‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 114 sur 200 · Jean de Haatemer, •' de Fenracqaes · texte numérisé non relu

Jean de Haatemer, •' de Fenracqaes

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les trouva à vau de rouUe (hors rois le premier rang, comme dit est) sans donner un coup de picque, à cause de quoy la teste des Espagnols n'ayans plus de gens de pied à combattre tourna sur monseigneur d'Anguien, de sorte qu*à ladite charge il perdit plus qu*à la première, parce qu'il n'avoit plus de gens de pied pour le soustenir. Or n'avoit il nouvelles qu*estoient devenus noi François et Suisses, qui luy faisoit présumer qu'ils estoient deffaicts, car entre le lieu où combattirent noz Suisses et François et le lieu où combattit monseigneur d'Anguien y avoit une petite colline, de sorte qu'on ne pouvoit avoir cognoissance l'un de l'autre ; si est ce qu'il résolut et ceux d'avecques luy de tous mourir avant que se retirer. Parquoy par plusieurs fois rechargea, mais il trouva tousjours un nombre d'arcbuziers ennemis pesie mesie de luy, et le bataillon des picquiers les suivoient tousjours sans rompre leur ordre, et si n'avoit pas enfin plus de cent chevaux en sa compagnie, qui estoit peu pour combattre quatre mille hommes, mais c'estoit à la descsperade. Pendant que monseigneur d'Anguicn s'estoit retiré sur la main droicte pour avoir moyen de recharger sans estre empesché de rarcl>uzerie ennemie, qui rem|)eschoit de ce faire, estant tousjours pesIe mesle de luy, les Espagnols eurent nouvelles de la deffaicte du reste de leurs gens, parquoy perdirent le cueur, et en lieu de nous attendre commencèrent leur retraicte, laquelle ne leur fut permise d'achever, car le seigneur d'Anguien ordonna le seigneur d'AussuD, aveoques environ cinquante chevaux, (>our les charger par les flancs, et luy aveoques le reste, qui s'estoit rassemblé près de luy, leur donna sur la queue, mais

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esUos charge! ils ne iindreol point, car diacun ta»cboit à se sauver ou dedans les bosques, ou dedans les cassioes, toutesfois peu ou point se sauvèrent que tout ne (îisl pria ou tué.

Pour monstrer que jeunesse faict faire beaucoup de choses bazardeuseSf le sieur d'Anguien, sur œste dernière charge, voyant le sieur de Sainct André s'estre mis devant la trouppe pour recharger le premier, baissa la veue pour faire le semblable, n'ayant que six chevaux avec luy, mais il fut arresté par un capitaine expérimenté, luy remonstrant Pinconvenient advenu au duc de Nemours à Ravenne, pour pareille entreprinse, lequel ne luy feit autre response, sinon qu'on fist donc retirer le sieur de Sainct André, ce qui fut faict.

Le prince de Salerne voyant la defTaicte de leurs Allemans et de leur cavalerie, se retira, parquoy il ne perdit beaucoup de gens, car les François et les Suisses qui poursuivirent leur victoire un grand mille mettoient au fil de Tespée tout ce qu'ils trouvoient devant eux, spécialement les Suisses, lesquels estoient irritez pour la mauvaise guerre que les Impériaux leur avoient faicte au Montdevis, ainsi que j'ay dit précédemment, en souvenance de laquelle ils crioient : c Montdevis! » et ne prenoient aucun des ennemis à mercy, mais les tuoient entre les mains de ceux qui leur vouloient sauver la vie.

Vous pouvez entendre que sans Tadvis que print monseigneur d'Anguien de s'arrester près de noz Gruiens, asseurement la bataille estoit perdue pour nous, car estans lesdicts Gruiens et Italiens deffaicts sans coup ferir, le bataillon impérial de quatre mille

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