‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 29 sur 94 · Le 25 joillet. Voir Decroe, op. cit., p · texte numérisé non relu

Le 25 joillet. Voir Decroe, op. cit., p

lie MtliOnUtS Dl OUlLLAUm DU BILLAT. [Jaill. ISIS

remédier à l'une, combien d'accepter, accroistre et mettre à exécution l'autre ; et mesmement en ce temps icy, auquel (si oncques mais) il estoit re<|uis et devions tous nous employer et de corps et de biens à faire quelque digne chef d'oeuvre pour l'asseurance, tuition et defïense de la patrie et pour en repousser et mettre hors nostre ennemy, qui par trop grande confiance de sa fortune et de ses forces et par outrageux et superbe contemnement et mespris des nostres devoroit desja en son espérance cestuy nostre opulent et glorieux royaume. Sur ce leur fist autres plusieurs, mais briefs discours et bien succinctement troussez, en demandant Tadvis à un chacun à sçavoir lequel estoit meilleur ou marcher plus avant en pals, ou d'attendre sur le mesme lieu, tant que le supplément et renfort de gens ordonné par le Roy y fust entièrement arrivé, aussi quelle voye et moyen leur sembloit estre plus i propos pour bien conduire ceste guerre et pour heureusement la mener à chef.

Sur cest endroit, il voulut bien leur remonstrer et faire entendre que le Roy, s'il eust voulu, eust bien sceu de luy mesmes prescrire et ordonner toute la raison, ordre et moyen qu'il eust voulu estre tenuz au faict de ceste guerre ; et quant à luy venant du lieu dont il venoit, instruicl de celuy auquel principalement touchoit, et qui autant que nul autre avoit le jugement accompagné d'expérience au maniement de tds affaires qu'il n'estoit point ne trop perplex, ne travaillé d'opinion en ce qu'il auroit à faire; mais que tous deux avoient bien voulu tant déférer à la prudence, expérience et foy d'entr'eux, que de leur eo

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faire demander leur advis sur le faict et la chose eoooret estant en son entier; parquoy il attendoit d'eux tout et de chacun la tranche, libre et libérale opinioo. Telle fut sa proposition au conseil et nonobstant qu'il avoil ja prise aveoques le Roy ferme et résolue délibération de ne point venir au combat et de ne jouer le gros jeu sinon que extrême nécessité Ty contraignist ou qu'une seure et certaine opportunité s'y ofTrist, d'autant qu'ils sçavoyent et oognoissoient très bien que beaucoup plus est le devoir d'un chef et gênerai d'armée qui a de combatre pour et en son naturel et propre païs de meurement et sagement, que hardiment et soudainement s'exposer et mettre au hazard. Si avoit il approprié ses parolles et composé sa contenance de telle sorte et manière qu'on eust plustost jugé que son advis fust incliné à l'opinion contraire. Et ce faisoit il à propos et à son escient, parce qu'il cogooissoit la chose estre desja venue en coustume, que grande partie des capitaines et autres qui sont appeliez au conseil tendent aujourd'huy à la laveur et opinent communément selon qu'ils pensent et conjecturent que le chef et principal capitaine le trouvera bon ; et telle qu'ils estiment estre son opinion telle la donnent ils et appliquent tous leurs esprits à la confermer et fortiSer de raisons, en façon qu'elle puisse estre trouvée la meilleure. Et à ceste cause avoit il cherché de donner aux assistans occasion de penser que son opinion fust autre qu'en effect elle n'estoit. Et par ce moyen il faisoit son compte qu'en voyant impugner et confuter l'opinion qui véritablement estoit la sienne par gens qui peoseroyent foire tout le rebours,

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il auroit plus grande liberté de conférer et cootrepeser les raisons et causes mouvantes de l'une et de Tautre opinion.

