IV II
258 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Joill. 1544
de trouver moyen de faire composition si bonnorable que les hommes fussent sauvez, parce qu'il n*y avoit ordre de les pouvoir secourir. Or avoit le seigneur de Granvelle faict surprendre un pacc{uet, dedans lequel fut trouvé Talphabet du chiffre que ledit seigneur de Guise avoit avec le comte de Sanxerre, sur lequel il avoit contrefaict ladite lettre au nom dudit seigneur de Guise. Le comte et les autres capitaines n'ayans cogooissanoe de cette falsité, furent en diverses opinions, mais en fin ayans respect au grand travail que les soldats avoient porté, pour avoir esté assiégez par l'espace de six sepmaines, et que les vivres et munitions leur commençoient à défaillir, de sorte que malaisément eussent ils eu pouidres pour soustenir enccNret un assault, conclurent de tenter la volonté de l'Empereur et envoyèrent un trompette au camp impérial, afin d'obtenir saufconduit pour envoyer un geotilhorame devers l'Empereur, ce qui leur fut accordé. Et puis après, par Tadvis des capitaines, fut ordonné pour y aller Jacques de la Chastaigneraye, seigneur de la Chcnvaire', lieutenant dudit comte de Sanxerre, lequel Chenvaire, cognoissant les capitulations que l'Empereur vouloit faire trop rigoureuses, se retira sans rien conclurre ; mais en fin après avoir esté par trois fois assemblez pour ladite capitulation, fut accordé douze jours de trefves, et qu'il leur seroit baillé saufconduit pour envoyer devers le Roy, sçavoir si dedans ledit temps il les envoyeroit secourir, ou si la capitulation luy seroit agréable, et au cas que non, ils demeureroient en leur entier; aussi où il l'auroit aggreable et