Antignano^ i 10 kil. au sad^racat d'Asti
436 MtMOIBBS Dl MARTIN DU BELLAY. [Nov. 1537
à mondit seigneur le grand maistre, qu'ayant passé le Pau, il n*eust à passer outre qu'il ne fust arrivé.
Passage du Roy en Piémont. — Le Hoy , estant à Brian* çoo, délibéra de passer la montagne pour suivre son armée et par ce qu'il estoit mal accompagné, d'autant qu'il avoit tout envoyé après monseigneur le Dauphin, son fils, et qu'il sçavoit que le capitaine Martin du Bellay estoit retourné à Rivole au partir de la plaine de Montcalier, pour l'escorte du passage, luy manda qu*il eust à le venir trouver avec sa compagnie au Bossolin, à la descente de la montagne, pour luy faire escorte, et qu'il eust à envoyer gens le long de la rivière de la Douaire, à ce que ceux de Vulpian sur les chemins ne luy donnassent alarme, que premièrement il n'en fust adverty; ce que (ist ledit du Bellay, et alla trouver le Roy audit Bossolin, quelques jours devant la feste S. Martin; et estoit le Roy accompagné du cardinal de Lorraine, du comte de S. Paul et autres plusieurs gros personnages. Partant dudit Boasolin, ledit seigneur vint disner à S. Antonin, le long de la montaigne, assez près de S. Ambrois; et après disner passant par dedans Villane, vint coucher à JavanS auquel lieu il trouva le seigneur de la Ferté aux Oignons, avec sa compagnie, envoyé par monsieur le grand maistre pour accompagner le Roy. Dudit Javan print lendemain le chemin de Carignan, et sur ledit chemin rencontra la compagnie du duc de Montpensier et celle des Ëscossois qui venoient par^llement pour luy faire escorte. Estant arrivé à Carignan, vint devers luy monseigneur le Dauphin et monsieur le grand maistre, pour conclure avec S. M. ce
i. Giaveno, à 10 kil. au tad-ett d*AvifHaiia.
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qui ettoii à faire; auquel lieu eataos enaeinble leur vindifnt nouvelles comme ceux de Vulpian, par ce qu'il n*y avoit point de cavallerie à Ri vole nj Villanne, oouroient le val de Suze et faisoient l)eaucoup de dommage à ceux qui suivoient le camp. Pan|uoy fut soudain redcspeché le capitaine Martin du Bellay pour j aller, le(|uel arrivant à Rivole, oyanl Talanne comme ceux de Vulpian avoient destroussé près S. Antoine cinq ou six mullets cfaarget d'argent pour le payement de Tannée et ameooient ledit argent et les mullets, sans descendre passa la Douaire, coupant le chemin de Vulpian et vint si bien à propos qu*à trois mille près de Vulpian il atteignit les Impériaux, lesquels s*estans mis à la fuitte, abandonnèrent les mullets, amenans seulement les trésoriers, sans jamais avoir eu loisir de rompre les balles. Ce voyant, ledit seigneur du Bellay ne s'amusa à chasser les ennemis, mais seulement print peine de sauver l'argent du Roy et Tamena en seureté sans rien perdre dedans le chaSfleau de Rivole, où il y avoit le payement de nostr6 armée.
Après que le Roy eut communiqué avecques monsieur le grand maistrc, fut conclu par l'avis des capitaines que monseigneur le Dauphin et le grand maistre retourneroient le lendemain à Villedestellon, pour reoognoistre la ville de Quiers, car à toutes fins le Roy la vouloit assaillir, chcwe qui fut exécutée; et cependant que mondit seigneur le grand maistre reoognoissoit la place, se dressèrent de belles escarmouches, tant de gens de cheval que de pied.
Trefve entre le Boy et V Empereur. — Par la trefvc qui fut concliitte en Picardie, dont cy devant est faicte mention, fut permis à la roinc Marie de Hongrie d'en-
ISS intMOmiS DE MARTIN DU BILLAT. [Nov. 1537
voyer quelques gentilshommes siens en Espagne, pataaitt seurement par le royaume de France; aussi fut permis au Hoy d'y envoyer de sa part pour nx>yen« ner une paix ou trefve generalle ; ce qui fut faid respectivement d'une part et d*autre et telle exécutèrent leur légation ceux qui y furent envoyez, que la trefve et ahtinence guerre fut conduite autant bien pour le Piémont qu'elle avoit esté pour la Picardie ' . Et par ledit accord estoit dit que chacun demoureroit poaaes seur de ce dont il se trouveroit saisy, lors de la publi« cation de la trefve ; parquoy ceux de la garnison de Turin, de Verolinc, de Savillan et autres places limitrophes, estans de ce advertis, eslargirent leurs limites au plus loing qu'il leur fut possible, et par toutes les petites places et castellets mirent des gens au nom du Hoy, ceux du Montdevis feirent le semblable. Or il fut accordé entre ledit seigneur marquis, lieutenant gênerai de l'Empereur en Italie, et monseigneur le grand maistre, lieutenant gênerai pour le Roy, la forme dont l'on devoit user de laditte trêve, ainsi qu'il s'ensuit.
< Il a esté advisé, conclu et arresté entre messeigneurs les marquis du Guast, lieutenant gênerai de rEmpereur, et le grand maistre de France, lieutenant gênerai du Roy, que es villes que l'une et l'autre partie tiennent deçà les monts seront mises les ganùsoiis, c'est à sçavoir, en celles qui sont soubs rot>ei8aaDoe dudit seigneur Roy, en tel nombre et ainsi que par ledit grand maistre sera advisé, et en celles qui sont
1. La trêve df trois mois pour la Savoie, le Piëinool, la Ix>mbardie, le Dauphinë, la Provrnce, Gênes et Nice fol aigaêe à Monçon en Aragon, le 10 novembre 1537. Voir Doaont, Ccrp* diplomatiqu9t t. IV, ii| p. 157.
Nov. I&3T] luintiii unm. I»
robeisaaooe dudit tognoor Empereur, ainsi qu'il pareilleinent ordonné fMir ledit marquis, et le surplus des armées d'une pari et d'autre seront renvoyées, et dés demain xxix de oc mots, ledit grand maistre fenvoira celle d'iceluy seigneur Roy.
< Plus a esté accordé qu'esdittes villes et puces d'une part et d'autre seront portez el mis vivres et autres munitions et se feront toutes réparations et fortifications nécessaires, durant le temps de la présente trefve, ainsi et par la forme et manière que ceux qui auront la charge desdittes villes et places adviseront, sans qu'il soit faict sur ce mis ou donné d'une part ny d'autre aucun empeschement et où il surviendroit quelque difficulté, elle sera vuidée par lesdits seigneurs marquis et grand maistre, tant qu'ils seront par deçà, et en leurs absences par ceux qui demoureront lieutenans généraux desdits seigneurs Empereur et Roy. Faict à Carmagnolle, le xxviu jour de novembre, l'an mille cinq cens trente sept. >
Le XXVIII jour de novembre fut publiée la trefve à Ctmngnolle, où le Roy estoit, et pareillement en Ast où estoit le marquis du Guast, lieutenant gênerai de l'Empereur, à durer jusques au xxii jour de février subséquent. Trois jours après, le marquis du Guast vint faire la révérence au Roy à Carmagnolle, où il fut reœu dudit sieur humainement. Ce faict, parce qu'il estoit accordé par laditle trefve que les députa de par le Roy et ceux de la part de TEmpereur se trouveroient à Locate*, pour là ensemblement ad viser le moyen de faire une bonne et ferme paix entre leurs deux majestez, le Roy délibéra de se retirer en France,