Les advis du commencement furent plusieurs et bien divers, mais peu après se résolurent tous en deux, les uns estoyent d'opinion que Ton marchast plus outre et qu'on logeast le camp plus prez de Teniiemy pour le combatrc es angusties et destroicts des passages en lieu où il ne luy fust possible de s*estendre et de mettre en bataille toutes ses forces plustost que d'attendre à ce faire quand il auroit pris pied en lieu plus ample et spacieux et auquel il eust ledict moyen et commodité de s'estendre et de s'ayder de toutes aea forces. Les autres estoyent d'avis contraire et leur aembloit plus à propos de surattendre au lieu où ils estoyent pour donner au renfort et supplément qu'on attendoit espace et temps de pouvoir arriver et se joindre avec eux. Ceux qui estoyent de oest advis estoyent meuz et fondez sur les raisons ja devant desduictes, sçavoir est sur la procbaineté du grand et bien aguerry nombre de gens estant au camp impérial et sur le gros appareil qu'ils conduisoyent avecques eux, aussi l'asseurance et courage que leur donuoit la fresche victoire qu'ils avoient obtenue en Afrique, avecques la longue cognoissance et habitude des uns aux autres pour la longue hantise qu'ils avoient eue ensemble suivans toujours les armes à mesmes soldes et sous leur mesme naturel et droicturier seigneur, là où les Dostres au contraire esloient en grande partie, les uns mercenaires estrangers et les autres levci nouvellement et à la haste, qui n'avoient enoores cognoissance ne mutuelle affection les uns envers les autres

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et qui eo effect ne pouvoieot eooores estre tels que Ton 8*y deust tant «saeurer que de les conduire si avant qu'on vint à b nécessité du combat et en lieu paravanture desavantageux. Et pour ceste cause U leur sembloil que pour le plus seur (en attendant que leiH>edittes gens, qui tous estoient différends de laogue, de nneurs et de religion, s*accoustumeroient el accoincteroient un peu ensemble et apprendroient à se renger et retirer chacun en son ordre et soubs aoo enseigne pour après estre plus duicts à faire service) il valoit mieux se fermer et fortifier audit lieu où ils estoient, auquel ils avoient singulière commodité de vivres et grand moyen en attendant le renfort et aeoours des gens qui leur venoient et d'y temporiser et dissimuler et de quelques fois esprouver contre l'ennemy par seures et légères entreprises qu'elle seroit la hardiesse de nos gens à entreprendre et quelle la vertu à exécuter. Sur ce ooncluans en somme, que, le temps et consecfuence des choses considérées, il faisoit pour nous délayer et prolonger la guerre et, en amusant et ennuyant Tennemy, luy refroidir et amortir ceste impétueuse ardeur, en laquelle pour lors il sembloit estre; par tels moyens souvent advenu, que par conseil, provision, ordre et dissimulation se sont bien grandes choses conduittes à bonne et heureuse fin, lesquelles si elles eussent esté précipitées fussent réussies au contraire et au grand et pernicieux dommage des republiques.

Baisom de ceux qui disaient qu'on devait aller au devant de Fennemy et le combattre. — Au contraire alleguoient ceux qui tenoient Tautre opinion (et parmy eux peu avoit qui n'estoient point sans expe-

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rieoce) que le plustost marcher en avant et approcher de Tennemy estoil beaucoup le plus expédient et le meilleur. Car il pouvoit encores avoir environ de cent et octante mille jusques au lieu où il estoil ; et que de luy laisser gaigner autant de païs ouvert et sans resistence, ce n'estoit autre chose que luy bailler le chemin et Touverture de recouvrer vivres et fourrages à foison, et que luy donnant ceste cognoissance de la craincte que nous ayons de sa force, estoit comme tacite consession que nous n'osions approcher de luy. Chose qui estoit pour luy accroistre tousjours le cueur, ainsi que la peur et craincte aux nostres ; et qu'à ceux qui encores estoient suspends et en grand bransle de se joindre à l'un ou à l'autre party, en attendant quelque commutation et changement de fortune, nous donnions occasion (d'autant qu'ils o'auroient cognoissance de la vérité du faict ne des causes nous mouvantes à dissimulation) de s'atachcr au bruit commun qui s'en espandroit tousjours au plus grand avantage de celuy que l'on cognoistroit estre crainct et redoubté : chose qui les confermeroit en l'opinion desja conceue de l'heur et félicité de l'Empereur (à laquelle ils attribuoient toutes choses jusques à les faire joindre à luy ou quoy que ce soit se divertir et aliéner de l'espérance et saveur du Roy). « Là où (disoient ils) si nous approchons de l'ennemy et avant qu'il ait fermé le pied en Provence, nous arresterons sa fureur et romperons ceste première sienne impression, es destroicls et angusties des Alpes, il ne peult estre, encores que nous ne tinssions ne Frejus* ne Toulon, que pour le

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