et que je ne me soucie pas beaucoup de connaître. Mais voilà à quoi Ton est exposé quand on a affaire à plus fort que soi
MALOUET A MALLET DU PAN
Londres, 21 février 1797.
Il y a quinze jours seulement que j'ai appris d'Hambourg que M. Duperrier avait jeté mes paquets à la mer, c'est-à-dire celui dont il s'était chargé pour M,. Wickham, et dans lequel
492 COURESPONDANCE.
en était un pour vous, une lettre de quatre feuilles, écrite au moment où je comptais partir pour Saint-Domingue. II serait trop long, mon ami, de vous recommencer mon histoire à partir du mois d'octobre; mais je ne confierai plus rien aux gens officieux qui se débarrassent d'une commission sollicitée, sous le prétexte de l'approche d'un corsaire.
Je ne vous ai pas écrit depuis l'arrivée de votre fils : voilà un tort; il vous dira cependant si j'ai été bien aise de le voir et s'il n'a pas trouvé en moi l'ami de son père; mais, ami sans crédit, essayant jusqu'à présent sans succès tous ses petits moyens pour servir votre intéressant enfant, bon jeune homme, plein d'esprit, de raison, qui platt à tout le monde, et qui ferait sûrement son chemin dans un autre pays que celui-ci, où l'on croit avoir tout fait pour un étranger en lui donnant à diner, et un habit, s'il est nu; les Anglais sont charitables, mais firoids, et nullement serviables; ils n'aiment point du tout à employer les étrangers. '
Votre fils vous a mandé que, pour ne pas perdre son temps, je l'avais engagé à travailler, soit au journal de Montlosier ' , soit à ma correspondance. L'une et l'autre de ces ressources étant précaires et Irès-réduiles, il a préféré la première, qui lui fournit l'occasion de continuer son travail d'extraits; il y a beaucoup d'ordre, de méthode, de netteté, dans ceux dont il se charge.
Le succès du journal est encore bien incertain; il est jusqu'à présent en concurrence, et à peu près sur le même plan que celui de Peltier' : c'est un extrait de tous les papiers finançais.
1 Journal de France et d'Angleterre, publication périodique commencée en 1790 et qui parait n'avoir pas été continuée au delà de Tannée 1797. Les premiers numéros auraient été réunis en un volume in-8*^, S. L. 1796 ; mais
c volume n'existe point à la Bibliothèque nationale, du moins sous ce titre.
2 Peltier rédigeait alors, avec Rivarol et le vicomte de Mirabeau, les Actes des Apôtresy écrit périodique qui attaquait par le ridicule les meneurs de la Révolution. Cette publication fut suivie en 1802 de celle connue sous le
sans couleur, sans caractère d'auteur. Aujourd'hui seulement il coounence à parler en son nom sur la politique générale et la situation de l'Angleterre; nous verrons comment cela prendra; mais en attendant il peut à peine suffire aux frais.
Votre fils m'a communiqué ce que vous lui avez écrit, et j'ai su, comme bien vous pensez, de la première main tout ce qui s'est passé relativement à l'afFaire de la Fayette. Je ne partage point la chaleur de madame d'Hénin ; j'ai toujours sur le cœur les premières opérations du prisonnier; mais le traitement qu'il éprouve est si impolitique, si injuste, comparativement au ton et à la conduite qu'on se croit obligé de tenir avec de bien plus grands coupables, que j'ai été fâché de votre première lettre imprimée; celle qui l'a suivie est dans la mesure exacte qui vous convient. Quant à l'intérêt de ses amis de France, et à celui des partisans de la liberté dans tous les pays, cela est dans Tordre : il faut s'attendre à voir les gouvernements faibles et arbitraires vilipendés, lorsqu'en traitant de puissance à puissance avec les factieux avoués, ils ne se mettent en colère que contre les factieux repentants.
15 mars.
Trois semaines se sont écoulées depuis que cette lettre est commencée : j'ai un rhumatisme au bras droit, qui ne me
laisse plus la faculté d'écrire que par intervalles, et j'ai tant à
nom de V Ambigu, principalement dirigée conlre le système impérial. Napoléon, après avoir réclamé contre le publiciste par la voie de la diplomatie, l'attaqua devant les tribunaux anglais où celui-ci eut pour défenseur le célèbre Mackintosb. Une légère amende à laquelle le condamna la Cour du Banc du Roi fut bientôt couverte par la publication des plaidoiries. — Peltier mourut à Paris en 1825, pauvre et ignoré, laissant une quantité d^écrits signés ou anonymes, compilations en général assez confuses, mais où Ton trouve des détails et des pièces historiques qui ne sont point ailleurs. Il s*était fait connaître dès 1789 par un écrit adressé aux membres de l'Assemblée sous ce titre : Sauvetvous, sauveiL-nous !
