Adrien de Pisseleu, s' de HeiUj
Août IS441 DIXIÉMI LIVRE. fÊi
de cent hommes d*armes pour le soustenir, mais il D*ea eut beaoiog.
Pomrparlé lUfoix. — L'Empereur, voulant suivre son entreprise, partit de Sainct Disier, y laissant bonne garnison, et vint loger le iendemain à Vitry en Parthois^ auquel lieu il eut nouvelle que le roy d'Angleterre, quelque promesse qui fust entr'eux, n'estoit délibéré de passer outre qu'il u'eust mis en son obeissaooe Boulongne et Montreul. Gela diligemment considéré par l'Empereur et que si luy seul marchoit plus avaut en pals (estans desja ses soldats déballez pour le travail et faulte de vivres qu'ils avoient souffert devant S. Disier, et que pareillement ils souffroient) la faim suffîroit pour le combattre, sans les forces du Roy, lesquelles il voioit gaillardes et sur le point de prospérer, pour le contraindre ainsi qu'ainsi de faire lionteusement sa retraitte, il commença à gouster quelques pourparlez qui avoient esté mis en avant', durant le siège de S. Disier, d'une paix entre le Roy ^ luy, par le moyen de son confesseur' et du seigneur de Granvelle, avec quelques serviteurs du Roy ; chose où ledit Empereur estima pouvoir honnestement entendre sans en communiquer au roy d'Angleterre, attendu que desja il avoit failly de promesse et qu'il doutoit (outre ce qu'il connoissoit bien que si ledit roy d'Angleterre prenoit Boulongne et Montreul,
1. Charles-Qaint arriva à ViU7 le 26 août et y demeura le 27; c'eat \k que fut décide le plan des opératiotis ultérieures.
2. Sur ces pourparlers, voir Paillard et Hérelle, op. cit., p. 366 et sttiv.
3. n s'agit de fray Gabriel de Gozman, confesseur de la reine Éléonore, et non de Charles-Quint.
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la oonqueste ne seroit que pour luy), que par après se sentant fort deçà la mer, il luy fust plus difficile quand ilsauroient à traitter ensemble; si est ce qu'avant passer plus outre, il envoya sommer ledit roy d* Angleterre de se venir joindre, suivant leurs traittez, au lieu qu'ils avoient conclu. Mais véritablement l'Empereur ayant considéré Tarduité de son entreprise dès son arrivée en France, avoit en passant et sans se déclarer introduit iceux propos, mais du depuis les avoit cachez, les reservant pour s'en servir alors que la nécessité en laquelle il estoit réduit le contraindroit. Et après avoir pensé à la proximité de sa ruine, feit poursuivre chaudement ce qu'il avoit prémédité touchant la paix, de sorte qu'il fut prins jour d'assembler les députez, tant de la part de l'Empereur que du Roy, au lieu de la Chaussée*, mi chemin de Challons et de Vitry . De la part du Roy furent députez pour oest effect Claude d'Annebault, amiral de France, et le seigneur de Chemans*, garde des seaux de France; et de la part de l'Empereur le sieur dom Ferrant de Gonzague et le sieur de Granvelle. Et pour aller devers le roy d'Angleterre, de la part du Roy fut député le cardinal du Bellay et avec luy le président Raimond *,