Trineant, Histoire manuscrite, fol. 161 v
INTRODUCTION. xxvn
Boyssauvet et de tous autres biens immeubles sis aux pays d'Anjou, Vendômois et Maine, diverses hypothèques et, d'une façon générale, « tout ce que par les coustumes des lieux où ses biens immeubles sont situés et assis luy peult donner et léguer ». Il insiste auprès de ses autres héritiers Jean, René, sa sœur Louise, ses neveux et nièces, pour que Martin soit mis en possession sans division et sans délai de la part qui lui revient; ces terres et seigneuries passeront ensuite à son fils aîné et se transmettront d'aîné en aîné dans
la descendance dudit Martin ; et, au cas où celui-ci n'aurait
que des filles, le testateur veut que « lesdites choses dessus données et léguées appartiennent à la dicte fille ayant espousé un gentilhomme desdits noms et armes et aux fils esnez descendans dudict mariage ». N'ayant pas eu de postérité de son union avec Anne de Créqui, Guillaume du Bel* lay prenait les précautions les plus minutieuses pour assurer la survivance du nom et du titre qu'il avait illustrés 1 .
Guillaume du Bellay, nous l'avons dit, ne put pas parvenir jusqu'au pays natal, sur l'air duquel il comptait pour rétablir sa santé. Il mourut à Saint-Symphorien-de-Lay, le 9 janvier 1543. Dès qu'il eut appris la fatale nouvelle, Martin, à la discrétion et ordonnance de qui Guillaume avait laissé l'exécution des derniers devoirs, demanda son congé. Après avoir mis en sûreté Turin, dont le gouvernement fut confié à un gentilhomme gascon, Tristan de Moneins, il se hâta vers la France 2 . Déposé d'abord chez le sieur de Saint- Ay, près d'Orléans, le corps de l'ancien gouverneur général du Piémont fut transporté au Mans, où, sur les indica-
1. Bibl. nat., ms. fr. 4332, fol. 73-75; abbé Pointeau, l'Héritage et les héritiers des du Bellay, Mayenne, 1883.