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jtttques à b pointe de Saiiide Ueleine que pour oonsi* derer la contenance des ennerais. Geste pointe est par où 1*00 entre dedans le canal ' qui fait la séparation de Tisle d*Huicht et Angleterre, regardant devant vis à \is de Portemuth. L*arniée des ennemis estoit de soixante navires esleuz et très bien ordonnez en la guerre, quatorze desquels, à la faveur du vent de terre, sortirent de Portemuth d'une grande promptitude, et en si bel ordre que Ton eust dit qu'ils attendoient de pied coy nostre armée pour la combatre. Mais monsieur T Amiral, allant contre eux aveoques le reste des galleres, sortit aussi le reste de leur armée hors du Havre au devant de luy ; où après avoir long temps combattu à coups de canon, les ennemis commencèrent à se couler à main senestre au couvert de la terre, en lieu où ils estoient deffendus par quelques forteresses qui estoient sur la falaize, et de Tautre oosté de bans et de rochers couverts d'eau, lcs(|uels sont assis au travers du chemin, laissans seulement une entrée estroitte et oblique pour passer peu de navires de front'. Geste retraitte et la nuict qui approcfaoit mirent fin au combat de ce jour, sans que en tant de coups de canon et d'autre artillerie qui furent tirez eussions receu perte notable. Quand les galleres furent de retcMir près de la pointe Sainde Heleine, vindrent nouvelles à monsieur l'Amiral que la MaUtreste (qui estoit le meilleur et principal navire de nostre armée, et sur lequel il avoit délibéré de combatre) couloit en fons et qu'il n'y avoit autre espérance que de sauver
i. Le canal de Spttbead.
2. Sar U bauiUe de l'Ile de Wight (18-21 juillet), voir Ch. de La Roncière, op. cit., t. III, p. 420-424.
288 MÉMOniS Dl U/jmji DU BELLAY. [JutU. 1545
les hommes et Targeot du Roy, lequel estoit dedans pour le payement de l'armée. La cause de oe dommage fut (à ce que Ton presumoit) que sortant du havre de Honfleu pour se jetter à la rade, ledit navire toucha en terre, et de ce heurt là quille et gaborts s^estonnerent , de sorte que les joints des planches s^ouvrirent tant que les estouppes qui estoiont mal pressées dedans lesdits joints vindrent à s'abreuver, tellement que le jour d'après ce navire, estant agité d'un vent fraiz, feit tant d'eau que l'on ne pouvoit plus fournir à Tevacation.
Estant monsieur l'Amiral venu pour donner remède tant aux hommes qu'audicl navire, trouva que le seigneur de la Mailleraye, vice amiral de France, Tavoit ja fait descharger et renvoyé au Havre pour le radouber. Ce faict, ledict Amiral nyuut député un autre navire pour luy, disposa de Tordre des batailles pour le lendemain. L'ordre fut que le navire qu'il avoit esleu pour représenter celuy qu'on avoit renvoyé au Havre, dedans lequel devoit estre sa personne, seroit au front accompagné de trente navires qu'il avoit esleuz; le seigneur de Boutieres costoyant ce bataillon sur la corne droite, accompagné d'autres trente six navires ; le baron de Curton^ feroit la corne senestre, armé de pareil nombre de navires; et considéré l'avantage du lieu où se tenoient les ennemis, fut ordonné que dès le matin les galleres les iroient trouver à l'ancre pour les escarmoucher à coups de canon le plus furieusement qu'ils pourroient, et en combattant se retircroient vers Doz batailles, pour y attirer (s'il estoit possible)