écrire, tant de distractions pénibles, que ce qui me platt et me convient le mieux est rarement ce que je fais.
J'ai éprouvé une banqueroute qui dérange, non pas ma fortune, il n'en est plus question, mais mes moyens d'existence et ceux de ma famille. La maison Muittemann m*avait fait vivre ici pendant trois ans; aussitôt que j'ai eu un traitement de Saint-Domingue, je le lui ai abandonné pour m' acquitter, et j'étais quitte au P' janvier. J'avais même entre leurs mains de quoi faire face au crédit que j'ai procuré à ma famille sur Hambourg : tout est perdu.
Diverses considérations, louables assurément, me décident à publier successivement deux lettres' dirigées contre la phi^ lanthropie qui menace nos colonies en Angleterre comme en France ; ces lettres ont aussi pour objet de ne pas nous rendre inconciliables avec la France république, si Ton nous remet entre ses mains. J'avais donc à naviguer entre des écueils; il fallait n'offenser aucune des deux nations, ni les principes libéraux de celle-ci, ni les préjugés beaucoup plus violents des Français contre l'esclavage des nègres ; vous jugerez si j'ai rempli cette tâcbe. Plusieurs personnes distinguées par leurs lumières paraissent le croire ; mais les colons, les aristocrates enragés, me poursuivent comme un blasphémateur ; c'est votre
^ On trouvera ces deux lettres comme nous l'avons dit, ^ la page 285 du présent volume, dans les Mémoires sur les Colonies, (V. 215 à 209.) Cet ouvrage devenu rare mériterait d*être réimprimé ; nous en avons extrait tout ce qui se rapporte à notre publication. Ce cinquième volume est tout entier consacré à cette question de IVsclavage et du travail des nègres. L'auteur fait justice des mensonges de la philanthropie révolutionnaire : « La proclamation des droits de l'homme, — dit-il, — a été dans les colonies le signal de mas* sacres et de dévastations qu'il eût été facile de prévenir; l'affranchissement subit des cultivateurs esclaves était la sentence de Collot-d'Herbois contre les Lyonnais... Ce crime n'appartient pas tout entier à la première Assemblée; les envoyés de la seconde l'ont consommé; c'est à la Convention qu'il était réservé de les absoudre de tout le sang qu'ils ont versé, des ruines qu'ils ont amoncelées sur ce sol jadis le plus riche du globe. «
ami d'Entraigues dans tous les éclats de sa fureur. Ils ont chargé heureusement le plus béte d'entre. eux d'imprimer des injures dans la langue des halles, et ils agissent à Saint-Domingue pour faire nommer un autre député '. Voilà les fruits que je recueille de quatre ans de travaux, de patience, et d'ennuis qu'il serait difficile de vous peindre.
C'en est assez sur ce qui me concerne ; votre fils me communique vos lettres : combien vous êtes noir, mon ami ! Accoutumé comme je le suis à croire en vous , vous m'ôtez le peu d'espérances qui me restent. Cependant on nous assure de tous côtés que les élections seront moins mauvaises que vous ne le pensez ; il semble même que le Directoire change de ton et se dispose à prendre une figure humaine. Ici, le patriotisme a calmé les alarmes, qui croissaient outre mesure et qui ont seules nécessité la suspension des payements en argent ' ; opération inouïe, inattendue, et qui peut avoir des suites funestes. Je dois dire cependant que dans ce moment-ci le péril est écarté : l'esprit de famille, qui est celui de cette nation, a pourvu, quant à présent, à tous les inconvénients; tous les commerçants, toutes les corporations, sont convenus de donner et recevoir le papier de la Banque pour argent comptant; ainsi il ne résulte de ce qui a été fait aucun embarras dans la circulation ni dans les transactions commerciales; mais le principe de tout ceci étant l'accroissement de la dette et des taxes, l'accumulation des capitaux fictifs et conséquemment leur dépression se manifestent par le bas prix des fonds
1 Mémoires, chapitres xx, xxi.
3 C'est peu de jours avant la date de cette lettre que la Banque d'Angleterre, épuisée par ses avances à la coalition européenne, obtenait du gouvernement un ordre en Conseil qui suspendait pour quatre mois tout payement en espèces. L'opinion fut vivement émue, mais le Parlement s'associa i la mesure par un acte qui déclarait la situation de la Banque excellente ; à partir de ce moment les billets ne subirent plus aucune dépréciation, et la crise fut conjurée par cette merveilleuse intelligence du crédit qui distingue la nation anglaise.
