‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 143 sur 200 · OuU'eao, eant. de Samer, arr. de Boulogne (Pas-de-Calab · texte numérisé non relu

OuU'eao, eant. de Samer, arr. de Boulogne (Pas-de-Calab

306 MtMOIRES Dl MAimn DU BELiJiY. fAoAl 1&45

noit le mareschal du Biez, pourquoy il D*y avoit esté planttS estoient qu'on luy avoit faict entendre qu'il oe s'y trouvcroit eau et que |K>ur les vents les soldats n'y pourroient faire demeure ; aussi le roarescbal du Biez se confïoit en un Italien nommé le capitaine Antoine Mellon S pensant qu'il fust bon fortificaleur et homme de guerre. Ledict Mellon ne sçachaiit ses mesures avoit composé son fort de cinq bouleverts en quintangle; et à ce que ledict fort (ust plustost en dcffence avoit fait les fossez tant des bouleverts que des courtines de quarante pieds de large et de profondeur dix huict pieds, espérant sur le bord du fossé par dedans y faire seulement un rempart en forme de parapet, pour se couvrir, d'autant qu'il n'y avoit montagne qui luy commandast. Mais estans lesdicts fossez parachevez et les terres jettées dedans pour servir à faire ledict parapet, estimant qu'il ne faudroit plus que les fascines et gasons, se trouva qu'il avoit prins ses mesures si courtes, estimant le bas sur le hault, n'ayant esgard au taluz qu'il estoit besoin de luy donner, que les bouleverts se trouvèrent si petits qu'il n'y avoit lieu où l'on eust sceu loger une pièce d'artillerie ; et mesmes le dedans du fort se trouva si serré qu'il n'y eust eu espace pour loger cinq ou six cens hommes. Parquoy il fallut remplir lesdicts fossez; et parce qu'en les remplissant de terre remuée, la falloit lier de fascines et de gros chesnes debout, de sorte que pour ce faire on fut contrainct d'y mettre la pluspart de tous les chesoes de la forest de Hardelot, voisine de lieue et demie de

1. Antoine Mellon ou Melloni; mus doute le même qoe le colonel général des troupe» italiennes levi'cs en 1&42. Calahgue tU$ Acteê, t. Vil, n* 24910.

Août ibki] DIXIÈlfB LIVll. 907

là, pour les planter debout à soustenir ledit rempart, tout le diarroy, tant de l'artiliene qu'autre qui avoit accouslumé d*«meuer les fascines et gasons, fut employé, et tout oe qu'en six sepmaioes ou deux mois avoit esté foict, demeura inutil; de sorte que ce fut autant d'argenl et de temps perdu. Le seigneur de Langey, retournant devers le Hoy qu'il trouva à Senerpont', teit ce rapport; mais le lendemain arriva le seigneur de Sainct Germain', guasoon, devers le Roy, envoyé de la part du mareschal du Biez, lequel asseura le Roy que dedans huict jours le fort seroit en deffanee. Le Roy adjoustant foy au dire dudit seigneur du Biei, qui estoit son lieutenant gênerai et mareschal de France, espérant que le rapport seroit véritable, s'achemina pour inarclier en avant et s'en alla à Forcstmonstaer', abbaye près de Rue% duquel lieu depesclia ledict Langey derechef pour aller audict fort et y faire séjour de huict jours, et considérer de jour à autre combien se hauisoient ses bouleverts et courtines, afin que par oe moyen on peust faire jugement dedans quel temps on se pourroit asseurer que le Roy se peust ayder de son armée pour luy servir ailleurs; laquelle armée estoit de douze mille lansquenets, douze mille hommes de pied françois, six mille Italiens à

1. SciurpoDt sar la Bresie, c«nt. d'Oisemont, arr. d'Amiens (Somme). François 1" y éuit entre le 25 et le 30 août.

2. Sar M. de Saint-Germain, voiries Commeniairet de Mon- Ime, t. I, p. 302, note 3; Catalogue det Actes, t. iX, p. 33; Correspondance d'Odet de Selve, p. 47.

3. Forestmoostiers , cant. de Nouvion , arr. d*Abl>eTillc (Somme). François 1" y séjourna pendant la première semaine de septembre.

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