‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 92 sur 94 · Leocate, cant. de Sigean, arr. de Narbonne (Ande · texte numérisé non relu

Leocate, cant. de Sigean, arr. de Narbonne (Ande

440 MiMOlilBS DE MARTIN DU BELLAY. \th%, lilT

mais avant son parlement voulut bien pourveoir aux affaires du païsde Piémont, et pour cest effect ordonna le seigneur de Montejean, gouverneur et son lieutenant gênerai audit pais, le seigneur de Langey, Guillaume du Bellay, gouverneur et son lieutenant gênerai dedans Turin, à Pignerol laissa gouverneur le comte Francisque de Pontreme, à Savillan le baron de Castelpers, messire Charles de DrosS piemontois, gouverneur du Montdevis, laquelle place il avoit surprise sur les Impériaux et gardée durant qu'ils estoient les plus forts en campagne, et dedans Verolinc laissa le seigneur Ludovic de Birague.

Les choses ainsi ordonnées, le Roy print son chemin par Pignerol, et après avoir licentié les Suisses pour se soulager de despense, amena quand et luy le comte Guillaume de Fuslemberg avec son régiment, laissant à Carmagnolle le capitaine Nicolas de Rusticis. Puis prenant le chemin par le Dauphiné, arriva à Lyon ', où peu de temps après depescha monseigneur Jean, cardinal de Lorraine, et monsieur le grand maistre de Montmorency, pour aller à Loquale convenir avec les députez de TEmpereur pour le faict de la paix. Lesquels, après avoir perdu Ijeaucoup de temps, ne vovans moyen de parvenir à grande conclusion, en fin arresterent une prolongation de trefve pour six mois, ù commencer le xxii jour de février, dedans lequel temps on se devoit rassembler, pour encores chercher

1. Charles Vaignon (Vagnonej, sieur de Drot, gouvemenr de Mondovi.

2. François I*' n'arriva à Lyon qui la fin janvier 1538. Il y éuit venu en passant par la valh'e de la Durance, après avoir séjourné environ un mois (31 décembre 1537-17 janvier 1538) à Montpellier.

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moyen d*MOorder une paix fiosle*, et vindrent troii* ver le Roy à Moulins, où il etioit venu cependant faire séjour.

En œ temps fut defbictte par Tarmée du Turc Tarmée du roi Ferdinand en Hongrie, où il y eut une perte pkit grande quMI n'y en a voit eu de nostre temps.

Prcmotmm mue ettats de comtestable et maretehal de Frmtce, — Le Roy, voulant bonoorer ceux qui aux guerres précédentes avoient travaillé pour luy faire service, et entre autres messire Anne, aeigneiir de Montmorency, pour les grands et insignes services qu'il luy avoit faicts depuis trente ans au précédant, et mesme de fresche mémoire à la descente de T Empereur en Provence et au pas de Suze, où par sa diligence et vertu il força les ennemis, aussi aux guerres de Picardie, tant à la prinse de Hedin, qu'avoir secouru Tcrouenne, laquelle sans sa diligence n'avmt moyen encores de tenir huict jours, pour la famine qui desja prcssoit les assiégez, l'honora de Testât de connestable, auquel n'avoit esté pourveu depuis te partement du duc de Bourt)on'; aussi n'ayant pourveu à Testât de marescbal qui estoit vaqué par le trespas du mareschal Je la Marche, il en pourveut messire Claude d'Ânnebault, au précédant capitaine gênerai des chevaux légers ; et la mareschaucie vaquant par

1. Les pouvoir» donnés an cArdinal de Lorraine et à Montnoorency sont datés de Carmagnola, 28 novembre 1537 (Arch. nat., J672, n*3). L«s conférences dorèrent un mois (du milieu de décembre 1537 au milieu de janvier 1538); le 11 janvier, on conclut une prolongation des U^ves de Bomj et de Monçon jusqu'au 1" juin 1538. Voir Décrue, op. cit., p. 332-335.

2. Par lettres de provision en date de Moulins, 10 février 1538 (Décrue, op. cit., p. 338-341; Cronique dm roy Françoyê premier, p. 236-239).

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la promotion de messire Anne de Montmorency à Toffiœ de connestable, il en pourveut le seigneur de Montejean, qui estoit demouré son lieutenant gênerai en Piémont.

Combat entre le seigneur de Veniers et de Sarzaïf, — Trois ou quatre jours après* fut vuidée une querelle, laquelle de longtemps a voit duré entre quatre gentilshommes de Berry, sçavoir est le seigneur de la Tour Landry et de Ghasteauroux, le seigneur de Sarzay^, le seigneur de Veniers^ et le seigneur de Gaucourt*. Le seigneur de Sarzay, comme moteur de la querelle, fut appelle et luy fut demandé s'il avoit dit que le seigneur de la Tour s'en fust fuy de la bataille de Pavie ; il feit responce que ouy, et que le seigneur de Gaucourt luy avoit dit. Le seigneur de Gaucourt fut appelle et luy fut demandé par le seigneur de Sarzay s'il luy avoit pas dit que le seigneur de la Tour s'en estoit fuy de la bataille; Gaucourt, sans advouer ny desavouer, luy dist : < Vous m'avez dit que Veniers le vous a dit. > Sarzay soudain respondit : c Ouy, Veniers le m'a dit.» < Messieurs, dit Gaucourt, puisque Veniers le luy a dit et qu'il le tient de luy, je n'ay que faire de respondre. > Parquoy ledit Gaucourt fiit reovoyé et fut appelle Veniers, qui nia audit Sarzay l'avoir dit et lui donna le desmenty. Pour en cc^^noistre la vérité et sçavoir qui estoient faulx accusateurs, fut

1. Le 17 février. Voir Catalogue tU$ actes, t. VIII, n* 29692. La Cronique du roy Françoyt premier reproduit un récit du combat, p. 232-236, d'après une brochure contemporaine que l'on trouvera à la Bibl. nat., FonUnieu i7i, fol. 207.

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