Mémoires-journaux du duc de Guise, p
INTRODUCTION. XLY
poir, fat rompue : nouvel avortement et complet. Martin s'occupa d'obtenir pour sa compagnie et ses protégés des postes avantageux dans les places où l'on maintenait des garnisons 1 .
Ce fut sa dernière campagne. Sa vie proprement militaire se terminait dans ces champs d'Artois et de Picardie où elle avait commencé. Comme conclusion, Henri II lui donnait le collier de son Ordre (1555) 2 . Désormais l'activité de Martin est confinée à la Normandie. Sa lieutenance n'était pas une sinécure. La nouvelle reine d'Angleterre, Marie Tudor, qui avait remplacé le jeune Edouard VI, mort le 7 juillet 1553, manifesta aussitôt des sympathies pour l'Espagne; elle les affirma en épousant le fils de Charles-Quint, l'infant Philippe, le futur Philippe II. Bien qu'elle ne fût pas encore ouvertement déclarée, l'Angleterre pouvait être considérée comme ennemie. Il convenait de prendre des précautions et de mettre les côtes normandes à l'abri de quelques coups de main ou de quelque entreprise de piraterie. Dans les premiers jours de novembre 1553, Martin fit réoccuper l'île de Jersey, dont le néerlandais Adrien Cral s'était emparé quelques mois auparavant 3 . U faisait durant
1. Bibl. nat., ms. fr. 20456, fol. 315 (Martin du Bellay au duc de Guise, du camp de Fonsomme, 21 septembre 1553).
2. Bibl. nat, Clairambault 1212, fol. 107-108. Deux lettres de Jean du Bellay à Montmorency à ce sujet, datées de Rome, , 16 janvier 1554/5 et 7 mars 1555/6, et une gravure représentant Martin prêtant serment; cette gravure est tirée d'un volume encarté dans le manuscrit et intitulé : Statuts de l'ardre de Saint- Michel, Imprimerie royale, 1725, frontispice de Boulogne gravé par Cochin. Le collier de Martin fut ensuite remis à M. de Villeroy. Jbid., fol. 119.
3. Charles de la Roncière, op. cit., t. III, p. 486; Papiers d'État de Granvelle, t. IV, p. 137.