Raoul de Gaucourt, sieur de Luzarcbas
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ordooné quMU oorobttiroient en «mp dos : Vocat- «00 qui meut le Roy de leur donoer le combat fut que tous les trois accusateurs o'esioieni à la bataille, wam en leurs maisons à leur aise, parquoy il leur flttoil makisé de cognoistre qui avoit fuy. Le aeigneiir de Venien porta les armes, qui estoient uo cortelel à longues tassettes avec des manches de maille et des gantelets et le morion en teste et une espée bien trenchante à la main droite et une autre à la main gauche; en cest equippage entrèrent en camp conduits par leurs parrains et accompagnez de leurs confidens. Le seigneur de Bonneval estoit parrain de Veniers, le •ogneur de Villebon, de Sarzay, pour l'absence du sieur de Boissy, qui estoit son parrain; après les publications, sermens et autres cérémonies aocoustumées faictes, furent laissez aller, ils firent très bien leur devoir de combatre de leurs deux espées, mais comme gens qui n'estoient fort bien usitez en telles armes, en fin se saisirent au corps, abandonnans leurs espées. Le sieur de Veniers ayant desja la daguette au poing, et le sieur de Sarzay cherchant de tirer la sienne, le Roy ne voulant qu'il passassent outre, jetta le baston, parquoy ils furent separei par les gardes du camp, qui estoyent monsieur le connestable, monsieur le comte de Sainct Paul, duc de Touteville, Louys monsieur de Nevers, et monsieur le mareschal dWnriebault. Ëstans les deux champions remis en leurs chaires, pendant que le Roy, avec son Conseil, ordonnoit ce qu'il vouloit qui fust faict, le sieur de Veniers, lequel estoit blessé sur le col du pied d'un coup d'espée, par faute d'estre estanché, après que le Roy eut donné sa sentence les mettant d'accord et après avoir remis le seigneur de la Tour en son bon-
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neur, ayant le Roy affermé l'avoir veu le jour de la iMtoille faisaot son devoir près de luy, une tievre quarte, qui de longue main lenoit ledict Veniers, fut convertie en continue, dont peu de temps après il mourut.
Entreveue du Pape^ Empereur et Roy^ à Niu. — Trefve de dix ans. — Au mois de may subséquent, le Pape Paul tiers de ce nom, voyant la misère estre universelle par toute la chrestienté, à Toocasion des guerres, désirant mettre en patience TEmpcreur et le Roy, pratiqua de faire une assemblée de ces deux princes au lieu de Nice, à laquelle encores qu'il fîisi aagé de lxxv ans, il s'y trouveroit, pour estre moyen de faire une paix générale parmy la chrestienté. Les deux princes s'y condescendirent, et le jour prins de s'y trouver au commencement de juin, qu'on comptoit mille cinq cens trente sept*, le Pape s'y trouva audit jour, aussi feirent leurs deux majestez; et en ceste assemblée la saincteté du Pape travailla merveilleusement, pensant vuider tous leurs différends, mais voyant n'y avoir moyen d'y trouver une paix finalle, proposa une trefve de dix ans, espérant que, durant ledit temps, les inimitiez enracinées dedans leurs cueurs se pourroient mitiguer; Hnablement laditte trefve de dix ans fut conduite, marchande et cornmunicative entre les païs et subjects de leursdittes majestez et toutes hostilitez d'armes suspendues.
Abouchement de V Empereur à Aiguemories. — Les choses ainsi confirmées et jurées par leurs majestei
1. Lire 1538. Les conférences de Ifiet enrent Uw à la fti àf mai et dans la première quinzaine de juin. Voir C. Capâsao, Pnpa Paolo III e l'ItaUa. La trêve de dix ans fut conclue le 18 juin {Croniqut du roy f^amçoh premier, p. 240-251).
JoiD'jaUl. iiSê] BUinÈlfl UYir 44&
ealre les mains de Sa Saindeté, chacun print le cbemin de sa retraiUe : le Pa{>e print la volte de Home, l*EiBpereur celle de Barcelone et le Hoy print son chemin par Avignon pour retourner en France. Au quel \mà d'Avignon estant arrivé, eut nouvelles de la part de l'Empereur qu'il avoit désir encores de communiquer avecques luy, et que s'il vouloit se trouver à Aiguesmortes, ledit seigneur Empereur y prendrait terre, chose que le Roy luy accorda ; et se trouvans à Aigoesmortes, l'Empereur mist pied à terre et vint disner avec le Roy en grande démonstration d'amitié et fraternité; puis le Roy alla dedans la gallaire de l'Empereur, auquel lieu ils eurent ensemble de grands propos; quels ils furent je ne sçay, mais on ne s'est apperceu qu'il en soit sorty aucun efTect*. Après la trefve publiée, tout le reste de laditte année et de l'an mille cinq cens trente huict ne se feirent autres choses, sinon limiter ce dequoy devoit jouir un chacun.
