‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 89 sur 94 · Grufiiasco, à 5 kil. à l'ouett de Turio · texte numérisé non relu

Grufiiasco, à 5 kil. à l'ouett de Turio

4» lUtHOIIlIS Ol MABTIN DV BELLAY. [Not. I&37

pain pour suivre iiostre camp, parce que c'estoit lieu fort propre pour cesl effect, quelque chemin que noot voulsissions prendre.

Estans logez audit lieu de Grouillas, noz chevaux légers feirent rapport que Tennemy estoit campé au deçà du Pau, vis à vis de Montcalier, ayant toutesfois le pont à son doz pour se retirer quand bon luy sembleroit; après lequel advertissemenl fut conclu de tourner la teste droict à Tenncmy et luy donner la bataille ou bien le contraindre de repasser le Pau honteusement. Et pour cest effect fut mise nostre armée en campagne et fut mandé au capitaine Martin du Bellay (lequel avoit esté laissé à Rivole avec sa compagnie et deux enseignes de gens de pied françois, pour attendre une grande part des Suisses qui veooieol à la file, et là en faire une masse pour les mener la part qu'il luy seroit mandé) qu'il eust à marcher avec saditte compagnie et lesdits Suisses droict à la plaine de Montcalier, laissant dedans Rivole les deux enseigOM de gens de pied françois pour la garde du passage. Ce pendant que ledit du Bellay marchoit avecques quatre mille Suisses, monseigneur le Dauphin et monsieur le grand maistre estoient desja arrivez à la plaine et avoient jette leurs batailles, tant de cheval que de pied, en la forme qu'ils estoient délibérez de combattre, et noz chevaux légers avoient attaqué Tescarmouche avecques les leurs, entre le Pau et doz t>atailles, à laquelle y eut lieaucoup des leurs tuez et quelques uns prins, et peu des nostres : entre autres y (ut blessé des nostres d'un coup de lance le seigneur d'Aussun, capitaine de deux cens chevaux.

Ce temps pendant, noz batailles marcboient gaillardement, de quoy l'ennemy estonné ne se sentant suf-

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flsMit pour soustenrr ncstre effort, passa le pont, faisant tousjours entretenir reacarmoucbe pour couvrir sa retraitte, et laissant deçà pour le souAtenir mille ou douze cens arquebousiers et quelques pioquiers; dequoy inoosetgneur le Dauphin et monsieur le grand maistre ajaos la oognoissaoce depescbereot quelque iiofnl>re de gendanDerie et de gens de pied, pour les prendre à demy passez, chose qui leur fut empescbée à roocasion d'une treocbée qu'ils avoient faicte pleine d*eaa et bien flanquée, de sorte qu'on ne les pouvoit enfoncer. Estant le marquis repassé le Pau avec son armée, ceux qu'il avoit laissé pour le soustenir feirent le semblable, rompans le pont après eux^ ayans craincte d'estre suivis, si est ce qu'ils ne sçeurent si bien faire qu'il n'y en eust de prins et de tuez de ceux qui estoient demourez sur la queue.

En l'armée du Roy y avoit de gendarmerie la compagnie de monseigneur le Dauphin de cent hommes d'armes, conduitte par le seigneur de Humieres, son lieutenant ; celle de monsieur le grand maistre, cent, conduitte par le seigneur de la Guiche, son lieutenant ; le marescbal d'Aubigny, cent hommes d'armes esooAsois; le seigneur de Montejean, cent ; la compagnie do seigneur de Beaumont Brissay*, cinquante; le seigneur de Bonneval, cinquante ; le duc de Montpensier', cinquante; le seigneur Jean l^ule, soixante; le baron de Curton, cinquante; le duc de Nevers, cinquante; le seigneur de la Fayette, cinquante ; le seigneur de la

1. Jacques de Briiay, sieur de Beaumont, lieutenant au gou- Temement de Bourgogne, sénéchal de la Marche.

2. Louis II de Bourbon, prince de la Roche-sur* Yon, comte, pois (1539) duc de Montpensier, gentilhomme de la chambre.

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434 MtlIOniS Dl MAITIN DU BELLAY. [Nov. i&3T

Ferlé aux Ongnons, cinquante, et plusieurs autres compagnies dont je seroy trop prolixe de ies nommer. Aussi y estoit le duc de Vendosmois pour accompagner monseigneur le Dauphin, mais estoit sa compagnie demourée en Picardie.

Prinse de Montcalier. — [ieprùe de pluneurt forU. — Monseigneur le Dauphin et monsieur le grand maistre, voyans Tennemy estre repassé le Pau, délibérèrent d'aller passer à Garignan, auquel lieu ils pourroient refaire le pont s'ils le trouvoient rompu, sinon passeroient un gué qui estoit au dessoubs dudit pont. Et pour cest effect, après avoir laissé bon nombre d'hommes au bout de deçà du pont de Montcalier, pour empescher que l'ennemy ne repassast, estant desja le soleil couché, allèrent loger à la Loge* et à Carpenay*, et le lendemain à Garignan', auquel lieu ils firent refaire le pont. La nuict, quelques uns de Montcalier qui portoient affection aux François, passèrent deçà l'eau el trouvans le seigneur de Langey et autres en sa compagnie, luy feirent entendre que le marquis estoit deslogé d^ le soir et s'estoit retiré à Quiers avec toutes ses forces, ayant laissé vingt cinq ou trente mille sacs de bled, lesquels il avoit amassé sur le plat pats des environs, soubs espérance de se feitner là pour nous attendre. Laquelle chose entendue par le seigneur de Langey, avec eschelles, portes, clayes et autres choses, trouva façon luy deuxiesme de passer vers Montcalier; et arrivé qu'il fut, tous les citadins vindrent au devant de luy, lesquels en grande et accélérée diligence rabillerent le pont, si qu'avant il fust

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