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en rapports avec les princes protestants allemands, sur lesquels s'appuyait de préférence le roi de France dans sa lutte contre Charles-Quint. Au vrai, la politique française dans les € Allemagnes » consistait à grouper, sans distinction de religion et sous prétexte de défendre les privilèges du Saint- Empire et les « libertés germaniques », tous les adversaires de l'Empereur. Dans une première mission (mars- juillet 1532), Guillaume du Bellay sut unir le protestant Philippe, landgrave de Hesse, le plus actif des confédérés de Smalkalde, et les catholiques ducs de Bavière : moyennant la promesse d'un important subside, ces princes s'engagèrent, par le traité de Scheyern, à contrecarrer l'ambition des Habsbourg. Une seconde mission, plus longue et plus ardue (novembre 1533-juin 1534), eut des résultats encore plus importants : à la diète d'Augabourg, Guillaume du Bellay fit décider la dissolution de la ligue souabe, sur laquelle Charles-Quint et Ferdinand comptaient pour maintenir en . paix l'Allemagne du Sud; il facilita ainsi la rentrée d'Ulrich dans son duché de Wurtemberg. Cette victoire d'un prince brouillon, qui s'empressa de renverser le catholicisme dans le pays, mécontenta les ducs de Bavière. Par la consignation à Munich des subsides promis, Guillaume sut empêcher une rupture entre les Bavarois et les Wurtembergeois.
Au cours de cette mission, notre diplomate s'était rendu compte que l'union politique était subordonnée à l'entente religieuse. Il prépara les voies à un accord entre protestants et catholiques. Pendant deux ans, il s'acharna à faire aboutir les projets de concorde. Ses agents, Gervais Waïn, Ulrich Chélius, Jean Sturm et Jean Sleidan, son parent Barnabe de Voré, sieur de la Fosse, sollicitèrent des principaux représentants de la Réforme, de Mélanchton, de
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Bucer, de Hédion, des Suisses, des consultations suffisamment modérées pour pouvoir être soumises avec quelques chances de succès à la catholique Sorbonne et même au pape. On était encore au temps où la rupture entre les deux confessions ne paraissait ni définitive ni irrémédiable. Les projets de concorde constituaient l'élément essentiel d'une combinaison diplomatique à très grande envergure, dans laquelle François I er et ses ambassadeurs, au premier rang les du Bellay, se flattaient de faire entrer et agir de concert les principaux ennemis de Charles-Quint, le chef de la catholicité, aussi bien que le schismatique roi d'Angleterre et les princes luthériens allemands. Comme le roi de France signait à cette date les premières Capitulations avec le sultan Soliman, c'était en somme toute l'Europe qu'il espérait grouper contre Charles-Quint. Entreprise grandiose, ou plutôt démesurée, qui s'écroula par la base! Ses tentatives de concorde se heurtèrent à l'hostilité des docteurs de Sorbonne et à la mauvaise volonté de beaucoup d'Allemands. Guillaume du Bellay eut beau intervenir auprès des confédérés de Smalkalde (décembre 1535), il n'obtint rien, et lorsque, au milieu de 1536, il revint en Allemagne, ce fut surtout pour y défendre la politique de son maître contre les « calomnies » impériales et pour y recruter des soldats, car la guerre venait de reprendre entre François I er et Charles- Quint.
Sans négliger les affaires allemandes, — comme publiciste officieux et par ses agents il gardera le contact jusqu'à la fin de sa vie ou presque, — Guillaume du Bellay va désormais consacrer la meilleure part de son activité aux affaires d'Italie : on connaissait son habileté de diplomate, il se révélera chef énergique et prudent organisateur. Après deux
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courtes missions (février- mai, août-septembre 1537), dans lesquelles il sut rétablir l'accord entre des chefs rivaux et ravitailler Turin, il fut chargé du gouvernement de cette dernière ville lorsque la trêve de Carmagnole, confirmée par celle de Nice, eut laissé le Piémont aux Français. Comme gouverneur, il eut une double préoccupation : d'abord faire vivre les troupes sans trop fouler les habitants et pour cela maintenir une stricte discipline parmi les bandes campées dans le pays et assurer un prompt ravitaillement; ensuite pourvoir à la défense de notre nouvelle conquête non seulement en hâtant les travaux de fortifications de la ville et des places environnantes, mais aussi en gagnant la sympathie des nouveaux sujets du roi. La « manière douce » du gouverneur de Turin, — qui d'ailleurs n'excluait pas l'énergie, lorsque c'était nécessaire, — contrastait avec la rigueur quelque peu brutale et les faiblesses du gouverneur général du Piémont, René de Montjehan. Tandis que les habitants, écrasés de réquisitions, recouraient à la protection de Guillaume du Bellay, les soldats, empêchés de vivre à discrétion sur le pays conquis, se mutinaient et trouvaient en Montjehan trop de condescendance. Bientôt les rapports entre les deux hommes devinrent tellement tendus qu'ils ne communiquèrent plus que par écrit. Guillaume du Bellay quitta Turin pour Murel et finalement obtint, pour raison de santé, un congé qui débarrassa le gouverneur général d'un auxiliaire trop populaire et, comme l'expérience et une commission d'enquête le prouvèrent, trop clairvoyant (novembre 1538).
A la mort de Montjehan, qui survint peu après (septembre 1539), Claude d'Annebault fut nommé gouverneur général du Piémont : Guillaume du Bellay fut chargé de Tac-