LU
LOUIS MALLET A SON PÈRE, A BERNK
Londres, 3 mars 1797.
Je te prévenais depuis quelque temps que ce pays-ci était mécontent, que sa position était critique.: la bombe vient enfin d'éclater; une nouvelle scène vient de s'ouvrir, et Dieu seul sait où elle finira. Le conseil privé donna dimanche passé l'ordre à la Banque de ne plus payer en espèces. Voici comment on est venu là.
Le ministre, menacé d'une invasion d'un côté, et voyant d'un autre que la guerre était loin d'être populaire, a cru devoir créer une force armée considérable ; il a fait passer en Parlement les bills pour l'augmentation de la milice, la formation de la cavalerie, des chasseurs, etc. Il est résulté de là qu'on a mécontenté les provinces ; pour les persuader, on leur a représenté le danger d'une invasion, danger qui fit courir tout le monde aux banques répandues dans la Grande-Bretagne. Ces banques, manquant d'argent, arrêtèrent leurs payements, et tout reflua sur la Banque de Londres. Voilà la cause de cette mesure; mais la mesure elle-même est monstrueuse; elle devait être la dernière à prendre, et ses efFets sont incalculables ^
Hier matin j'assistai à une conversation à ce sujet entre M. Malouet et le chevalier Macpherson : « Songez,' lui dit tf M. Malouet, que par cette mesure le gouvernement devient «arbitraire; les billets de banque au-dessous de cinq livres
^ Voy. au sojet de la mesure prise'par le Conseil privé, la lettre de Malouet à Mallet du Pan, du 21 février 1797.
« qu'il va créer sont de véritables assignats, une monnaie for- « cée dont la création est dans la main du gouvernement; il n'a a qu'à émettre pour soutenir la guerre et payer ses soldats. Il Vous vous plongez dans un labyrinthe de maux incalculables, a si la paix n'est pas faite dans six mois. «
M. Malouet regarde l'Angleterre comme étant en péril. On te dira à Berne qu'on a pris la même mesure qu'en 1745; cela est inexact ; à cette époque ce ne fut point le {[ouvemement, mais la Banque qui ralentit ses payements. Ici, c'est le ministre ordonnant à la Banque de ne plus payer, parce qu'il a besoin d'or pour les troupes; c'est le ministre créant des assignats d'un louis et au-dessus (jusqu'à cinq), qu'il force le public à accepter; car on a beau dire que tous les grands négociants ont promis de prendre les billets comme de l'or, au pair des espèces sonnantes, il n'en est pas moins vrai qu'ils sont obligés de les prendre. D'ailleurs, quand l'Angleterre soutiendrait le crédit de ses billets, quelle sera la réaction provenant de l'étranger? Qu'est devenu le crédit immense de ce pays? Et puis quand pourra-t-on rouvrir la. Banque? L'époque est im« possible à fixer; et plus on la retarde, plus elle devient difficile à déterminer. Ensuite, qui pourra examiner ces billets? Personne : il n'y avait que la Banque en Angleterre qui connût ses billets; elle les vérifiait quand on les lui présentait; maintenant qu'ils deviennent monnaie courante, qu'on en fuit d'une guinée, cela ouvre le chemin à toutes sortes de fausses fabrications. La France va rendre à ce pays les ballots d'assignats de Quiberon en ballots de billets ' .
^ On lit dans V Histoire de la guerre de la Vendée par Alphonse de Beauchamp : « Puidaye obtint le rétablissement de la fabrique de faux assignats
■ créée par Galonné; douze cents ouvriers y travaillaient journellement* Pour
■ en assurer la circulation en Bretagne, Puisaye prit à Londres un arrêté au
• nom du Conseil militaire de Tarrnée catholique et royale portant que ces « assignats, qui avaient un caractère secret de reconnaissance, seraient échangés « par les sujets du roi contre le papier républicain pour subvenir aux besoins
• journaliers de Tarmée. * (T. III, p. 112.)