‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 43 sur 94 · Voir Mupra, p · texte numérisé non relu

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ioutetibis liiMfr aneanlir et perdre le cueur et hardiette aux noilres; mais aeloo qu'il a voit les advertisgameiis des entreprises et desseins de l'ennemy, luy mesnie (autant que jugement d^liomme le pouvoit prévoir) ordonnoit qui, comme et jusques à quel but on iroit au devant de luy; et comme plus ou moins il voioit procéder les choses, plus ou moins il laschoit la bride, ou la retenoit, à ceux qu*il avoit ordonnez à faire les exécutions de son conseil. Par ce moyen, il fist sans rien mettre en hazard telle revenche de Brignolles, que le camp enncmy ne fut oncques un jour ou sans alarme, ou sans nouvelle de quelque rencontre, et ne passa jamais jour que leurs gens et les nostres ne s'assemblassent les uns contre les autres en quelque lieu, mais tous les jours et sans aucun en excepter au desavantage et perte de Tcnnemy ; et oncques ne fut aux Impériaux possible de partir si secrètement, ne si à heures et temps incertains, ne par chemins si estranges et divers, que du venir ou du retour ils ne feussent rencontrez des nostres. S'ils sortoyent forts, ils mangeoyent ce qu'ils pouvoyent trouver, et en leur camp ne leur venoit aucun refreschissement ; si foibles, ils estoyent taillez en pièces, ou pour le moins battuz et pris, de sorte qu'ils ne sçavoient pas bien se resouidre du chemin qu'ils dévoient tenir, ou de se laisser affamer par crainte et peur de ne s'oser eslongner du camp, ou de se mettre en péril évident du glaive de Tennemy, pour éviter la mort odieuse ei reprochable.

Il n'y avoit pas alors beaucoup de temps que le seigneur Jean Paule de Gère passant avecques la compagnie de gens d'armes dont il avoit la charge et

t80 MtMOIRKS DK GUlLLAUm DU BtLLAT. [Août 1536

quelques chevaux légers italiens, et messire Martin du Bellay avecques deux cens salades dont il avoit la charge, avecques trois enseignes des gens de pied italiens, et advertis par les espies qu'auprès de LormarinS petite ville, par laquelle estoit leur chemin de passer, estoient venues fourrager aucunes trouppes de gens de cheval des ennemis, avoient mis embusche de leurs gens de cheval en divers lieux et endroicts, afin que s*ils failloient en quelque part, en l'autre ils ne faillissent à les rencontrer. Or, estoit advenu que sur le chemin qu'eux mesmes faisoicnt s'embattirent lesdits gens de cheval ennemis, chassans devant eux un gros butin et de bestes l)lancl)es et d'aumailles, qu'ils avoient assemblez parmy les champs aux environs, et les avoient chargez si furieusement et à l'iroproviste que la frayeur leur avoit osté le sens de considérer quel nombix? ils estoient, et de quel nombre ils estoyent chargez : car ils estoycnt de quatre vingts à cent, bien equippez et montez, et ledit seigneur Jean Paule n'en avoit point plus de ({uatorze; mais avec ce peu de gens il rescovrit le butin et print environ de trente prisonniers, et plus en eust pris, s'il eust eu des preneurs assez. Tant est vray ce que l'on dit qu'en une roupte, ne l'effrayé pour la peur qui l'estonne, ne le vainqueur pour le contentement de sa victoire a esgard à nombrer ses gens. Les ennemis, désireux de venger oeste honte, avoyent mis quelques jours après cent arquebusiers dedans le c^asteau dudil Lormarin, pour y faire une retraitte et refuge de leurs coureurs et en espérance aussi que s'ils pouvoyent attirer noz gens à les en venir dechas-

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