Mort du maréchal de Montejean et succession du nutresekal d'Annebault, pour estre vice roy en Piemtmê» — Fortification des places de Piémont. — L'an mille cinq cens trente huict-, le Roy, estant à Gompiegne, tomba malade d'une apostume qui luy descendit au bas du ventre, dont il fut en grand danger de mort. Au mesme temps vindrent nouvelles au Roy que le mareschal de Montejau, son lieutenant gênerai en Piemont, estoit en extrémité de maladie et hors d'espe-
1. L'entr«Tue d'Aiguesmortet se produisit les 14 et 15 juillet. Voir Decme, op. eu., p. 353-356; Cronique du roy Fratt^' çotM premier, p. 252-353.
2. Lire 1539. François 1" séjourna à Compiègne du 28 septembre à noTembre 1539. La nomination du maréchal d' Annexant est du 20 septembre (Bibl. nat., ms. fir. 3115» fol. 24).
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rance de vie, parquoy il depeschea pour tenir son lieu le mareschal d'Annebault, et avec luy le seigneur de Langey pour tenir son lieu en son absence, et le capitaine Martin du Bellay pour gouverneur de Turin, lequel gouvernement il avoil remis entre les mains du Roy peu de temps au précédant. Lequel d'Annebault ayant nouvelles par les chemins du trespas du seigneur de Montejean, print la poste pour estre pluslost en Piémont, ayant doubte qu'estant le païs sans gouverneur il en advint quelque inconvénient. Aussi durant laditte trefve le Roy feit fortifier et pourveoir ses places de Piémont : à Turin feit revestir de muraille les quatre boulleverts, faisans les quatre angles de laditte ville, aussi feit faire les fossez tels qu'ils sont de présent; feit pareillement édifier de nouveau un chasteau à Pignerol, où estoit l'ancien chasteau, composé de quatre boullevers et quatre courtines, laissant au milieu ledit ancien chasteau pour servir de roquette; et feit le semblable à Montcalier pour couvrir la ville, qu'elle ne fust veue comme elle estoit de la montagne. Aussi fist faire trois boulleverts à Savillan, et le seigneur de Cental, esleu de Riez, feist avec l'ayde du Roy fortifier Cental ; aussi feist le comte de Beyne, sa ville de Beyne*, et les meirent en tel estât, que depuis l'armée impériale, encores que maintefois elle ay passé près de leurs portes, ne les a osé attaquer.
i539. — Passage de C Empereur par la France. — L'an mille cinq cens trente neuf, les Gantois ayans esté offensez de plusieurs nouveaux tributs qui leur avoient esté imposez au nom de l'Empereur, et sentans que
1. B«ne Vtficnna, à 10 kil. à l'est de Fos»«no, entre U Stan et le Tanâru.
SeptHiée. fS39) HumâMI UYll. 447
i*Eoipefeiir. qui estoit en Espagne, n'avoii grand moyen de prompteinent venir en set Pals Bas, délibèrent de s'en ressentir; et pour oest effect saccagèrent les officiers de TEmpereur, et pour mieux se fortifier et venir à Tefiect de leur entreprise envoyèrent secrelteraeot devers le Roy luy offrir de se mettre entre ses mains comme leur souverain seigneur, luy offrirent pareillement de faire le semblable aux bonnes villes de Flandres. Chose que le Roy reAisa, pour n'estre infracteur de foy envers l'Empereur, son bon frère, attendu ta trefve jurée entre eux depuis deux ans, en advertist l'Empereur ; lequel, oognoissant par oest advertiasement et autres qu'il avoit de ses serviteurs, que ses Pals Bas (qui estoient sa force) estoient en haard d'estre perdus, ne pouvant trouver moyen d'y pourveoir si promptement qu'il en estoit besoin, car passant par Allemagne il n'estoit pas asseuré des protestans, lesquels luy pourroient empescher son passage, et se mettant par mer se mettroit au hazard des vents qui le pourroient aussi bien jetter en Angleterre comme en Flandres contre son vouloir, car il n'estoit asseuré du roy du pais, pour les divisions qu'avez entendu par cy devant qu'ils avoient eues à cause du divorce de la royne Catherine, sa tante, se résolut de se mettre sur la foy du Roy ; et pour cest eflect envoya ses ambassadeurs devers luy, estant enoores malade à Compiegnc, luy offrir, au cas qu'il luy baillast passage seur, de grandes choses, et entre autres d'investir luy ou l'un de ses en fans du duché de Milan.
