‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 4 sur 258 · IV INTRODUCTION. I · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION. I

en 1532, il obtint le chapeau de cardinal en mai 1535. ,

Comme beaucoup de prélats à cette époque, il cumula les bénéfices : aux sièges de Paris et du Mans, il ajouta ceux de Limoges (1541), de Bordeaux (1544), d'Ostie (1555), et il réunit les revenus d'une vingtaine d'abbayes : Breteuil, Longpont, Saint-Vincent du Mans, la Couture, Lérins, Tyron, la Trappe, Cormery, la Fontaine-Daniel, Saint- Maur-les-Fossés , etc. Ces fructueux bénéfices récompensaient une activité diplomatique infatigable. Jean du Bellay suivit d'abord les affaires d'Angleterre où il n'accomplit pas moins de six missions : de septembre 1527 à février 1529 ; de mai 1529 à janvier 1530; en août-septembre 1530; en octobre 1531 ; de novembre 1533 à janvier 1534 ; enfin en septembre et octobre 1544. Dans l'intervalle, il avait pu faire ses preuves de négociateur habile sur le théâtre difficile de Rome : de janvier à juin 1534 et de juin 1535 à février 1536. Au début de 1544, il fut envoyé en Allemagne, lors de la diète de Spire. Membre du conseil étroit, € patron » d'une nombreuse clientèle d'agents secrets, de publicistes officieux et d'humanistes, Jean du Bellay tint pendant les dix ou douze dernières années du règne de François I er un rôle de premier plan. Il fut moins en faveur sous Henri U. Il passa désormais la majeure partie de son existence à Rome : chargé de mission dès juillet 1547, il ne retourna en France que vers juillet 1550 1 ; puis, après un séjour de moins de trois ans à la cour (juillet 1550-avril

dans la Revue de la Renaissance, 1. 1, p. 217-238 ; t. II, p. 23-41 ; P. de Vaissière-Bourrilly, Correspondance... (1527-1S29), 1906, Introduction ; Weiss-Bourrilly, Jean du Bellay, les protestants et la Sorbonne (1529-1535), 1907; fiourrilly, Jean du Bellay en Italie (1535- 1536), dans la Revue des études rabelaisiennes, 1907. t. Sauf un bref déplacement en septembre-novembre 1549.

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1553), il regagna l'Italie pour n'en plus revenir : évêque d'Ostie (1555), doyen du sacré collège, « le premier après le pape » et peut-être, en secret, candidat au souverain pontificat, il mena la vie élégante et luxueuse des princes de l'Église et mourut le 16 février 1560, suivant dans la tombe, à quelques mois de distance, le dernier de ses frères, Martin (lu Bellay 1 .

Celui-ci et l'aîné de toute la famille, Guillaume, nous intéressent plus directement, puisqu'ils sont les auteurs des Mémoires. Nous n'insisterons pas sur la biographie de Guillaume du Bellay; nous nous bornerons à en rappeler les traits essentiels*. Né en 1491, introduit à la cour dans les dernières années du règne de Louis XII, sous les auspices du comte de Vendôme, il fit ses premières armes en Italie. A partir de 1524, son existence nous est bien connue. Il est d'abord chargé de plusieurs missions plus ou moins secrètes en Espagne, lors de la captivité de François I er , puis en Italie, à Venise, k Ferrare et à Rome (juillet-septembre 1526). Nous le retrouvons auprès de Clément VII de novembre 1526 à janvier 1527; il revient en mars 1527, trop tard pour empêcher une nouvelle défection du pape, à temps pour participer avec Renzo da Ceri à la défense de Rome contre le connétable de Bourbon. En novembre 1527, il est détaché à « l'armée de mer », formée des galères vénitiennes, génoises et françaises, sous le double commandement de Renzo et d'André Doria. En compagnie de ses frères, Jacques et Nicolas, il se distingue dans cette expédition de Sardaigne qui se termina piteusement (printemps de 1528). L'année

1. Sur le rôle politique de Jean du Bellay à Rome pendant le règne de Henri II, voir L. Romier, les Origines politiques des guerres de religion, 4913-1914, 2 vol.

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