D'une lettre de Jean du Bellay à M™ de Langey, 23 mai
1559, il semble résulter qu'il y avait alors trois filles vivantes. Abbé Froger, art. cité, p. 215-216.
2. Sur René du Bellay, baron de la Lande, mort le 26 mars 1606, voir Trincant, Histoire généalogique, et l'abbé Blanchard, Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1897, p. 259- 280. Pour l'exécution des clauses du testament de Guillaume du Bellay, voir abbé Pointeau, V Héritage et les héritiers des du Bellay, Mayenne, 1883. Jean du Bellay s'était préoccupé également d'avantager sa nièce (actes des 15 mai 1555, 16 février 1560; lettre à M"* de Langey du 23 mai 1559 mentionnée à la note précédente).
INTRODUCTION. Lin
défendit d'en sortir de six mois. Jeanne d'Albret, prévenue du fait, se plaignit à Charles IX, à Catherine de Mèdicis, qui intervinrent auprès de la mère. Celle-ci se défendit et écrivit à la reine de Navarre et à la reine mère : « J'ay voullu que ma fille me suyve partout où j'iray et qu'elle vive de la sorte que son père a vescu et comme le Roy veult que tout le monde vive en son royaume. » Après un échange actif de correspondances 1 , M me de Langey consentit à envoyer sa fille à la reine de Navarre, qui la reçut « à bras ouverts » et la nomma ensuite (mai 1564) gouvernante de sa fille, la future duchesse de Bar. Catherine du Bellay épousa Charles de Beaumanoir, sieur de Lavardin 2 . Quant à M me du Bellay, qui avait à peine dépassé la quarantaine à la mort de son mari, elle vivait encore le 11 février 1584. M. Beaucousin suppose qu'elle mourut seulement vers 1589, plus que septuagénaire.
L'idée des Mémoires appartient à Guillaume du Bellay 3 . L'ambition de raconter l'histoire de son temps lui vint de bonne heure, presque dès le début du conflit entre François I er et Charles-Quint, peut-être lorsque, inscrit sur la liste des gentilshommes de la Chambre, il approcha de la personne du Roi et fut ainsi mieux en situation de con-
1. Ces lettres de Charles IX, de Catherine de Médicis, de Jeanne d'Albret et les réponses de M m «du Bellay-Langey (d'octobre 1561) sont reproduites par Trincant, Histoire généalogique, fol. 210-213.
2. Voir Fleury Vindry, Dictionnaire de Vétat-major français au XVI* siècle, p. 66-67.
3. Voir pour les détails V.-L. Bourrilly, Guillaume du Bellay, 1. IV, ch. vu, et Fragments de la première ogdoade latine^ Introduction.
uv INTRODUCTION.
naître plus exactement les circonstances des événements dont il voulait écrire le récit. En fervent humaniste, il choisit comme modèle Tite-Live. Imitation non seulement extérieure : emploi de la langue latine, groupement des livres en Ogdoades, à l'instar des Décades de l'historien latin; mais encore interne, si l'on peut dire, dans l'allure de la narration, l'ampleur des développements, la prédilection pour les discours (conciones). Dès 1524, peut-être même un peu avant, Guillaume du Bellay jetait sur le papier une ébauche de la première Ogdoade.
Les multiples missions militaires et diplomatiques dont il fut ensuite chargé durent l'empêcher de poursuivre le travail de rédaction ; mais elles lui fournirent, avec l'expérience des affaires, une ample documentation et une connaissance plus approfondie des hommes et des choses. Bien plus, François I er , instruit de ses projets, montra qu'il y prenait un vif intérêt : non seulement il prodigua les encouragements, mais, ce qui valait mieux, il donna toutes facilités pour connaître les documents d'État, les correspondances diplomatiques. Guillaume du Bellay prit ainsi figure d'historiographe officiel. Il ne négligea rien pour que son œuvre fût digne de la faveur royale : il interrogea tous ceux qui avaient participé aux événements, se fit fournir par certains des rapports et des mémoires, dépouilla, comme nous dirions, les archives particulières. Il nous est possible de surprendre ce travail de préparation : nous avons en effet, pour l'histoire des années 1531 à 1533, une sorte de canevas déjà assez développé, avec l'indication des pièces à rechercher, des témoins à consulter, des détails à vérifier 1 . De 1536
1. Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, 752, fol. 279-348; Mémoire, t. II, p. 122-226.