Mémoires, t. IV, p
INTRODUCTION. xzxm
Oudart du Biez voulut même les abandonner sons prétexte d'une attaque anglaise par terre, venant de Calais. A deux reprises, Martin du Bellay fut envoyé par le Roi devant Boulogne pour s'assurer de l'état des choses; ses avis ne furent pas écoutés. Une dernière visite, en compagnie du prince de Melfi et de M. de Maugiron, conclut à l'impossibilité de terminer les préparatifs du siège avant l'hiver 1 . L'opération fut donc abandonnée; tous les efforts de l'année 1545 avaient été perdus.
Cependant, la nouvelle s'étant répandue que le roi d'Angleterre faisait rassembler des lansquenets en Allemagne et qu'ils étaient déjà arrivés à Florennes, dans les Ardennes, Martin du Bellay, avec 1,000 hommes de pied, les arrièrebans de Bourgogne et une partie de ceux de Champagne, reçut l'ordre de se porter vers la trouée de l'Oise pour surveiller les mouvements de l'ennemi. Cette surveillance ne fut pas de longue durée, car, faute de solde, les lansquenets se débandèrent et rentrèrent presque aussitôt en Allemagne 2 .
Au retour, Martin fit partie d'une ambassade que François I er envoyait aux Pays-Bas. La mort du duc d'Orléans (9 septembre 1545), dont le traité de Crespy avait stipulé le mariage avec une nièce de l'Empereur, rendait nécessaires de nouveaux arrangements. L'amiral Claude d'Annebault, le chancelier Olivier, le contrôleur des guerres Gilbert Bayard avaient mission de s'entendre à ce sujet avec Charles-Quint. Les ambassadeurs et leur suite quittèrent Folembray le 1 er novembre et, par Cambrai, Valenciennes et Courtrai, atteignirent l'Empereur à Bruges. Les entretiens se poursuivirent à Anvers et finalement n'aboutirent à