‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 13 sur 94 · Voir Tacite, Histoires, 1. II, 99-101; 1. III · texte numérisé non relu

Voir Tacite, Histoires, 1. II, 99-101; 1. III

3. Stilicoa, général de Théodose et d'Honorius, qui le laissa condamner à mort.

4. Narsès, général de Justinien, disgracié à l'instigation de l'impératrice Sophie, femme de Justin II. Pour se venger, Narsès aurait appelé les Lombards en Italie (567).

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neur et authorilé. Ne fault doooques demander si ceste nouvelle fut au Roy merveilleusement estrange*. Pour cela toutesfois ne voulut il succomber à fortune, mais en suivant sa nature ou coustume, qui tousjours a esté de croistre de cueur en ses adversitez et d^icelles se résoudre plus terrible et formidable à son ennamy, depesclia incoiitiiiant le seigneur Jean Paule de Cere avecques grosse somme de deniers, pour aller en toute diligence se mettre en Tune desdiites places de Fossan et Cony et, si mestieravoit de gens, lever jus^^ues au nombre de trois mille hommes de pied italiens et deux cens autres scrvans sur chevaux légers. Avecques luy renvoya ledit d*Esclienais' et par luy escrivit audit sieur marquis, que pour certaines et t)onnes causes il eust à faire un voyage vers luy, laissant cependant ItnJit seigneur Jean Paule en Tune des places et le seigneur de Montpesat en l'autre. Mais arrivez qu'ils furent au col de TAgnel', ils rencontrèrent la compagnie dudit seigneur Jean Paule et celle du capitaine Bonneval et le seigneur ChrestoOe Guasco avec mille italiens, dont il avoit la charge, qui s'en rctournoient en France, et leur comptèrent comment Fossan estoit assiégé; le marquis, ouvertement révolté contre le Roy, et qu'il avoit

1. La nouvelle de la trahison du marquis de Saluées fut ap^wrtée au roi par Tristan de Moneins, envoyë du sieur de llutnières, « chose, déclare François I*', dont il m'a desplu et desplaist, car c'est par trop mal recogneu l'obligation qu'il aroit envers moy •. François 1" au sieur de llumières, Crëmieu, t9 juin (Bibl. nat., ros. Ir. 3008, fol. 66).

2. François 1*' au sieur de llumières, Crémien, 14 juin 1&36 (Bibl. nat., ms. fr. 3008, fol. 50-51).

3. Le col d'Agnello (2,774 mètres) fait communiquer les vallées du Goil et de la Varaïu.

Juin 1536) SIXlAnt LIVRK. R5

envoyé des lettres à la poste pour faire tenir audit seigneur, et que par icelies (ainsi qu'ils avoienl entendu) il luy demandoit congé, allegant les causes et raisons qui à œ le mouvoient*. Parquoy ledit seigneur Jean Paule fut d*advis de temporiser au lieu où il estoit, ce pendant que ledit d'Eschcnais iroit vers le Roy, sçavoir ce qu'il luy plairoit ordonner. Geste nouvelle entendue, et pour ne pas perdre de temps, fit par moyens entendre au seigneur d'Annebault a Turin et au sieur de Monlpesat à Fossan la cause tant de sa venue que de son arrest et la charge qu'il avoit eu du Roy.

''iSB occasions sur quoy fondoit le marquis sa révolte estoient telles, à ce qu'il en dist à messire Martin du Bellay estant à Fossan, mesmc depuis qu'il eust pris le party de l'Empereur, estans ceux dudit Fossan en trefve, jusques à ce qu'ils eussent nouvelles si le Roy auroit agréable la capitulation par eux faicte, que tous marquisats estoient de droict tenus de l'Empire et que si les prédécesseurs s'estoient retirez de l'obéissance dudit Empire pour attribuer la souveraineté au dauphin de Viennois, luy qui avoit cognoissance de ce faict ne pouvoit moins que de retourner à son seigneur naturel. Au(]uel fut respondu par ledit sieur du Bellay que si ses prédécesseurs l'avoient tenu anciennement de l'Empire et luy Tavoit tenu par temps immemorable du Dauphiné, il devoit moins que ses prédécesseurs se retirer de

i. Le marquis François abandonna Coni le 14 juin et le 17 renvoya à François I" le collier de l'ordre. Voir ses letU*es k François 1**, 16 juin, à Montmorency, 14 et 17 juin et 4 juillet (Bibl. nat., Clairambault 335, fol. 126; mss. fr. 3037, fol. 30; 2998, fol. 77, 81. a. F. Décrue, op. eit, p. 264-266).