Le Roy jugeant le cueur d*autruy par le sien, et estimant qu'un tel prince que l'Empereur ne le voulust atHiser de paroles, après plusieurs allées et venues,
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tant d*une part que d*autre, luy accorda telle seureté qu'il voulut demander et mesme se mist à chemin pour aller au devant de luy, eocores qu'il ne fust bien saio de sa maladie, et envoya monseigneur Henry, dauphin de Viennois, son Bis aisné, et monseigneur Charles, duc d'Orléans, son HIs puisné, jusques à Bayonne, pour le recueillir à l'entrée de son royaume et l'aO" compagner jusques au lieu où le Roy et luy se potfN roient rencontrer. Or, est il que des promesses que ledit seigneur faisoit au Roy, il pria de n'estre importuné de les signer, à ce que par cy après on peust dire qu'il les eust faictes par contrainte pour obtenir son passage, et qu'il pleust au Roy de s'asseurer de sa parole, mais qu'à la première ville de son obéissance où il arriveroit, il luy en donneroit telle seur^ qu'il auroit occasion de se contentera
Occasion du voyage de monseigneur le mareschal d'AnnebauU à Venise, — Or, est il que l'Empereur, de sa nature malitieux, voyant luy avoir esté accordé ce passage pour denuer le Roy de ses amis et alliez, attendu que ledit seigneur y alloit de bonne foy , inventa une chose que je vous diray. Les Vénitiens qui estoient entrez en ligue avec l'Empereur contre le Grand Seigneur se trouvans y avoir esté abusez, car de jour à autre leurs richesses diminuoient, et cognoissans bien qu'il leur estoit besoin pour la conservation de leur estât d'appoincter avec ledit grand Turc, estoient sur le train d'entrer avec luy en une paix ou en une bien longue trefve, et abandonner la ligue faicte avec l'Em-
1. Pour les négociations qui préparèrent le pasMge de Charles-Qttint par la France, voir Décrue, op. cU.f p. 371-376; Crontf «« du roy Françoi» premier, p. 275-276.
Dée. ^9n\ Humtm unat. ut
perear, qui •eroit à «on grand préjudice; pour à cbote obvier persuada le Roy, en aorte qu*U •n aeigneur d'Aniiebaull, mareachal de Praooe, ci ion lieutenanl gênerai en Piémont, d'aller de-^tsonipagiiie avec le marquis du Guast à Venise, comme ■inluimdfiiri soleooels, pour faire entendre à li teigneorie de Yenise la grande fratemitc qui estoit entre leurs deux maistres, et qu'ils eussent bon cou> rage, car le roy de France se liant avec eux en ligue, comme il feroit, tous ensemble dresseroient une armée, tant par terre que par mer, pour chasser hors d'Europe la race des Ottomans; car en ce faisant il roettoit les Vénitiens hors d'opinion d'accorder avec le Grand Seigneur, et mettroit ledit Grand Seigneur en haine contre le Roy; aussi mettroit le roy d'Angleterre en souspeçon, de sorte que ledit Anglois commença à se raaaeurer de l'Empereur et s'eslongner de Tamitié de noalre Roy, mesme tous les autres allia du Roy entièrement en souspeçon, voyans les superintendens des deux majestez en Italie, en telle fraternité. Chose qui fut exécutée. Et s'embarqua ledit awreachal d*Annebault au pont du Pau de Turin, et vint rencontrer le marquis du Guast à Gazai Majour, auquel lieu ils se mirent tous deux en une t>arque, et en œst equippage allèrent à Venise faire leur légation * . i540. — Or, en ce faisant et durant les choses cy devant dittes, le mois de décembre 1540*, arriva TEmpereur à Rayonne, auquel lieu il fut recueilly par
1. Sur cette mission, Toir J. Zeller, la Diplomatie françaiêe vert le milieu du XFP siècle, d'après la correspondance d« Guillaume PeUicier, p. 191-196.