LI INTRODUCTION
s'est contente de la transcrire à peu près telle quelle, sans même prendre la peine, sauf peut-être sur un point 1 , d'effectuer les recherches que Guillaume avait recommandées en marge. Du reste, ce qui a trait aux affaires d'Allemagne est formé, pour la majeure partie, de discours composés par Guillaume 2 . Martin s'est borné à faire dans un dossier déjà constitué les raccords indispensables et à piquer quelques souvenirs personnels. De même au livre I, pour les débuts du règne et la campagne militaire du Nord en 1521, il est certain que Martin a utilisé les fragments de la première Ogdoade latine laissée par son frère, soit qu'il ait lui-même directement travaillé sur le texte latin, soit qu'il se soit servi d'une traduction ou d'un résumé préparé par Guillaume. Les ressemblances dans l'allure générale du récit et dans les détails sont trop nombreuses et trop précises pour laisser sur ce point le moindre doute 3 . Au livre III, dans le récit du renvoi de l'ambassadeur impérial Granvelle, Martin reproduit littéralement un procès-verbal officiel et plus loin le texte de la capitulation signée par le marquis de Saluées et le prince d'Orange 4 . Cette façon de procéder familière à Guillaume, mais nullement dans les habitudes de
1. Pour le récit de l'affaire de « Pécuyer Merveilles > {Mémoires, t. H, p. 206-225), Martin du Bellay reproduit des pièces que le canevas prescrit de rechercher; mais il se peut fort bien qu'il ait utilisé tout simplement un dossier déjà préparé par Guillaume.
2. Mémoires, t. II, p. 231-284. Les deux • oraisons » sont p. 248- 260, 261-282.
3. V.-L. Bourrilly, Fragments de la première ogdoade latine, Introduction, p. xin-xrv; Mémoires, 1. 1, p. 62, n. 6; p. 70, n. 2; p. 107 et suiv.; p. 115, n. 1 ; p. 118, n. 2; p. 120 et suiv.; p. 123, n. 1; p. 124, n. 3 et 5; p. 131, n. 3; p. 132, n. 5; p. 133, n. 3; p. 148, n. 1.