M MÉMOIRES DE nVILLAUllB DU BELLAY. (Join 1&36

Tobcissance de ccluy qui Ten avoit investy , non invesly , mais donné en pur don (car estant adjugé au Roy par confiscation pour la rébellion de son frère aisiié Jean Louis, ledit sieur le luy avoit donné) et qu*il n'avoit tiltre (|ue celuy du Roy comme dauphin ; et si le dauphin n'y avoit droict, luy n'en pouvoit avoir, mais son frère Jean Louis. En somme, la maladie ne procedoit de là; il est oit homme qui adjoastoit foy aux devins, lesquels luy avoient prédit que l'Empereur devoit ceste année déposséder le Roy de son royaume, et mesme offrit audit du Bellay, que l'Empereur estant jouissant comme il seroit dudit royaume, luy faire plaisir. Or, ces deux choses luy tourmentoient l'esprit, l'une la craincte qu'il avoit de perdre son estât, l'autre l'espérance qu*il avoit, faisant ceste révolte, d'estre favorisé de l'Empereur en la cause qu'il pretendoit au marquisat de Montferrat, de sorte que, parlant audit du Bellay, dist : c Je n'ay envie d'aller en France contrefaire le prince de Melphe »*, qui vouloit dire estre déshérité.

Despesche que fist le Roy, — Au demourant, le Roy ordonna et escrivit au sieur de llumieres', qu'outn^ les cinq cens hommes qu'il avoit levez au païs pour

1. Giano Caracciolo, prince de Melfi, avait passé au service da roi de France en 1529 et pour cette raison il eut ses biens confisqués par l'Erapereur. Il devint par la &uite maréchal de France et gouverneur du Piémont. Dans sa lettre à Francisque de Noceto, du 5 juin 1536, le marquis de Saluées se plaint des agissements du prince de Melfi (Bibl. nat., Clairambault 335, fol. 109).

2. Voir les lettres de François l*' au sieur de Hnmières, 22, 23, 25 juin, et surtout Ip mémoire en date de ce jour porté parle sieur de Moneins (Bibl. nat., ms. fr. 3006, fol. 74, 77, 79, 83, 84).

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b (çarde et aeareté des pMsagw, il se servis! des bandes do seigneur Chrestofle Guasoo, auquel il donna charge de les accomplir jusques au nombre de deux mille hommes et voulut qu'il servist en celle frontière» combien qu'il eust faict requeste d'estre employé ailleurs pour double qu'il avoit, qu*e8tant si près du marquis de Saluses (avea|ues lec|uel il avoit longuement et priveraient hanté, et mesmement se retirant ledit marquis avecqucs l'Kmpereur, avoit demeuré quelques jours avec luy, et s'il l'eust voulu croire l'eust entièrement suivy et laissé le service du Roy) <Ki eust par avanture quelque souspeçon et deffîance sur luy; mais le Roy s'y voulut fier et qu'il dcmourast là. Et y fut aussi envoyé le sieur de la Tour' à Essille' avecques trois cens arquebusiers ; et audit sieur de Humieres ordonné mettre bonne garnison dedans Suse pour avoir souvent nouvelles de la ville de Turin, en laquelle fut renvoyé le capitaine Camhray, dessus nommé, avecques le payement des gens de guerre estans dedans. Aux compagnies du seigneur Jean Paule de Cere et du capitaine Bonneval fut mandé qu'ils s'en allassent en Provence pour soulager le Dauphiné; au comte Guillaume de Fustemberg, qu'il print avec ses bandes le chemin de Cisteron et, qu'y laissant le bagage, il les conduisist à Barcelonne, Terres neufves*,

i. Probablement Philippe de la Tour, sieur de Vatilieu, lieutenant à la compagnie de l'amiral Chabot. François I** et Montmorency au sieur de Humieres, 16 et 22 juin 1&36 (Bibl. nat., ms. fr. 3008, fol. 57, 74 et 75}.

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